LE PAVILLON DU PÉTROLE
Le pétrole est aujourd’hui l’objet d’un commerce très important, et l’histoire de son exploitation et de ses applications, qui se trouve représentée dans un pavillon panoramique édifié sur la berge, au niveau du pont d’Iéna,a attiré l’attention des visiteurs, qui ont pu s’initier aux diverses opérations de cette industrie en admirant les vues panoramiques peintes par M. Poilpot, et en passant en revue les cartes, dessins, photographies qui y sont exposés, ainsi que toutes les applications du pétrole à l’éclairage, au chauffage et à la force motrice, qui étaient groupées dans un pavillon annexé au panorama.
L’origine du pétrole est loin d’être complètement élucidée, et les diverses hypothèses que l’on a pu faire à ce sujet ne sont pas à l’abri de toute objection. Les uns pensent que la formation du pétrole au sein de la terre est due à un procédé analogue à la distillation de la houille et des schistes bitumineux; d’autres ont supposé que le pétrole provenait de la décomposition de plantes et d’animaux marins; enfin Mendoléjeff a émis l’opinion que le pétrole était formé par l’action de l’eau sur certaines substances minérales. Quoi qu’il en soit, le pétrole est réparti d’une façon très irrégulière dans l’étendue du globe, et se montre, dans ses divers gisements, à des niveaux géologiques bien différents, tout en étant presque toujours associé, dans ces couches, d’une
façon plus ou moins étroite, avec îles combustibles minéraux.
Les principaux gisements appartiennent aux États-Unis, au Caucase, à la Galicie et à la Roumanie. On a trouvé également du pétrole à Coolbrookdalc en Angleterre, à Gabian dans le Languedoc, à Neuchâtel en Suisse, dans plusieurs localités italiennes et dans divers autres points de l’Europe.
L'exploitation des sources de pétrole, qui pendant longtemps a été propre aux Etats Unis, n’y a guère commencé qu’en 1855, et elle se concentra tout d’abord à Oil-City, à 960 kilomètres de New- York. Dans cette contrée, la richesse des sources et les facilités de l’exploitation sont telles que certaines sources ont pu donner jusqu’à 10 millions de francs pour une simple dépense d’une dizaine de milliers de francs.
La production du pétrole, en Amérique, augmente d’ailleurs, chaque année, d’une façon extraordinaire, et le nombre des puits forés au moyeu desquels on extrait le pétrole brut des profondeurs de la terre, est aujourd’hui de 25000 environ.
En Pennsylvanie, la production, qui, en 1862. n’était que de 3 600 000 hectolitres, chiffre déjà fort respectable, dépasse actuellement 15 millions d’hectolitres.
Dans l’une des vues panoramiques de l’exposition du pétrole, on voit une des exploitations de la Pennsylvanie, celle du nouveau district de Washington.
L’autre vue du panorama de M. Poilpot représente le plateau de Dalakhané, près de Bakou, dans la péninsule d’Apchéron, sur la mer Caspienne.
L’extraction s’y fait également au moyen de puits artésiens, qui se trouvent très rapprochés les uns des autres. Ces puits donnent de très grandes quantités de naphle, qui arrive à la surface du sol sous forme d’un liquide épais, brunâtre, avec des reflets verts.
Ici encore, tantôt le liquide est extrait par la pompe, tantôt il jallit à une hauteur variable; on a mesuré des gerbes de pétrole qui atteignaient 90 mètres.
Pendant l’opération du forage du puits, les mineurs sont avertis par un bruit assourdissant de l’éruption qui va se produire, et ils