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SCIENTIFIQUES

l'Aima. On trouve un dernier pont au-dessus du carrefour de Latour-Maubourg.

LeGhamp-de-Mars seulmesure environ 1 ,100 mètres de long, de l'École-Militaire à la Seine, et 470 mètres de large ; le ïrocadéro a environ 360 mètres de pro-

Pig. 16. — Bon à Lot.— Réduction «l une partie avec 10 Ticket*.

fondeur sur 470 mètres de large; le quai d'Orsay, plus d'un kilomètre; l'Esplanade, à peu près 500 mètres sur 300 mètres; ce qui conduit à un développement direct de près de 8 kilomètres. Le visiteur qui aura parcouru toute l'enceinte, avec les berges, les diverses allées, les galeries, etc., aura certainement effectué un trajet de plus de 60 kilomètres.

L'Exposition occupe au total 20 hectares de plus qu'en 1 87 8, soit 70 hectares,non compris les berges de la Seine .

Au Champ-de-Mars, qui reste la partie principale et maîtresse de l'Imposition, on a placé les sections des beaux-arts, des arts libéraux, des industries diverses et des machines ; au Trocadéro, l'horticulture ; au quai d'Orsay, les produits et appareils agricoles, les produits alimentaires; àTesplanade des In valides, les expositions

Kig. 17. — KxpoMtion universelle ilo 18S9. Vue du Cliainp-ilr Mars avant l«' premier coup do pioche.

du ministère des colonies et des pays de protectorat.

En 1867,1e Palais du Champ-de-Mars offrait l'aspect d'un colisée gigantesque, de 1 kilomètre et demi de pourtour, 1 kilomètre dans la plus grande largeur, 380 mètres dans sa plus petite, comprise entre les avenues de La Bourdonnais et deSuffren. Les galeries étaient circulaires d'une part et rayonnantes de l'autre. L'arrangement combiné par M. Le Play, sorte de table de Pythagore, était tel qu'ensuivant une galerie circulaire, on voyait bien groupés les produits similaires de

toutes les nations ; en longeant au contraire une galerie rayonnante, on passait en revue l'exposition collective de tout un peuple. En 1878, M. Krantz construisit un immense rectangle raccordé à des demi-circonférences ; la largeur regardant la Seine était de 350 mètres, la longueur de 718 mètres.

On avait conservé pour le groupement les principes deM.LePlay.Lesobjetsdemême nature étaient installés dans les galeries longitudinales, et les galeries transversales limitaient les expositions de chaque peuple.

On critiqua à cette époque les perspectives interminables des galeries droites, comme on s'était plaint antérieurement des galeries courbes.

Cette fois, on ne pourra adresser les mômes reproches aux dispositions adoptées; on n'a rien emprunté au passé, le plan est nouveau ; pour rompre toute monotonie, à l'ancien groupement méthodique on a presque partout substitué l'ordre disséminé.

Pour les constructions, on avait jusqu'ici un peu négligé le côté artistique. On a fait appel aux architectes.

A la suite d'un concours, les trois premiers prix furent donnés à M. Dutert, à M. Formigé et à M. Eiffel. M. Alphand dressa les plans définitifs qui furent adoptés en principe, et dès le mois d'août 1887, on commençait les études préparatoires. Les travaux préliminaires de nivellement du Champ-de-Mars et de création du réseau d égoûts étaient menés rapidement par M. Lion.

Dès le mois d'octobre, on donnait les premiers coups de pioche et, en novembre, la plupart des chantiers étaient organisés. Depuis on a travaillé sans relâche; il aura fallu à> peine deux ans et demi pour accomplir cette œuvre prodigieuse et colossale

qui fait l'étonnement des personnes compétentes. Cette fois, plus d'édifice au milieu du Champ-de-

Sénatcur, ancien Ministre Ae l'Agriculture et du Commerce Président >U la Commiiuon de* travaux. Président du Jury $upéricur

Mars ; remplacement central reste libre, c'est un parc ; au fond et sur les côtés, les constructions! Le plan général affecte assez exactement la forme d'un grand U.

La petite branche transversale est représentée par les galeries qui se développent en largeur, parallèlement à l'École-Mihtaire, l'immense galerie des Machines au fond; puis, successivement les unes en avant des autres, les galeries des Industries diverses. Les deux grandes branches de l'U sont représentées d'abord par un prolongement du palais des Industries diverses et ensuite par le palais des Beaux-Arts et par le palais des Arts libéraux qui forment ailes de chaque côté et se dirigent vers la Seine. Leurs deux façades s'arrêtent à 50 mètres des piliers de la tour Eiffel.

Les constructions, galerie des Machines et galerie des Industries diverses, absorbent, à l'extrémité du Champ-de-Mars, une longueur de iOO mètres; les deux ailes des Industries di verses, 150 mètres; celles qui leur font suite, des palais des Beaux-Arts et des Arts libéraux, 230 mètres. Le visiteur aura donc encore 630 mètres à franchir pour atteindre le palais des Industries diverses, soit qu'il traverse le jardin central, soit qu'il passe par un des palais latéraux, s'il pénètre dans l'enceinte par le pont dléna, la véritable entrée d'honneur de l'Exposition. Toute la partie comprise entre les branches de l'U, entre les palais longitudinaux, est réservée à des pelouses, a des jardins, à la grande fontaine monumentale, etc. La Ville de Paris a élevé aussi deux pavillons consacres à. l'exposition de ses services administratifs, à droite et à gauche, entre les deux branches en fera cheval du palais des Industries diverses.

Ce plan est très réussi; les façades et les perspectives des palais sont à la fois grandioses et agréables à l'œil ; nous y reviendrons lorsque nous parlerons de

la construction des dfverses galeries. Le parc au milieu duquel s élèvent les constructions isolées, a été

ÙirtrU ur dr» Travanr de lu VilU dr Pari», ln»perleur général de* Pont» et Chauttêr*, Directeur général éU» Travutx d* l Krpwition univertelle de 18S9, Commi%tnir, nenrml dr» fVfrj.

planté de vieux arbres qui ont très bien repris sur ce terrain remanié. On croirait qu'ils ont poussé sur place. On a créé de toutes pièces comme un parc séculaire.

i»Tal «lu (hani|»-«li*-Mars. — Palais, Pavillons rt Jardins.

L'impression générale est vraiment satisfaisante. Le rédacteur en chef d'un journal anglais (1) formulait ainsi son opinion quelques semaines avant l'ouverture :

<« L'Exposition de 1889 sera la plus colossale et la plus extraordinaire que l'univers ait jamais vu. »

Et il ajoutait :

« Les Français aiment à faire grand ; ils sont en train de prouver une fois de plus qu'ils s'y entendent. Leur Exposition du Centenaire de 1789 est déjà absolument stupéfiante; ni les peines, ni l'argent n'ont été ménagés. Bien de mesquin n'afflige le regard ; jusque dans la plus petite charpente de fer, le sentiment artistique et le goût éclatent. Le résultat est de nature à démontrer à l'univers que la France est toujours la plus laborieuse et la plus artiste des nations, et qu'une fois résolue à faire une chose, elle sait s'y mettre corps et Ame. L'Exposition va attirer à Paris la moitié du inonde civilisé. »

Nous ne saurions désirer une appréciation plus flatteuse et plus indépendante. Il est de fait que l'on a exécuté de grandes choses au Champ-de-Mars et à l'Esplanade des Invalides depuis deux ans; jamais on n'a poussé aussi loin l'ampleur des constructions et l'originalité des conceptions. Si l'on cherche maintenant à recommencer ailleurs, il sera difficile de ne pas nous imiter forcément; toutes les combinaisons, à très peu près, ont été épuisées.

Malgré ces grands efforts, il ne semble pas que l'on ait été conduit à des dépenses extraordinaires. L'exécution a été conduite par M. Alphand avec un véritable souci de l'économie et avec une méthode vérita-

(1) M Jules Prier, du Hall Mail Gazette.

blement digne de remarque. Il y a là peut-être un exemple unique à signaler dans un ensemble de travaux aussi colossal. Il ne nous parait pas inutile de donner, à titre de preuves, quelques chiffres généraux qui se trouveront sensiblement modifiés par les dernières dépenses. Mais, tels quels, ils présentent de l'intérêt.

DÉSIGNATION Évaluation* Kvnluntioni

d««i trnvnux.

primitive».

aclu.«llH*.

Palais des Arts, galerie*

Rapp et Desaix. * • . . .

Palais des Industries diverses

Nivellement — Réseaux dé-

hxposition a Imiiicullure . .

