‹ L'Exposition universelle de 1867 illustréeChapitre 65 sur 134 · I. Les Etoffes de MuUioufe (1 grav.), par M. J. Lnurent · texte numérisé non relu

I. Les Etoffes de MuUioufe (1 grav.), par M. J. Lnurent

L;i;.p.— n. Mii.^i'i- ii'ti\ ^pcflif: Vase de Itoucîi (\ (^'mv.l,

par M. Louis Hiiault. — 111. Home laïcnne et lior^e chrétienne.^ bas-rdiefs de M- Dupré (2 grav.}, par M. Octave Lacroix. — IV. Les Fleurs artificielles (1 grav.), par M. Ainédée Achard. — V. Le Quart anglais (1 grav.), par M. I"r. Diicuing. — VL L'ilurlo- (jcrie fl grav.), par M. Victor Cos?e. — VIL Petilf^ mé-

tiers : la Gravure sur \'erre (1 grav.), par M. Paul Bellet. — VIII. L'Agriculture en Espagne (1 grav.', par M. Léon Plée. — IX. Appareils moleurs ; les Machines hermann-Laebapelle {\ grav), par H. Cli, Boissay. — X. Revue générais de rExpositiov, ] ar M. Fr. Ducuing. — 10 gravures.

VoL II.

Les Étoffes île Mulhouse.

Les indiennes de l'Alsace occupent une vaste place dans le Palais de l'Exposition.

Le Hant-Rliin représente une industrie nationale qui existe depuis plus d'un siècle, qui il passé par dilTérentes phases de succès et de revers, et que le s^slcme prohibiUI' complet a failli étouffer, mais qui, depuis le nouveau régime douanier, s'élève à une produclion annuelle d'au moins GO millions de francs.

Nous verrons tout à l'heure quelle est la situation aclue.lle de celte industrie. Qu'il nous soit permis, avant de parler du présent, de jeter un coup d'œil rapide sur le passé.

Les commencenien's de l'indiennerie furent fort modestes. La première maison fut fondée en 1 740 avec un capital de 'lOOOO fr., et bien des annies après sa fondation, elle, ne produisait encore annuellement que 30 000 pièces de 16 aunes. Il est certain aussi que les conditions commerciales de cette époque étaient déplorables et que des entraves de toutes fortes, parmi lesquelles en première ligne il faut citer les privilèges 4fs divers métiers, paralysaient l'essor de toute industrie.

La réunion lardivedeMulhouse à la France et la révolutionde i 789 firent tomber ces barrières.

Dans les premiers temps les genres étaient fort simples; on ne connaissait que deux couleurs, le violet et noir et le ronge et noir. Non-seulement on ne filait pas la chaîne et la trame des élolîts qu'on décorait, mais ces étoffes venaient toutes fabriquées et toutes blanchies de Zurich ou de Berne. L'A Icmagne et la Suisse fournirent également à Mulhouse ses premiers ouvriers. L'a main d'œuvre se payait de B à 8 l'r. par semaine pour les imprimeurs, de 10 ii 12 fr. pour les graveurs. Ce n'était pas un salaire énorme; mais il suffisait aux besoins d'une vie alorsà bon marché.

Dès 17(i'i Malhias Risleravait employé des toiles, filées dans les villages de l'Alsace avec du colon du Levant. Les premières filatures mécaniques parurent en 180I>, Les ateliers se formèrent, mais pendant la durée du système continental, l'Alsace dut se suffire à elle-même.

En 181.5 les usines étaient au nombre de vingt-deux e! fournissaient par an environ 200 000 pièces de 1G aunes. Avec la fin du système continental, les conditions de l'indiennerie avaient été radicalement modifiées. Lesfabnques anglaises étaient admirablement montées en machines, et malgré le régime douanier qui imposait chaque pièce anglaise d'un droit d'entrée de .50 fr., les étoffes importées rereriaient encore à meideur marche que les toiles françaises. Il est vrai de dire

Qu'elles n'avaient ni l'éclat de la couleur, ni hi beauté du des'sin de ces dernières. 11 fallait donc lutter contre un rival puissant, qui disposait de capitaux énormes et d'outils supérieurs.

