‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 131 sur 134 · FIN DE LA LISTE · texte numérisé non relu

FIN DE LA LISTE

Imprimerie générale de Gh. Lahurc, rue de Fleurus, 9, à Paris,

XPOSITION INIVERSELLE

PriîLIGATION INTERNATIONALE AUTORISÉE PAR LA COMMISSION IMPÉRIALE

L\BRAlRE

■Il l'l'l"NH |IHJJ^

ÉDITE Ui; ; M. H. I»E»iTu,

■ Concessionnaire du Calalogue offincl. éditeur de la Commission impériale.

' Le premier volume, 488 pages, moitié texte, moitié gravures, est en vente.

15 fr. pour Paria, 18 fr. pour les Départements.

A «O I.ivt-iiisoiiH de 16 pngcï) lu j".

PnlX DE l'abonnl.ment

9 Pour l'tilranijer, Us droits de poste en sus.

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A RÉDACTEUR EN CHEF ; ■ 1 .11. F. UttCmKCi,

Membre du Jury înternalionaj.

1 Le second volume, 488 pages, moitié texte, moitié gravures, f sera terminé le 30 novembre.

V L'ouvrage complet, 30 fr., Paris; 36 fr.. Départements.

Du 28 Novembre 1867.

Lies Maisuîis ouvrières (l grav.),pnrM. Fr. Ducuing. — II. Le Matériel du tissage (1 grav.), par M. Prosper Poitevin. — Iir. Le Filet mécanique (1 grav.), par

M. H. de la BlanciiKfe. — IV. Le Déménagement de rEximUion (l grav.), par M. Fr. Ducuing. — V. Le Domaine de Tlieneuille (1 grav.), par M. J. Valserres. — VI. La Dièle de Varsovie, tableau de M. Matejko (l grav.), par M. Olivier Merson.— VU. Les Appareils deChaulfageet d Eclairage (1 grav. par M J. Laurenl'Lz]->p.-~YUl. Les Bronzes de M. Daubréedgray.'^,

par M. Olivier Mersoii. — IX. Les llijuux de 31. Gentilhomme (3 grav.), par M. Olivier Merson. — X* Galerie des machines (fin), par M. Gliarles Boissay. — XI. Le Grand Prix de l'Agriculture (1 grav.), par M. Fr. Ducuing. ^ Xll. La Fonte Be.^ftenter, jjar M Fr. DncuLDg. — XIII. Conclusion, par M. Fr. Ducuing. — 13 gravures.

LES MAISONS OUVRIÈRES. — Dessin de M. Clavene.

Vol. a.

Les Maisons ouvrières au Champ de Mars.

Jamais ud parc immense n'avait été annexé à une exposition: jamais, par conséquent, on n'avait vu réunies, autour des objets exposés, les constructions typiques des différents pays. Parmi les constructions du Parc du Champ de Mars, les plus remarquées sont certainement les maisons ouvrières.

Ce sera la gloire de l'Exposition universelle de 1867 d'avoir laissé une trace profonde de ce qui est la préoccupation capitale de ce siècle, le sort des classes laborieuses.

Faire accéder le travail à la proprié c, soit par l'épargne, foit par l'asEOciation des forces, telle est la Eollicitude qui domine, de nos jouis, dans toutes les sphères de la société. Poser la propriété devant l'ouvrier comme le but accessib'ede ses effort,», n'est-ce pas rouvrir socs ses yeux le champ de l'espérance et lui tuggérer, par le sentiment de l'épargne féconde, les idées de la conciliation?

Le groupe X résume toutes les préoccupations et toutes les foUicitudes de notre génération. Les habitations ouvrières sont de son domaine; elles sont le dernier chaînon de cette iMpe qu'on nomme le travail manuel. Le Parc est riche en mai sons ouvrières, comme la nef des machines est riche en petits métiers. Depuis la tente des nomades jusqu'à la maison du col n américain, depuis la cabane à 700 fr. de l'ouvrier de la Campine belge, dont notre cher collègue de la classe 91, M. Jaequeniyns, député de Gand, a élevé le modèle, jusqu'à la maison à2IOOOfrdes ouvriers de Paris, tous les spécimens d habitations économiques sont représentés au Champ de Mars.

