‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 23 sur 134 · II · texte numérisé non relu

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l/KM'OSlilUA' UNIVKKSEM.H UE 1«(i7 IIJ.USTRÉE.

bleau, il est lacile de se croire en [ilein dixneuvième siècle el au iiiiiieu même de l'exposilioii des porcelaines de Sovres.

Les Ja|)onais, voisins desCliinois, nemanipièrent pas d'aller s'iiislniire à leur oiolc el, avant pou, les porcelaines du Japon et celles de la Chine rivalisèrent d'éclat et de beauté.

« Pendant, a écrit M.'l'urgan dans son remarquable et bel ouvrage s>ir les Grandes usines de la Frana', pendant que les Chinois et les Japonais atteignaientainsi le plus baut laite de l'art céranii(|ue, l'Europe fabriquaitavec peine des énaaux et des poteries fort agréables au point de vue d'un certain art naïf qui l'ait aujourd'hui encore l'admiration des antiquaires monomanes, mais nu pouvant servir qu'à des usages irès-rcstreints, puisqu'ils ne pouvaient supporter l'action du feu. i>

La sentence me paraît sévère, surtout quand je nie souviens de nos émaux de Limoges, qui étaient d'un toucher si soyeux et si pur ; mais somme toute, la rélk'xion est juste.

Cepeniiant , comme l'Europe n'est jamais privée longtemps d'au- 'une invention b)nne et utile ou agréable et que ce qui n'a point tout d'abord été découvert chez nous ne tarde pts à venir s'y perfeclionner, il advint ijue dans seizième siècle, au

L'immortel Bermud de Palissy les suivit de [irès.

Henri IV eut la gloire d'établir les premières manufactures de faïence à Paris, àNevers et en Saintonge. Mais si c'était là un acbenii-

IMPHIMEKIE UE MM. MAME, A TOURS. (Grand priï.J

du les

le premier tiers moment menie où premières porcelaines de Chine arrivaient en Italie et en France, Lucca dcUa Hobia et Orazio Fontana avaient découvert la magnilique faïence de Toscane, et que les chefsd'œuvre abondaient dans leurs usines-

nement vers la porcelaine, ce ri'elaitpas la porcelaine encore, cette poterie précieuse et pure des Chinois et des Japonais, et ce n'est que vers 1711 que nous en trouvons des imitations réelles et remarquables. La manufacture de porcelaine de Saxe est fondée par liœttger etTschiruhaus qui, d'essai en essai, ne par-

vinrent pourtant qu'à former un beau et solide grès rouge, lors(|ue Jean Schnorr trouve le kaolin. C'était vraiment trouver le secret des Chinois.

La manufacture de Sèvres, à laquelle j'ai bâte d'arriver, fut ..^jBF établie d'abord par jj^.": ? ;^i2!p. huit commanditaires, puis achetée en 1 7G0 par le roi Louis XV qui lui assura un fonds de 96 mille francs par an et lui donna |iour directeur M. lioileau.

Mme de Pompadour, qu'on a trop calomniée, engagea le roi à se faire le protecteur direct d'un établissement qui devait à jamais honorer son règne et qui , dans ce temps des faiblesses et des déchéances royales, ne laisse pas de témoigner de quelque grandeur.

On y sent une inspiration supérieure aux volontés ordinaires de Louis le Bien-Aimé.

Sèvres , depuis lors, a eu des fortunes diverses; mais dirigé sans cesse par les savants les plus compétents et les plus habiles , prolilant de toutes les découvertes, appelant toutes les lumières , il a vu sa prospérité s'accroître et , pour ainsi dire, se renouveler chaque jour; car l'industrie ne saurait rester immuable ni slationnaire : il faut, au c risque de s'altérer, ^ de se dégrader et de périr, il faut qu'elle aille en avant et qu'elle change et [lerfectionnant sans re-

se iiiudilie en lâche.

On a pu reproclier aux vases fails autrefois je ne sais quelle roideur disgracieuse, quelque chose de guindé et d'académique; mais, d'année en année, on s'est corrigé et guéri de ce faux goût des mauvaises époques, et

L'KXHOsniON UNIVKKSKLLK UE 1 867 I LIAIS IK EE.

l'on a recherche h's modèl- s les plu i purs la ui'i lis sont, à Athènes, à Rome el dans les traii lions si cla^si |ues el sî parfaiie» de la Re a'ssance.

