MACHINE A FAIRE DES FILETS
Dessin de M. Gaildrau.
trop large, au lieu de faire un filet de 150 mailles, on en fait à volonté trois à la fois de 50 mailles chaque et portant tous leurs lisières à boucles pour les garnir de leurs ralingues.
Un dernier mot : une seule ouvrière.
IV
Le déménagement au Champ de Mars.
Nous avons donné, dans notre première livraison, un dessin représentant le déchargement des colis: noi s donnons, à notre dernière livraison, le dessin représentant le déménagement des produits exposés. La scène est la même, semblable l'opération : les mêmes wagons, au lien d'ar-
li DÉMiiNAUEMUNlVDES COLIS A L'E.\l'0.srriuN - Dessin de M. Vù-.d, d'après un croqnis de M. Luc Olivier IMerson.
river pleins et de repartir vides, arrivent à vide et repartent pleins; les mêmes grues les chargent au lieu de les décharger.
C'est toute la différence; elle n'est pas aparéciable dans le tableau. Comment donc se lait-il que l'impression soit tout opposée? le premier dessin était éclairé par l'espoir; le second est voilé par le regret. Cette différence d'impression, vis-à-vis de la même scène, en dit plus que tous les cours d'esthétique ; constater l'efîet différent, nous dispense de l'interpréter.
Les feuilles poussaient ; elles tombent. Pourquoi? la température est la même qu'au mois de mars. Les voitures arrivaient : elles partent. L'office est le même : seulement, le point de départ a changé. Nous étions sur le versant du soleil : nous sommes sur le versant de l'ombre. Notre ami respecté, M. Moreno-Heuriquès, directeur de la manutention, n'a pas moins de travail : seulement, au lieu d'apporter, il remporte. Hélas! ce que c'est que de nous! et pourquoi le spectacle qui nous a ravis nous laisse-t-il, en s'évanouissant, un regret plus durable que le ravissement qu'il avait fait naître? Est-il donc vrai que l'hom ne doive faire plus de provisions pour la tristesse que pour la joie? 0 souvenirs des minutes heureuses, quel fond d'amertume vous laissez après vous !
Que reste-t-il aujourd'hui de l'Exposition universelle de 18(i7? Autant vaudrait demander ce que sont devenues les neiges d'autan.
Les statues qui ornaient le Parc apparaissentmutilées, cor.imeau mois de mars : mais, au lieu d'en assembler les morceaux, on les numérote pour les emballer. Les chalets encore debout sont décourorinés de leurs toits. Va-t-on les achever? Non : on commence leur démolition par le faîte.
Dans les allées abandonnées, quelques exposants attardés passent, assombris par leurs déceptions. La poussière, ce messager implacable des solitudes, s'est emparée du Champ de Mars, et y règne en souveraine absolue. Il faudrait un an pour purifier ce qu'elle a déjà sali, dans quinze jours de règne. Volney n'avait pas prévu cela dans ses Ruines.
J'ai vu une oasis dont Abd-el-Kader avait coupé les sources, dans un jour de vengeance. Les palmiers, privés d'eau, s'étaient séchès: les sables, comme une lèpre, avaient rongé les jardins, la veille pleins de colombes qui avaient fui à tire-d'aite. Eli bien ! cette œuvre de destruction et de vengeance m'avait inspiré moins de tristesseiju'il ne s'en émane aujourd'hui du Champ de Mars. Y eut-il jamais, en efï'et, d'oasis si belle que celle qu'on a restituée si vite aux servitudes militaires?
C'est aujourd'hui surtout qu'on peut comprendre l'œuvre de reconstruction que nous avons menée à terme. Nous avons réédifié ce
qu'on a détruit ; et, à cause de cela même, notre œuvre restera : car elle gardera le souvenir durable de ce qu'on ne verra plus, c'està-dire du spectacle qui laissera dans l'esprit des hommes l'impression la plus profonde de tout ce siècle, rempli pourtant de prodiges.
Fil. DUCUING.
Le Domaine de Theneuille.
Les visileurs de l'Exposition auront sans doute retnarqué le hangar que M. Bignon aîné avait fait élever dans le Parc, du côté de rÈcole militaire. Ce hangar était en petit la représentation du domaine de Theneuille, situé dans l'Allier, dont il a été question si souvent depuis quelques années, à propos du métayage. A droite, en entrant, se trouvait un spécimen de beuverie avec ses hôtes habiiuels; à gauche, un spécimen de bergerie avec quelques têtes ovines; au centre, une vitr'ne renfermant tous les produits du sol. Sur les parois, un plan du doniaine à vol d'oiseau, des portraits d'animaux élevés par les métayers, des légendes indiquant l'état de la propriété au moment où elle fut acquise par M. Bignon, en 1849, et l'état où elle se trouve aujourd'hui. Au premier aspect cet ensemble surprenait, puis, lorsqu'on l'avait étudié avec soin, on comprenait les transformations dont Theneuille avait été l'objet, et on s'expliquait la polémique à laquelle ce domaine avait donné lieu.
C'est que sous la question du métayage, si simple en apparence, se cache un des plus rudes problèmes de l'économie sociale : l'amélioration du sort de 15 millions de cultivateurs qui vivent aujourd'hui dans un état voisin de la misère. Quels sont les moyens proposes par les économistes pour changer la condition morale et matérie le des classes laborieuses? C'est l'association. Les sociétés coopératives sont considérées à juste titre comme l'instrument qui doit rendre la propriété accessible aux classes laborieuses, constituer leur bien-être et assurer leur éducation morale. Or, qu'est ce que le métayage, si ce n'est une association coopérative entre le propriétaire foncier et le cultivateur qui n'a que ses bras, une alliance intime du travail, du capital et de l'intelligence, ces trois éléments qui continuent l'œuvre de la ci'éation sur la terre 1
Le métayage est vieux comme le monde, et cependant peu de personnes se doutent encore de quel puissant secours il peut être aux économistes pour accomplir les réformes sociales qu'ils méditent. De quoi s'agit-il maintenant? C'est de rapprocher le plus possible les ouvriers des patrons en leur donnant une part plus forte dans les produits. Le beau
idéal serait de les faire participer aux bénéfices. Eh bien! ce beau idéal que les socialistes intelligents poursuivent, le métayage depuis longtemps l'a réalisé. Ce contrat n'est autre que l'association d'un propriétaire qui apporte une ferme tout outillée et d'un cultiva'eur qui apporte son travail et son expérience. Les produits obtenus sont partagés par égales portions entre le propriétaire et le cult.vateur. Ce partage ne conslitue-t-il pas une véritable participation aux bénéfices que les manufacturiers n'ont pu encore atteindre en ce qui les concerne? L'agriculture offre donc pour améliorer le sort des classes laborieuses plus de ressources que l'industrie.
