FONTAINE DE LA DHUYS
■ Dessin de M. Claverie. (Voir le N° 31.}
une cathédrale, sert à avertir les habitants, quand on traverse une ville. Cette énorme lanterne produit un feu visible à une distance étonnante.
Une amélioration très-grande, c'est la couverture de la chambre des mécaniciens. Ici,
en France,' nous laissons -ces braves gens, sur lesquels repose le salut de tant de personnes, exposés à la pluie, au vent, à toutes les mtempéries des saisons, si bien qu'ils sont perpétuellement grillés d'un cô!é et gelés de l'autre. En Amérique, ils sont à l'abri du froid et de la poussière. 11 est vrai que là-bas, les voyages sont j plus longs, et les changements de s température plus fréquents.
Dans cette chambre est un timbre rallié au train par une corde qui va jusqu'au dernier wagon. Ce timbre sert à prévenir le mécanicien de tous les accidents qui peuvent arriver en route.
Le tender est, comme la locomotive, aussi fort que léger. On dit que M. Grant veut vendre le tout soixantequinze mille francs. 11 a dû en dépenser cent cinquante mille, rien que pour faire construire la machine. Qui ce meuble lentera-t-iT?
La vue de cette locomotive fait regretter que l'on n'ait pas exposé à sa suite une série de wagons américains. En Amérique, il n'y a qu'une classe de voyageurs. Le wagon est beaucoup plus long que chez nous, et conlient cinquante personnes. Il est disposé d'une façon loute différente.
Quatre personnes seulement sont assises de front; deux d'un coté, deux de l'autre. Eotra elles est un passage assez large, qui permet de circuler d'un bout à l'autre du wagon. Tout le monde est assis, de façon à aller en avant. Les dossiers des sièges sont mobiles, en sorle que si l'on est quatre à voyager ensemble, on n'a qu'à pousser un ressort, et l'on se trouve face à fa3e.
Dans un long voyage, ces bancs peuvent
ANNEXIS DE L^i.X?OSmûN AMÉRICAINE. VUE N" 2. -
■ besiiu de Laiiboil.
former lit. On y étend des matelas, des draps, et on se couche fort à l'aise; des planches basculantes aussi peuvent constituer une autre couche, — c'est la méthode employée dans les cabines des navires.
Bien d'autres comforts font partie des trains américains. C'est ainsi qu'une plateforme unit entre eux les différents wagons. Grâce au couloir du milieu, on peut parcourir toute l'étendue du train, choisir sa place, en changer, se promener, ciuser debout, varier sa position, etc. Il y a un wagonfumoir, en sorte que l'on n'est pas obligé, son cigare achevé, de subir éternellement une atmosphère enfumée.
Dans tous les trains, il y a un libraire ([ui vend des livres et des journaux, un buffet qui vend des gâteaux, et parfois de la viande froide. Vous comprenez bien, que, lorsqu'il s'agit, comme sur le chemin de fer californien, en voie de construction, de traverser d'interminables solitudes, où ce qu'on appelle A'ille est une réunion de trois cabanes, il convient d'emporter avec soi mille choses qu'on ne trouverait nulle part.
Un poêle chauffe chaque wagon l'hiver; non-seulement on est à l'aise; mais encore on peut s'approcher du feu, et s'y réunir en causant. Ce poêle serait utile partout; car il est vraiment incroyable qu'on laisse se geler les gens, parce qu'ils n'ont pas la bourse assez bien garnie; le chauffage n'est point une chose de luxe qu'on doive réserver à la fortune; c'est une nécessité de la vie.
Si l'espace ne m'était limité, j'aurais aussi beaucoup à dire de la façon dont s'exécutent les chemins de fer américains. Il me sufl'ira de remarquer, que presque tous n'ont qu'une seule voie. Un peuple, qui, à lui seul, possède plus de kilomètres de chemins de fer que le reste du monde, n'aurait pu venir à bout de ce gigantesque travail, s'il lui avait fallu l'organiser comme en Europe. De distance en distance, on trouve simplement une voie de ralliement ou d'attente. Là, les trains mixtes se retirent, afm de laisser passer les express.
— Près de la locom.otive Grant se trouve un spécimen de l'omnibus sur rails. On remarque combien les omnibus des États-Unis sont plus ornés et plus confortables que les nôtres. Je ne parle pas seulement des peintures, qui naturellement sont moins que médiocres, mais dont la couleur égayé. Ces voitures unissent la solidité à une extrême légèreté. Elles ont un frein qui arrête court, et prévient les accidents. Ce frein consiste en une simple pédale sous les pieds du cocher. De plus, dans ces omnibus on monte plus aisément, on est mieux assis, et on se trouve partout à l'abri.
— Les coifres-fortsdeC. Herring rappellent la grande lutte qui a eu lieu, et dure encore, entre les coffres-forts anglais et les coffresforts américains. Dans notre âge d'argent, cette question offre une certaine gravité.
Le coffre-fort américain l'emporte évidem-
ment. 11 brave le feu le plus intense. On en a chauffé au rouge-blanc sans que les papiers qui s'y trouvaient aient été compromis. Nous ne nous appesantirons pas sur ce sujet. Qu'il nous suffise de dire que plusieurs ouvriers, munis de leviers, de marteaux et de tous les instruments les plus puissants, s'acharnèrent pendant quatrelieurcs sans pouvoir forcer un de ces coffres. Qu'on juge de ce que pourrait un voleur.