Mon illu Ire ami, Jules Simon, nous a déjà parlé (voir livr. X, pages 146 et 147) de la maison à 3000 fr. construite par .la Société coopérative paritienne. Après ce qu'il en a dit, nous n'avons plus rien à en dire. Divers autres collaborateurs nous ont entretenus de la maison belge, de la maison de Bohême, de la maison américaine et de la maison des mineurs de Blanzy. Il nous reste à parler de la maison des ouvriers de Paris et de la maison de Mulhouie, que notre dessin a fraternellement rapprochée».

11 serait trop absolu de dire que l'ouvrier ne doit attendre sa rédemption que de ses propres efforts, et que ce qu'on fait pour lui ne vaudra jamais ce qu'il fait lui-même. Doctrinalement, c'est vrai : dans la pratique, cette doctrine trop absolue se heurte le plus souvent à une impossibilité.

A une société coopérative il est déjà trèsmalaisé de trouver l'argent nécessaire pjur acheter en commun les denrées à consoii-

mer, ou les matièrts premières à travailler. .Mais par quel moyen providentiel les sociétés d'habitations se procureront-elles, dès le début, le terrain destiné à leurs constructions en comniunîDanslesgrandes .igglomératiuns urbaines où l'association ouvrière est seulement possible, le terrain est fort cher et inaccessible aux épargnes collectives les plus patientes et tes plus dévouées.

Les maisons de lluihouse ne sont pis le produit d'une société coopérative. De généreux capitalistes ont formé un capital rela • tivement considérable et augmenté de quelques dotations impériale", pour acheter des terrains à bâtir. Ils ont limité l'intérêt de leur apport à 4 p. 100, abandonnant l'ex cédant de profit à l'œuvre commune.

Le terrain ayant été acquis par le capital ainsi formé, 800 maisons ont été construites : lamoyennedes ventes aétéde60 maisons par an. Les ouvriers se sont ainsi rendus acquéreurs de 700 maisons sur 800.

Le système de conslruction adopté par la Société dcMulliousea été de réunir en unmêma groupe quatre maisons, ayant chacune un petit jardin en façade. L'espace occupé par le groupe est de 180 mètres, jardin compris. Le prix d'achat de terrain et de construction représente 13 200fr., soit .3300 par maison. Un ouvrier devient propriétaire d'une de ces maisons en payant le dixième du prix, soit 330 francs, et une location représentant 5 pour cent du capital delà maison, amortissement compris.

Depuis le début de l'institution, il y a donc eu, comme nous l'avons dit, 700 chefs de famille ouvrière qui sont devenus acquéreurs.

Les maisons construites se trouvant à proximité des usines qui donnaient le salaire aux ouvriers, on a pu utiliser les eaux chaudes qui sortaient de ces usines pour former des piscines et des lavoirs, dont l'usage est à peu près gratuit, immense avantage que les maisons ouvrières ne trouveront pas dans un milieu moins propice.

Huit cents maisons construites dans un quartier industriel ont eu pour conséquence de faire monter le prix des terrains au profit des premiers occupants, si bien que les acquéreurs d'aujourd'hui se trouveront postesseurs' d'un immeuble qui vaudra dans dix ans trois fois le prix qu'ils l'ont payé.

La maison de Mulhouse est édifiée sur cave, avec un rez-de-chaussée, un étage et un grenier. Les fondations sont assez solides pour porter la superposition d'un second étage.

