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GROUPE IX

PRODUITS VIVANTS ET SIM'LCIMENS D'ÉTABLISSIiMENTS DE L'HURTtCULTUUE.

SERRES ET MATÉRIEL DE l'hORTICULTURE,

MédaiXk d'or

Dormois. Paris. — Conslruclion des serres, — France. CLASSE 84.

FLEURS ET PLANTES d'ùRHEMEKT.

Grands jyrix.

Veitch et fils. Londres. — Plantes d'ornement. — Grande-Bretagne.

Vilmorin-Andiieux et Cie. Paris. — Plante» d'ornement. ■ — France.

Mcdailks d^or avec objet d'art.

H. Janiain. Paris. — Rosiers. — France. Hargottin. Eourg-la-Rcine. — Rosiers. — France.

Médailles d'or, Bernard. Paris. — Bouquets. — France A. Dufou. Paris. — Plantes d'ornement, Gaulliier-Dnbos. Pierrefilte. — Œillets.

Krelage et fils. Haarlem. — Jacinthes. - Lierval. Paris. — l'hiox, — France.

Loise-Chauïière. Paris. —Plantes d'ornem.— France!. Sonchet. Fontainebleau. — Glaïeuls. — France. Van Acker. Paris. — Glaïeuls. — France.

{Sera conlinwè.)

— Fraoca.

- France.

Pays-BaB.

Imprimerie générale de Cli. Lahure, rue de Floum, 9, à Pans.

L'EXPOSITION IIMIVERSEIIE

PUBLICATION INTERNATIONALE AUTORISÉE PAR LA COMMISSION IMPÉRIALE

I LIBRAIRE

EDITEUI! 1 M. fc. ai K M T r ,

Concessioiiiiaire du Catalogue officiel, éditeur de la Commisaion mipunae.

Le premier volume, 483 pa:ïes, moitié texte, moitié gravures, est en \fnlf.

15 fr. pour Paris, 18 fr. pour les Départementa.

GO UvinlKoiiN (le lA iMiycs In-I".

PRIX DE L'AUON'XEMENT

La Livrais,.. '.''1^°?^ " ' ■ 30 fr, c

pa-- poste -l oo

Pour l'élrtriger, les droiu de pnsie en Bureaux d'abonnements r rue de Richelieu. 106.

HKDACTEUa EN CHEF :

Membre du Jury international, i-olume, 4B8 liages, moitié lejte, moitié gravures, siîra terminé 1q 3u novembre, complet, 30 ff., Paris; 36 fr., Départements.

SOBÎMAIRE DE U 59° LIVMISON.

25 Novembr") 1867.

. Le Lahournir cl ses Enfonis, tableau de SI. Buvrrgtr (1 grav.), par M. Olivier Merson. - II. La Appareils IdtijniéiquK (1 grav.), par M. Ch. Boissaj. — III. Cvqu,lla:]c^ rt Cnrjux (1 gr.iv.^ par M. II. t'e

la HIanchère. — IV. Calerie des machines (suite) (1 grav.), 'pjlr.M. Ch, 'lîoissay. — V. Les Forges et Cliantiers delà Méditerr^mcc {l grav.), par M. Fr. Ducuin,5. — VI. Les Mineurs (4 grav.l, par M. Vjclor Cosse. — VII. La Slactiine à coudre silencieuse (I grav ) par M. Prosper Poitevin. — VIII. Le , Voleur Lmoir ;1 grav.), par M. Chirac, — IX, La^ilaisun nmcc-

gier.ne (1 grav.), par M. Paul Bellst. —X. Visite des Ecoles au Champ de Mars (I grav,). — XI. Les Bijoux de M. Rourcnat il grav.), par M, Prosper Poitevin, — XII. Les Applications nouvelles de la science à l'industrie : l'Aniline et la Galcanoplastie, par IVIM. Baveux et Daibrr. — XIlI.^Fiii de la Liste des médailles. — 14 gravures.