«) A A AAik

- — ■ d'agriculture

Bureaux, postes de police ,

Viabilité de la tranchée rive

Réserve s'appliquant aux ga-

leries des Machines, etc . .

Expositions horticoles. . . .

Exposition d'économie sociale

Totaux

L'excédent sur les évaluations primitives des dépenses a été :

Palais des Arts, 392,225 francs; Palais des Ma-

chines, 280,510 francs; Palais dos Industries diverses, 99/230 francs. Réserve, 13,035 francs; au total, 785,000 francs.

De même la diminution sur les évaluations budgétaires a été : Parcs et jardins, 1,050,000 francs; Viabi-

Fiu. 22. — Vm» ;i vol «l'oisoau

lité, 54,328 francs; Water-closets, 175,000 francs; Réserve, 1,733,156 francs; Réserve spéciale, 1,004,873 fr.; total, 4,017,358 francs. Différence en excédent, 3,232,358 francs.

C'est un résultat remarquable auquel nous n'avons pas toujours été habitués et qui nous permet de bien augurer de l'avenir.

Enfin ajoutons encore, pour en terminer avec le

EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1889. r»

chapitre des installations, que la participation des pays étrangers à l'Exposition sera importante, beaucoup plus grande qu'on ne l'avait cru tout d'abord; il a fallu à regret faire un choix sévère et refuser des ' emplacements à la dernière heure. On a dû. pour ilon-

t|>o&iiiou uuivcrsc Ile <lr IHH'j.

ner satisfaction à plusieurs commissions étrangères, les autoriser à élever dans les jardins des pavillons spéciaux qui donnent du reste un nouvel attrait au Champ-de-Mars.

La Belgique compte au moins 2,000 exposants ; l'Espagne, environ 2,800 avec un contingent considérable de productions de vins.

L'Angleterre a 1 ,100 exposants; les Etats-Unis, envi-

ron 2,000 ; la Suisse également ; l'Autriche-Hongrie, 350 à 400 ; la Russie, près de 800.

Le Mexique, la République Argentine, le Por-

tée

Vu,. 23. — Plan du Troc*d4ro.

1' .!-.'.». Pavillons et Jardins.

tugal, le Rrésil comptent leurs exposants par milliers.

Les gouvernements qui avaient promis leur concours officiel sont : la principauté de Monaco, les ré-

publiques d'Andorre et de Saint-Marin, la Suisse, la Norvège, la Serbie, la Grèce, la Perse, le royaume de Siarn, le Japon, les Klats-Unis de L'Amérique du Nord, le Mexique et toutes les petites républiques de l'Amérique du Sud.

En réalité, presque toutes les nations sont représentées au Champ-de-Mars. La Grande-Bretagne occupe dans le seul palais des Machines 7,000 mètres carrés,

Pnlai* Tour Galerie des É. hnfnuda-.> «

des Arts I.iblmux. Eiffel. Industries div. r>e*. du EMme.

IV». 25. — Aspect des travail

les États-Unis 3,700 mètres, la Belgique i.tiOO mètres, la Suisse 3,000, etc.

Dans les galeries du quai d'Orsay, les pays étrangers occupent une surface de plus de 15,000 mètres carrés répartis entre l'Angleterre, les États-Unis, la Russie, l'Italie, l'Autriche-Hongrie, la Norvège, les Pays- Bas, le Danemark, la Roumanie, etc. Dans l'enceinte même des divers palais, la surface ainsi occupée s e~ lève à 88,000 mètres carrés. En somme, la surface totale mise a la disposition des différentes sections étran gères est supérieure à celle qu'elles occupaient en 1878.

Il nous sera bien permis, après le coup d œil d'ensemble, de nous féliciter d'avoir vu mener à bonne fin cette énorme entreprise.

11 est inutile de rappeler les indécisions de la première beure. Après avoir eu souvent trop confiance en nous, nous avons pris l'habitude de douter un peu trop de notre initiative, de notre persévérance et de notre force. Que 1889 nous serve d'exemple et de le-

Éi-hafauda^e Avenue Kmle-

du Palaif de. Machines. de la Motto-PkqMt. Militaire.

amp-tle-Mars au 1" juin IxHK.

çon! Le programme tracé a été suivi à peu près, sans , accident. On a été prêt à l'heure, comme on l avait dit et comme on l'avait voulu. Ceux qui n'avaient pas la foi ont été les premiers à applaudir et à admirer. Aujourd'hui le succès est complet. On peut dire que c'est une victoire nationale et une victoire bien acquise, qui, espérons-le, ne froissera personne et ne se traduira que par des bienfaits et une appréciation plus juste et plus vraie des aspirations de notre pays.

Après avoir constaté le 9uccès, nou9 manquerions de justice, si nous ne rendions hommage aux deux

principaux organisateurs de l'Exposition, à ces deux hommes éminents qui l'ont préparée de longue main et ont doté Paris de cette œuvre grandiose qui contribuera à répandre au loin le nom de la France.

Une fois de plus, M. Aîphand a bien mérité de la reconnaissance publique (l). Enchanteur incomparable,

(!) M. Alpliand a été fait grand-croix do la Légion d'honneur à l'ouverture de l'Exposition. A cette occasion, le président du Conseil général du département de la Seine, le président du Conseil général des ponts et chaussées, et le directeur du Conseil municipal ont adressé à M. Alpliand des lettres d'éloges et de félicitations. Nous croyons devoir au moins reproduire, à titre de souvenir, la lettre de M. Chautemps.

mu ii nus

CONSEIL MUNICIPAL Paris, le 9 Mai 1889.

CABINKT DU l'KKSIDKNT

Monsieur le Directeur,

Dans sa séance d'hier, la première qu'il ait tenue depuis l'ouverture de l'Exposition, le bureau du Conseil municipal, à l'unanimité des membres présents, m'a charge de vous exprimer la vive satisfaction avec, laquelle les membres du Conseil ont appris la très haute distinction qui vient de vous être conférée.

Aux félicitations qui vous ont été adressées par M. le Président de la République, et auxquelles se sont associées toutes les nations représentées à l'Exposition universelle, nous tenons à joindre les remerciements bien sincères du Conseil municipal; en assurant le succès de cette entreprise grandiose, Vous ave/. beau- Coup fait pour la gloire et la prospérité de Paris, qui, à d'autres titres, vous devait déjà beaucoup; vous ave/, également bien travaillé pour la République.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma haute considération et de mes meilleurs sentiments.

Le président du Conseil municipal, Signé: CHAUTEMPS.

Monsieur Alphand, Directeur des Travaux de la V ille de Paris,

universelle de iKJtti sou» le Dôme central.

cette fois encore il nous a transportés dans le pays des fées; pour couronner une carrière qui n'a pas sa précédente, une vie d'honneur et de gloire, il s'est élevé à lui-même, en relevant pour nous tous, un nouveau monument impérissable.

Le nom de M. Georges Berger est lié au succès de toutes nos expositions. 11 en a été l'âme, l'organisateur ardent et heureux; plus encore peut-être cette fois qu'antérieurement, il a montré des aptitudes spéciales et exceptionnelles. Au début, quand, pour des causes diverses, beaucoup se montraient hésitants, il parcourut nos départements semant partout la bonne parole, secouant l'égoïsme des uns, l'indifférence des autres ; il lit réellement des prodiges d'activité, d'intelligence et chaque fois il revint victorieux. Lui aussi, a bien mérité du pays {i). Les deux directeurs des Travaux et de l'Exploitation ont d'ailleurs trouvé le concours le plus actif chez M. Grisou, le directeur général des Finances.

Le ti mai , l'Exposition était ouverte solennellement. Le président du Conseil, commissaire général de l'Exposition, M. Tirard, et les directeurs généraux, MM. Alphand, Berger et Grison, reçurent M. le Président de la République devant le grand Dôme central.

Nous croyons bon de reproduire ici les discours prononcés par M. le Président de la République et par M. le Président du Conseil, commissaire général.

Lorsque le Président eut pris place, M. Tirard,

(I) M. Bercer a éu* promu grand officier do la L "'«riou d'honneur

commissaire général de l'Exposition, prononça le discours qui suit :

Monsieur le Président de la République, •

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de la Chambre des Députés,

Messieurs,

Je vous remercie d'avoir bien voulu honorer de votre présence l'inauguration de la grande manifestation du travail et des arts que la France a organisée en y conviant les travailleurs et les artistes de tous les pays.