Le prix du groupe de maisons de Mulhouse, sur, 180 mètres, est de 13 200 francs, avonsnous dit. iMaio on comprend que ce qui a été possible à Mulhouse ne le soit pas à Paris, à cause du haut prix du terrain. Aussi, les ouvriers de Paris, dans le spécimen que figure notre dessin, ont ils dû entasser six familles dans leur groupe, établi sur lOi mètres seulement, et avec une superposition d'un second étage; et le prix s'élève à 21000 francs.

A Mulhouse, la maison d'ouvrier possède au rez-de-chaussée un large corridor aboutissantà l'escalier qui mène à l'étage supérieur et une grande chambre. Le premier étage se compose de deux pièces très-suffisantes. Nous avons dit qu'au-dessousc^t la cave, au-dessus le grenier.

Dans la maison de Paris, le système de construction est l'ifférent. Le rez-de-cliaussée est formé de deux boutiques, pouvant servir d'atelicr-, et séparées par un escalier ceniral qui mène au premier et au second étage.

Chacune de ces boutiques, à laquelle est attenante une petite pièce pouvant servir de cuisine, forme un logement distinct. Audessus, la boutique est remplacée par deux ch;:mbres, ce qui complète pour les deux étages et pour les deux corps séparé.s par l'escalier médian, les six logements dont nous avons parlé.

Que l'ouvrier de Paris, avec moins d'aises et d'agrément, paye3500 francs ce que l'ouvrier de Mulhouse ne paye que 3300, cela s'explique surabondamment par l'énorme différence de la valeur du terrain.

Au prix où sont les terrains à Paris, vous figurez-vous l'énorme capital qu'il faudrait à une association d'ouvriers pour acquérir l'emplacement nécessaire à 700 corps d'habitation? Même quand les ouvriers de Paris trouveraient, comme les ouvriers de Mulhouse, des capitaux complaisants qui feraient l'avance du terrain, l'avenir de l'association succomberait devant une si lourde charge.

La conclusion de tout ceci serait que les sociétés coopératives d'habitation sont impossibles, là où précisément elles seraient les plus utiles. Mais si l'on supprime la question de l'iicliat du terrain, tout devient facile.

A Edimbourg, la question des sociétés coopératives d'habitation a été résolue par la munificence de la Cité, qui a abandonné des terrains vagues autour de la ville aux ouvriers associés pour construire à leur compte.

L'Empereur a fait à Paris préc'sément ce que la cité d'Edimbourg avait fait en Ecosse. Il a abandonné à une société d'ouvriers les terrains à Iji appartenant dans l'avenue Daumesnil, à charge pour eux d'y élever des constructions ouvrières.

A suivre les précédents, voici ce qu'on devrait faire. Chaque maison construite à frais communs, au moyen de cotisations égales, serait attribuée, au sort, à l'un des coopérateurs, qui, affranchi de toute cotisation ultérieure, payerait en locition l'intérêt et l'amortissement de la maison à lui attribuée. Le montant de ces locations retournerait en dividende aux coopérateurs que le sort n'a pas favorisés, et ferait compensation à leur maie chance.

Il y a là une combinaison que nos ouvriers trouveront le moyen de féconder.

Ce que l'Empereur a fait à Paris, les inu-

nicipalilés des départements pourraient le faire, à l'exemple de la cité d'Édimbourg.

La préoccupation de notre temps, l'Exposition l a prouvé, est évidemment du côté de 1 amélioration des travailleurs. Avoir un abri est le rêve de tout honnête ouvrier : c'est l'accès à la propriété le plus tentant pour lui.

Après ce qu'on a fait, j'ai indiqué ce qu'on pourrait faire. La question est ouverte, non résolue.

Fn. DiJcuiNG.

Filage et tissage.

Nous n'en sommes plus, pour le filage, à la quenouille et au rouet; et le lissage," aujourd hui, n'est pas uniquement abandonné à des ouvriers qui, assis devant un métier, font monter et descendre, par le mouvement alternatif de leurs pieds, les fils pairs et impairs de la chaîne, renvoient successivement de droite à gauche et de gauche à droite la navette qui porte le fil de la trame, et pressent les fils d'un ou de deux coups de barre pour faire l'étoffe.