L'EXPOSITlOr^ UNIVERSELLE DE 1 867 ILLUSTRÉE.

Beaux-srtF. — Le laboureur et ses Enfants.

M. DUVERGEB.

Arliste consciencieux et sé-vère pour Ui;mênie,-\L Dnverr;er reste dans les petits coins, pour courtisrr la nature. Il ne cherche pas ses mo<lèles flans nn monde bien relevé, non, i! se plaît dans les milieux humbles et vit lout bonnement en compagnie de paysans et de paysannes, d'ouvriers et d'ouvrières. Mais, observateur plein de finessî et méthodique, il dessine raisonnablement, peint comme un homme qui en fait son état — d'im outil inclinant quelquefois vers la mollesse, il est vrai — dans une couleur indécise |iar endroits, cependant presque toujours harmonieuse et agréable.

Et il a l'art de bien mettre un sujet en scène. Témoin le Laboureur et ses enfanis, tableau dont nous publions aujourd'hui la gravure.

On sait de quoi il s'agit. Près d'arriver à ce moment terrible et inévitable, hélas! on il faut, quoi qu'on en ait, plier bagage, un vieillard, ayant réuni ses fils, leur adresse de suprêmes conseils. C'est ce que Lafontaine raconte dans un de ses apologues où se reflète avec le plus de grâce le tour particulier de son esprit et de son imagination.

Toutefois M. Duverger ne s'en est point tenu au récit pur et simple du bonhomme, et, au programme connu il a ajouté beaucoup du sien. Ainsi, le vieillard fait ses dernières exliorlations à les enfants, que ceux-ci recueillent avec une triste gravité; mais dans la chambre du moribond on voit des personnages auxquels Lafontaine n'avait pas songé : des marmots dont l'un, petit garçon étrangement culotté, s'avance d'unair curieux, une jeune mère de famille, allaitant un bébé rose, et une vieille servante tirant les verrous de la porte sur les indiscrets du dehors. D'autre part, nous no sommes pas dans un intérieur rustique, ni cbez des campagnard?, mais plutôt chez des ouvriers; car, p ùntnon douteux, voilà desge.is qui de leur existence n'ont remué la bêclie, taillé la vigne, fauché le foin, ou semé le froment. De sorte que tant d'additions et de modifir ations nelaiss^ntpasque de jeter l'incertitude dans l'esprit du spectateur au fait du texte de Lafontaine.

Malgré cela, le tableau est intéressant, d'un effet juste et na'if. Les ligures sout poséed avec aisance; les physionomies ont de l'expression, et l'artiste a pris soin u'assortir les accessoires les plus propres à développer sa pensée. Il ne manque peut être à cette toile qu'un peu plus plus de décision dans la touche, d'accent dans le dessin et de va.-ieté dans le coloris.

Olivieb IMehsox.

Les Télégraphes.

Ces petits appareils, qui occupent à 1 Exposition comme ailleurs si peu de place, réalisent les merveilles les plus extraordinaires de toutes les merveilles enfantées par la science. L'attentat contre la vie du tsar a été connu à New-Yoïk, quatre heures après l'événement, longtemps avant que la plupart des Parisiens en eussent connaissance.

Nous avons par'é des cables télégraphiques anglais, qui ont permis de réaliser ce prodige, dans noire revue de l'exposition des machines; comme complément disons un mol des cables français exécutés parM. Rattier. Ce ne sont plus, pour la plupart, des câbles sous-marins, mais des câbles souterrains destinés principalement à la traversée des villes et des tunnels, mais qui plus tard serontprobablementemployéspartout, comme déjà cela a eu lieu en Prusse où des câbles analogues remplacent nos fils aériens avec un grand avantage.