Ce n'est pas sans une certaine appréhension que l'idée d'une nouvelle Exposition internationale fut tout d'abord accueillie. L'on se demandait si le court espace de temps écoulé depuis la belle Exposition de 1878, qui a laissé de si grands souvenirs, ne attirait pas à une entreprise de même caractère si promptement renouvelée. Pourrait-on faire mieux? Pourrait-on même faire aussi bien? Quels attraits nouveaux oITrirait-on à la curiosité des visiteurs? Les progrès réalisés dans les diverses branches du travail national permettraient-ils de réunir en quantité suffisante des œuvres dignes d'attention et d'étude? Enfin, n'aurionsnous pas à lutter contre la lassitude, peut-être même contre l'indifférence des exposants, sans cesse sollicités par des exhibitions particulières ou officielles, en France et à l'étranger?

Messieurs, ces appréhensions se sont bien vite dissipées.

Dès que le Parlement et le conseil municipal de Paris eurent voté les crédits demandés par le Gouvernement, les constructeurs se mirent résolument à l'œuvre et ne tardèrent pas a couvrir le Champ-de-Mars et ses abords de cette immense variété d'éditices, de monuments décoratifs et de jardins, dont l'ampleur et la magnifique ordonnance dépassent tout ce qui s'est fait jusqu'à ce jour.

xK 3.

Puis, les manu facturiers, les usiniers, les fabricants, les

Fie». 2h. — M. lo Président Carnet dtMarant ouverte l'Ivv position universelle do IHSI».

artisans de tous ordres, agriculteurs, les artistes, sont arrivés en si grand nombre, de France et «le l'étranger, en

groupe ou individuellement, que, malgré l'immense étendue des emplacements, supérieurs de plus d'un huitième à ceux de 1878, l'impossibilité de satisfaire à toutes les demandes n'a pas été la moindre des difficultés que nos organisateurs aient eu à surmonter.

Bien qu'il dépasse toutes les espérances, ce magnifique résultat n'a iit»n qui nous doive étonner : le progrès ne ralentit pas sa marche; les générations nouvelles remplacent incessamment les forces épuisées ou disparues; la science, puissance souveraine de noire siècle, n arrête pas le cours de ses conquêtes : chaque jour elle pénètre plus avant dans les secrets de la nature; la vapeur et l'électricité ont déjà révolutionné l'ordre économique de l'univers. Qui saurait dire les prodiges et les surprises qu'elles ménagent encore à nous et à nos descendants? Les inventions, les découvertes, les perfectionnements, se succèdent avec une rapidité vertigineuse; nul ne peut résistera cet immense entraînement; les usines, les ateliers, les manufactures, stimulés par la concurrence, encouragés par le succès, sont soumis à d'incessantes transformations, dont il faut se féliciter puisqu'elles ont pour conséquence l'abondance des choses nécessaires à la vie, rabaissement, de leur prix et, par suite, l'augmentation du bien-être général. Nos agriculteurs, laborieux, sobres, économes, patients et si cruellement éprouvés par les fléaux et les intempéries, luttent courageusement et sont entrés résolument, eux aussi, dans la voie du progrès en appliquant à leurs procédés de culture et d'élevage les méthodes scientifiques enseignées par des guides surs et éclairés. Nos artistes, glorieuse pléiade dont à juste titre nous sommes si tiers, ne s'endorment pas non plus sur les lauriers conquis : tout en respectant les traditions et les enseignements des maîtres qui les ont devancés, ils s'efforcent d'imprimer à leurs œuvres un caractère vraiment personnel en associant de plus en plus intimement l'idéal

de l'art aux vérités de la nature. La très remarquable Exposition ouverte en ce moment aux Champs-Elysées, aussi bien que la collection des dix dernières années contenue dans l'un de nos plus beaux palais, marquent une nouvelle et brillante étape dans la marche ascendante de l'art français.

Induslrie, agriculture, science, beaux-arts, partout le triomphe de l'élude et du travail! Spectacle réconfortant et qui prouve combien ils se trompent ceux qui, se hâtant de la juger superficiellement et sous l'influence des polémiques quotidiennes, croient la France exclusivement absorbée par les agitations stériles et les querelles des partis. Sans doute elle n'est point indifférente à la marche des affaires publiques; éclairée par les leçons de l'histoire, elle entend ne plus être dupe d'aucune aventure; plus que jamais elle est attentive à la conservation des libertés glorieusement et chèrement conquises par nos pères et au maintien de nos institutions. La France est libre; elle entend rester libre et ne subir la tyrannie de personne, pas môme celle qui pourrait naître de l'abus des libertés si largement octroyées par la République; mais, quelque souci qu'elle prenne de ces graves intérêts, la France conserve les qualités essentielles de sa race, elle est toujours ce que l'ont faite ses ancêtres : la grande nation honnête et laborieuse! sa passion dominante est toujours la passion du travail ; elle y consacre son intelligence, sa science, son génie souple et fécond, son humeurjoyeuse et franche, ses immenses ressources, en un mot le meilleur de ses forces, dont elle ne distrait que ce qui est nécessaire à la défense du pays; et c'est ainsi que malgré l'intensité de la crise économique qui depuis plusieurs années pèse sur le monde entier, elle a pu entasser tant de richesses artistiques, agricoles et industrielles dans le superbe domaine que nous inaugurons aujourd'hui, i Ce phénomène n'est pas d'ailleurs spécial à la France.

oO

Le précieux et brillant concours que les nations étrangères ont bien voulu nous prêter et qui ajoute tant d'éclat à notre Exposition, le prouve surabondamment : en toutes matières leurs produits rivalisent avec les nôtres, souvent même ils les surpassent, et leur comparaison donnera lieu, comme précédemment, à d'intéressantes et profitables études. Si tous les gouvernements n'ont pas pris une part officielle à ce concours, la plupart d'entre eux ont secondé le généreux effort des initiatives privées par des encouragements et des subsides et ont ainsi contribué au succès d'une participation qui, dans son ensemble, est supérieure à celle des précédentes Expositions. Je me permets donc d'adresser aux nations étrangères et à leurs gouvernements les remerciements et l'hommage reconnaissant de la France.

Je tiens aussi à féliciter et à remercier cordialement MM. les commissaires délégués des sections étrangères, dont le zèle empressé a puissamment contribué à la rapidité des aménagements intérieurs et des installations de leurs nationaux, ainsi qu'à la construction des nombreux édifices dont la riche et pittoresque variété donne tant d'attrait à la partie du jardin du Champ-de-Mars où ils sont établis.

Nos colonies et nos pays de protectorat ont également tenu à honneur d'occuper brillamment l'espace considérable qui leur a été réservé. Ils y ont pleinement réussi. Les pavillons spéciaux reproduisant les constructions les plus caractéristiques de ces diverses contrées, et les populations indigènes qui les animent, forment de l'esplanade des Invalides l'un des points les plus curieux et les plus intéressants à visiter. Que les Français d'outre-mer reçoivent donc les félicitations et les remerciements de la mère patrie.

Et puisque je parle des Français de nos colonies, qu'il me soit permis d'adresser également un témoignage de vive gratitude à tous les Français répandus sur la surface du

globe, qui, à l'occasion de notre glorieux Centenaire et de la solennité d'aujourd'hui, envoient de toutes parts à M. le Président de la République des télégrammes émouvants, inspirés par les sentiments du plus pur patriotisme.

Les occasions sont trop rares où l'on sent battre les cœurs et palpiter les poitrines des vrais patriotes français dans un môme élan de respect et de confiance, pour qu'il ne soit pas permis de saluer au passage celle qui nous est offerte aujourd'hui et de prouver ainsi à nos compatriotes que l'expression de leur touchant souvenir a trouvé dans la métropole de vibrants et sympathiques échos.

Je n'en finirais pas, messieurs, sf je voulais décrire tout ce qui s'offre ici à votre admiration ; je pourrais le faire sans offenser la modestie, car celui qui a l'honneur de parler en ce moment n'est qu'un ouvrier de la dernière heure ; mais cela m'entraînerait trop loin. Ne suffit-il pas d'ailleurs, pour s'en rendre compte, de lever les regards sur la superbe coupole qui nous abrite, puis de les porter sur la vaste galerie qui s'étend devant nous et conduit à cette autre merveille, déjà célèbre, le palais des Machines, grandiose chef-d'œuvre de construction métallique, dont les proportions gigantesques et pourtant harmonieuses rivalisent avec une hardiesse de la tour de trois cents mètres, que le public a baptisée du nom de son éminent constructeur M. Eiffel?