Le filage et le tissage mécaniques tendent chaque jour à se substituer au filage et au tissage à la main ; la consommation, en s'augmentant sans cesse, sollicite des moyens de production, non - seulement plus rapides, mais encore plus économiques.

L'Angleterre peut revendiquer l'honneur d'avoir opéré une véritable révolution dans l'art du filage et dans l'industrie cotonniè.i-e.

En 1767, un fabricant de peignes à tisser, Thomas Iligh, construisit un métier à filer le coton, qu'il appela, du nom de sa fille, Jeiiiiy la filcme.

Ce métier ne put d'abord fournir que des fils de trame; au début, ses produits n'avaient pas assez de corps et étaient trop peu résistants pour être employés comme fils de chaîne; mais, en 1708, Richard Arkwright remédia à cet inconvénient au moyei de eon mélier continu, désigné sous le nom de méfier hydraulique à cause du moteur qui servit d'abord à le faire marcher; enfin, en 1775. Samuel Crompton, en combinant ensemble Jenny la fileuse et le mélier conlinu, opéra da ns la filature mécanique la même révolution que les deux premières machines avaient opérée dans le filage au rouet et à la quenouille.

Le métier Crompton a subi depuis de nombreuses modifications, non-seulement en Angleterre, mais encore en France, et nos filatures sont redevables des perfectionnements les plus importants à MJI. Josué Heilmann et Nicolas Schlumberger, de Mulhouse.

Les procédés mécaniques du filage du chanvre et du lin sont d'une époque beaucoup moins reculée.

Le 12 mai 1810, l'empereur Napoléon I" proposa, par un décret inséré au Moniteur un pri.x d'un ?)iillion à l'inventeur d'une ma chine qui exécuterait le filage du chanvre et du lin aux divers degrés de finesse qu'exigent les besoins de l'industrie.

Philippe de Girard, un mécanicien illustre entre tous, et qui avait obtenu, en 1806, fur le rapport de M. deProny, la grande médaille d'or pour les perfectionnements qu'il avait apportés dans la construction des machines à vapeur, trouva le problème proposé digne de ses recherches et se mit aussitôt à l'œuvre pour le résoudre.

En 1813, il fondait à Paris une filature de lin à la mécanique, et chacun put se convaincre que toutes les conditions du pro gramme impérial étaient remplies; mais les événements poUtiques qui précipitèrent la chute de l'Empire enlevèrent à l'inventeur le prix de ses travaux et de ses sacrifices; car la Resliiuration refusa d'acquitter une dette na tionale sous prétexte qu'un autre gouverne ment l'avait contractée.

Philippe de Girard, qui avait dépensé toute sa fortuue dans une foule d'essais dispen dieux, fut forcé de quitter la France et de mettre un génie méconnu dans son pays au service de l'Autriche et de la Russie; il les dota l'une et l'autre de très-grands établisse ments industriels qui, aujourd'hui encore sont en pleine prospérité.

De retour à Paris, en I8ii, Philippe d„ Girard eut la joie, en visitant l'Exposition, d'y retrouver la plupart de ses inventions. Mais il mourut Tannée suivante, à l'âge de soixante-dix ans, dans un état voisin de la misèie.

Revenons à l'Exposition qui va nous rap

peler encore à chaque pas les merveilleuses

découvertes de Philippe de Girard.

On a réuni dans les classes 55 et 56 les machines et les appareils destinés a. transformer les plus importantes substances textiles, telles que le coton, la laine, le chanvre, lé lin et la soie.

Nous avons sous les yeux l'ensemble et les diverses parties de l'outillage nécessaire au filage et au tissage de ces substances si diverses dénature : les métiers, les peignes, les gills, les cardes houdineuses, doubleuses et retordeuses, les appareils pour filer et mouliner, les tours à aiguiser les cordes, les machines à teiller, les plaques et les rubans de cardes, les navettes, les tours à filer, les bassmes, les encroiseurs mécaniques, les appareils à tordre, à doubler, à flotter la soie, enfin tous les eiigins que l'industrie emploie pour rendre les matières textiles propres à être mises en œuvre.