La première machine h vapeur fut établie en Alsace par MM. DoUfus-Mieg, vers 1812. On s'ai'franchissait du coup de tous les moteurs hydrauliques et de leurs nombreux inconvénients; mais les nouvelles machines demandaient delà houille, et bientôt les houillières de Cliampagney et de Ronchamp ne purent plus fournir assez de combustible. On alla chercher en Prusse et en Belgique, le charbon de terre. Les frais devinrent énormes. Aussi le projet d'avoir un canal entre 'e Rhône et le Rhin fut-il accueilli avec enthousiasme. Ce canal devint navigable à partir de 1820, et amena en Alsace non-seulement les houilles de Sarrehruck, mais aussi celles de la Bourgogne et do Saint-Édenne et les bois du Jura. L'industrie, à partir de ce moment, était assurée de ne plus chômer faute de combustible. 11 était temps, car aux indienneries s'étaient joints et les filatures et les tissages mécaniques. Les roues de lavage, le chauffage à la vapeur des cuves de teinture, et les machines à imprimer à deux couleurs, importées d'Angleterre, parurent vers 1820. L'Alsace dut faire des prodiges d'activité pour trouver de nouveaux débouchés, car l'Angleterre avait, après la chute deNapoléon, repris place dans les marchés de l'Europe. Des maisons de commission américaines t inrent en aide aux transaction s proposées par les industriels de Mulhouse, et grâce à leur énergique concours, les vingt-deux fabriques, de l'Alsace purent exécuter en 1827 plus de ,')00 000 pièces de 29 à ,30 aunes, ce qui représentait un revenu de 20 millions.

Depuis ce jour l'industrie des indiennes n'a fait que progresser, et sauf les crises trop longues certainement, mais passagèr. s heureusement, causées par la guerre d'Amérique, Mulhouse a soutenu son rang de façon à être avec la soierie de Lyon, la rouennerie de la Normandie et les draps d'Elbeuf, une des industries les plus productives de la France. Les hommes qui l'ont dirigée ont peut-être fait leur fortune, mais cette for'unc ne saurait être envisagée que comme uvie mince récompense de leurs travaux, de leurs veilles, de leur dévouement, de leur abnégation pour le bien commun, et comme un faible dédommagement des risques nombreux et incessauts qu'ils ont courus.

La France doit accorder à l'Angleterre le méiite d'avoir inventé toutes les machines de filature, de tissage et d'impression, dont on se sert actuellement; mais à la France revient la gloire des merveilleuses découvertes chimiques qui ont fait révolution dans l'industrie. La machine à huit et même à seize couleurs est anglaise, mais foules les magnifiques couleurs, qu'on extrait de la houille, ont été trouvées et employées pour la pre-

mière fois en France. Le rôle de l'industrie alsacienne, encore aujourd'hui, est de produire de belles étofl'es, qui n'ont pas la prétention de rivaliser avec celles d'Angleterre pour la modicité du prix, mais qui leur sont bien supérieures par la richesse des couleurs et la beauté des dessins.

En 1855 encore, le matériel des industriels français laissait beaucoup à désirer; ils ne voulaient pas emprunter à une nation rivale tous les perfectionnements introduits par elbi dans les machines; mais ils s'aperçurent bientôt que leur amour-propre était mal placé, et qu'il valait mieux se servir des armes de leur adversaire pour triompher plus aisément sur un terrain oii, dès lors, i's devenaient maîtres.

