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LES PANORAMAS

Le premier panorama qu’on vit en France y fut apporté par Robert Fulton. Le succès fut grand. Une multitude de panoramas se succédèrent dans une vaste rotonde bâtie sur le boulevard, cà peu près à l’endroit où débouche la rue Yivienne. On y entrait par un passage qui prit et qui garde encore le nom de Passage des Panoramas. Un jour le feu prit à l’édifice et le réduisit en cendres. Un nouveau panorama fut construit aux Champ-Élysées. Le colonel Langlois y installa la Bataille d’Eylau. Lorsque l’Exposition universelle de 1855 se construisit un palais, dit Palais de l’Industrie, elle expropria le panorama et renversa sa rotonde. Quelques années plus tard, elle se reconstruisit un peu plus loin. L’immense et très mérité succès qu’y obtint le Siège de Paris ramena la vogue. À tous les coins delà capitale des panoramas s’édifièrent, qui représentant le siège de Belfort, qui la prise de la Bastille, qui la bataille de Reichshoffen, qui la vue de Jérusalem, qui le pèlerinage de Notre-Dame de Lourdes, etc., etc.

L’Exposition universelle de 1889 ne pouvait donc manquer de présenter à ses visiteurs cette attraction au milieu de toutes les autres qu’elle étale avec complaisance, et comme l’Exposition se divise en deux parties bien distinctes, le Champ de Mars et l’Esplanade des Invalides, un panorama a été édifié dans chacune de ses parties. Au Champ de Mars, celui de la Compagnie transatlantique; à l’Esplanade des Invalides, celui du Tout-Paris.

A peine entre-t-011 dans le panorama du Champ de Mars, qu’on se trouve tout à coup transporté en plein cœur d’un navire. Des couloirs sombres et étroits, éclairés de gauche et de droite par des hublots, représentent, avec une certaine fidélité, les cursives d un vaisseau. Une odeur de goudron, répandue un peu partout, vient compléter la couleur locale; je devrais dire : odeur locale. On traverse des cabines de voyageurs, aménagées avec un grand

Le pa viUuii du panorama de la Compagnie transatlantique.

luxe. Un petit escalier s’otîre à la vue. On le gravit et soudain l’on se trouve transporté sur la dunette d’un immense paquebot, la Touraine , tel qu’il sera plus tard. En réalité, la Touraine repose encore sur les cales du chantier de construction. Ce petit subterfuge, en mettant le spectateur sur un paquebot n’existant pas, a l’avantage de lui laisser voir toute la Hotte existante.

Sur cette dunette, des agrès pendent, des cordages s’enroulent sur

Le panorama de la Compagnie transatlantique, d’après une photographie de M. Neurdein.

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