C'est ce qu'a très-bien compris M. Bignon, l'heureux propriétaire de Theneuille. A une époque où le métayage était encore méprisé par les économistes, il entrevoyait déjà tous ses avantagea comme moyen de racheter les populations rurales du centre et du Midi, de l'état voisin de l indigence dans lequel elles vivaient. Sorti lui-même des rangs du peuple, il n'a pu résister à la tentation de placer la modeste fortune qu'il avait si laborieusement acquise, en immeubles dans un pays où le métayage était le seul mode d'exploitation du' sol. Il a accepté le métayage avec toutes ses imperfections, il s'est efforcé de le réformer.
La lâche était difficile, il fallait lutter à la fois contre l'inertie des vieux métayers et les railleries des propriétaires. M. Bignon, en hommevaleurcux, accepta ce double combat Il changea les conditions du bail à colonat parliaire qui faisait au bailleur la part du lion, il supprima les redevances qui, sous le nom d'impôt, écrasaient le métayer et le maintenaient dans une gêne perpétuelle; tout en se réservant la direction des cultures et le choix du bétail, il établit entre lui et ses auxiliaires la plus entière égalité quant au partage des fruits. Ce n'est pas tout encore. Après avoir assuré leur bitu-être matériel, il voulut pourvoir à leur bien-être moral. Persuadé quela valeur productive de l'homme s'accroît en raison directe de son instruction et de son intelligence, il fonda un cours pour les adultes, une bibliothèque communale, et dans chacune de ses métairies, une bibliothèque composée d'ouvrages d'agriculture à l'usage de son personnel; il obligea ses métayers à envoyer leurs enfants à l'école et paya la rétribution pour ceux qui ne pouvaient la payer. C'est ainsi qu'il a pu former des praticiens habiles, les élever en quelque sorte jusqu'à lui, en leur donnant des idées et en leur inspirant cette dignité personnelle qui fait d'abord le citoyen libre, puis le cultivateur progressif.
Le mérite de M. Bignon n'est pas d'avoir découvert le métayage perfectionné : non, il existait déjà dans la Mayenne, mais il l'a introduit dans son arrondissement, et par ses efforts il a contribué à former une nouvelle génération de propriétaires et de métayers
qui déjà marclicnt sur ses traces. En prenant l'initiative, il a fait voir à ses concitoyens, que le métayage tant décrié par les économistes, comme un obstacle au progrès, pouvait, au contraire, devenir un instrument très-énergique de progrès.
Bien que le domaine de Theneuille ait donné lieu à de nombreuses discussions, et qu'il soit très-connu dans le monde agronomique, M. Bignon n'a voulu rien avancer qu'en s'appuyant sur des chiffres. C'est pourquoi il a placé sous son hangar deux notices comparatives, indiquant l'une l'état du domaine lorsqu'il en prit possession; l'aulre faisant connaître l'état actuel. La gravure qui accompagne le texte n'est que la mise en scène de ses deux notices, moins les chiffres qu'il est facile derélablir. En tête, de chaque côlé, figurent les deux dates de 1 849 et de 1867, point de départ et point d'arrivée. A gauche les anciennes constructions qui rappellent les huttes des sauvages et se trouvent dans un état de délabrement indescriptible. Le cheptel est d'un aspect misérable par sa maigreur et l'abandon dans lequel on le laissait. L'extérieur des ctables excite la pilié, tandis que l'intérieur est repoussant de saleté. Logés dans de pareils réduils, les hommes et les animaux devaient être bien mal à l'aise.
Vers la droite, la gravure nous montre les nouvelles conslructious qui réjouissent lavue |)ar leur architecture simple mais élégante. Les métairies offrent des logements bien distribués et confortables; les granges sont parfaitement entendues pour serrer les pailles et les fourrages ; les étables, percées de nombreuses fenêtres, reçoivent l'air et la lumière par torrents; à l'Intérieur, des crèches et des râteliers, convenablement disposés, empêchent le gaspillsgede la nourriture; un chemin ménagé entre les deux lignes abrège le fervice.
Au centre figure l'ensemble du domaine, pris à vol d'oiseau : on y dittingue les six métairies qui le composent. Enfin, au-dessous de ce tableau, on remarque deux sujets qui représentent, l'un, à gauche, des attelages de hœufsqui défricbentles landes de Theneuille, l'autre, à droite, les mêmes attelages qui ont figuré au concours de labourage de Billancourt.
Au point de déparr, le domaine se composait de trois cent quatre-vingt sept hectares, dont seulement soixante-dix étaient misérablement cultivés. Il y avait quatre vingt deux hectares de jâtures et broussailles, cinquante de prairies humides et marécageuses, et cent quatre-vingt deux hectares de terres incultep. On ne récoltait ni froment ni orge. La première année se réduisit à cent quarante quaire hectolitres de seigle et soixante-douze d'avoine. Les prairies artificielles elles plantes racinesétaient inconnues. On lauchaitquatj evingt-deux mille kilos de mauvais fourrage, avec lequel on nourrissait, tant bien que mal, cinquante grosses têtes d'un bétail qui faisait
pitié, tant il était maigre et chétif. On avait estimé ces cinquante têtes 51 OOfr. Le domaine avait coûté214090 fr.; le produit en céréales était de 1134,1e croît des animaux de 1050, soit un revenu de 2184 fr. pour le propriétai e, ce qui lui donnait un intérêt de 1,liiC pour 100 du capital engagé
En prenant possession de Theneuille, M Bignon trouva un sol profondément raviné par les eaux, couvert de landes et de bruyères, qu'il fallait mettre en valeur. Les parties en culture étaient envahies par les mauvaises herbes, les prairies pardes plantes marécageuses. Tout était donc à faire sur celte propriété, qui disposait de si faibles ressources en fourrages et en animaux de travail.