La commission d'admission de la classe 27 a signalé, parmi les progrès réalisés depuis douze ans, le perfectionnement des machines préparatoires pour la filature, telles que batteurs, cardes, étirages et bancs à broches, servant à nettoyer le coton et à en rendre les libres parallèles, puis aussi la substitution aux anciens métiers à filer, des métiers complètement automatiques, dits selfaclinrj. Pour le tissage, on a également constaté l'emploi presque général des moyens mécaniques pour la fabrication des tissus serrés, la création des métiers à grande vitesse pouvant fabriquer les tissus les plus forts comme les plus légers, et l'emploi des machines encolleuses perfect:onnées , dites sizinrj-madnnes. Dans le Haut-Rhin, sur 50 000 métiers à tisser, 9000 au plus travaillent à la main. Le lissage à bras se maintient, au contraire, pour la fabrication des articles dont le dessin exige une grande variété et pour lesquels l'irrégularité même du travail manuel est un charme de plus. Pour l'impression, on a loué l'iiitroducion de machines qui, recevant dans leurs cylindres un tissu blanc, le rendent imprimé en dix ou douze couleurs.

On voit que, pour imprimer sur étoffes, il faut mettre en mouvement un monde de travailleurs. Les arts et les sciences sont appelés à contribuer au succès général. 11 y a plus. L'industriel avec des aptitudes commerciales toutes spéciales doit s'occuper do la vente de sa fabrication. La mode change à chaque instant et le caprice du public accepte aujourd'hui ce qu'il repoussera demain. Il faut compter avec lui, et il faut ajouter encore, que plus un produit fab,-iqué a reçu de main-d'œuvre, plus son placement par quantités considérables est difficile. Le produit est spécialisé et, par cela même, éloigné de la masse des consommateurs. Il y auraitdes volumes à écrire sur cette industrie difficile et chanceuse, qui nécessite des efforts constants et une surveillance infatigable; mais la place nous manque, et la crainte de devenir trop technique nous fait abanïonner le projet de suivre le coton dans ses diverses transformations.

La première fois en 1800 les toiles peintes

d'Alsace fkurèrent à une exposition. MM. Dollfu8-Mieg et Cie reçurent déjà à cette époque unenicdaille d'argent.

A plus de soixante ans de distance, la même industrie se retrouve bien autrement forte, bien autrement aguerrie à une Exposition uni-verselle,. Les produits sont réunis dans un immense salon et fraternellement mélangés sans distinction de vitrine ou de case.

Hors concours étaient M. N. Schlumbsrgçr de Guebwiller et M. Dollfua-Mieg de Mulhouse. Cette dernière maison a exposé un immense choix d'étoffes pour robes en organdi, en piqué et en cretonne. L'élégance des dessins, l'harmonie des couleurs mettant ses produits en première ligne. Dans cette fabrique a été essayée avec un certain succès l'application de la photographie à l'illustration des étoffes. D;S tableaux de Walteau, deBoucher, deLancret soat reproduits sur les étoffes avec beaucoup de soin et, sans avoir une valeur artistique réelle, produisent un effet charmant.

Parmi les médailles d'or nous citerons MM. Seinhaeh-Koechlin de Moulhouse pour leurs châles et leurs robes de chambre qui imitent le cachemire, et pour leurs étoff'esmeubles d'une composition et d'une exécution parfaites; MM. Gros, Roman ctMarozeau de Wesserling, pour l'ensemble de leurs produits; MM. Koechlin frères pour leurs organdis et leurs percales; MM. Thierry- Mieg de Mulhouse pour leurs châ es, leurs portières et leurs impressions genre cachemire ; M, Scheurer-Roth à Thann, pour ses tissus imprimés et pour ses spécimens, d'un nouveau produit qui fera révolution dans l'impression des étoffes, la laque de garance.

MM. Schlumberger jeune, Wriès-Reber et Paraf-Javal (médailles d'argent) complètent cet ensemble qui fait honneur à cet'e ruche industrieuse.

Il était indispensable, pour donner une nouvelle vie, une nouvelle activité à une industrie qui a un rang important dans notre pays, qui donne lieu à une production annuelle d'une valeur d'au moins soixante millions de francs, et dont les trois quarts environ sont exportés, de la mettre en position de lutter aussi avantageusement que possiljle, avec la concurrence étrangère.

