LE PAVILLON DES FORÊTS
dent ne s’est produit. En somme, on arrive ainsi à neutraliser l’aclion des gelées, des infiltrations de l’eau et des phénomènes atmosphériques. On fixe littéralement le terrain de la montagne. Celle-ci y gagne en beauté ; ceux qui vivent sur scs flancs y gagnent en sécurité.
Après l’opération du gazonnement des montagnes, le second diorama nui nous représente le torrent du Riou-Bourdoux, dans
Granie salle du Pavillon des forêts.
la vallée de l’Ubaye (Basses-Alpes), va nous donner une idée très nette des travaux exécutés par l’Administration des forêts pour endiguer et réduire les torrents dévastateurs de nos pays montagneux.
Le torrent du Riou-Bourdoux est le plus redoutable de tous ceux actuellement en activité dans les Alpes françaises. Il part d’une altitude moyenne de 2 800 mètres, reçoit sur son parcours de nombreux affluents et entraîne avec lui une quantité prodi-
gicuse de déjections, résidus de la montagne, auxquels on a donné le nom justement appliqué de laves. Son action destructive est énorme. Elle l’était du moins, car depuis 1875 tout s’est sensiblement modifié. Là où le terrain friable offrait une proie facile au torrent, on a créé de toutes pièces une forêt et voilà le terrain devenu solide. Puis on a construit une série de barrages dont l’un surtout, le plus important, clarifie en quelque sorte les eaux du torrent en arrêtant les matériaux qu’elles transportent. Le lit du torrent a été déterminé par un curage méthodique. Partout où les terrains ont pu être reboisés et gazonnés, l’opération a été faite. C’est le spectacle de ces divers travaux que nous offre le second diorama.
Le troisième et dernier nous montre le torrent du Bourget, également dans la vallée de l’Ubaye, et qui est un des premiers auxquels on ait appliqué les travaux préventifs que nous venons d’énumérer sommairement.
L’origine de ce torrent est à 2957 mètres d’altitude. Les premiers travaux à son sujet datent de 1870. On a reboisé tous les terrains stables de son bassin, couvert aujourd’hui d’une forêt de plus de quatre cents hectares, qui s’épaissit de plus en plus. Les terrains installés ont été fixés par une série de travaux dits de correction. Bref, le torrent n’est plus aujourd’hui qu’un ruisseau dont l’œuvre n’est que bienfaisante.
La place nous manque, malheureusement, pour nous étendre, comme nous l’aurions désiré, sur cette question du reboisement de nos montagnes, question complexe et vitale, éminemment intéressante et pleine de surprises, sur laquelle nous sollicitons l’attention de nos lecteurs.