Et tout cela, messieurs, s'est exécuté avec un ordre, une rapidité et une régularité qui étonneraient si l'on ne connaissait l'homme qui a dirigé tout cet ensemble de travaux. C'est l'ingénieur habile qui, depuis quarante ans, travaille à l'embellissement et à l'assainissement de Paris, et qui en a fait, je n'ose pas dire la plus belle, mais assurément, l'une des plus belles villes du monde. Oui, M. Alphand a couronné sa laborieuse et utile carrière en construisant le plus splendide cadre de l'exposition qui ait jamais été fait,

et il a ainsi conquis un litre de plus à la reconnaissance de ses concitoyens.

Pour organiser et conduire à bonne lin une aussi vaste

Directeur génrral de l'Exploitation.

entreprise, il ne suffisait pas d'un grand constructeur, il fallait un administrateur habile et très expérimenté; c'est M. Berger, qui déjà >'étuit signalé dans maintes expositions en France et à L'étranger, qui a bien voulu se charger de la direction de l'exploitation. Je ne saurais assez louer le zèle

et le dévouement qu'il a déployés dans ees ingrates et diflieiles fonctions. C'est lui qui, par son ardent** activité, ses nombreux voyages dans nos départements et a l'étranger, ses

conférences, ses connaissances techniques, a donné l'impulsion première et vigoureusement contribué au grand succès que nous pouvons constater dès aujourd'hui. Que M. Berger reçoive donc le tribut d'éloges que méritent si bien les nouveaux services qu'il vient de rendre à l'industrie française.

Enlin, par une heureuse disposition réglementaire due à l'initiative de l'un de mes prédécesseurs, l'honorable M. Lockroy, le contrôle financier des travaux et de toutes les dépenses a été assuré par la création d'une direction spéciale à la tête de laquelle a été placé un comptable de premier ordre, dont la carrière administrative au ministère du commerce se trouve ainsi brillamment complétée par un travail minutieux et compliqué qui assure la régularité de toutes les opérations, de tous les comptes, et qui faille plus grand honneur à M. le directeur (irison. Les comités départementaux et les comités d'installation à Paris ont fonctionné avec un zèle et une activité qui ont été justement signalés par mon honorable prédécesseur. M. Pierre Legrand, dans le rapport adressé à M. Je Président de la République le 30 janvier dernier. Toutes nos félicitations leur sont dues.

4e «lois légalement une mention particulière à la commission supérieure et de contrôle et de finances, dite des 43, composée de membres du Parlement, du conseil municipal de Paris et de représentants de la société de garantie, auxquels étaient adjoints, avec voix consultative, un certain nombre de hauts fonctionnaires. Cette commission a été en quelque sorte l'Ame et le pivot.de l'organisation de l'Exposition ; c'est elle qui a examiné et approuvé les plans, ratifié les marchés et les traités de concessions, ouvert les crédits, réglé les conditions de l'exploitation ; en un mot, rien d'essentiel et d'important n'a dù être fait sans son assentiment, et j'ai été témoin du soin scrupuleux et attentif qui a présidé à ses travaux. Aussi, bien que j'aie été membre quelque peu intermittent de cette commission, je n'éprouve aucun embarras à lui adresser, au nom du (iouvernement, les remerciements les plus chaleureux pour le zèle désintéressé qu'elle a déployé dans le long exercice de ses importantes fonctions.

L'on comprend qu'il me soit impossible de désigner ici nominativement les ingénieurs, architectes, construc-

leurs, travailleurs et employés que MM. les directeurs ont eus sous leurs ordres; mais je tiens à les féliciter et à les remercier tous aujourd'hui de l'entrain patriotique, du dévouement infatigable qu'ils ont déployés au milieu des plus grandes difficultés dans l'accomplissement de leur lâche. Je me garde bien d'oublier dans cette expression de la reconnaissance publique les milliers d'ouvriers, collaborateurs souvent inconnus, qui ont rivalisé de courage, d'intelligence, d'habileté et d'adresse dans l'exécution rapide de ces admirables travaux. C'est grâce au concours de toutes ces bonnes volontés que notre Exposition a pu être prèle à l'heure dite. Honneur et gloire à ceux qui ont collaboré à cette grande et belle œuvre nationale!

Et maintenant, messieurs, félicitons-nous d'avoir ouvert une fois de plus les portes de la France aux produits du monde entier. Félicitons-nous de cette grande et pacifique manifestation des forces productives de notre cher pays, qui continue sa marche fièrement assurée dans la voie du progrès et de la civilisation.

Accueillons et fêtons avec joie les étrangers dont la foule se presse déjà dans nos murs ; prouvons-leur que la Fiance républicaine est hospitalière et généreuse, qu'elle aime et honore les travailleurs de tous les pays et voit en eux, non des rivaux qu'elle jalouse, mais des collaborateurs qui travaillent avec elle au bonheur de l'humanité et à la paix du monde.

Le Président de la République s'est ensuite exprimé en ces termes :

Messieurs,

La France glorifiait hier l'aurore d'uu grand siècle qui a ouvert une ère nouvelle dans l'histoire de l'humanité.

Aujourd'hui, nous venons contempler dans son éclat et dans sa splendeur l'œuvre enfantée par ce siècle de labeur et de progrès.

.Noms venons saluer les travailleurs du monde entier, qui ont apporté ici le fruit de leurs efforts et les productions de leur génie. Nous venons tendre une main amie à tons ceux qui se sont faits nos collaborateurs dans l'œuvre de paix et de concorde à laquelle nous avons convié les nation*.

Nous venons souhaiter la bienvenue aux visiteurs qui déjà, de tous les points de l'horizon, en deçà ou au delà des frontières, arrivent, sans compter les distances, pour prendre part à nos fêtes.

Ils trouveront ici une terre hospitalière, une ville heureuse de les accueillir, et verront ce que valent les calomnies dictées par des passions aveugles auxquelles le respect même de la patrie ne sait pas imposer silence.

Notre chère France est digne d'attirer à elle l'élite des peuples. Elle a Le droit d'être Hère d'elle-même, et de célébrer, la tète haute, le centenaire économique comme le centenaire politique de 1789.

Elle a su se relever, avec une indomptable énergie, après les plus cruelles épreuves, et n'a jamais désespéré île la fortune. Par sa bonne foi dans les engagements publies et par sa loyauté, elle a inspiré une juste confiance. Elle a trouvé dans ses institutions la force de vivifier Le travail, de ranimer l'activité du commerce et de l'industrie, de rendre courage a l'agriculture atteinte par de redoutables lléaux; l'épargne nationale a reçu la plus admirable impulsion; et jamais il ne s'est produit plus de généreuses initiatives, plus de recherches passionnées dans toutes les branches de la bienfaisance publique et privée.

Je le répète avec fierté : la France poursuit, dans le calme et dans la paix, son œuvre de progrès, et le siècle laborieux qui s'achève laissera dans son histoire une trace lumineuse.

Quel chemin parcouru, messieurs, depuis que François de Neufchâteau installait, en 171)8, cent dix exposants dans le Temple de l'Industrie !

Quoi admirable essora pris l'activité humaine, affranchie de toutes les entraves du passé ! Quel développement de la richesse publique sous l'influence du travail émancipé, du commerce libéré, des douanes intérieures supprimées!

Au point de vue social, on peut traduire le progrès par cette éloquente formule : la vie humaine accrue, la mortalité abaissée.

Dans L'atmosphère fortifiante de la liberté, l'esprit humain retrouve son initiative, la science prend son essor: la vapeur et l'électricité transforment le monde. Un siècle qui a vu de pareils miracles devait être célébré.

On ne saurait mieux le faire que par cet admirable concours des peuples qui, venus de toutes les parties du monde, se donnent rendez-vous pour rassembler les merveilles de l'industrie et les splendeurs de l'art de notre époque.

C'estdans ces fêtes grandioses du travail que les nations peuvent se rapprocher et se comprendre, et que doivent naître les sentiments d'estime et de sympathie qui ne manqueront pas d'influer heureusement sur les destinées du monde en avançant l'heure où les ressources des peuples et le produit de leur travail ne seront plus consacrés qu'aux œuvres de la paix. Aussi, messieurs, l'appel de la France a été entendu, et le concours spontané et indépendant que les peuples eux-mêmes ont voulu apporter à cette manifestation de fraternité internationale vient encore ajouter à la grandeur morale de cette fête.

Son état matériel, vous en jugerez tout à l'heure. Vous verrez quelles surprises ménageaient à notre génération Les merveilleux progrès de la science, comme les ressources inépuisables de l'industrie humaine et les trésors artistiques qui jettent sur notre époque un si brillant éclat.

Vous connaissez déjà le cadre où se déploient ces merveilles. Vous avez pu apprécier, en entrant ici, la belle ordonnance de cette grande Exposition, où ingénieurs, architectes et constructeurs ontrivalisé de science, d'activité,

de dévouement pour présenter au monde une œuvre digne du génie de leur pays.