M. Bignon se mit résolument à l'œuvre. Il commença par faire avec ses métayers un bail par lequel il se rérervait la direction des travaux, et supprimait les anciennes redevances qui ruinaient les colons et empêchaient toute e pèce de progrès. Cette charte, que nous rec mmandons aux pays d; métayages, ne se compi se que de six articles. Nous sommes lâché de ne pouvoir lu reproduire.
Les travaux commencèrent aussiiôt. On défricha les landes, on combla les ravins, on nivela le sol, on éleva une fabrique de tuyaux de drainage pour assainir les parties humides, on chaula celles qui manquaient de calcaire, on ouvrit des fossés d'écoulement pour les eaux et on les recueillit dans des réservoirs pour les faire servir à l'irrigation; on construisit des routes, on créa des prairies naturelles, on étabht des prairies artificielles, on fit des plantations, on reconstruisit les maisons de mélayers, les granges et les étables, enfin diverses acquisitions portèrent l étendue du domaine à 490 hectares. Toutes ces amélioralions, ainsi que les terrains ajou tés, ont coûté 1 37 370 francs . Le chaulage de 340 hectares seul a exigé 443(0 francs; l'an:énagement des eaux, 8000 francs; les semis et plantations, 6000 francs; les acquisitions nouvelles, 42 000 francs; les primes données aux colons pour création de prairies, 3000 francs; en outre, M. Bignon a abandonné à ses métayers. 4775 francs de primes qu'il avait obtenues dans les concours; il s'est seulement réservé les médailles; enfin, il estime qu'il auraàpeine dépensé 1 0 000 fr. pour fonder des écoles, des bibliothèques, une fontaine et une horloge publique, y compris la rétribution scolaire pour l.s enfants qui ne peuvent la payer. M. Bignon nous a ■déclaré que de toutes les dépenses faites par lui, la plus productive était celle consacrée aux écoles et aux hibliolhèqncs.
Aujourd'hui le domaine comprend .■Î40 hectares de terres labourables soumises à l'assolement quinquennal, qui s ecomposede racines, deblé, de trèfle et d'avoine. Il y a 95 hectares de prairies naturelles, 43 de bois et 8 de chemins, cours et bâtiments; 130 hectares seulement sont couverts de céréales, et 1 59
de racines et de prairies artificielles. En y f omprenant les prairies naturelles, 254 hectares sont consacrés à l'alimentation du bétail.
D'après l'inventaire fait au mois de novembre 1806, il y avait eu cette année 237 000 kilos de fourrages artificiels; 250000 kilos de fourrages naturels, et 450 000 de racines, au tolal, 937 000 kilos de nourriture pour le cheptel, non compris les pailles. La récolte en grains s'élevait à 810 hectolitres de froment, 214 d'orge, 280 de seigle et 896 d'avoine. Celle récolle avait rendu 30350 francs. Le cheptel se composait de 204 grosses têtes, évaluées 76 000 francs. Le croît du bétail s'élevait à -15 590 francs, dont moitié, ou 7795 francs, pour le propriétaire. Ainsi, en dix-sept ans, le cheptel était monté de 50 lêtes à 204 têtes; les grains, de 216 hectolitres à 2206; le fourrage, de 82 000 kilos à 937 000, racines comprises. L'intérêt du capital engagé, s'élevant dès l'origine à 214 090 francs, n'était alois que de 1,016 pour tOO. En 1866, le capital engagé donnait un intérêt de 6,45 pour 100 qui se décompose de la manière suivante : la moitié des céréales, 1 5 1 75 francs; la part du cheptel, 7796 francs; au total, 22 970 francs de revenu pour un capital de 355 400 francs. Voilà, certes, un très-beau résultat. Ajoutons que chaque année le sol acquiert une plus value contidérable qu'il est difficile de chiffrer.
Le domaine, dans son ensemble, ne comprend encore qu' un peu plus d'une demigrosse tête par hectare. Lorsqu'on l'aura doté d'une grosse tête par hectare, ce qui existe déjà sur la métairie de La Croix, le revenu du propriétaire sera doublé, et la terre aura acquis une valeur vénale triple du capital engagé. Or, 46 000 francs de rente en immeubles représentent, à 2 1/2 ou à 3 jiour 100, une mise de près d'un million. Le métayage réformé offre donc aux capitalistes un moyen certain de faire des piacemenls trèsavantageux et d'une sûreté sans égale, puisqu'ils reposeront sur le sol, qui ne peut périr.
Quant aux petils cultivateurs, qui ne possèdent que leurs bras, le métayage ne leur est pas moins favorable. S'ils enrichissent les propriétaires par leurs travaux mieux dirigés, ils peuvent, eux aussi, se constituer un petit patrimoine, tout en élevant et en dotant leur progéniture. Le domaine de Theneuille nous en fournit autant d'exemples qu'il y a de métayers. J'en citerai deux leulement à l'appui de ma thèse.
M. Souchot, qui exploite la métairie de Grandfit,en avait d'abord été fermier. Comme, malgré un faible fermage, ilne pouvait suffire aux besoins de sa famille, en 1 855, il voulut devenir métayer. A cette époque, il possédait un patrimoine de 12 000 francs qui était grevé de 10 000 francs d'hypothèques.