— Les charrues américaines étonnent aussi nos agriculteurs. Leurs dimensions sont inconnues en Europe. En efl'e; tandis qu'ici nous n'avons à labourer qu'un sol préparé depuis longtemps, là-bas ils'agitdes'attaquerà une terre vierge et résistante. Généralement les colons ont affaire, soit à des forêts, soit à des bois de noisetiers nains qui recouvrent d'immenses étendues de prairies. On commence généralement par tracer une limite, et par faire une éclaircie; puis, pour aller plus vite, on met le feu en le concentrant. C'est pourquoi on voit sur son passage, dans tous les territoires de l'Ouest, tant de troncs calcinés, qu'on ne s'est pas donné la peine d'achever. On laboure ensuite. On conçoit que les instruments doivent être en rapport avec la dilîiculté.
— Nous en dirons autant des haches. Quelques Français s'arrêtaient devant ces outils démesurés, se demandant si on n'utilisai", pas lavâpeur pour les employer. Les Américains s'habituent pourtant à les manier.
Quand il faut abattre des chênes énormes, et contemporains de je ne sais quel commencement du monde, nos couperets de bùcheroiis seraient d'une complète insuffisance.
En résumé, les agriculteurs et les mécaniciens français auront eu beaucoup à apprendre en parcourant l'annexe américaine. Nous serions étonné si l'on n'en tirait pas quelque profit, et si l'on ne perfectionnait pas, par la suite, divers objets de notre industrie. Relativement aux chemins de fer, je crois que le système de wagons américains pourrait permettre de supprimer les troisièmes classes. On réunirait, pour atteindre ce résultat, les secondes et les troisièmes, conservant seulement des premières pour les gens qui aiment la solitude, un peu plus de bien-être, et qui tiennent à vivre à part. Car il ne faut pas se dissimuler que si notre nation a quelque tendance égalitairc, elle en a aussi beaucoup d'aristocratiques.
L'annexe nous^ a donné, plus que l'intérieur, une idée vraie de la grandeur et de la puissance des États du nouveau monde; grandeur et puissance industrielle avant tout. L'Amérique ne saurait lutter avec l'Europe pour les objets d'arl, mais elle tient le premier rang pour les choses pratiques. Ne fautil pas qu'elle fonde et qu'elle crée avant de jouir'? Nous avons devant nous l'immensité du rêve et de l'idéal; elle a devant elle l'immensité de la nature encore indomptée.
A. MAl.ESPlNr,.
La Fontaine de la Dhuys au Champ de Mars.
Ceux qui boivent l'eau de la Dhuys au ChampdeiVlarsnese doutent guèredece qu'elle coûte aux Paritiens. Paris est un être fort altéré; il a plus besoin d'eau que toutes les capitales, et il en a moins qu'aucune, moins que Londres, moins que Vienne, moins que New-York et moins que Rome, toutes proportions gardées. Le régime auquel M. Haussmann a mis Paris n'est certes pas fait pour ménager ses réserves. Le macadam insatiable ne laisse pas un instant de répitau canal de l'Ourcq, chargé de l'alimenter. Les besoins d'arrosage sont devenus tellement incessants qu'il faut même arroser quand il pleut. Et les squares ? Je ne chifficrai pas les milliers de mètres cubes que leur entretien exige. Entre temps il faut encore trouver assez d'eau pour entraîner les détritus qui s'amassent dans les canaux souterrains.
La Seine no peut fournir même assezd'cau potable,- et si on luifaisaitplus d'empruntsen amont, le cours en aval deviendrait une véritable décharge de vidange.
Il a donc fallu in^plorer les na'iades voisines et lointaines au secours de la Capitale altérée. La Ùliuys n'a pas donné tout ce qu'on lui demandait, et l'a fait payer plus cher qu'on n'avait prévu. Après la Dhuys trop avare, il a fallu recourir à la Somme- Soude. Cela ne suHira pas encore; et l'on songe déjà à implorer une déesse plus puissante, — ■ la Loire. Les travaux exécutés et ceux qu'on prépare exigent d'autant plus de dépenses qu'ils sont ou seront plus admirables. Mais que faire'/ «Une goutte d'eau dans le désert, dit l'Arabe, vaut un diamant. »
Donc, que les visiteurs du Champ de Mars se désaltèrent à la fontaine de la Dhuys : mais. . . qu'ils nousen laissent quelques gouttes pour la soif I Nous en avons si peu, et elle nous colite si cher I
Fr. Dijcuikg.
Armes de chasse françaises.
Il faut avoir le courage de son opinion 1 Aussi avouons-nous sans détour que ce n'est qu'en tremblant que nous abordons le compte rendu de l'armurerie de chasse française.
Essayer le dénombrement des inventions nouvelles est assez difficile, quoique, à proprement parler, elles tournent toutes autour d'un desideralum commun : l'inflammation centrale delà cartouche. Les uns l'obtiennent
Powr ttat-aitre TOtJ& i««r .WEtiDMS à intrlit- Uw 9 Janvier iSeS
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JOURNAL DES EXPOSITIONS ET DES DÉCOUVERTES 50 LIVRAISONS PAR AN. - 50 CENTIMES LA LIVRAISON, 16 PAGES, MOITIÉ TEXTE, MOITIÉ DESSINS
Rédacteur en clief ; M. FK. DUCUIHCl
Propriétaire de l'Exposition unieerseUe de 1867 illustrée, publication internationale autorisée par la Commission impériale