L’HISTOIRE DE L 'HABITATION
blocs de pierre non équarris que recouvre un toit de tuiles ; puis la maison étrusque, d’une construction beaucoup plus savante avec son élégant balcon couvert et les couleurs éclatantes de sa décoration intérieure et extérieure.
De là nous arrivons à l’Inde, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler, puis à la Perse. Ici la maison se compose de deux parties : l’une, largement ouverte et d’un bel effet avec son dôme aux
Maison égyptienne du temps de Sésostris et Maison phénicienne.
briques émaillées, est l’habitation des hommes : c’est là que l’on reçoit les étrangers; l’autre, strictement fermée, avec des murailles percées de fenêtres étroites, élevées, grillagées, est réservée aux femmes. Bien grossières nous paraissent, à côté de ces élégantes constructions, les huttes de nos ancêtres gaulois et germains, contemporaines cependant de la si gracieuse maison grecque qui dresse à côté ses murs blancs et purs.
La maison romaine qui fait suite à la maison grecque est la rcpioduction exacte dune maison de Pompéi, avec sa boutique,
sa cour intérieure entourée d’un portique, scs murailles peintes de couleurs éclatantes et d’une ornementation délicate, son impluvium, ses chambres du rez-de-chaussée où habitaient les maîtres, ses petites chambres sous le toit réservées aux esclaves, etc.
Avec Rome, nous terminons la revue des habitations de l’antiquité. La maison gallo-romaine, le chariot des Huns et l’habitation Scandinave marquent cette période intermédiaire où le monde civilisé, succombant sous le coup des barbares, semble disparaître dans les ténèbres. Mais, en quelques pas, nous avons traversé la place qui s’étend devant la tour Eilîel, et nous voici en plein moyen âge et dans cette belle époque qu’on a si justement qualifiée de Renaissance.
Les trois maisons françaises de l’Histoire de l’habitation nous transportent au xie, au xme et au xvie siècle, et représentent les trois principales époques de l’architecture privée de notre pays. Ce sont l’antique habitation romane, avec son porche primitif, la vieille maison rouennaise qui rappelle, avec son pignon sur rue et sa façade ridée de poutres de charpente, la maison de la rue de la Rie où naquit Corneille; puis un élégant pavillon de la Renaissance, flanqué d’une tourelle, où l’on voit apparaître le goût italien. Placés côte à côte, ces trois types nous aident à reconstituer les diverses phases de l’histoire de l’habitation dans les villes, et à suivre à peu près les modifications que l’architecture privée a subies depuis les temps barbares jusqu’aux temps modernes.
Après les habitations de la Renaissance, nous rencontrons encore la maison russe si intéressante dont nous avons déjà parlé au sujet de l’exposition de la Russie, etenfin la série se termine par une rapide revue des demeures des peuples exotiques ou encore barbares : Arabes, Chinois, Nègres d’Afrique, Mexicains, Peaux Rouges, Esquimaux, Lapons, confondus dans un pittoresque pêle-mêle.
En terminant ce rapide aperçu nous regrettons que ce charmant et vivant musée soit condamné à disparaître. Il en restera pour tous ceux qui l’ont visité, et ceux-là sont des millions, un durable et instructif souvenir.
LA GÉOGRAPHIE
La France ne mérite plus aujourd’hui le reproche qu’elle se faisait après 1870, d’ignorer la géographie. Les dix-neuf ans qui nous séparent de la guerre ont été marqués par un ensemble de travaux tels qu’aucun pays ne pourrait en offrir de semblables.
Le reproche, d’ailleurs, était moins fondé qu’on ne le croit généralement; sans doute l’instruction géographique était médiocre dans le grand public. Dans l’enseignement secondaire même on ne lui donnait qu’une petite place après l’histoire, et il est certain que les idées les plus vagues avaient cours, dans la plupart des esprits, sur tous les pays étrangers.