Durant les douze années écoulées depuis, il a pu, avec la moitié des produits de cette métairie, rembourser ses dettes, accroître
L'KSPOSITION UNIVERSELLE nE 1867 ILLUSTRÉE
d'environ 4000 francs sa part de cheptel, payer à sa mère une rente annuelle de 400 fran.s, marier deux de ses enfants et' leur donner 300 francs de dot à chacun. Le dernier inventaire lui attribue 4075 francs pour sa part de céréales et de bétail. Mais après avoir pourvu aux besoins de sa famille et de ses serviteurs, il vend encore pour tnviron 1200 francs de laitage, de volailies, d'œufs, de laine, de châtaignes, de iruits, de chanvre, etc. Il , ne donne à JI. Bignon que 3 kilogrammes de beurre, bien qu'il possède plusieurs vaches.
La métairie de Bonneau avait également un fermier qui, en 1852, résilia son bail, parce qu il était toujours en perle. Son fermage n'était cependant que de 1G00 francs et le propriétaire lui fournissait pour 000 francs d'engL-ais. M. Guet, le métayer actuel, remplaça le fermier sortant. Il possédait alors une petite locature de 2000, sur laquelle il devait 800 francs. Depuis lors, il a payé ses dettes, il est aujourd'hui propriétaire d'une locature de GOOO francs sur laquelle il existe un outillage de 1 500 francs; il a marié deux de ses filles et leur a donné à chacune 300 francs de dot; il a fait assurer ses garçons contre les chances du recrutement; enfin, le métayer de ISonneau qui, au début, n'avait pas pu fournir la moitié du cheptel estimé 5291 francs, possède aujourd'hui la moitié de la différence du même cheptel estimé 12 215 francs. Le dernier inventaire lui attribuait 5(107 l'r. pour sa part de céréales et de bétail; ses recettes en menus produits s'élèvent également à 1200 francs, déduction faite des besoins du ménage. Ainsi Bonneau qui rendait à ]!eine 1000 francs 'sous le régime du fermage, en rend aujourd'hui 5(107 .
Voilà des résultats positifs ; ils établissent que le métayage réformé est utile, non-seulement au propriétaiie, mais encore au métayer. Le métayage s'offre donc aux économistes comme un moyen certain d'améliorer la condition morale et matérielle des popu'ations rurales. En les associant avec les propriétaires fonciers, au moyen du métayage, on mettrait entre leurs mains l'instrument de travail et on leur donnerait une position honorable. Avec de l'activité et de l'économie, ils arriveraient facilement à l'aisance et finiraient eux-mêmcî par. devenir propriétaires. N'est-ce point là la solution la plus heureuse, la plus complète que l'on puisse donner au redoutab'e problème posé par les économistes?
Le jury international l'a pensé en attribuant à RI. Bignon un grand prix consistant en une œuvre d'art, une grande médaille d'or de 1000 francs, et plusieurs médailles d'or, d'argent et de bronze. Les métayers coopératcurs ont également obtenu des récempenses. Jamais distinctions ne furent mieux méritées. Nous venons d'en fournir les preuves éclatantes.
Jacques "Valsebbes.
Beaux arts. - La diète de Varsovie de 1773.
I\I. MATEJKO.
C'est la diète tenue à Varsovie le 19 août 1773 qui sanctionna le premier partage de la Pologne. Ce fut un triomphe éclatant pour la politique russe qui l'avait préparé de longue main, n'épargnant ni les intrigues, ni les menaces, ni les violences, ni l'argent surtout. Cependant les menées de Catherine II auraient dû éveiller l'attention des autres puissances. Par malheur chacune de celles-ci était trop préoccupée dins le moment de ses propres affaires pour combattre une ambition même menaçante : les Américains du Nord inquiétaient fortement l'Angleterre; la Fiance avait perdu l'habitude des décisions viriles, et, tombées en des mains faibles et vénales, ses destinées allaient à la dérive. Quant à la Prusse et à l'Autriche que les progrès constants des Russes touchaient assurément de fort près, les passions rivales qui les tenaient en armes depuis longtemps l'une contre l'autre les aveuglaient sur. leurs véritables intérêts.
La première idée de ce partage s'était produite en 1770, lors du voyage à Saint- Péter.-bourg de Henri de Prusse, frère de Frédéric II. Depuis plusieurs années déjà, Catherine tenait la Pologne comme asservie. Elle lui avait imposé pour roi un de ses amants, Stanislas-Auguste Poniatowski, prince efféminé 1 1 corrompu, qui devait être bientôt l'impassible 5|)ectateur, que dis-je? l'instrument de la ruine de sa patrie; en outre, elle entretenait à Varsovie un ambassadeur, le comte Keyserling, qui s'était emparé de l'administration, et un ministre, le prince Kupnine, l'âme, le chef et aussi le pourvoyeur d'argent de tous les confidents du roi. Enfin, bon gré, mal gré, des régiments moscovites tenaient garnison dans le pays.
Cependant les Polonais avaient conservé leur autonomie et leur territoire quand le frère de Frédéric, afin de sonder les intentions de Catherine, laissa entrevoir un projet consistant à distraire de la P.dogne, au profit de la Prusse, quelques provinces limitrophes. Catherine ne pouvait manquer de bien accueillir une entreprise qui favorisait ses vues propres. Aussi elle se dit prête à laisser faire, pourvu cependant « que cela ne troublât pas la balance de l'Europe. » Il est vrai qu'à des ouvertures analogues l'Autriche répondit en exhibant son traité avec la Porto dans lequel elle garantissait l'indépendance et l'intégrité de la Pologne. De son côté, Frédéric II fut tourmenté de quelques scrupules et parut hésiter. Mais l'impatiente tzarine déclara « prendre sur elle tous les reproches qu'on pourrait faire, » et il n'en fal ut pas davantage pour que la cour de Vienne oubliât ses
engagements avec le sultan, et la Prusse seie. tardives délicatesses de conscience.
