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I,E PAVILLON DES FORÊTS

et les soliveaux. Les Bouches-du-Rhône, avec l’orme champêtre, alimentent le charronnage, comme le chcne de la Côte-d’Or est employé à la construction des wagons de la compagnie Paris- Lvon-Méditerranée. Le Nord fournit du bois pour la batellerie et la Loire-Inférieure celui employé pour les bordages.

Enfin, la salle du rez-de-chaussée offre encore à nos regards trois dioramas excessivement curieux.

Le premier figure la Combe de Péguère, près Cauterets, dans les Hautes-Pyrénées. Le second et le troisième nous donnent le spectacle des torrents de Riou-Bourdoux, dans les Basses-Alpes, et du Bourget, dans les Basses-Alpes. C’est une manière très ingénieuse de nous donner une idée des travaux exécutés par l’Administration des forêts pour le reboisement et le gazonnement des montagnes.

Le mérite de cette idée revient à M. Demontrey, un des plus éminents conservateurs de nos forêts, qui a eu pour collaborateur dans l’exécution de ces dioramas, M. Gabin,un peintre décorateur de beaucoup de talent, qui s’est d’autant mieux acquitté de sa tâche qu’avant de l’entreprendre il a été étudier sur place les paysages et les travaux qu’il allait avoir à interpréter.

Mais examinons d’abord le premier et uniqueétage du pavillon. Là est la partie la plus savante, la plus technique de l’exposition des forêts. Elle comprend la réunion de tous les insectes et champignons qui sont la plaie de nos forêts, et à côté la collection des feuilles, fleurs et fruits de nos arbres, pour finir aux échantillons de nos terrains forestiers.

On nous présente dans des vitrines quelques-uns de ces champignons parasites qui sont la ruine des plus beaux arbres. Chaque espèce a été prise en quelque sorte en flagrant délit, et souvent à côté du coupable se trouve le corps du délit qui permet déjuger la grandeur du crime.

C’est un Polyporus nidulans qui décomposait une branche morte d’un chêne, en décembre 1877, dans la forêt d’Orléans. C’est un Polyporus Dryadeus qui avait tué le cœur d’une souche de chêne, le 21 mars, 1882, à Rebeuville, dans les Vosges. C’est un Rosel-

linia puercia qui tuait les racines d’un chêne en août 1875, le misérable!

Voici heureusement, d’autre part, des manifestations différentes. Dans des bocaux sont renfermés des fruits, des graines, des essences parfumées, des confitures, des gelées, des conserves de toutes sortes et jusqu’à du vin d’orange, produits forestiers. Puis ce sont des échantillons des divers charbons qu’on peut obtenir avec nos bois. Nous passons ensuite au sol de nos forêts, sol de natures variées selon les zones. Ici ce sont des calcaires de l’étage jurassique, là des marbres pyrénéens, plus loin des grès des Vosges, des granits du Rhin, de l’Yonne et du Puy-de-Dôme, des quartz de l’Ailier, des meulières de la Marne et de l’Aisne, etc. Et nous redescendons au rez-de-chaussée pour revoir les dioramas.

A 1500 mètres environ au-dessus ,de Cauterets, dans lesllautes- Pyrénécs, se dresse le pic de Péguère. Une dislocation de la montagne a déterminé la Combe de ce nom que nous représente le premier diorama, et qui constituait pour l’établissement thermal un perpétuel danger.

Dès l’automne de 1885 on a commencé des travaux, continués jusqu’à ce jour, dont l’objet est de fixer la terre friable de la montagne, d’immobiliser les blocs et d’empêcher des éboulements. Sur le versant Est de ce même pic de Péguère se trouve une autre Combe qui, elle, est absolument sans danger, tout simplement parce qu’elle est gazonnée, embroussaillée et boisée de la base au sommet. On s’est donc efforcé, depuis quatre ans, de revêtir la Combe de Péguère de plaques de gazon entremêlées d’arbustes. Là où le gazon courait le risque de ne pas végéter, on a construit des revêtements de pierre, en moellons, apporlés par un chemin de fer Decauville qu’on fait marcher sans machine, au moyen d’une combinaison de pentes calculées pour assurer sa vitesse ou ses arrêts.

C’est d’ailleurs au milieu de dangers considérables que s’effectue cette besogne intéressante. Mais, grâce à l’expérience et à l’intrépidité des ouvriers et de ceux qui les dirigent, jamais un acci-

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