Pendant la guerre d'Amérique, l'Alsace dut avoir recours au coton des Indes. Aujourd'hui, on peut estimer à près de l.'jOles cotons divers qui arrivent sur les marchés. L'Algérie en fournit d'assez beaux; l'Égypte donne des jumels c|ui sufllsent pour les numéros mi-lins; Naples, la Syrie, les Indes, le Lirésd et surtout la Louisiane, envoient des courtes soies ; les dernières venues son i parties de l'Australie. « 5000 lieues, dit M. Turgan dans £on excellent ouvrage sur les Grandes usines de. France , séparent le champ de culture de l'atelier de filature, et comme r.A.ustralie, elle aussi, achète en Alsace dés étoffes im-

primées, le brin de coton aura fait ses 10 000 lieues pour passer de l'arbrisseau Gossyphim sur les épaules de la femme du convict qui l'a planté. »

Autrefois, avec le système complètement prohibitif, il arrivait par momeuts que les tissus écrus de Mulhouse, qui n'avaient pas à lutter avec la concurrence étrangère, coûtaient jusqu'à 25 ou 30 O/o de plus que les tissus similaires anglais ou suisses. Aucune exportation importante n'était donc possible.

Avec le nouveau régime douanier, l'écart ne peut plus dépasser, 12 à 15 O/q pour la majeure partie des tissus employés. Le décret qui a permis l'introduction, sans droits, de tissus étrangers, à charge de réexportation après impression, a été très-avanlagcux aux filatures et aux tissus de l'Est. La production totale des fabriques du Haut- Rhin, qui, avant ce décret, ne dépassait pas cinq cent mille pièces de cent mètres , a beaucoup augmenté, et cela malgré les prix élevés des cotons. Un grand nombre de filatures nouvelles se sont établies; Mulhouse, depuis trois ou quatre ans, en a construit plus que pendant les trente années qui ont précédé. L'augmentation pour la fabrication annuelle est d'au moins cent quatre-vingts à diux cent mille pièces , dans lesquelles quatre-vingt mille enmoyenne sontdes tissus étrangers. Le surcroît de consommation de cent mille pièces françaises n'aurait certainement pas eu lieu sans la vie nouvelle qu'a donnée à notre industrie la mesure si nécessaire et si utile à toutes les branches de l'industrie cotonnière. Si les tissus français seuls avaient dii alimenter les grands débouchés, il serait fréquemment arrivé qu'on n'aurait pu faire face à toutes les demandes.

En résumé, la situation est celle-ci. Depuis cinq ans, à prix égal, la préférence est donnée aux produits français, qui se distinguent surtout par le goilt et la perfection de la fabrication. Notre vente en Angleterre a doublé, tandis que les fabricants anglais n'ont pas su vendre en France, en tissus imprimés, la centième partie de ce que nos industriels vendent chez eux.

Si, pour le moment, l'indiennerie souffre et passe par une crise fâcheuse, cela tient à des causes générale! que nous n'avons pas à développer. Les marchés étrangers sont encombrés, mais la confiance manque, et l'écoulement des produits ne se fait pas.

Un mot sur les ouvriers avant de finir. Mulhouse est une des premières villes où 1 esprit d'association ait obtenu ses meilleurs résultats et ait pu prouver ses avantages incontestables. Nulle part, pas même en Anglerre, où l'éducation professionnelle est cependant si étendue, l'enseignemènl mutuel n'est aussi dominant que parmi les populations industrielles de l'Alsace. M. Jules Simon, après avoir passé en revue tous les centres manufacturiers de la France, a dù

donner la palme à Mulhouse pour le bien-être de la classe ouvrière, sa moralité, sa santé, son ardeur au travail, son bon sens naturel. Les femmes et les enfants trouvent dans celte industrie des travaux appropriés à leur force, et leur petit salaire vient augmenter le bienêtre de la famille. Par les vastes salles bien aérées des fabriques de Mulhouse dont les conditions hygiéniques sont excellentes, par les écoles et par les institutions philanthropiques répandues à foison, les chefs des maisons si honorables de l'Alsace ont prouvé qu'ils comprennent tout ce qu'ils doivent à leurs plus humbles co laborateurs.

J. Laurent-Lapp.

MUSEE BETROSPECTIF.

Le Vase (Casque) de Rouen.