Alors l'agonie de la Pologne commença, i
D'abord, dans le courant de 1771, Catheç; rine lança un manifeste. La situation de lili Pologne y était peinte sous les couleurs les plus i sombres : à Varsovie, le gouvernement n'aiit vait point d'action, la loi aucune force; touii y était sacrifié à l'ambition, à la cupiditéél l'anarchie y levait sa tête hideuse et manl quait son règne par le meurtre et le pillageu foutes choses, hélas! trop réelles, mais susci; i tées, encouragées par la tzarine. Puis, Id 18 eeptembre 1772, parut une déclarationh des cours de Saint-Pétersbourg, de Berlin ei devienne, annonçant que les trois puissanoee allaient prendre des mesures efficaces pour ré. tablir en Pologne l'ordre et la tranquillité, et asseoir sur des bases solides la constitution et les libertés du pays. D'ailleurs les Polonais! étaient invités à coopérer à cette œuvre de réi génération, — et aussi à céder aux États proi lecteurs trois mille milles carrés de leur tcr-i ritoire. Et sans attendre un acte régulier de cession, les touverains alliés prirent posses sion des provinces le plus à leur convenam c.
Enfin, â Varsovie s'accomplit la derniêi'u scène de ce drame lamentable. Mais là, ddii moins, on n'eut pas rien que le spectacle d'indignes lâclietés. Sans doute pressé par les ministres étrangers fixés à sa cour, Ponia-i towski convoqua la dièle qui devait con-i sacrer la ruine de la nation. Ah! le vote d'une assemblée où les largesses des alliés n'avaient que trop pénétré était assuré d'avance! Cependant il y eut de nobles résistances, de fières et courageuses attitudes^ qui reposent des crimes des uns et consolent de l'infamie des autres. Le peuple avait crié aux membres de la dièle : <i Ne perdez pas la gloire nationale. Ne nous livrez pas aux tyn ransl i> A quoi quelques députés, Reyten et Korsak entre autres, répondirent en s'épuisant en protestations généreuses. Quelles an, goisses pour ces âmes vaillantes I Vains efforts! dévouements stériles! La trahison est partout; la patrie n'a que de rares et inutiles défen-i seurs ! Et après une séance pleine de colères, de reproches, de honteuses faiblesses et d'ardeurs patriotiques, quand les députés, ceux-ci par peur, ceux-là par lassitude, la plupart vendus à Catherine, s'apprêtent à quitter la salle de leurs délibérations pour aller signer la déchéance du pays, haletant, désespéré, à bout de forces, mais non d'énergie, Reyten se précipite au-devant d'euxy se jette à terre, leur faisant en travers de la porte une barrière de son corps, et les apostrophe une dernière fois d'une voix altérée par la douleur : « Allez, lâches, allez, s'écrie-t-il; confirmez votre ruine à jamais; seulement vous ne passerez qu'en foulant de vos pieds ce cœur qui ne bat que pour l'honneur et la liberté ! »
Le lendemain de ce jour néfaste, le roi approuva en versant des larmes les arrange-!
L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 18f.T ILLUSTRÉE
menta des alliés, et le premier parlnge de la Pologne se fil sous la protection des baïonnettes étrangères.
On connaît maintenant le sujet du tableau de M. Matejko. Peut-être trouvera-t-ou que l'action des députés manque de clarté. Il y a là effectivement de l'indécision, et malgré son énergie, le geste lui-même de Reylen laisse l'esprit en suspens. C'est que la peinture n'est pas apte à traduire des paroles. Quand elle exprime les passions, les caractères, les sensations qui se reflètent sur l'être extérieur par le jeu des facultés intérieures, elle est dans ses conditions spéciales, de même que lorsqu'elle reproduit les actions des hommes, les grands faits historiques, ou de simples scènes familières. Mais choisir une scène quelconque, dont le pathétique ou l'enjouement tient au sens précis des paroles que prononce l'un des personnages, c'est confondre les moyens d'arts entièrement différents. J'insiae sur ce point. Le dessin ni la couleur ne sauraient interpréter les sons. Demandons-leur de fixer des formes, des mouvements, une action, et non de formuler des mots.
Ou voit où j'en veux venir. AI. Malejko a cru pouvoir obtenir de la peinture ce qu'elle ne peut donner, un discours. De là l'incertitude où laisse son œuvre, laqueUe, du reste, renferme des qualités d'un ordre vraiment sujiérieur.
En effet, je m'empresse de reconnaître que l'exécution manuelle de ce vaste cadre mérite de vifs éloges. Plus d'une partie est excellemment traitée, et je pourrais citer sans peine bien des visages qui ne laissent rien à désirer, des mains correctement attachées, des ajustements décelant un outil adroit, souple, rompu à toutes les difficultés du métier. Je ne parle pas de la couleur; elle est ordinairement noire et laqueuse. Mais, je le répète, l'exécution est des plus remarquables, et, à cet égard, peu de peintures de notre école me semblent aussi brillamment partagées que celle de M. Matejko. Olivier MmsoN.
Les Appareils de Chauffage et d'Éclairage.
Les appareils de chauffage et d'éclairage forment une des classes les plus importantes de l'Exposition universelle. L'hygiène et le bien-être publics sont directement intéressés au perfectionnement de ces appareils. Tout homme soucieux de la santé des siens doit en faire le sujet de ses plus vives préoccupations.
Quand nous aurons dit que les appareils de chauffage se fabriquent en grande partie à Paris, Lille et Lyon; que les matières premières de cette industrie sont la fonte et la tôle; que la fabrication consistant en travaux de fonderie et d'ajustage, se fait exclusivement à la main; que les produits ne sont pas exportés; que, depuis 1855, les construc-
teurs se sont efforcés de modifier leurs travaux dans le sens de l'économie du combustible,— nous n'aurons plus à parler que des exposants.
En pré ision de la place qui va nous manquerpourparlerutilementde tous, nous adopterons l'ordre indiqué par les récompenses que le jury a cru devoir décerner.