Au nom de la France, je les remercie, eux et leurs collaborateurs. Us n'ont pas vaincu sans combat : il leur a fallu triompher et du temps et de la matière, et pardessus tout, «les mauvais vouloirs persistant à ne pas comprendre que l'Exposition n'est pas une œuvre de parti, mais l'œuvre de la France. Ces hommes de cœur ont su répondre à la confiance de la République et tenir fidèlement tous ses engagements. Après avoir été à la peine, ils ont droit d'être à l'honneur.

Et maintenant, messieurs, nous allons visiter ensemble les trésors que le monde a accumulés dans ces palais et ces jardins, en donnant à notre pays un si éclatant témoignage de confiance et de sympathie.

Après avoir, de nouveau, souhaité une cordiale bienvenue aux hôtes de la France,

Je déclare ouverte l'Exposition de 1889.

Au dernier moment, nous pouvons dire que les prévisions les plus optimistes ont été dépassées. Bien que les comptes ne soient pas encore arrêtés, il est possible d'indiquer le chiffre des recettes et des dépenses :

Montant des versements du \

Concessions et recettes diverses, y compris

le produit de 11,609 tickets du Trésor. . 2,000,000 (Cette somme est presque en totalité rentrée.)

Vente de matériaux (estimation). 1,000,000

Montant des subventions (État, 18 millions;

ville de Paris, 7,000.000). . . .

Total général des recettes

On avait estimé que l'Exposition coûterait une somme de 43 millions; le total général n'excédera pas 41,500,000 francs.

Le bilan s'établirait donc ainsi :

Recettes 49,500,000

Dépenses 41,500,000

Soit un excédent de recettes de 8,000,000

Les rectifications ultérieures ne pourront qu'augmenter cet excédent.

Par comparaison, voici les résultats de 1878 :

Recettes (chillre rond) 23,085,200

Dépenses 55,390,000

Excédent des dépenses. 31,704,801)

Et encore, dans celte somme de 23,685,200 francs, la subvention de l'État n'était pas comprise. En 1867, les résultats avaient été meilleurs.

Recettes 27,144,660

Dépenses 22,983,820

Excédent des dépenses 4,160,840

Ainsi, pour l'Exposition de 1889, non seulement on est resté constamment au-dessous des évaluations budgétaires, mais l'excédent de recettes atteint le chiffre considérable de 8 millions.

C'est Le mot de la fin. Il a son éloquence. Nous ne pouvions souhaiter une preuve plus convaincante du succès sans précédent de l'Exposition de 1889.

ITINÉRAIRE A TRAVERS L'ENCEINTE CHAMP-DE-MARS TROCADÉRO - ESPLANADE DES INVALIDES

Esquisse générale. — A travers l'enceinte de l'Exposition. — Chainps-dc-Mars : Les palais, le grand dôme. — La rue centrale. — Les promenoirs, les restaurants. — Dans le parc. — Histoire de l'habitation. — Adroite de la tour. — Les pavillons étrangers. — En bordure de l'avenue de Suffren. — Le grand globe terrestre. — Chine, Inde, Maroc. — La rue du Caire et ses curiosités. — A gauche de la tour. — Auditions musicales téléphoniques. — Un théâtre en acier. — La maison du gaz. — En bordure de l'avenue de La Bourdonnais. — Sur la berge : Le pétrole. — Panorama transatlantique. — Quai d'Orsay. — Palais de l'alimentation. — Agriculture. — Sections étrangères. — Sur l'Esplanade. — Les ministères. — I/hygiéne: économie sociale. — Les palais de l'Algérie, de Tunisie.— L'exposition des colonies.— Théâtre annamite. — Le tour du monde en un jour.

ingt-deux portos donnent accès dans l'enceinte de l'Exposition avec 31 guichets la semaine et 39 le dimanche. On a donc le choix; les gens pressés vont au plus court et passent par la porte de i Ksplanade, mais les personnes qui veulent se faire immédiatement une idée de l'ensemble des constructions duChamp-de-

Fio. M. — Vue d'ensemble du Champ-deX

Mars doivent passer par les hauteurs du Trocadéro. Le regard embrasse d'un seul eoup les palais, les jardins, les pavillons. Au premier plan, la tour Eiffel comme un arc de triomphe colossal; à travers ses

Fiu. 3j. — Palais «lu Tr<>i-;nli'ro.

arceaux gigantesques apparaît dans le fond, tout baigné de lumière, le grand dôme monumental de (30 mètres de hauteur du palais des Expositions diverses : à gauche, à droite, encadrant le parc, les palais des Iteaux-Arts et des Arts libéraux avec leurs coupoles de 5-4 mètres de hauteur aux émaux de bleu turquoise

et de topaze. Au centre, au milieu des arbustes et des fleurs, les fontaines monumentales et leurs puissantes gerbes qui sVmiettent dans l'air en fine poussière d'eau; de toutes parts, des palais d'Orient, des pavillons, des chalets, des kiosques, à moitié enfouis dans des massifs de verdure ; partout des m*Us dorés, de9

Fnt« 36. — Passerelle de l'Aima.

Gauthier, architecte. — Muitant-Laurcnt, Lavey et O, con»tiucteurt )

oriflammes, des drapeaux, des vélums rose et blanc, jalonnant les grandes allées. Quand le soleil luit et se reflète sur toutes ces surfaces éclatantes aux mille couleurs, l'effet est saisissant. On n'aperçoit do loin que des lignes d'or ou d'argent, des perspectives d'azur et d'émeraude, des masses de pierreries étincelantes. On dirait d'une ville des Mille et Une Nuits sortie de 'erre au coup de baguette d'une fée. Le regard est

étonné et charmé. C'est à la fois grandiose et coquet, imposant et gai. C'est, «lu reste, la note gaie qui sem-

Fi».. :>". — lltatoirr <lc l'Habitation.

Mnivm la- u>l r.>.

ble être, cette lois, l'un dos caractères dominants de l'Imposition : hardiesse et gaieté.

Descendons les pentes du Trocadero. Il faut franchir une passerelle pour gagner le pont d'Iéna. On a dû laisser libres partout les grandes voies de commu-

nication ; aussi a-t-on construit, pour relier les diverses parties de l'enceinte, six passerelles : deux pas-

Fig. — Histoire <i<- l llabitalioii. (imite troglodyte.

serelles sur l'avenue de Versailles, deux sur la tranchée du quai d'Orsay, une au carrefour de l'Aima, une au carrefour de Latour-Maubourg.

Le pont d'Iéna traversé, on passe sous la tour Eiffel,

et, en longeant le parc et les fontaines, on parvient au grand dôme d'entrée des Expositions diverses. Une galerie très belle, de 30 mètres de largeur, coupe en quelque sorte tout le palais dans sa grande largeur ; elle va aboutir par un beau vestibule à la galerie des machines.

Fio. 40. — Histoire <lc l'Habitation.

Habitation gauloise rt permninc

A droite et à gauche de cette rue centrale débouchent les diverses galeries parallèles des Expositions diverses, mobilier, vêtement, etc. A l'origine, le palais des Industries diverses devait être isolé complètement du palais des Machines par un long jardin de 30 mètres de largeur. Mais les exposants du groupe des industries mécaniquesont réclamé tantde place, — 77,000 mèlres

carrés, quand on leur avait réservé seulement 34,000 mètres, — que l'on s'est décidé à sacrilier en leur fa-

veur toute la partie du jardin comprise entre la grande rue centrale et l'avenue de La Bourdonnais; on a, de même, destiné toute la partie opposée du jardin jus-

qu'à l'avenue SulTren au matériel des chemins de fer. Le palais des Machines s'étend dans toute la largeur

de l'Habitation.

Mniton (1rs IlObrcux.

duChamp-de-Mars parallèlement à l'École-Mili taire; il a en longueur 420 mètres de développement, 145 mètres en largeur et 45 mètres de hauteur. C'est une

des constructions les plus admirées de l'Exposition.

Nous y reviendrons; mais il nous faut aller vite pour tout voir dans une seide et première visite.

Nous sortons, comme nous étions entrés, par le grand dôme. Adroite et à gauche, le palais est bordé par de vastes galeries à jour, par des promenoirs où

Ti CAUSER IKS SCIENTIFIQUES.

sont installes des cafés et des restaurants. Nous retrouvons des galeries analogues, des promenoirs, des

Fn.. il. — Histoire ita l'Habitution.

