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LE KAMPONG JAVANAIS

Ce ne sont que gracieuses contorsions des bras et des mains, longues et lentes salutations, toute une mimique plutôt sévère, mélancolique, qui désappointe un peu le public, accouru pour voir des sauts et des pirouettes.

Pour nous, au contraire, c’est là ce qui constitue le charme de ce spectacle d’une si charmante originalité. Nous ne lui faisons qu’un reproche, c’est parfois sa longueur, que laissent

Les danseuses javanaises au kampong, d’après la photographie de M. Lévy.

difficilement supporter les accords criards de l’étourdissant gomelan, ainsi que les Javanais appellent l’orchestre qui accompagne ces danses, sans doute parce qu’il est composé de gamelles.

Il faut du reste se rappeler qu’à Java comme dans l’Inde ellemême les danses des bayadères font en quelque sorte partie du culte; les cérémonies religieuses ne vont jamais sans ces danses,

dont le rythme remonte à la plus haute antiquité et les bayadères sont toujours attachées à un temple.

Soudain les danseuses saluent le public, et, toujours avec leur démarche d’idole, descendent de la plate-forme et se dirigent à travers la foule vers leur case où elles vont se reposer en mâchant le bétel qui donne à leurs dents l’apparence de laque. Quant à nous, au sortir du kampong, il nous faut un moment de réflexion pour nous croire à Paris; il nous semble que nous sommes encore dans les lointains pays d’Orient et c’est avec surprise que nous nous trouvons si subitement revenus de Java à l’Esplanade des Invalides.

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