Parmi les médailles d'or nous trouvons dès l'abord la maison d'Hamelincourt de Poris. C'est M. d'Hamelincourt qui le premier a appliqué dans ses appareils la double circulation d'eau chaude qui est devenue la base du chauffage moderne. Frappé des avantagps que présente le chauffage par l'eau chaude, il a cherché à en faire disparaître les inconvénients par son hydrocalorifère. Cet appareil se place daijs la cave; il n'y a donc plus de fuitesà craindre; et quoiqu'il soit d'un prix plus élevé qu'un calorifereà air chaud, il et t préférable et pour la salubrité et la régulalité de l'atmosplièie qu'il produit, et pour la sécurité qu'il donne sous le rapport de l'incendie et pour l'économie du combustible qu'il absorbe.
La maison de Mme veuve Duvoir-Leblanc et la maison de M. LéonDuvoir ontdignement soutenij une vieille répulation. Si leurs appareils ne présentent pas des modifications notables, leurs produits se distinguent par leur solidité et leur durée. Un des ingénieurs employés par cette importante maison, M. Gué-in, a même obtenu, à titre de coopéra'eur, une médaille d'or.
M.M. Lacarrière et Cie ont éié assez favorisés pour pouvoir exposer dans le Parc, tout près du Carillon des cloches, les élégants échantillons de leur fabrication. Une niéiaille d'or a récompensé ces fournisseurs delaclassea'sée.
Si la liste des médailles d'or est restreinte, celle des médailles d'argent présente un plus grand nombre de noms. Nous ne citerons qu'en courant, malgré le vif désir de nous arrêter, M.\L De'aroclie, Baudon, Joly, Grouvelle, Lecoq, Boyer, etc.
Le nom de la Cie parisienne d'éclairage et de chauffage par le gaz se trouve parmi les médailles d'argent. Elle expose des appareils spéciaux pour le chauffage au coke. Le coke est, par lamodicité de son prix, le plus avantageux de tous les combustibles. S'il n'est pas adopté partout, c'est que les cheminées de nos maisons ne sont disposées que pour le chauft'age au bois et que toute autre matière qu'on y brûle répand une odeur désagréable. Pour éviter cet inconvénient, la Cie parisienne a fait exécuter de nouveaux appareils, dont les épreuves décisives ont donné des résultats satisfaisants. La combustion du coke peut être réglée à volonté, et la chaleur produite peut être complètement utilisée, ce qui n'est pas possible avec les combustibles qui brillent avec flamme. Le public ne tardera pas à comprendre l'utilité de cette inno ation qui se traduit pour lui par de véritables économies.
I Nous passons avec M. Ch. Denis, qui emploie fort heureusement le gaz d'éclairage au chauffage et à la cuisine, aux appareils d'éclairage.
Depuis le commencement de ce siècle, les lampes de M. Carcel sont en usage, et ce n'est qu'en 1 8,3G que M. Franchot inventa le modérateur. Le gaz modifia profondément les appareils d'éclairage. Nous n aurons pas à nous arrêter aux lampes et aux ap: areils en bronze qui rentrent dans l'ameublement et font partie d'une industrie essentiellement française. Le goût de nos fabricants, encore une fois, triomphe sur tous les marchés; et si la modicité du prix des matières premières, permet, en Anglelerre et en Allemagne, de donner à un prix inférieur lea appareils d'éclairage ordinaires , nous lultons avec avantage contre toute concurrence pour les produits de luxe.
Un seul étranger, un Prussien, M. Stobwasser, a prouvé par sa magnifique exposition de lampes qu'il savait être, pour l'éiégance des formes et la richesse des ornementations de ses produits, à la hauteur des Français. Voilà une exception qui confirme pleinement la règle.
Nous ne pouvons passer sous silence les lampes de MM. Gagneau et .Schlossmacher (médailles d'or). Noire publication a, du reste, déjà rendu compte des produits de ce dernier dans le numéro 12.
M.M- Audouin et Bérard (médaille d'argent) ont fait des études spéciales sur les becs à gaz qu'on emploie. Le point de départ de leurs expériences est ce fait bien connu, qu'une modification peu sensible en apparence dans la construction des brûleurs produisant la même lumière, peut avoir pour conséquence une différence notable dans leurs consommations.
Parlerons-nous, pour finir, des veilleuses, des alkimettes?Nous le voudrions, mais force nous a été d'être court pour les grandes expositions: que les petites nous pardonnent de les sacrifier, A peine pouvons-nous transcrire de la lisie des médailles d'argent les noms de M.\I. Four et Cie, à Paris (allumettes-bougiesy, de M. Zarzetski, à Pestli (allumettes de toute nature), et de la fabrique suédoise de Jdn Kopping (allumettes amorphes),
J, Laurent-Lapp.
Jules César. — Bronze de M, Daubrée.
Dans le pavillon de l'Impératrice il n'y a pas rien que des meubles, des étoffes, des tentures pour arrêter et séduire le regard: tout n'a pas été envahi par de riches futilités; il y a eu place aussi pour des choses sérieuses. C'est à-dire qu'on y voit quelques objets auxquels l'artiste, le curieux et l'érudit s'arrêtent avec un égal intérêt.
Dans le nombre, une statuelle en bronze (le Jules César se fait surtout remarquer. D'une fonte excellente, irréprochable, d'une patine trè^-agréable, elle sort des ateliers de M. Daubrée. C'estla restauration d'un bronze antique, tronvé près de Besancon et appartenant au musée de cette ville. Seulement la pièce antique est fruBte, rongée, fragmentée
et très-incomplète, comme il est aisé de s'en convaincre par la gravure qui accompagne cette notice. De sorte que, à certains égards, la statuette de M. Daubrée a l'importance d'une œuvre originale.
Je regrette de ne point connaître le nom de l'artiste auquel est dû un travail exécuté avec un fjoût si délicat, une connaissance si
profonde du personnage représenté. Car cette B statuette est réussie sous tous les rapports. . Il est vraiment fâcheux que des travaux p'us s considérables aient obligé M. Daubrée ài limiter à cette seule figure son envoi aai Champ de Mars. Consolons-nous pourtant.