Nous avions pourtant une élite de topographes et de dessinateurs, qui nous avaient donné d’excellentes cartes; souvenonsnous que le fondateur de la cartographie moderne, l’illustre d’Anville, était un Français; que notre carte d’état-major est la première, ou une des premières qui se soient faites en Europe. On était stupéfait de voiries Allemands s’avancer en France avec tant de sûreté, et connaître le nom du moindre endroit. Le fait n’avait pourtant rien de très étonnant; les Allemands savaient lire les cartes et lisaient bien les nôtres. Et, chose curieuse, si la fortune ne nous avait pas abandonnés, si l’armée française était entrée en Allemagne, elle n’y eût pas trouvé une carte d’ensemble comparable à celle de la France.
Quoi qu'il en soit, et s’il y a une justice dans ce monde, le Français doit avoir perdu aujourd’hui sa réputation d’ignorance en géographie. L’école, les sociétés savantes, les éditeurs, avec leur incessante production de livres et de cartes, lui fournissent de tous côtés les moyens de s’instruire. Il semble même qu’il faille déjà se prémunir contre les abus de la géographie. Si elle a pour le développement de l’esprit une si grande utilité, c’est à condition de ne pas se perdre dans le détail, de dégager des lois plutôt que d’accumuler des noms et des faits; et, dans renseignement surtout, la géographie réduite à une stérile nomenclature serait fatale.
Mais nous n’en sommes pas là heureusement. Une revue très sommaire de la géographie à l’Exposition pourra nous en convaincre. En 1878 on était à peine sorti de la période d’incubation. Après onze ans, les grands travaux entrepris sont tout près d’être achevés.
Voici d’abord le ministère de la guerre dont le palais somptueux, qui renferme tant d’attractions, est toujours rempli par une foule compacte. La géographie y a deux expositions : l’une moderne, l’autre rétrospective. Dans toutes les deux on trouve des instruments et des cartes. Les instruments sont tous ceux qui servent à lever le terrain : boussoles, théodolites, graphomètres, cercles répétiteurs, etc. Quant aux cartes, nous voyons d’un côté toutes celles qui ont précédé la première livraison de la carte d’état-major parue en 1855; de l’autre, une partie de cette carte elle-même et toutes celles qui l’ont suivie.
Jusqu’à cette époque, la grande carte de France était celle de Cassini, qui, entreprise en 1755, n’avait été terminée définitivement qu’en 1815. Elle comprenait cent quatre-vingt-quatre feuilles, gravées sur cuivre, à l’échelle du 86 400'. On nous montre, comme spécimen, un assemblage de feuilles représentant la frontière des Alpes.
Nous voyons, à l’exposition moderne, les feuilles correspondantes de la carte d’état-major. Nous pouvons ainsi nous rendre compte des progrès réalisés. Cette nouvelle carte d’état-major, au
LA GÉOGRAPHIE
80000e, avait été prescrite par ordonnance royale du 6 août 1817 ; la gravure n’en a été achevée qu’en 1882. « Ce qu’il y a de plus frappant, nous dit-on, dans cette œuvre remarquable, dont la surface gravée couvrirait plus de 100 mètres carrés, et qui représente plus de cinq mille années de travail fournies par près de huit cents ouvriers ou artistes, géodésiens, topographes, dessinateurs et graveurs, c’est l’homogénéité, l’harmonie, qui en carac-
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Section géographique de l’exposition de la librairie Hachette et C*'.
térisent l’exécution. Les deux cent soixante-treize feuilles qui la composent, gravées par plus de soixante-cinq artistes différents, paraissent exécutées par la même main. »
Ce jugement est absolument exact. Il est difficile de trouver des cartes qui donnent mieux l’idée de la perfection que celles, exposées ici, de la frontière des Alpes et de la frontière des Pyrénées. Il est fâcheux que les dimensions de la carte, qui sont de 15 m. 20
en largeur et de 12 m. 50 en hauteur, n’aient pas permis d’en montrer l’assemblage complet comme en 1878.