Dans les villes, les câbles sont log^s tantôtdans leségouts, tantôt dans des tuyaux en fonte; dans ce dernier cas, ils sont simplement enveloppés d'une hélice de ruban goudronné; dans les égouls, où les câbles sont exposés à des exhalaisons destructives et à des chocs, ils sont recouverts en plomb. Les fils télégraphiques sont en cuivre et composés de quatre brins, ils sont entourés de gutta-percha et réunis au centre du câble au nombre de un à sept.

Voyons maintenant lesappareils que, d'un continent à l'autre, ces fils font parler.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le télégraphe Hughes dont l'inventeur a reçu le grand prix par acclamations. Le principe est celui de l'égalité de mouvement, aux deux stations, de la roue des types et du chariot multiplicateur.

L'appareil transmet (iO dépêches (de 20 mots) à 1 heure, elles s'impriment sur un étroit ruban de papier que l'on remet directement au destinataire. En même temps une dépêche identique s'imprime au point de depart, reste comme copie et permet, a i fur et à mesure de l'envoi de la dépêche, de vérifier s'il ne s'y commet pas quelque erreur.

Tout ce que nous pouvons dire de cet appareil merveilleux, c'est que l'imprestion est faite en capitales ordinaires par une roue portant en relief sur sa circonférence les lettres, les chiffres et les signes d'imprimei'ie,'

Ces mêmes caractères sont gravés sur les quatorze touches noires etdouze touohes blanches d'un clavier de 28 touches pareil à celui d'un clavecin. Chaquetouche est marqu. e de deux caractères et imprime l'un et l'autre à volonté.

A cet effet les deux louches blanches, qui

ne portent aucun caractère, servent, la première à imprimer, au lieu des lettres, les signes et les chiffres, et à marquer les espaces qui peuvent être nécessaires entreeux; la seconde à passer des signes et des chiffres aux lettres et à marquerles intervalles entre les mots.

L'appareil Hughes a été exposé par l'administration française et MM. Hardy, Digt ey et Dumoulin-Froment. Il est à remarquer que les États-Unis de l'Amérique qui, en la personne du professeur Hughes, ont reçu le grand prix pour le télégraphe imprimeur à clavier, n'ont pas exposé un seul de ces appareils M. Dumoulin-Froment a présenté deux appareils dont les vingt-huit toucbts. sul'lîsent, grâce à une double roue des types, à imprimerquatre-vingt-quatre caractères, ài, savoir, outre les chiffres, les signes et l'alphabet romain, tout l'alphabet russe.

Le télégraphe d'Arhncourt agit de même ; seulement, le clavier est circulaire et se compose de vingt-huit pis ons. L'appareil est peu coûteux et d'un maniement facile, mais si délicat, qu'en pratique il n'est guère estimé.

C'est précisément le même défaut qui empêche l'adoption définitive de cet admirable paritélégrapheCaselli qui reproduitégalement bien l'écriture, le dessin, et, ce qui aurait au point de vue financier, commercial et judiciaire, une importance extrême, le paraphe et la signature. Voici comment fonctionne le pantélégraphe: La dépêche, écrite à la plume i sur une feuille d'étain doublée de papier, est mise sur un appareil. A la station d'arrivée, une autre feuille étamée est placée sur un aijpareil identique, et une feuille de papier, imprégnée de prussiate de potasse, lui est superposée. iMises en mouvement par un balancier dont les oscillations sont réglées électiiqueraent par le pendule d'un mouvement d'horlogerie, deux pointes parcourent simultanément toute la suri'aee des deux feuilles aux deux stations. Chaque fois que la pointe delà première station rencontre un trait de plume, la pointe de l'autre station trace unii trait bleu qui se décalque sur la feuille d é-' tain placée dessous. Quand la dépêche a passé (et le pantélégraphe, qui en transmet deux à la fois, en transcrit vingt à l'heure), la feuille étamée du poste d'arrivée est frottée avee des oxydes qui font apparaître la dépêche eu noir, sur fond argenté, absolument comme sur le télégramme de l'expéditeur. La feuille qui s'est dessinée en bleu sur fond blanc est/ gardée par l'administration comme copie.