Ce. i M.Hepnault, l'un de nos plus éuiinenls idnuiiMes, ipii esl chargé de la direeliou de la mannfiictnre impériale de Sèvres ell'on d it sa science bien de- prt cieu-es décou- \t'i-I-s, qui ont eniiidi exeh.siveilieni l'ill- Irli-ti'illenl m 111 e 1 Cl,; lie. Il sail, — elila du i;nril ; - I iKii vi e. ipielle qu'elle ; ijit, pui te sa ilo .hle niarquc.

Il y aurait, lerles, de ijuoi > niéresser vi - V. luenî et instruire le le leur par le compic rendu détaillé des procédés si minutieux, ti délicats et si inténienx à la f' is, employrs pour j)iu uire tine pièce île pu celaine. J') resM'Us, ptiui' nia ]>art, aniant d'inléièt curieux et d'émotion que dans le r'cit des victoires el conquêtes de maints peuj)les vantés el qui n'ont fait ici-bas qu'un grand bruit stérile. Mais de pareils dé ails ne sauraient, hélas 1 C' trer dans nos cadres, et j' dois me borner ici à cnnseillf r au lecteur d'aller visit r lui- même ce vaste 1 1 splendide établisiroment de Sèvres, tout sera [irolit pour ses yeux et pour stin esprit.

Q aut à nous, qui devons nous en tenir à l'Exposition admirable d>s porc^elaines de Sèvres, notre part ei-t ei core assez lar^e et assez complète, et je ne sais, parmi les merveilb s qui sont étalées çà et là au Chan'p de Mars, rien qui montre mieux le proférés de l inilustiie unie a l'art, lors(]u'en cherchant l'utile nous trouvons aussi le beau, et que nous avons le don inesiimable de savoir les ma lier Ce m triage a été fécon i pour 1 honneur de ce temps et la gleir ^ de noti e pays.

On e t frappé eu entrant dans la salle ou les purcelai ,es le la .Manufacture impériale de Sèvres s'étaj^ent et >e groupant au-degsous d s b'aux tapis de la Manufacture im -eriale de Gobelins, on est frappé, dis-je, de la iranièie mènie dont celte pièce est dei orée et ornée. 11 y a là du même coup luxe, sobriété, el couve auc- ;i lous éi^ards. M. Ru prieli-Robeit, qui a été charge «le cet e décor.tion, est un architecte de talent, et qui a su tirer ingénieusemen pa ti des moindres ilétails pour la beauté et la grâce de l'enseiTible.

Depui- un gra- d nombre d'ann es, la (laie tendre avait été abandonnée a Sev es, où la pâte dure abs-irbait toute l'atleniion et tous les soins. Mais voi à qu'on a repris cette délicieuse et incom aialile labricalion et -Tu on l'a mei ee, pour ainsi dire, aux dernière-, limites de rélé.:ance. Ue plus, la manufacture esl devenue une véritable école île cera ique, dans laquelle on a voulu que toutes les variétés de po erie fussent represe- lées, sans que cependant les an' iennes faïences fuss n', prises servilemerrt p- ur modèles, et eu conservant à tous I s produiîs t ur cachet de nationalité françai le .

Comme le vieux Sa^e cl la (iiiinc inèuie

sont atteints et dépassés! Nous avons, au idiamp de Mars, des échantillo s de tout iicnre, ofi le monumental et le grandiose se uiêleiitau délicat et au mignon et où la statuaire et la I eintu'eet l'art le plus rarfiné Us émailleurs concourent ensemble, el se mê'ent et parviennent à des effets prestigieux.

L'pxpo-ilion des produits de la nianufactur-e de Sèvies ne s'an dyse pas. Il serait ion d'enli éprendre de vi us montrer, d'un vase à laiiM-e, d'ire coujie à une roquide, dun gr.^upe à IV e statuette, que la terre a tantôt acquis l'éclat des pierres li es, tan-ôt l.i valeur de l'or et de l'argem. Encore un coup, c'est comme une' création nouvelle qui est sortie de la terre obéissante el prodigue, et, a l'exemple du Créateur, la créature inspirée peut juger aussi que son œuvre est bonne. Le rayon de soleil semble avoir été saisi el comme fixé dans ces pâtes toutes diaphtanes et nacrées, où les couleurs prennent à l'envi de douces ou de vives teintes, et le dessin un r-liefplus exact et plus pur. 11 est assurément plus enviable de posséder une aiguière de Sèvres, ornée de dessins pâle sur pâte cuite au grand feu, que bien des plats et des assiettes en vaisselle plate, el la Iragililé m me de l'œuvre, tout ce qu'elle a réclamé pour qu'elle pill te pr iduire au grand jour des connaisseurs, sam penr et sans reproche, tout ce qu'elle a exigé de constantes vigilances et de sollicitudes infinies, en augmente enro e 'e prix et la gloire.