Cmq de nos plus habiles manufacturiers ont été mis hors concours comme membres du jury; ce sont: M, Alcan,de Paris, Mercier de Louviers, Schlumberger, de Guebwiller, Scrives, de Lille, et Taillebouis, de Paris.

La médaille d'oraété accordéeàMM.Stehelin

et Cie, de Bilschwiller. Leurs machines pour la filature de la laine et du coton sont des chefs-d'œuvre d'ingénieuse construction. La même médaille a été très-justement accordée à MM.Besnard et Genest,d'Ai)gers, pour leurs câbles et leurs cordages.

MM. Howard et Bussonghoat obtenu aussi pour leur métier à tisser la médaille d'or. Jamais haute récompense ne fut mieux méritée. Ce métier est mû par la vapeur. La navette, que l'œil ne peut suifre, passe et repasse eMre L s fils de la chaîne 328 fois par minute: c'est une vraie merveille.

Les métiers qui dans les dernières expositions ont excité le plus d'étonnement ne dépassaient pas 1 30 coups par minute. Quand le progrès est en marche, il ne s'arrête plus.

Les beaux métiers à tricot de M.M. Baxtorf etBarthelotdeTroyes, ceux de .M.M. Luming cl Hogdson, deBradford, avaient droità la même distinction, et l'ont obtenue par une décision qu'a confirmée le jugement du public.

Dans ces deux classes, 31 médailles d'argent ont été accordées à la France, 10 â la Grande-Bretagne, 6 à la Belgique, 3 aux Etats-Unis ; nous négligeons le reste. Ces chiffres ne nous abusent pas sur le rapport des diverses industries nationales; mais ils établissent au moins ce que nous pouvons constater sans un ridicule amour-propre, c'est que l'industrie du filage et du tissage n'est inférieure chez nous à aucune autre.

PiioSPER Poitevin.

Filet mécanique.

Si jamais une étoffe semble impossible à faire par les doigts métalliques d'une mécanique, c'est, sans contredit, le filet. On comprend, jusqu'àun certain point, qu au moyen de trois fils croisés, et tordus les uns sur les autres, et d'une certaine façon, on arrive à faire du tulle; mais du filet cela semble absoment impossible. Il suffitde se souvenir que chaque point du filet, chaque maille, à ses quatre angles, est terminé par un nœud, que ce nœud se fait d'une manière très-compliquée, au moyen d'un fil unique contenu sur la navette, pour apprécier les difficultés qu'a dû offrir la solution du filet mécanique.

Ce n'était pas le tout de faire une étoffe i larges mailles; il fallait, pour que les ]iceheurs racceptass?nt, qu'elle eût les qualités de solidité, de souplesse et en même temps de résistance indispensable à l'usage auquel on la destine. Or, ce sont de rudes connais seurs que les pêcheurs marins, et ce sont de rudes entêtés quand leur routine est mise en question et qu'il s'agit d'innover quelque chose dans leur art immuable de père m

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fiis. Non pas qu'ils tiennent énormément à fabriquer eux-mêmes les filets qui leur sont nécessaires, loin de là. D'abord leurs femmes, leurs enfants, eux-mêmes n'y suffisent point par l'ancienne métliode, par la simple navetle. En second lieu, il faut s'adresser aux ])ay8 étrangers, pour demander les filets dont on a besoin, et de là des fraudes, des

erreurs, des mécomptes de chaque jour.

C'est ainsi que sur les points de nos cotes où la pêclie de la sardine est abondante, à Concarneau, à Douarnenez, par exemple, les pêcheurs et toute leur maisonnée sont incapables de fournir à la consommation de leurs bateaux et sont obligés de faire faire les filets nécessaires en Italie et en Sicile.