Pour tous les télégraphes reproducieurs, la grosse difficulté était d'obtenir un mouvements rigoureusement synchrone des deux appa-c reils. Aujourd'hui, M. Lenoir aussi bien quer| l'abbé Caselli ont, par des procédés divers, supprimé cette soi-disant impossibilité, et ils ne se débattent plus que contre de petiiesl dilficultés pratiques qui sont la pierre d'achoppement des inventeurs.

M. Cacheleux a obtenu une médaille de,

bronze pour son té'égraphe, mais la place nous oblige à passer au Morse et à ses dérivés.

■L'appareil Slorsa, per!"eclionné par les frères Digney, est d'une extrême timplicité, mais il ne transmet que vingt dépêches à

I heure, et la dépêche, qui s'imprime en caractères hiéroglyphiques, a besoin d'être copiée et deux fois traduite, ce qui est une cause de perte de temps et une source d'erreurs. Le morse n'a besoin pour fonctionner que d'un petit levier dont chaque abaissement détermine le passage d'un courant électrique qui, à l'autre station, fait appuyer un ruban de papier contre une molette enduite d'encre

II se produit des petits traits dont on a composé un alphabet.

Dans tous les télégraphes, le moteur, à la station d'arrivée, est invariablement en élec tro-aimanl, dont le courant, que la station de départ y fait passer, détermine l'aimantation, et qui alors attire une pièce de fer doux.

M. Sortais a imaginé un perfectionnement important, qui consiste eu ce que la s ation de départ fait avancer elle-même la bande de réception de l'arrivée, tandis qu'il fdlait jus qu'à présent que le slationnaire de cette dernière station mit lui-même en marche l appareil de déroulement.

Mais le perfectionnement le plus admirable du morse est trop récent pour avoir pu figurer à l'Exposilion. Imaginé par MM, Chauvassaigneet Lanibrigot, il consiste d'abord à -écrire avec de l'encre résineuse, sur uoe bande argentée, la dépêche en signes Morse, à l'aide d'un petit levier qui presse la bande conli'e une molette encrée. La bande c imposée est placée sous un style et y glisse par l'action du mécanisme. A la station d'arrivée, une autre bande de papier ordinaire se déroule, une molette y trace une ligne de prussiale de potasse en dissolution. Une pointe identique à celle du départ passe sur cette ligne. Quand le courant passe, c'est-à-dire quand la pointe de départ frotte contre l'étain, l'électricité décompose au poste d'arrivée le prussiate et trace un trait bleu; quand, au contraire, la première pointe arrive sur l'encre isolante, le courant cesse, la bande de réception reste blanche; et toute la dépêche se reproduit ainsi. Si elle doit être réexpédiée, on fait appuyer la bande argentée, à l'aide d'un levier et d un électro-aimant, contre une molette enduite d'encre isolante, et l'on met ce télégramme sous un autre appareil. Il est évident qu'avec ce sy. tème on pourra réaliser la dépêche secrète, suivant les idées de M. Arnoux qui, peut-être, a donné la première idée de ce perfectionnement ou, pour mieux dire, de cette révolution; car on envoie par ce système 180 dépêche.? à l'heure, et les fils cessant d'être encombrés, on pouria abaisser au quart le prix des dépèches.

Charles Boissay.

ITT

Coquillages et Coraux.

En face des expositions de corail et de coquillages de la salle des Éponges, je me suis surpris à réfléchir profondément aux mystérieuses ressources de l'industrie. Ainsi ces coquilles, dépouilles de mollusques rassemblées ici des quatre coins du monde, représentent non-seulement des sommes considérables, mais la matière première d une foule d'industries à peu près ignorées.