La quantité est quelque chose, mais la qualité vaut mieux. N'est-ce pas des œuvres ^
EXt'OSITION DES APPAltEILS DK CHAUFFAGE ET D'ÉCLAIRAGE. — Dessin de M. Desroclies-Valnay.
d'art qu'on a pu dire excellemment ne les compte pas, je les pèse? »
Olivier Merson.
Je
Bijoux exposés par M. Gentilhomme
Art essentiellement féminin, partant variable, la bijouterie change sans cesse de style. Une saison parfois lui suffit pour aller
brusquement du grave au léger, et retourner d'un bond au sévère. Aussi déterminer l'année où telle boude de ceinture, telle broche, tel collier, sont sortis de l'atelier, est rarement chose facile.
Cependant tous les produits de la bijouterie actuelle ne se confondront pas plus tard avec leurs similaires d'un autre âge. En effet, des attaches, des combinaisons, certains procédés particuliers à la fabrication moderne en seront les signes distinctifs, serviront à
établir leur élal civil. Par exemple, la résille de M. Gentilhomme ne court point le risque d'être attribuée à une époque antérieure à celle-ci, parce que l'on y rencontre précisément des agencements ingénieux et utiles dont les anciens bijoutiers ne se sont assuré- ■ ment ''guère préoccupés. Ainsi, les turquoises qui forment son ornementation sont mobiles : simplement vissées, en quelques instants on peut leur substituer des perles, des brillants, des Tubis ou d'autres pierres
L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE t8G7 ILLUSTRÉE.
précieuses. D'un autre côté, le lilet en chaînettes d'or est d'une souplesse merveilleuEe , absolue, comparable au moins à celle de la soie, résultat charmant et rare que l'on doit à un outillage spécial, très-heurousement conçu. Enfin la plaque du peigne est mobile cUe aussi et peut se transformer suivant les caprices de la mode.
Le bracelet dont nous publions également le dessin est un autre tour de force de fabrication. Tout en conservantà ce bijouune grande souplesse, et sans compromettre son élégance, il s'agissait de lui assurer assez de rigidité pour qu'il épousât exactement la forme du bras. Or, c'est le programme que M. Gentilhomme, praticien consommé, a rempli de manière à défier toute objection.
Quant à la broche, cela se voit, elle n'est pas moderne, ni de ce pays. On croit y retrouver les caractères d'un produit florentin, et son origine remonte sans doute au seizième siècle. Qui ne reconnaît le sujet représenté : îlercule étouf^ faut letioii tZe A'c'mte.'Enhautrelicf, exécutée d'un outil savant et délié sur une sardoine pure de toute tache, de toute veine, sertie d'un cercle d'or marqué de brillants, sans rien exagérer, la pièce est digne d'appartenir à une souveraine,
JULES CÉSAR : BltO>ii!E Dli M. iiAUliliJii:. — Dessm de M, Bocourt
mieux encore de figurer dans une coUeclion publique.
Oliviui Mi:iisnK.
La Galerie des Machines.
FRANCE (Gn).
Peu de classes ont reçu autant de médailles d'or que celle du matériel des chemins de fer ; en effet, en tous pays, la construction des locomotives et des wagons a atteint un grand degré de perfection. Notre exposition en particulier se distingue par ce double caractère : nos locomotives sont les plus belles de l'Exposition et nos voitures à voyageurs sont à peu près les plus imparfaites.
11 y a cependant une exception à faire en faveur du grand wagon à impériale fermée qui, dans ses deux étages, comprend 78 places.
La compagnie de l'Est ne présente ce wagon que pour les chemins d'intérêt local, mais l'avenir lui réserve probablement de plus hautes destinées. Pour en finir avec les wagons, c'est encore l'Est qui expose le fourgon muni du frein électrique Achard qui a reçu une dérisoire médaille de bronze. Dans ce système, dont l'adoption aurait empêché tous les récents accidents, la force acquise du véhicule est opposée à elle-même et employée à serrer les freins automatiquement dès que
le courant électrique met !e inécanitnie en jeu.
Enfin comme locomotive, l'Est a exposé une machine construite à l'usine de GralTensladen, dans un système emprunté aux Allemands, et qui consiste à accoupler ensemble, non-seulement les roues de la locomotive, mais môme celle du tender; on arrive ainsi à avoir des charges effrayantes dont la pression est entièrement utilisée pour la traction; cette locomotive et son tender pèsent 63 '290 kil.
La compagnie d'Orléans a exposé deux admirables locomotives ; la première, le Cimtal, est destinée à traîner les trains de marchandises sur la ligne en construction de Murât à Aurillac, l'une des plus accidentées du réseau français. La machine, qui pèse 60 630 kilogrammes, porte sur cinq essieux, disposés pour passer dans lescourbesde court rayon; pour pouvoir gravir les plus fortes rampes il lui faut uiic très-giande puissance, et par conséquent elle consomme beaucoup de vapeur, aussi la surface de chauiîe estelle énorme. Le foyer tubulaire est composé de 280 tubes et sa superficie totale est de 210 mètres carrés.
La seconde machine est destinéeaux tiains express, qui ont également à gravir de fortes rampes. On sait que pour les trains de vitesse un emploie les machinesCrampton, qui ont pour roues motrices deux roues trèsgrandes placées à l'arrière; dans ce cas la puissance de traction est faible. On est enfin parvenu à faire des machines ayant deux paires de grandes roues couplées, et une puissance double. La locomotive de l'Orléans fait, en montagnes, 70 kilomètres à l'heure; le diamètre de ses roues atteint 2"', 20. Ces deux machines si originales ont été construites sur les plans de M. Forqueaot, ingénieur en chef.
La compagnie de Lyon a exposé une autre locomotive analogue, également très-belle, le Dalembcrt.