Ces frêles poteries me font penser à ces beautés frêles aussi et légères, telles qu'un coup de vent qui les effleure peut les briser ou lesenle>er,el qui n'en sont que plus charmantes aux regards qui s'enlfudent à découvrir l'ait aitmystérieus et le cbarine en toutes choses. Un lis est loin d'opposer la résistance d'une pivi'ii e, et pourtant qui ne préfère le lis à la pivoine ?

Les émaux de Sèvres ne craignent aucune rivalité dans le passé i i dans le présent. L'avenir aura île ia peine à iroiiver mieux, di- 1 ions-nous, s'il était permis de défier le génie de la posiérité et les découvertes de l'a ieiiir.

Les dessinateurs el les décorateurs trésrecoinn andables de la manu facture de Sèvres, inérileraient de glorieuses mentions, et si cet article, qui, encore une fois ne peut se tenir (pie dans les généralités, devait signaler tout ce qui me paraît digne, non-seulement de l'altenlisn du quart d'heure, mais d'une lointaine et durable renommée, il n'y aurait pas a ssez de place dans ce recueil pour une critique motivée et prenant ses conclusions.

J indique, cl je prie le lecteur if-telligenl de combler les lacunes.

Ce qui reste au-dessus de loute discussion, c'est la supériorité de la manufacture de Sèvres sur tomes les manufactuies étrangères, ses rivales, et l'on |ieut dire hardiment, avi c mon ami M. l'aul Dalloz, qui esl lui-même une autorité en un semblable débat: i< Co inaud' Z à Sèvies ou iiidinéreuiinent elitz nos

potiers français des plats, îles aiguières du slyle qu'il v.,us p'aira, offrez le prix qu'on vous aura demardé en Angleterre pour de pareilles pièces, el nous vous garantissons une exécution supérieure tant au point de vue artistique qu'à celui de la fabrication matérielle, j'

ilii nesiiiirait parler avec plus de justesse; et qu'on n'aille, pas, je vous en conjure, crier au rliaiii-'iiiisiiir avant d'avoir vu ci compar.^, à l'exposition du Champ de .Mars, la céramique étrangère avec notre céramique Irancaise.

Les faïences de Sèvres, convenons en avec franchise, ne valent pas ses porcelaines, et l'industrie particulière reste, sur ce point, en avant encore. Mais,devanl de t ès-honorab'cs essais et des tentatives qui font voir le zèle et le savoir avec lesquels ce genre de poterie, si cher aux amateurs, a été entrepris, ou ne peut qu'auguier de grands succès dans un délai prochain. Que n'a-t-on pas d'ailleurs le droit d'attendre d'un établissement où le progrés est de loi coiuiiiune et de devoir quotidien, toujours scrupuleusement accompli?

C'est une idée ingénieuse que d'avoir réuni et présenté côte à côte les produits de la céramique française et les tapisseries des Gobe'ms et de Beaiivais. L'œil, en allant des uns aux autres, ne fait que changer d'enthousiasme, el vraiment on se sent pris d'orgu il devant celte exhibition des arts industriels en France. Un cbansonnier, le [lauvre ïliiiile llebraux, a dit quelque part :

Ah 1 (fLi'oiJ est lier d'être Français, (Juanil on regarde la Colonne

Eh bien' je me suis senti plus fier encore, l'autre jour, en regardant les porcelaines de Sèvres et les tapisseries d^s Gobelius. i,es nations européennes, nos oisiuf s et nos . Iliees, se tiennent très-près de nous dans ceU^ arène où l'humanité, par fractions et par troupes, poursuit lourageusemeut sa lut e, el demain elles nous atteindront [leut-être.

i\e nous plaignons pas, et lélieitu s nous de pouvoir cniistaler ces unanimités généi-euses que l'Exposilion du Champ de .Mars a fait si vigoureusement ressortir; mais encore aiijouri'hui, disons le haiittuient, nous nous tenons, là comme ail eiirs, à l'avantgarde !

OCTAVR LaCHOIX.

Coutellerie française et étrangère.