Voici encore un échantillon de la faïence de Rouen, que nous sommes heureux de placer sous les yeux de nos lecteurs. Sous le rapport de l'émail et de la décoration, on peut le regarder comme un des plus magnifiques spécimen de la céramique française.

Pour tous ceux qui ont fait une étude tant soitpeu attentive de lacio-iosifc', — c'est aujourd'hui une véritable science, et elle a sa littérature et ses érudi ts, — la céramique française se divise en plusieurs écoles bien tranchées! Au midi de la France, nous avons en pre-" mière ligne, Moiisliers, qu'anime un souffle italien; Marseille, déjà plus français, à la pâte dure, serrée, cassante, aux teintes vives et métalliques; Neuers, cosmopohie, peu original, imitant tantôt l'Italie, tantôt la Perse ou l'extrême Orient; mais toujours doué d'un senspittoresquetrès-juste; Strasbourg, et tout l'est qui se groupe autour de lui; Ltinéoille, et Uarjuenau, illustré par la dynastie des Hanung. Un rouge foncé, un peu trop vif, est le signe typique de cette production, dont le vert, assez beau, n'a jamais le relief du Marseille. Si de l'est je passe à l'ouest, je me trouve en pleine Bretagne, a Rennes, àonl les fourne;.ux furent si vite éteints, et dont les produits se reconnaissent à la prédominance du violet manganèse.

Mais le plus célèbre de tous les centres de production de la région de l'ouest, ce fut la capitale de cette belle et riche province qui s'appelait la Normandie.

Notre dessin représente une aiguière, de celles que leur forme générale a fait nommer vulgairement des Casques.

L'ensemble de son galbe n'offre peut-être pas la svelte élégance que l'on admire dans les modèles grecs, mais on y retrouve la solidité, la carrure et l'ampleur qui est comme

la marque laissée parloul et surtout par la forte main normande.

Peut-êlre pourrait-on souhaiter un peu plus (le finesse dans le grain de la paie; mais la qualité de l'émail est tout à fait supérieure : on le sent inaltérable. Ses couleurs elles-mêmes sont d'un éclat qui délie Deift, la Chine et le Japon, ces l'égions du coloris.

Le dessin est, comme on peut le voir, d'un Irèj-grand goût, tout à la fois compliqué dans son ensemble, et léger dans ses détails. Les fleurs, jetées sans nombre sur la panse, sont d'une grâce infinie; les bordures extrêmement riches, et les motifs généraux d'ornementation Irès-heureusement trouvés. On remarquera les proportions heureuses du pied, le joli mouvement de l'anse, la ligne mollement courbée du bord supérieur, et le ravissant mascaron qui figure si bien sur le devant, juste audessous du goulot. Ces beaux vases, qui eurent jadis une utilité pratique, et qui servirent aux usages domestiques, devenus promptement assez rares, sont aujourd'hui la joie des collectionneurs et l'orgueil des collections. Celui que nous avons eu la bonne fortune de reproduire est beau entre les beaux, et d'une conservation merveilleuse. On y trouve également le relief et la couleur; et l'on y peut reconnaître, dans les moindres détails, la trace

d'une pensée artistique supérieure, se jouant de toutes les difficultés, avec une aisance et une liberté sans égales.

licitait son emploi, soit que l'on versât quelques gouttes d'eau sur les mains des seigneurs et des dames, dans ces ablutions d'apparat, où l'on ne se lave que lorsqu'on a les mains déjà propres; soit que, dans les joyeux festins, on fit circuler en guise de vidercomes^ de rœmer, ou de rhijions, ces beaux vases, aux nobles contours et aux reflets éclatants, remplis d'hydromel, ou couronnés de la blanche mousse du nectar normand.

Louis Énailt,

MUSÉE RÉTROSPKCTIF : VASE DE ROUEN (forme de casque;

Pour rendre ce trésor artistique véritablement sans prix, il ne lui manque qu'une seule chose, — le bassin, d'une convexité d'ailleurs très-modérée, et à bords presque plats, qui lui servait de base, et qui sol-

Rome païenne et Rome chrétienne.

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