Maison aralx' nu xvi» liée le.

cafés, des restaurants de toutes les nations tout le long soit du palais des Beaux-Arts, soit du palais des Ails

libéraux. Nous ne pouvons que traverser, sans nous y arrêter, dans cette course rapide les galeries des deux palais latéraux qui nous ramènent à la Seine.

Histoire de l'habitation. — Nous retournons au pont

Fus. 45. — Histoire do l'ilnliitatiou.

Maison gallo-romaine du temps d<> Clovis.

d'iéna. En avant de la tour, parallèlement au quai, se trouve la série des habitations de M. Ch. Garnier, rappelant les principales phases de la construction depuis les temps primitifs jusqu'à nos jours; c'est l'histoire de la maison. Citons, en commençant par la gauche du pont d'iéna : quatre abris sous roches, les troglodytes, les cabanes de l'époque du renne, de l'âge du

bronze; les habitations lacustres, etc.; l'habitation égyptienne, les constructions d'Assyrie, de Phénicie; la maison étrusque, les habitations hindoue, persane, grecque ; la maison romaine dans laquelle est placée une verrerie; la maison Scandinave, la maison moyen àfr<? où l'on a installé un salon d'honneur pour le Pré-

l'Hi. 47. — Pavillon <lu Mexique.

sidentde la République; puis une construction byzantine, les pavillons slave, russe; les maisons du Soudan, de la Chine, du Japon, etc. La plupart de ces habitations ont leurs hôtes nationaux et sont entourées de jardins. Les maisons gauloises ont leur chêne ; les maisons chinoises, leurs bambous, azalées, le thé, les cyelonias ; les constructions d'Amérique, les incas et atzéques, leur datant arborescent, l'aloès, etc. On fera le

tour du monde en une heure dans ce petit coin du Champ-de-Mars.

Constructions adroite delà tour. — Danslejardin situe*

Fig. 48. — Pavillon de la Bolivie.

entre la tour et l'avenue Suffren, à droite du Champde-Mars, on s'arrête successivement devant le pavillon de la Compagnie de Suez, devant celui du Brésil auquel est annexée une serre pour l'exposition des plantes de l'Amérique du Sud ; devant le riche pavil-

Ion de la République Argentine, devant le beau bâtiment mexicain qui sera ultérieurement transporté au Mexique. Cette construction massive renfermera un musée archéologique. Les Mexicains ont dépensé

Fiu. 49. — Pavillon du Canal de Suez.

plus d'un million pour ce bâtiment tout en fer.

Ensuite on passe devant l'exposition de Bolivie avec son dôme de 12 mètres de hauteur. On y trouve une collection fort belle d'échantillons minéralogiques et la reproduction d'une galerie en exploitation de plomb argentifère; enfin une volière peuplée des oiseaux qui habitent les forêts du haut Pérou ; au delà, le pavillon

uigitize

KO

de l'Equateur, le pavillon du Vénézuéla, du Chili, etc. ; à côté, en bordure, le palais de9 Enfants, d'abord des-

FlO, 50. — Pavillon du Brésil.

tiné à contenir tous les jouets et à représenter tous les divertissements imaginables. Mais le bâtiment changea

Fio. ril. — Pavillon rie la République Argentine.

vite de destination : on le transforma en théâtre, puis à coté on éleva un second théâtre. C'est là que chaque

Hic 52. — Pavillon du Chili.

jour la foule se presse au grand Théâtre parisien pour applaudir les gitanas et au Théâtre international pour

applaudir la troupe du Khédive. Dans ce coin on a installé, outre de grands bazars, différentes attractions,

Fio. 53. — Pavillon du Vfuézuela.

notamment une reproduction d'une ville japonaise avec figures en cire, mœurs, habitudes, etc.

8t CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

Mentionnons aussi, sur le terre-plein du palais des Arts libéraux, les pavillons du Lota, de San-Salvador et de Nicaragua. Ce dernier pavillon, d'une certaine élégance sobre, construit par M. Sauvestre, l'architecte de la grande tour, renferme, outre tous les produits du

Fig. ."il. — Pavillon do Siam.

pays, un très beau plan du canal projeté de Nicaragua.

Constructions à droite, le long de l'avenue de Suffren. — Si maintenant nous parcourons la limite droite du Champ-de Mars, en remontant vers L Ecole-Militaire* nous passons devant le dôme Villard et Coutard, qui renferme un globe terrestre au millionième, ayant par conséquent 12m,75 de diamètre et iO mètres de circon-

férence. Paris occupe, sur ce globe, environ un centimètre. On y a marqué toutes les voies de communications terrestres et maritimes de 1789 à 1889.

Nous visitons ensuite successivement les pavillons de l'Uruguay, de la République Dominicain»1, du Pa-

ru.. 56. — Palais ludion ; vuo extérieure.

raguay, de Guatemala, d'Haïti, le grand pavillon indien qui renferme des produits d'Orient et quelques autres aussi, l'exposition de Saint-Marin, le pavillon chinois, le restaurant roumain, le bâtiment du Maroc et enfin l'exposition égyptienne qui occupe une superficie de H, 000 mètres carrés. Cette exposition se développe jusqu'à l'extrémité du palais des Machines.

On a construit plusieurs types de maisons en bordure du Champ-de-Mars à droite ; à gauche, on a emprunté

Fio. M. — I.r Marchand d'Orangeade de la rue du Caire.

de grands espaces au palais des Industries diverses et élevé sur ce point des façades orientales. Là, tout

est égyptien. C'est la fameuse rue du Caire qui a eu le môme succès que la rue des Nations de 1878. L'expo-

Fio. 61. — Ane et Auirr do la ruo du Caire.

sition «égyptienne a été organisée par M. le baron Delort de Gléon, commissaire général; les travaux ont été exécutés par M. Gillet, architecte.

La rue Egyptienne est une représentation exacte

Fia. 63. — La Une «lu ( aire.

d une rue du Caire avec ses boutiques, ses cafés, ses maisons à moucbarabis et un superbe minaret. Elle

est habitée par 200 Egyptiens, fabricants de vitraux, tourneurs, musiciens, etc. Derrière les maisons, on a installé une écurie renfermant 100 petits ânes qui, luxueusement harnachés, promènent les enfants et surtout les grandes personnes dans les allées du parc.

Fi<;. 04. — Pavillon de la Société générale des Téléphones*

Enfin, on a aménagé successivement plusieurs grands cafés ; la porte principale est ornée d'une tente d'une extrême richesse empruntée au palais du Khédive. Pendant les premières semaines de l'Exposition on s'écrasait littéralement dans cette petite rue étroite; le Parisien voulait voir les Egyptiens au travail et les fameux àniers, un peu trop indépendants, qu'il fallut mettre à la raison plus d'une fois. C'est dans ce

petit coin qu'on entendait sans répit du matin au soir la musique égyptienne; c'est là aussi que les amateurs vont voir la danse du ventre et les aimées. La concurrence s'en mêle, et plusieurs entrepreneurs exhibent des aimées de plus en plus authentiques. Passons.

Constructions à gauche de la tour. — A gauche,

Fig. 05. — Pavillon de l'Administration Tabacs.

après avoir franchi le pont d'Iéna, les maisons (iarnier, on voit successivement le pavillon des Manufactures de l'État, le pavillon de l'exposition spéciale Eiffel, dont la coupole est un fac-similé de la grande coupoîe de l'Observatoire de Nice, la maison moderne où l'on rencontre toutes les applications possibles du gaz, tous les modes d'éclairage anciens

et modernes, les principaux moyens de chauffage.

Un peu plus loin on pénètre en foule aussi dans le pavillon de la Société générale des Téléphones. C'est là que tous les soirs, dans quatre grands salons, on entend

Fitt. 07. — Pavillon des Pastellistes.

l'Opéra, L'Opéra-Comique, lEden, etc. Ces auditions ont un véritable succès. On entend les artistes absolument comme si l'on se trouvait sur la scène. A l'étage supérieur on a exposé à gauche des types perfectionnés de bureaux téléphoniques, construits sous la direction de M. Berthon, les appareils les plus nouveaux, et à droite M. Lazare Weiler a installé une exposition

très réussie de ses fils silicieux et des câbles téléphoniques. Pour la première fois on a mis à la disposition du public le Théâtrophone de MM. Szarvardy et Marinowitch, appareil automatique qui vend de la musique. On jette une pièce de 50 centimes dans l'appareil et aussitôt en saisissant les cornets téléphoniques

Vaudoyor, nr« hi(e< te.

et en les portant à l'oreille on perçoit pendant cinq minutes des airs transmis à distance. Comme l'appareildoit fonctionner le jour, on a installé dans les sous-sols de l'Administration des Téléphones, rue Caumartin, des pianos mécaniques. Ce sont ces pianos que Ton entend dans leThéàtrophone.Au pavillon desTéléphones, on a aussi placé un phonographe perfectionné Edison en sorte que le public peut apprécier les merveilles 29 6

<le la transmission et de la production directe des sons.