La coutellerie esl une des industries qui ont réalisé le plus de progiès depuis vingt ans. Les procédés mécaniques, de plus en plus employés, ont doiirré de la preeisio" et de l'uniforruilé aux pièces faliriquées; d iu-

énieuses inventions ont rendu l'emman- Imre plus simple et plus solide; on a dimilue les complications du mécanisme, évité emploi des ressorts, découvert des moyens lour scier et presser les manches. L'estâmlage pratiqué datis des feuilles d'acier, le lacaf^edu fer, c'est-à-dire la sub.'titution du 3r à l'acier dans la partie inactive de l'outil, nt permis d'abaisser les prix. Ils sont encore elalivenient assez élevés en France, n)ais à liellleld, à Namur, à Sollingen, les fahri anli ont atteint les extrêmes limites du lion larché.

La classe XX r.'unit fous le titre de cousllerie, cinq catégories:

r Les couteaux de table, les couteaux et jurcliettes de table à lames de métaux préieux ;

'i" fa coutelU rie fermante qui comprend ;s couteaux à tessoi'ts de tout genre;

3° La coutellerie à lames fixes, composée es couteaux de chasse, poignards et cou- ;aui tranchants de diflé en's genres à l'usage e beaucoup de professions;

4" La coutellerie comprenant les ciseaux de )us les genres, sécateurs, etc.;

6° Les rasoirs.

Paris est le centre de la coutellerie fine, lès le moyen âge la capitale avait des corpoitions .de fèvres-couteliers, de couteliers liseurs de manches, (le graveurs et de doeurs sur fer et sur acier, qui excellaient ans l'art de ciseler et de damasquiner d'or u d'argent. Leurs successeurs n'ont pas dêénéré. Paris ne compte que deux cent soianle-neuf couteliers employant trois cent ingt ouvriers seulement; mais leursproduits int tellement remarquables par le bon goiit, élégance, la perfection et souvent la nouîaiité des formes, que leur fabrication est Mèbre dans le monde entier. On peut juger B la diversité des opérations auxquelles ils i livrent par leur simple énumération. lisse artageiit eu forgerons, limeurs, trempeurs, nouleurs, rliabill iirs, estampeurs, découeurs, ajusteurs, rabutleurs de lames, perîurs, affileurs, façonn urs et monteurs ■ e lanches, soudeur-, graveurs, ciseleurs, dalas ^uineurp, repassetirs, polisseurs et toureurs Jt roue.

C'est à une maison de Paris, la maison ouron-Paf isot, qu'a été décernée la première ifdaille il'or. Élève-ouvrier des ateliers de ogent (Ilaute-Miirne), M. Pari ot a pris en 83'J la suite des affaires de .M. Tourou, et il it aujourd'hui préi-ident de la Chambre syn iiale lies cnuieliers parisiens et meinbie de i Légion d'hcnneur Ce qui lui a valu ces istinctiiins, c'est la modification importa te u'il a inlroduite dans la coutellerie en y asjciant I orfèvre ie qui avait jusqu'alors agi iparément. Les [lièces sont montées, gravées t ciselées sons sa siirveiilaii"e, d'après des lodèles composés par lui. Nous avons relarqué dans son exposiiion un joli poignard l'iiitien, du siyle de la llenaissance, à lame

repercée, à garde en acier incrustée d'or émaillé; deux pièces à déco-jp -r dont les manches d'ivoire représentent Mars et Minerve; un coffret-nécessaire en acier damasquiné; plusieurs couteaux fermants avec garniture en or ciselé, en nacre ou en onyx ; un coffretnécessaire en acier daniasquiiui d'or fin; un couteau à lame en damas, avec tête renaissance prise sur pièces ; deux châtelaines ciselées , dont les ornements sont pris sur pièces, l'une de style renaissanije, en acier appliqué d'or, l'autre de style néo-grec, eu argent appliqué d'or. iM. Parisot met en tuut de I élégance. Il a eu la singulière idée d'élever à la dignité d'œuvre d'art le couteau populaire connu sons le nom A'Eustache; et, >ans en changer la firme, il a fait un Eustache fermant à ressort, dont le manche en bois est délicatement sculpté et dont les garnitures sont en acier ciselé.

La coutellerie-orfèvrerie est égalementcullivée avec succès par MM. Cardeilliac, Languedocq et Marmuse jeune.

M. Mtrmuse aîné s'est attaché à perfectionner les sécateurs à coulisse, les serpettes et les cueille fruits.

M. Jules Pillault produit des couteaux de table solides à bon marché.

Des couteaux de chasse, des couteaux-cisailles, de la coutellerie de table et de poche, des manches à gigol, des inslrumenti de jardinage sortent de l'iniporlante maison Picau'l, dont le fondateur, sini|ile ouvrier, n'avait pas cent frar es d'économies, lorsqu'il vint s'i'tablir rue Dauphine. Il sut diminuer le prix de revient par des amélior: lions i^e d'tail, des dispositions nouvelle*. Ainsi, eu économisant l'acier par l'emploi d'un dos a rainure, dans lequel i fixait la lame, il parv nt à livrer des rasoirs à neuf francs la douzainel

La spécialité de M. Lunetpau peut sembler de prime abord bien restreinte; c'est celle des viroles pour couteaux en maillechort et en argent; il s'y distingue toutefois aisez pour avoir attiré l'attention du jury qui lui a accordé une médaille d'argent.