Ainsi il y a là-bas, aux Indes, à Singapoor, au Cjp, à Panama, à Ma lagascar, aux Antilles, à Natal, en Australie, à Ha'iti, partout, partout.... des hommes qui ont pour mission de cueillir ces produits des flots, de les assortir, de les rassembler. II y a là-bas d autres hommes qui ont mission de concentrer toates ces productions minuscules éparses, d'en faire des provisions, des envois considérables, et de verser tout cela dans le sein toujours ouvert de Paris ou de Londres. Ainsi ces petits coquillages qui nous semblent iasignifiants et que nous voyons rassemblés sur cette boîte de quelques francs comme valeur, sont venus se rassembler la, partis quelquefois des cinq parties du monde. Merveilleuse chose que l'industrie !

En regardant ces produits divers, je me disais que cette force productrice ne se lasse jamais. Je me disais que tandis que j'étais là, moi seul, aimirant ces produits apportés au Champ de Mars, les pêcheurs péchaient làbas, bien loin dans leur île ou sur le rivage de leur mer, les entrepositaires achetaient, rassemblaient, classaient, étiquetaient tous ces produits, et les vaisseaux apportaient dans notre vieux monde des curiosités semblables à celles que je voyais. Et cela sans interruption, sans défaillance, sans jamais se lasser. Où vont cependant tous ces milliers de bénitiers fabriqués aveclamême coquille, celle de ïhippope que nous verrons tout a l'heure? Que deviennent toutes les boites de colle et de carton? Qui peu! user les camées que peuvent fournir les centaines de mille casques que nous avons accumulés dans des magasina grands comme des halles?

iMystère! C'est là la consommation de l'Iiumanilé. Ces objets sont brisés, détruits, usés peu à peu et disparaissent, rentrant dans le néant sans qu'il soit possible de comprendre quand et comment.

Ici en étudiant la collection de coquillages et de coraux exposés, nous ne voulons nous •éresser qu'aux applications industrielles de ces matières. Tout le monde sait, en effet, que ces objets forment des collections charmantes et en même temps précieuses ; celle si admirable, à Paris, appartenant à M. Delessert, et conservée par les soins du célèbre docteur Chenu, en est la preuve. Il y a, dans des collections semblables, des coquilles qui

sont de véritables joyaux d'une valeur et d'un prix énormes, lly a là dedans deséchantillons uniques, des joies ineffables pour les collectionneurs !

Quant aux collections exposées dans le Palais, il s'y présente un .fait curieux, c'est que le corail vrai, le corail rouge de la Méditerranée, n'y est pas représenté; il entre dans un autre ordre de travailleurs, il estun objet de bijouterie, et comme tel, des lieux de production, il ne s'entrepose pas dansles mêmes maisons. Nous voyons ici, pour les collections pittoresques des gens du monde qui se laissent sé, luire par l'aspect nacré, argenté ou gracieux seulement de quelques coquille?, des coraux blancs et rouget de l'Inde, des madrépores, des coquilles araignées, des volutes, des mitres et des pyrules, et les troches et les agatines, etc., etc. Toutes ces variétés se centralisent, en général, à Singapoor, et c'est de là qu'elles arrivent aux négociants parisiens. C'est de là qu'elles rayonnent alors sur nos ports de mer, sur le.s plages de nos établissements à la mode.

Vendues à des négociants spéciaux, ce;i coquilles sont soumises par eux à des trai tements spéciaux ayant pour but, d'abord d'enlever l'espèce d'écorco calcaire grossière qui recouvre la couleur de la nacre interne.

On obtient ce résultat, en général, au moyen d'eau fortement acidulée d'acide chlorhydrique; mais cela ne suffit pas toujours : on emploie alors la meule et l'on enlève ces facettes qui font des troches, par exemple, comme un cabacholi blanc à facet ■ tes vertes ou roses. Et les marchands peu consciencieux, auxquels ce commerce est tombé, font croire au public que les coquillages ainsi préparés sont plus beaux que les autres, parce qu'ils viennent des mers chaudes éloignées, partant de loin, donc valar.t beaucoup d'argent, etc. Elle tour est joue. Ils ont tort et raison tout à la fois, car si le public voyait dans leur état brut et sous leur drap marin ces mêmes coquilles qu'il admire, il ferait comme le singe fit de la noix, jetant loin de lui le fruit dont il ne soupçonnait pas la saveur agréable sous le brou amer.