Près des Téléphones, à citer encore : le chalet finlandais, le chalet norvégien, le pavillon Brault en céramique, la taillerie de diamants de M. Boas frères, etc. ; enfin, le théâtre des Folies-Parisiennes. Ce théâtre, construit par M. de Schryver, est complètement en acier, fondations et couvertures comprises : on peut dire qu'il est incombustible. Les murs, les cloisons,

Fia. 09. — Moteurs à veut sur la berge «le la Seine.

les planchers sont formés de panneaux de tôle mince d'acier do un millimètre d'épaisseur auxquels un emboutissage convenable a donné le maximum de résistance. Les parois d'un même mur, distantes de 16 centimètres, constituées par les tôles, sont réunies au moyen de larges plats boulonnés sur les bords supérieurs de chacun des panneaux.

Ce théâtre, après l'exposition, sera démonté et envoyé dans l'Amérique du Sud où il servira de bibliothèque. C'est, au fond, un type de maison en acier qui pourra quelquefois être employé par suite de

la facilité du montage et de l'extrême légèreté de la construction.

Enfin, n'oublions pas le pavillon céramique de M. Perusson, l'isba russe, le pavillon Toché destiné à une exposition de fresques, le pavillon des Tabacs turcs

Fio. 70. — Panorama des Transatlantiques et Pavillon de la Marine.

et, sur le terre-plein du palais des Beaux-Arts, le pavillon de Monaco et le pavillon des Pastellistes. Au pavillon de Monaco, le prince héréditaire Albert de Monaco a exposé notamment une collection des engins de pèche dont il s'est servi dans les campagnes successives de Y Hirondelle, avec les cartes et les résultats scientifiques des sondages opérés dans l'Atlantique Nord et dans le voisinage des Arores.

Constructions à gauche, le long de l'avenue de La Bourdonnais. — Immédiatement après les bureaux du Com-

fî

missariat et du Directeur de l'exploitation, on passe devant le pavillon des Aquarellistes qui fait en quel-

que sorte pendant à celui des Pastellistes élevé en face ; puis devant le pavillon de la Presse et le bureau qui lui est adjoint des postes et des télégraphes. Le pavillon de la Presse, très coquet et très orné par divers exposants, a été construit, sur les plans de M. Vau-

FlO. 72. — Palais de 1'ËSJMLgM.

(loyer, par M. Favaron/directeur de la Société des ouvriers charpentiers de la Villette; il est le rendez-vous de toute la presse française et étrangère. Tous les soirs on avait quelque peine; à trouver de la place sous la grande tente de son restaurant illuminé à la lumière électrique et entouré de son parterre de fleurs.

Après les Postes et Télégraphes l'élégante station d'électricité de la Compagnie continentale Edison, puis

successivement les forges du Nord, les broderies anciennes, les écuries de MM. Milinaire frères, lès charbonnages de Mariemont et do Bascoup, la commission

Fio. 73. — Exposition maritime.

belge et l'exposition Solvay, la Colonie du Gap, les mines de diamants de Kimbcrley, les forges de l'Horme, les établissements Cail, avec l'énorme canon Bange de 12 métrés de longueur, les pavillons Royaux, Lacour, l'Union céramique chaufournière, l'exposition

de Montchanin, les forges de Saint-Denis, le pavillon Goldemberg, la Compagnie générale des asphaltes.

Berge de la Seine. Rive gauche. — En retournant vers le Trocadéro, à droite et à gauche du pont d'Iéna,

FlO. 71. — Palais des Produits alimentaires. H nul in. architecte.

nous signalerons l'exposition de l'industrie du pétrole organisée par M. Deutsch. Dans un des énormes réservoirs en fer de 18 métrés de diamètre et de 8 mrtres de hauteur qu'utilise cette industrie, on a installé un panorama représentant les principaux gisements pétrolifères d'Amérique et de Russie, A côté, dans un pavillon spécial, figurent les industries de l'éclairage,

du chauffage et de la force motrice par les huiles et essences minérales. On voit notamment dans ce pavillon une voiture mue par une machine à pétrole.

Direitrur de rficoU d' Horticulture de Y, maille*. Présùlent du Groupe de V Horticultur..

Dehors on a placé" divers appareils d'éclairage intensif connus sous le nom de lucigèn'es et qui lancent leurs clartés blanches sur l'eau de la Seine. Un peu plus loin, sur le bord de la Seine, la station

de la Société « L'Eclairage électrique », puis le bâtiment des machines motrices pour l'élévation des eaux.

Là encore, en avançant le long de la berge, on trouve à droite les expositions des pompes de toute espèce,

10ti

l'exposition des moteurs pour agriculture, une belle machine à gaz de 100 chevaux, de petits moteurs à pétrole depuis i/S cheval jusqu'à 3 et i chevaux. A gauche, on entre dans le pavillon spécial où MM. Serpollet ont placé des types de leur petite chaudière à tube aplati en cuivre, foyer, chaudière ne tenant pas plus de place qu'un petit poêle roulant. On a attelé le

Fui. 77. — Entrée* «les (ialerirs rie l'Agriculture.

système à une dynamo de façon à montrer son application à l'éclairage domestique. Un grand tricycle figure aussi au milieu du bâtiment; il est mû naturellement à l'aide d'une chaudière Serpollet.

A droite du pont, l'exposition maritime et fluviale. On a créé un petit port de refuge où sont groupées de nombreuses embarcations, yachts, canots à vapeur, etc. Mais c'est le grand bâtiment de la berge qui attire avec raison les curieux. On y a placé tout ce qui se rapporte à la navigation, des modèles de grands vais-

seaux, de navires blindés, de croiseurs, des intérieurs de paquebots, des salons grandeur nature, des cabines ; puis l'artillerie de marine, les bateaux de sauvetage, les bouées, les fusées porte-amarres, les scaphandres, etc. Très curieux ce bâtiment.

Plus loin, on trouve le pavillon du Gaz à l'huile et le grand panorama de la Compagnie Transatlantique. Le visiteur se trouve en rade du Havre sur le pont delà Tour aine, paquebot en ce moment en construction qui dispose de 11,000 chevaux - vapeur . On voit au loin la pleine mer et, autour du spectateur, les plus grands paquebots de la Compagnie. L'illusion est complète. Ce panorama est l'œuvre très réussie de M. Poilpot.

A l'étage inférieur, un

diorama montre l'intérieur des cabines, le salon de lrc classe, la rade de New- York, etc.

Fig. 78. — Kntri'o do l'Exposition des Invalides au .quai d'Orsay.

Enfin, toujours sur la berge, les bâtiments de l'ostréiculture et de la pisciculture, bâtiments très fréquentés. On voit des parcs d'huîtres ; et l'on s'initie à tous les procédés d'élevage, etc. ; dans certains aquariums à glaces verticales, le

Fio.79.— Devant rentrée des Invalides. public s'amUSe à Suivre les mouvements des truites, des saumons, etc. Au delà, on pénètre dans le superbe bâtiment des Chambres du com-

merce maritime. On y a exposé des plans en relief des principaux ports modifiés depuis quelques années, porls de Calais, do Boulogne, de Dunkerque, de Dieppe, du Havre, de Marseille, etc. Ces plans sont

extrêmement remarquables. C'est plaisir d'entendre les gens du pays s'écrier avec satisfaction : « Mais c'est cela, nous voilà chez nous; voici la jetée, voilà ma rue... »

L'exposition des Chambres de commerce est une des plus réussies.

Au delà, on passe dans le palais des Produits alimentaires, construction immense à deux étages due à

M. Haulin. Sur la Seine on voit se profiler sa grande façade blanche.

La galerie inférieure est sur la berge ; c'est là que l'on a accumulé tous les échantillons de la production vinicole française et étrangère. La galerie supérieure se trouve au niveau du quai ; on y a placé l'exposition proprement dite des substances alimentaires. On voit fabriquer le pain, les gâteaux, les biscuits, les pastilles, le chocolat, etc.

A l'étage inférieur, dans la partie réservée aux vins, on a élevé de véritables arcs de triomphe avec des 29 i

bouteilles, des portiques élégants, toute une série de murs et de compartiments en bouteilles, pleines ou vides d'un curieux effet. C'est là qu'on pourra s'initier k la fabrication des vins de Champagne. On voit des ouvriers soutirer le vin, emplir les bouteilles, intro-

Fig. s». — Pulais do 1* Algérie.