Nous avons dit nue la production de Paris était restreinte: elle ne dépasse guèi e deux aillions, tandis que celle de thiers(Piiy de- Dùme) et des environs ne s'élève pas à moins de douze million defrancs et livre annuellement au commerce quarante huit million.s de pièces fabriquées, couteaux de poche, couteaux de table, rasoirs et ciseaux. Servies oar de nombreuses chutes d'eau, ayant facilement la houille et les aciers par Saint- Élienne, les manufactures de l'Auvergne sont placées dans les conditions les plus avantageni-es.

Jadis très-grossière, leur fabrication s'est considérablement améliorée, ciiinme le pruuvent les expositions de MM Charlet et Cornet, Saba ier fières, ainsi que l'exposition collective des ouvriers (le Thiers.

Vprès le Puy-de-Dome vient, dans l'ordre hiérarchique de la production, la Haute-

Marne, pour quatre millions de francs ("'est Nogent qui fournit des lames aux couteliers de Paris. Des médailles d'argent ont été accordées à trois de ces industriels : M. Lécollier, pour les rasoirs; MM. Vitry frère , pour les ciseaux, couteaux, sécateurs, M. Girard, pour serfiettes, sécateurs, couperets et trancliets. Le jury a récompensé leurs rasoirs. MJl. SommeletetWichard, à (jOurcelles (même département), prennent l'acier en barre, et le découpent, l'estampent et improvisent |iour ain-i dire des ciseaux à la mécanique. Is ont eié récora|iensés par une méiaille d'argent de celle invention, pour laquelle ils ont lait de grands et sérieux sacrifices, et qui occupe un rang .dans la série des perf clionnements de la coutellerie.

Ceux qui, avant l'élablissemeni du chemin de fer, ont parcouru la roule de Paris à Poitiirs, se souviennent qu'au relais de Châtelleraut la diligence était assaillie par des femmes qui offraient avec insistHuce des couteaux, ciseaux, canifs, des couteaux-poignards. Elles étaient alternatiïement insinuantes ou presque menaçantes; elles vous suivaient dans les rues, à table, iiiif/i/ey elles vous mettaient littéralement le couteau sur la gorge. .Malheur au voyageur qui n'avait pas eu la force do résister ! il s'apercevait bieniût qu'il n'avait (|ue de la pacotille, et jurait, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

La coutellerie de l'arrondissement de Cliàtelleraut était touillée en discrédit; i Ile a été régénérée par .M. Mumilliod, au l'rieuié, commune de Cenon (Vienne), qui a nblenu la médaille d or. .M. Piiigault, de Clià elleraut, a mérité une médaille d'argent par la bonne et robuste fabrication de sa coutellerie de table, de ses rasoirs et de ses lames de sabre; mais nous aurions voulu mieux qu'une médaille de bronze pour MM. Pagé frères, dont les rasoirs, la coutellerie de table et de cuisine, ne r lè> entpas moins l'antique renom de Cliàtelleraut,

Signalons encore, parmi les couielitrs français, M. Guer:e, qui soutient la vieille réputation de Langres ; MM. Robert et Colliu (maison Charriére), qui joignent à la grande fabrii'ation d'instruments de chirurgie, cel e des couteaux, ciseaux, rasoirs et inst' nmeiits dejarlinage. MM Granje jeune, David, Gimi'l, Cotle-Pradel, D iclus-Gonin, Arcliimbaud-Sannajust, de Thiers; 51. Dufrène, d' Cannes (Alpes-Maiii imes), dont les rasoirs irsiftent si bien à toutes causes d'ebrèchement; M. /Vu Tet de Pans, dont 'es otjets de petite coutellerie et d'acier poli ont beaucou[j d'élégance et de fiiif sse.

La Grande-Bretiïgne n'a pas don^ é cette fuis avec toutes ses forces : es couteliers de ce pays dont les fabriques ont li fouille et le fer à leurs portes, et qui fournit à la France ia moitié des aciers qu'elle emploie, ne sont reprfseniés que p; r six exposants. La première médaille d'or a été remportée par

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