Ce qu’un amateur de pittoresque regrette parfois dans les cartes modernes, c’est qu’elles nous donnent une représentation des choses trop abstraite, hes cartes anciennes, comme celles de Bourcet, par exemple, étaient bien plus jolies, si elles étaient d’une précision moins rigoureuse, et l’homme le moins instruit les lisait sans difficulté. Le figuré du terrain était exprimé sur les cartes comme sur les vues en perspective cavalière; on montrait ainsi non seulement le contour des montagnes, mais encore les arbres, les rochers, les maisons. Dans la carte du comté de Nice, par Bourcet, la mer est représentée toute couverte de vaisseaux de haut bord et de canots. Il y a là comme un rappel de la naïve cartographie du seizième siècle, qui remplissait ses cartes de monuments, de figures d’hommes et de bêtes.
L’habitude s’est introduite, depuis quelques années, de tirer des cartes en plusieurs couleurs et de les exécuter d’une façon plus rapide qu’autrefois, sur zinc, sur cuivre ou au moyen du procédé dit de l’héliogravure. Ces cartes sont d’un aspect très gai. On peut voir ici quelques feuilles assemblées d’une carte topographique de l’Algérie au 50 000% qui promet d’être fort belle.
Mais la carte de ce genre la mieux connue est la carte de France au 100 000% dite du service vicinal, publiée par le ministère de l’intérieur. Elle n’est pas encore achevée; mais on peut voir tout ce qui est prêt jusqu’aujourd’hui assemblé sur une paroi du Palais des arts libéraux. Une partie du Centre et du Sud-Ouest manque; mais dans le reste il n’y a pas de lacune. C’est une carte d’un aspect très gai, d’une lecture très facile; il n’est personne qui n’en ait fait usage en voyageant à pied dans quelque coin de la France. On a eu plaisir à voir les feuilles assemblées. La carte est tirée en quatre couleurs : le bleu des fleuves et des lac$, le vert des forêts, rappellent bien la nature; et rien n’est joli comme ces taches vertes éparses çà et là sur la terre de France, faibles restes des immenses forêts qui la couvraient tout entière au temps
des Gaulois.
LA GEOGRAPHIE
Il y a beaucoup d’expositions géographiques au Palais des Arts libéraux. Le service hydrographique de la marine y montre ses belles cartes des côtes du Tonkin, de quelques îles du Pacifique, etc. Le Club alpin français expose, à côté de tableaux et aquarelles représentant la haute montagne, les beaux travaux cartographiques de quelques-uns de ses membres.
Les maisons françaises de librairie qui se partagent la spécialité des publications géographiques occupent des travées qu’on visite avec un intérêt très vif. Ici aussi la somme des résultats obtenus est considérable et l’on peut dire que la France dispute aujourd’hui à l’Allemagne le premier rang que celle-ci a si longtemps occupé dans les publications pédagogiques et scientifiques relatives à la géographie. Il suffit de mentionner le magnifique ensemble d’ouvrages qui, commencés simultanément il y a dix ou douze ans, sont sur le point d’être achevés : la G'éographie universelle d’Elisée Reclus, un livre de lecture comme aucun autre pays n’en possède, où une prodigieuse quantité de matériaux sont fondus et comme dissimulés dans un style éloquent et majestueux; le Dictionnaire de géographie universelle , le répertoire le plus complet et le plus détaillé qui existe au monde; une belle série d’atlas, entin le Tour du monde, incomparable recueil des principaux voyages exécutés depuis 1850 et dont les innombrables gravures, faites d’après des documents originaux, forment une des plus complètes représentations des pays du globe. Nous ne parlons pas de tous les livres de moindre étendue qui composent, avec ces grandes œuvres, la plus belle des bibliothèques géographiques.
Les autres pays ne sont guère représentés dans cette branche. En dehors des cartes d’enseignement qui n’ont, au point de vue de la science même, qu’un intérêt secondaire, la Suisse et les Pays-Bas nous offrent seuls des expositions géographiques intéressantes. Aux Pays-Bas, on voit des cartes à très grande échelle de quelques polders, traversés de canaux, et des grands travaux en cours d’exécution, qui doivent rectifier le cours si prodigieusement enchevêtré du bas Rhin et de la basse Meuse.
