LE PAVILLON DES DIAMANTS
gant de cuir étroitement ajusté. 11 incombe une certaine responsabilité à cet ouvrier et il faut qu’on lui accorde une grande confiance. C’est lui, en effet, qui décide souvent si la pierre qu’il a entre les mains doit être taillée en brillant ou si elle doit revenir aux fendeurs pour être divisée en fragments et taillée en rose.
11 doit en outre, et ce n’est pas le point le moins délicat, juger quelle forme il donnera au diamant, d’après sa disposition et d’après sa couleur. Il faut qu’il combine sa taille de façon à lui laisser le plus de poids possible, en ayant soin que les défauts
Taillerie de diamants.
puissent être enlevés par le polissage, et en dessinant les facettes de façon à avoir des angles susceptibles de bien se prêter à la réfraction de la lumière et de produire de beaux feux.
Mais la partie la plus importante de ce travail est de trouver le sens du diamant. C’est seulement dans ce sens que les facettes peuvent être usées, et l’ouvrier doit commencer la taille de la pierre de sorte qu’il puisse prendre toutes les facettes dans le sens.
Le polissage se fait à l’aide des meules à vapeur dont nous avons déjà parlé, et dont la partie frottante est enduite d’une pâte faite
d’huile et de poudre de diamant. Celte poudre, qui vaut parfois douze francs le carat, c’est-à-dire soixante mille francs le kilogramme, provient de la poussière de la fenderie et de la joaillerie, qu’on pile dans un mortier; elle provient aussi du bord, ou diamant intaillable, et du carbon, ou diamant noir, que l’on pile également et qui ne peuvent être utilisés qu’à cet usage.
Le diamant est fixé au bout d’une lige qui est prise elle-même entre les mâchoires de lourdes pinces de fer, et c’est ainsi que la facette qu’on veut polir est solidement maintenue contre la partie frottante de la meule.
11 y a encore une taillerie belge très remarquée dans le Palais des Machines; mais il convient surtout de dire quelques mots de l’impérial qui est exposé dans la section de joaillerie, et qui était le plus gros diamant connu en Europe avant la récente découverte de celui que l’on voit actuellement à l’Exposition au pavillon du Cap et qui pèse 228 carats. L’Impérial pèse 180 carats, tandis que le Régent n’en pèse que 156 et le Kohinoor 106.
L’Impérial a été taillé à Amsterdam sous la direction et la surveillance d’un comité composé de trois des premiers lapidaires de cette ville; la reine de Hollande était présente lorsqu’on lui a appliqué la première facette. 11 a fallu dix-huit mois pour le finir entièrement. Son poids original, en état brut, était de 457 carats; pour lui donner une forme agréable, on en a détaché un morceau de 45 carats qui, taillé lui-même, a fourni encore un brillant de 20 carats.
Telle est, en quelques lignes, l’histoire du diamant, qui est traitée, comme on le voit, d’une façon très complète à l’Exposition universelle.