Au milieu des vitrines, sous les grandes ramifications de coraux jaunes et rouges, nous devons signaler quelques coquilles dont s dames vont de suite apprécier la valeur. Les casques sont ces énormes volutes à peau blanche crayeuse, dont la bouche noire a rouge est sillonnée de bourrelets hlanchâtrcs placés en travers : ceux-ci sont les énormes casques que l'on tire des Lucayes ou îles Ba hama, cette pléiade d'îlots, de bancs de sa ble, d'écueils qui ferment au nord la mer dc' Antilles et vont rejoindre la Floride. Mais il y a, tout à côté des premiers, sous la vitriii;', deux autres variétés du même coquillage : ce sont les casques roses qui viennent du même pays et les casques rouges que l'on piche au Cap. Ces deux derniers manquent de noir à la bouche. Tous ont la grosseur de la

L'RXPOSITIOM UNIVERSBI.I.E DE 18t;7 ILLUSTRÉE.

tête d'un homme, et leur coriuiUe, fort épaisse, sert à faire des camées. Oui, c'est de cette grosse coquille, qui ressemble à une lanterne, que sont partis les morceaux qui, après être passés sous la main d'un artiste habile, ornent ïotre cou gracieux et vos oreilles aux tons roses et transparents.

Chaque coquillage ne fournit qu'un petit nombre de plaques de premier choix, et encore faut-il qu'il ait la lame épaisse et non piquée par les vers marins perforants. La meilleure portion est celle qui se voit au fond de la bouche, en regardant le casque près de son ouverture.

Ou détache encore quelques petites plaques, mais de moindre importance et de second choix , sur la partie en cône aplati qui en forme le fond et que les ouvriers nomment la couronne.

Une belle coquille casque vaut jusqu'à 25 fr. et son prix peut descendre jusqu'à 1 franc ft 0 fr. 50 c, ce qui explique — outre le travail artistique — la différence de valeur des camées.

A côté des casques, signalons lestridaines dont on fait, à Rome, des mosaïques, et rap-

I clons les coquilles blanches, si pures de couleur, dont les côtés sont relevés au bord et découpés en gracieux festons. Elles portent des mouchetures rouges violacées

I I jaunâtres d'un joli cITct : ce sont les liipj.opes, les bénitiers, dont les marchands de bronzes font une

remplit est fort bon à manger, et leikosish renommés de Brest ne sont pas autre cho-e.

Les Japonais ont le talent d'amincir la nacre de ces admirables coquilles en feuilles minces comme du papier, dans lesquelles on découpe des feuilles d'éventail et mille autres petits objets. Pour eux, rien n'est perdu et les fragments sont incrustés dans les meubles

d'objets qui plaisent non-seuleuicnt aux . hommes, mais aux femmes. Ce sont les can- ■ nés. Non pas que je prétende que mes lec- ■ triées — si jamais j'en ai — se servent de cet objet très-masculin, mais elles se récrient : en oubliant que le manche de leur ombrelle est précisément fait du même rolin, du même riz, du même bambou que la canne]de leur frère ou de leur mari.

La grosseur de l'échantillon change et c'est merveille de voir la variété des produits que l'on rassemble pour suivre la mode, en inventer de nouvelles et, dans tous les cas, demeurer gracieux et commode. 11 y a des cannes da tous les pays du monde, les unes venant des jungles de l'ïnde et les autrescueillies dans les forêts vierges de l'Amérique du Sud, L'une plaît parce qu'elle est jaune, l'autre parce qu'elle est noire, celleci parce qu'elle est légère comme |une plume , cette autre parce qu'elle pè comme une barre de plomb. Et ainsi pour lous les goûts.

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