Ce n'est cependant pas la rapidité qui manque aux femmes et aux fillettes employées sans relâche à ce pénible trayail; leurs mains passent si vile, en lançant le fil et nouant la la maille, que l'œil a peine à les suivre ; et cela dure, sans repos, pendant douze et quinze heures de la journée. Désormais les pauvres gens pourront veiller à l'amélioration

EXPUSITJON DU MATIÎHIEL DE TISSAGE. — Dessin do M. Cliïeric.

de leur c/ie: eux: les jeunes fillettes auront le temps d'aller à l'école apprendre à lire et à écrire, ce qui vaudra autant que de se couper les doigts à nouer des fils.

Assise autour d'une table, la mère est là entourée de trois ou quatre enfants, et les cinq navettes travaillent. Mais le métier Jonannin, lui, présente cent-cinquante ouvriers, assis les uns à côté des autres, et tout cela travaille! Tous font marcher leur navette spéciale, tous font leur nœud en même temps.

comme les soldats font l'exercice, et les cent cinquante mailles se forment à la fois, et les doigts de fer semblent des doigts de fée, car ils font la maille mieux et plus égale que les doigts des femmes et des petits enfants, et ils la font deux fois plus vite, si l'on veut. Il suffit de tourner un robinet etla vapeur marche... . et cela fait sept mille rangs par jour! !1

Ce serait une grave erreur de croire que la nouvelle machine se contente forcément de 150 petits ouvriers de fer et de cuivre. 150 ou-

vriers, cela lui suffit pour les filets a Hareng, à Maquereau dont la maille est déjà un peu grande; mais quand il s'agit de tisser des nappes à sardines, à anchois, la machine en) appelle à son secours, et on attelle 250pelilsi travailleurs à la même table. On en appelle-il rait 500, 1000 que tous travailleraient toujours aussi bien.

Comment expliquer au lecteur la marche de ces petits gnomes de fer? C'est à peu près impossible.... seulement je puis faire com-i

L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1 867 ILLUSTREli,

prendre les dispositions générales. Il y a, sur le métier, autant de fila tendus qu'il doit se trouver de mailles sur le lé; et les fila sont espacés à la distance que l'emploi du filet demande : par conséquent, on peut faire du filet à . - - ■

petites mailles avec du fil très-fort, gros, et du filet à grandes mailles avec du fil extrêmement fin. iMaintenant, en avant de ces fils marchent, avancent, reculent, accrochent, hasculent autant de petits leviers, puis des navettes, poulies, et fout cela simple au possihle, pince le fil, passe la trame, fait le nœud, le tend, le serre à point, ni trop, ni trop peu, et cela va toujours, sans relâche, sans trêve ni merci 1

Le plus curieux, c'est que le point est lacé par un nœud précisément semblable à celui des filets faits à la main; par conséquent si le filet mécanique se déchire — ce qui arrive à tous les filets, hélas! — on le reprise à la main absolument comme les autres. Ajoutons un détail technique : les bords du lé ainsi .fabriqué portent des boucles scmhlahlos aux

pigeons du filet à la main, de sorte que rien n'est plus simple que de réunir deux ou plusieurs lés pour n'en composer qu'un filet unique. Au contraire, si on trouve la macliine

n'ayant pour besogne que de rattacher les fils et recharger les navettes-hobines, suffit à la conduite d'une machine et fait 150 tramfs de filet à Hareng par jour, c'est-à-dire 250 à 275 mètres. Or, le filet à la main se paye aux malheureuses ouvrières qui s'en chargent 0 fr. 15 la brasse sur 50 mailles en travers, ce qui ne leur permet de gagner que 0 fr. 75 au plus par jour. Le fabricant payait don :

un sou le mille de nœud i :

maintenant, il peut vendre un sou le mille de nœuds et y trouver un bénéfice suffisant.

Le progrès n'cst-il pas immense?

H. DE La RrAMCiiiiRF,

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