Quant à la Suisse, on peut dire, sans exagérer, qu’elle tient, au
point de vue qui nous occupe, une des premières places en Europe. A côté de sa grande carte Dufour, au 100000e, elle expose une carte géologique à la même échelle, qui vient seulement d’être achevée et qui est vraiment d’une clarté admirable. De plus, elle a fait l’énorme entreprise d’une carte topographique au 25000e de tout son territoire; l’œuvre est maintenant en bonne voie d’achèvement, comme on peut s’en convaincre en parcourant ses nombreuses feuilles.
Nous voyons, en outre, des reliefs des massifs du mont Rose et de la Jungfrau, qui sont de vrais chefs-d’œuvre. Non seulement les yeux se rendent compte de la structure des montagnes, de la hauteur des sommets, mais ils en saisissent aussi l’aspect extérieur; glaciers, forêts, vallées, rivières, tout est figuré avec une puissance graphique étonnante.
Si nous sortons du Palais des Arts libéraux, nous rencontrons bientôt le beau pavillon du Globe terrestre, qui complète si bien l’exposition géographique.
. C’est certes une heureuse idée qu’ont eue MM. Villard et Cotard de faire figurer à l’Exposition une représentation de notre Globe dans des dimensions qui n’avaient pas encore été atteintes.
Il est peu de personnes, en effet, qui se rendent compte de la disposition exacte des continents et des mers sur la vaste sphère à laquelle nous donnons le nom de Terre quoique les eaux océaniques en occupent plus des deux tiers de la surface. Les cartes que nous avons l’habitude de voir, projetées sur des surfaces planes, font perdre le sentiment de la rotondité de la Terre; en outre, la diversité de leurs échelles, même dans les plus grands allas, rend fort difficile toute comparaison entre les étendues représentées. Quant aux globes géographiques ordinaires, ils sont en général trop petits pour permettre d’établir, même par la pensée aucun rapport avec les dimensions réelles. Les indications qu’on est conduit à y inscrire tendent même à fausser les idées sur certaines données, telles que la surface des villes, la largeur des fleuves, la hauteur des montagnes, etc. Il était donc bien intéressant d’éviter ces deux inconvénients en construisant un
Exposition de la librairie Hachette et C1'
LA GÉOGRAPHIE
globe dont les dimensions seraient suffisantes pour pouvoir offrir tous les avantages des cartes géographiques établies à une échelle commune, et pour donner, en même temps, une relation plus saisissable avec la grandeur réelle de la Terre.
L’échelle adoptée par MM. Villard et Cottard paraît remplir toutes ces conditions. Ce globe étant au millionième, sa circonférence est de 40 mètres, correspondant aux 40000 kilomètres que mesure le méridien terrestre. A la surface de ce globe, chaque millimètre représente donc exactement 1 kilomètre; 1 mètre représente 1 000 kilomètres, etc.
Le diamètre du globe est de 12ro,752, correspondant aux 12 752 kilomètres du diamètre réel de la Terre. L’aplatissement des pôles, qui est de 21 kilomètres, ne serait, à l’échelle du globe, que de 21 millimètres, c’est-à-dire tout à fait insensible.
La surface du globe a été obtenue au moyen de cinq cent quatrevingt-six panneaux découpés de dix en dix grades, suivant les méridiens et les parallèles, tous bombés uniformément et munis, à l’intérieur, de cadres en bois. Ces cartons, dessinés et peints séparément, ont ensuite été fixés sur les méridiens de l’ossature métallique. Ils pourront ainsi se démonter ultérieurement aussi bien que l’ossature.
Le relief du sol n’a pas été indiqué en saillie; car les plus hautes montagnes, de 8 000 mètres d’altitude, n’auraient été représentées que par des hauteurs de 8 millimètres, à peine appréciables.
La profondeur des mers â été aussi indiquée au moyen de la peinture. La teinte la plus claire, qui borde les continents et les îles, indique les profondeurs jusqu’à 2000 mètres; la seconde teinte, les profondeurs de 2000 à 4000 mètres; la troisième teinte, celles de 4000 à 6 000 mètres; la quatrième teinte, celles de 6000 à 8000 mètres; la cinquième teinte, qui est la plus foncée, indique les profondeurs dépassant 8 000 mètres.