La maison Gouin a exposé une de ces locomotives Petiet, si excellentes et d'un aspect si étrange. Cette formidable machine, justement nommée le Ti'fan, porte sur douze roues, toutes couplées, mises en mouvement par quatre cylindres; elle est à retour de flamme, c'est-à-dire que les produits de la combustion, après avoir passé de l arrière à l'avant, reviennent, par un autre faisceau de tubes, de l'avant à l'arrière; ce nouveau groupe étant au-dessus de l'aut e, il en résulte que la machine est si haute que la chemicée doit être horizontale.
Les machines étrangères sont généralement moins parfaites, mais presque toutes présentent un abri pour les mécaniciens, tandis que un ou deux constructeurs français, seulement, ont songé à l'humanité.
L'illustre maison anglaise Stephenson a exposé une locomotive à grandes roues motrices placées au centre. Les .\llemands emploient encore assez souvent des machines à
qu-itre roues. L'.\utriche a exposé une loco- [Totiyc Engerth avec tender à huit roues couplées etre'iées à celles de la machioe, et en outre, deux belles locomotives, sortant des ateliers Sigl et destinées aux chemins russes; mais le petit Wurtemberg a fait mieux, il a exposé une'locomotive, admirablement comprise pour son usage spécial, commandée par les rai Iwâys anglo-indiens.
En résumé, sur les trente-deux locomotives exposées par la France, l'Angleterre, l'Allemagne, la Belgique et les États-Unis, les neuf dixièmes sont hors ligne. Quant aux voilures de chemini de fer, on peut ainsi les classer. L'Angleterre : n'a pas osé en exposer; la flollande : médiocre ; la France : guère meilleure; la Suisse ; mieux; la Belgique : bien; l'Allemagne: très-bien. (Nous avons dit dans la livraison 10, tout le bien que nous en pensons.) L' .Amérique n'a que des modèles, ils paraissent fort bons.
Nous aV''ns souvent parlé des travaux publics dans les livraisons précédentes; .nous n'y reviendrons donc pas.
C'est fini, nous n'avons plus de p'ace; passons sans les regarderdevant les modèles de navire, les machines agricoles de (^ail, exécutées avec un fini en quelque sorte désespérant, les machines à graver par l'é'cetricité, les presses superbes de M. Marinoni et de t'\nt d'émuleshabiles, et enfin l'innombrable légion des métiers. Ah! qu'il y aurait à dire!
Nous avons gardé pour la fin un de nos plus grands industriels, parce que son exposilio;i se trouve partout.
L'honorable M. Gouin semblerait, peutêtre, pour qui connaît ses établissements immenses, avoir restreint son exp'-sition, fI on ne le jugeait que sur sa locomotive Tilaii; mais il a également apporté les plans de ce ponl-viaduc litanesque, de huit cent vingt mètres do longueur, qu'il vient de jeter sur le Pù àMezzana Corti; mais surtout .M. Gouin peut s'appliquer la be'le p?nsée, inscrite à Saint-Paul de Londres, sur la pierre tombale de son grand archiiecle, Christophe Wren, et dire au visiteur, qui veut connaître l'œuvre de l'homnied'Élat forgeron : « Si tu cherches le monument, regarde autour de toi. n M. Gouin a exposé le palais de l'Exposition.
Il faut à tout écrit une conclusion : en conscience, voici celle que nous inspire cette longue étude.
L'Angleterre est encore la première, quant à la quantité sans cesse croissante de la fabrication des machines, mais à l'égard de leur beauté et de leur perfectionnement, elle ne marche souvent plus qu'à la suite de la France, de l'Allemagne du Nord et de la Belgique.
Si l'on distribuait des récompenses aux nations, nous donnerions le premier prix à la France et le second à la Belgique, qui est encore la France, la France libre.
Charles Boissay,
Le grand prix d'agriculture.
L'objet d'art qui figure à notre dernière ) pa^e sort des ateliers de la maison Christofle; ; il représente une valeur de 10 000 francs.. Il a été attribué à M. Decrombecque de Lens, , et non de Sens, ainsi qu'on nous l'a fait dire î par erreur, comme à l'agriculteur français i ayant donné les meilleurs exemples et remiu i le plus de services au pays.
« Dans un pays agricole tel que la France, , disions-nous au mois d'octobre, le premier : récompensé doit être le cultivateur le plus i méritant. » Nos vœux ont été entendus.
C'est dans la plaine de Lens, célèbre par la i victoire du prince de Condé sur les Aile- mands, en 1648, que M. Decrombecque ai installé sa ferme modèle q^'e l'on vient visi- ■ ter et copier de toutes les parties de l'Eur.ipe, « Avant lui, dit M. Jules Périn, avocat à la i Cour impériale de Paris et compatriote de ! IM. Decrombecque, la plaine de Lens, dans le ! Pas de-Calais, était absolument ttérile : elle i respire aujourd'hui l'aisance et la prospé- ■ rité, » C'est tout dire en peu de mots.
Il ne paraît pas probable que les grands i prix et les médailles d'or, décernés après la , clôture de l'Evposilion, donnent lieu à une distribution publique. S'il y a une cérémonie à cette occasion, nous en rendrons compte dans f Année illustrée.
Fu. D.
Les fourneaux économiques dont M. Klein avait prisl'iniative dans larude année 18.56, viennent d'être réinstallés à Paris sous le patronage du Prince Impérial.
Les fourneaux économiques livrent un repas su ûsant moyennant 25 centimes, — soitS centimesia portion. — En 1856, le riz avait été substitué au pain comme base d'alimentation. Le seul cha 'gementqu'onaitfait au menu de M. Klein, c'est de remettre le pain à la place du riz.
Depuis leurinstallation, les fourneaux économiques sont arrivés à débitcruno moyenne de 80 000 portions par jour.
Nous sommes heureux d'avoir poussé à la reprise de cette bonne œuvre. Voir notre 46" livraison, page 256.
Fit. Ddcl'ing.
Les applications de la Science à l'Industrie.