Esplanade des Invalides.

duire le sirop de sucre candi, enfoncer les bouchons mécaniquement, etc. Ne questionnez pas les ouvriers, car ils sont en eire et ne répondraient pas ; mais l'illusion est telle qu'à quelques pas on les croirait en chair et en os. Que de visiteurs s'y sont trompés 1 La reproduction est parfaite. On s'arrête toujours devant ces blouses bleues et ces hautes casquettes.

Plus loin, en continuant après les bâtiments de la

Dégustation dos vins, dos liqueurs, on traverse le beau pavillon du Portugal avec ses vignes et ses treilles, ses deux étages de produits, bois, fruits, vins, etc. Enlin on entre dans les bâtiments de l'Agriculture. Le Tt octidcro est destiné principalement a l'horticul-

Fic. 81. — Palais des Colonies français*'!».

turc ; celte exposition occupe une surface de 40,000 métros carrés. On a beaucoup admiré 1rs fleurs du Trooadéro pendant les diflérents concours. L'exposition florale a été organisée par M. Hardy, le savant directeur de l'École d'horticulture de Versailles, président du groupe IX (Horticulture).

Nous rele\ons au Trocadcro, en dehors dos collections d'arbres, d'arbustes et de fleurs, "2o serres, M pa-

villons et kiosques et plusieurs grandes tentes pour l'exposition des fruits. Ici encore, les cillées principales sont garanties contre le soleil et contre la pluie par des vélums en coutil blanc et rose.

Dans les parties basses et sur les côtés, on a planté

Km. 85. — Palais tics Colonies françaises.

les arbres fruitiers les plantes potagères, etc. L'Administration a même organisé sur une petite échelle une exposition de son « tout à l'égout ». On arrose avec de l'eau d'égout les terrains artificiels imités de ceux de la presqu'île de Gennevilliers. On voit pousser des légumes sous l'inlluence de cet arrosage à outrance. On voit l'eau sortir des terres tout à fait limpide après la filtration à travers le sol; ceux qui sont

partisans du « tout à l'égout » pourront même y goùter; les autres les regarderont faire. Tout est sujet à exposition.

A mentionner un abri mexicain en maïs, le pavillon du Gouvernement de Victoria, le pavillon des Travaux publics, enfin le bâtiment des Forets. On s'est servi, pour ériger le bâtiment des Forets, de toutes les essences qui croissent en France ; on a employé

Fni.KG. — Habitation «le colon» conepsiùoiiuaireit à la Nouvelle-Caléiloiuc».

Kspliinide <!<•* Invalide».

1,400 mètres cubes de bois. La façade est formée de panneaux obtenus par la juxtaposition et l'assemblage de bois de formes et de couleurs diverses; les colonnes sont constituées par des arbres séculaires non écoreés. La salle principale du bâtiment a ik2 mètres de longueur sur 1S mètres de largeur; on v a réuni une collection d'écbantillons de bois unique au monde.

C'est au Trocadéro que sous deux immenses tentes on a installé les diverses expositions, horticoles, Heurs.

fruits, arbrisseaux, plantes vertes, palmiers, etc. Les Heurs des parterres ont été renouvelées périodique-

ment. Véritable mosaïque aux vives couleurs et aux suaves parfums. Derrière le pavillon des Travaux, on a disposé un curieux jardin composé de plantes

japonaises. Dans des grands pots, on a placé des arbres de cent ans, deux cents ans que l'industrie spéciale

Vu.. 8S. — Porto tlu Pavillon <lo la C.'ucliînchinc aux Invalidas.

des Japonais a réduits à la grandeur de petits arbustes d'appartement. Les branches sans cesse rabattues et tordues n'ont pas plus de 30 centimètres. Les coni-

fères ainsi travailles mesurent au maximum 10 cen-

Fig. «9.

Pagode d'Angkor. — (Fabre, architecte.) Etplnn&de de* InvnlideB.

timètres de haut. Ces petits arbres rabougris n'ont rien d'agréable ; on dirait d'organismes difformes

ils CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

et chétifs; ils ont été déformés. Ce sont des objets de curiosité très en vogue au Japon, où ils

Fig. W. Ouvrier tonkinois.

ornent les potiches et les jardinières des salons.

Plus haut, à droite, sur le coteau, on entend retentir la musique des Dames hongroises du Restaurant de France. Partout, sous les vélums, à l'abri du soleil

Soldats indigènes devant le Pavillon des Colonies. E«plnnade des Invalides.

ou de la pluie, des expositions diverses relatives à l'horticulture, des foyers pour serres, poêles, kiosques

FlQ, — Soldat* tonkinois à taMe.

vitrés, outils, ustensiles divers, sécateurs, tondeurs, etc. Rien de joli et de frais comme cette oasis de verdure

formée par les pentes du Trocadéro, rafraîchie par la grande cascade centrale et les petites rivières qui suivent leur cours paisible entre les rives fleuries, les gazons et les rochers.

Quai d'Orsay. — Le quai d'Orsay est réservé aux produits et appareils agricoles.

A l'extérieur les interminables bâtiments de la viticul-

ture et de l'agriculture n'ont rien de séduisant ; ils se prolongent sur deux lignes parallèles jusqu'aux Invalides.

A l'intérieur, l'œil est plus satisfait. MM. Chaperon et Jambon ont exécuté sur les plafonds des peintures ornementales qui se marient agréablement aux feuillages naturels, aux vignes et aux fruits. M. Toché a orné la façade de grandes compositions où sont représentées les scènes de vendange, de foulage, de la mise en fût. On passe successivement en revue le matériel agricole, la viticulture, les machines agricoles en mouvement et les sections étrangères.

Les galeries, en efTet, sont divisées en deux grandes sections. La première va de l'avenue de La Bourdonnais à la rue Malar, couvrant une superficie de lo,î>8i mètres. On y a rassemblé les produits français et les machines agricoles ; dans la seconde, qui s'élève à la suite et dont la superficie couverte atteint * », 5 7 7 mètres, on a groupé les expositions étrangères :

Fig. 05. — Toinplo Indion, •

Esplanade do» Invalide».

Portugal, Italie, Espagne, États-Unis, Suisse, Luxembourg, Pays-Bas, Roumanie, Russie, Danemark, Autriche-Hongrie, Norvège, Belgique, Colonies anglaises, etc.

Sur le (piai, aussi, en face du palais des Produits alimentaires, se trouvent la czarda hongroise, une boulangerie hollandaise, une laiterie anglaise, une beurrerie suédoise. La czardaavec ses musiciens attire la foule. Son restaurant est très fréquenté ; nous traversons ensuite l'exposition française du Garde-Meuble

et des marbres du gouvernement : au delà du pont de l'Aima, au débouché de la passerelle, les Magasins centraux militaires ; sur la berge, en face des Invalides, le pavillon de la Balnéothérapie.

Esplanade des Invalides. — Nous pénétrons enfin sur l'Esplanade par une large avenue centrale qui va du quai à l'hôtel des Invalides. On a groupé sur l'Espla-

FlO. 00. — Cnscs Canaques.

nade une exposition dans l'Exposition avec de véritables palais. A droite, le pavillon d'exposition du Ministère des Postes et Télégraphes, l'exposition bien remarquable du Ministère de la Guerre, avec le pavillon de l'Aérostation militaire, celui des Poudres et salpêtres, la boulangerie militaire, etc.

Le bâtiment principal du ministère de la guerre mesure 150 mètres de long sur 22 mètres de large ; on y pénètre par trois portes monumentales. La principale est de style moyen âge, crénelée à pont-levis, flanquée de deux tours. C'est un véritable château fort. Dans

une des salles du palais de la Guerre, on a placé de bien jolis modèles de toutes les machines de guerre employées depuis la plus haute antiquité; dans une autn?, on a représenté les différentes phases d'un siège à toutes les époques ; dans une troisième, on a réuni «

FlO. îiî. — Pavillon île l'Annam ot dtl Tonkin. Esplanade de» tnvaliJes.

les portraits, les armes de nos plus illustres généraux. A noter aussi le bâtiment des nouvelles mitrailleuses et l'immense canon de Bange.

A côté se trouve l'exposition de l'Union des Femmes de France, avec un type d'hôpital démontable et portatif.

L'exposition de l'Hygiène occupe un palais à trois grandes coupoles de w20 mètres de hauteur et de 10 mè-

Fio. U8. — L'no Scûno du lioi <lf Ihiony, Pi< en 6 acte», représentée au Théâtre Aunamite de l'Esplanade des Invalides.

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