Les noms des pays n’ont pas été indiqués ; on a considéré qu’ils étaient suffisamment désignés par le nom de leur capitale et de leurs principales villes. Les frontières sont figurées par des lignes
27S L’F.XrOSITLON UNIVERSELLE DE 1889.
do croix noires. Les fleuves sont tracés en bleu. Les volcans sont indiqués par des points rouges. Les principales lignes de chemins de fer sont tracées en lignes rouges, et les canaux en traits blancs.
Aux deux pôles, les glaces flottantes sont représentées, dans leur étendue moyenne, par un moutonné blanc.
La surface des continents et des îles est d’environ 15G millions de kilomètres carrés et mesure donc une superficie de 156 mètres carrés sur le globe de l’Exposition, dont la superficie totale est d’environ 510 mètres carrés.
En faisant tourner le globe à la vitesse de rotation de la Terre, un point de son équateur marcherait à une vitesse, à peine visible, d’environ un demi-millimètre par seconde, correspondant au demi-kilomètre par seconde que parcourt en réalité un point de la Terre à l’équateur.
En entrant dans l’élégant pavillon construit par M. Seyrig, nous voyons s’élever, au-dessus de nous, la vaste sphère remplissant presque entièrement l’édifice. Un escalier en spirale, accolé à la paroi, permet de circuler autour du globe en passant en revue ses diverses parties. On se trouve d’abord à la hauteur de l’Océan austral, et on est surpris de l’espace énorme qu’il couvre; on n’aperçoit, en fait de terres, que la pointe extrême de l’Amérique du Sud, puis bientôt, en montant, la région méridionale de l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Au second tour nous traversons l’Amérique du Sud, l’Atlantique et une vaste zone de l’ancien continent, et nous-* nous retrouvons devant les immenses solitudes du Pacifique, qui couvrent toute une face du globe et que constellent les minuscules points des archipels océaniens. Enfin, passant devant l’Amérique du Nord, traversant de nouveau l’Atlantique, nous voyons se dérouler devant nous la vieille Europe avec ses innombrables découpures, puis la massive Asie du Nord. Encore quelques pas, et, gravissant une passerelle, nous voici sur un petit observatoire qui nous place juste au-dessus du pôle Nord, situation que plus d’un explorateur payerait du meilleur de son sang pour l’atteindre en réalité.
LA GÉOGRAPHIE
De là nous embrassons tout l’hémisphère nord, celui où les terres occupent la proportion la plus considérable.
A côté de nous, un monsieur explique à son fils les grands traits de la carte, et il ajoute en terminant, d’un ton un peu mélancolique : « Et dire que notre modeste planète, objet de tant de luttes et d’ambitions, n’est qu’un million de fois plus grande
Le globe terrestre de MM. Yillard et Cotturd.
que celle-là! » Je ne dis rien, quoique bien tenté de lui crier qu’il se trompe, comme tant d’autres. Le globe que nous avons là est, en effet, une réduction de la sphère au millionième, c’est-à-dire qu’un million de globes semblables superposés représenteraient l’un des diamètres du globe terrestre, mais non, bien entendu, la capacité de notre planète. C’est là un calcul bien simple à faire, et ceux de nos lecteurs qui le feront trouveront qu’il faut ajouter au million un nombre respectable de zéros.
En somme, l’œuvre de MM. Villard et Cotard est remarquable à tous les égards et présente un des spectacles les plus instructifs de l’Exposition.
Nous avons ainsi mentionné tout ce que la géographie proprement dite a d’intéressant à l’Exposition. Mais, à vrai dire, l’Exposition tout entière a été une leçon de géographie, la plus attrayante qui se puisse rêver. En quelques heures on y taisait le tour entier du monde.
Il est probable que tout ce qu’une telle promenade suggérait de neuf aux esprits avivera encore l’intérêt qui s’attache, en France, aux études géographiques et leur donnera une meilleure direction. On apprend dix fois plus en voyant qu’en lisant, et, quand on a bien vu, la valeur d’une lecture est décuplée.