‹ L'Exposition universelleChapitre 17 sur 44 · LA FOULE LA CIRCULATION LA STATISTIQUE ' LES FÊTES DE L'EXPOSITION · texte numérisé non relu

LA FOULE LA CIRCULATION LA STATISTIQUE ' LES FÊTES DE L'EXPOSITION

Le public â l'Exposition. — La l'ouïr. — Dimanches et fêtrs. — Aspect du Cliamp-de-M;irs. — Les dîners sur les pelouses. Restaurant*, cafés, bars. - L'heure des repas. — Knvahissemcnl des bancs, des terrasses, rte. par les dîneurs. — Les dégâts dans les jardins. -— La gare du Chauip-de-Mars. — Les pontons des bateaux. — Moyens de circulation. — Chemin de fer de Ceinture, bateaux, tramways, omnibus, tapissières. — Provinciaux et étrangers. — Petite statistique. — Voyageurs transportés. — La consommation & Paris en issu. — Le rentre de la grande Ville. — Dans l'enceinte. — Les accidents — Les enfants perdus. — Les piek-poekets. - La saut'- publique. — La Commission des Pètes. — Les fêtes de jour et de nuit.— La distribution des récompenses. — A l'étranger. — Opinion de la presse étrangère sur l'Exposition de ISS!».

dus avons esquissé 1rs Palais: mais ce que nous ne saurions représenter exactement pour ceux qui n'auront pas visité l'Exposition pendant le jour et pendant la soirée, c'est rétonnante poussée de la foule dans l'enceinte, le coup d'œil extraordinaire du Champ-de-Mars et des Invalides les grands jours de féte, l'assaut des

cafés, des restaurants à l'heure des repas. Les cafés et

Kio. 115, — Abords de l'Kxpa«îtinii le **> Mai. Bateau dr» Grands Mn^ntin» du l.oi\r*. l'on on d«« Untraui-Oiuiiibus.

les restaurants, les bars occupent un espace considérable le long des promenoirs, des terrasses des palais;

y Googl

il en existe, en dehors de ceux qui ont obtenu des concessions au premier étage de la tour Eiffel, un nombre relativement considérable dans le parc : restaurant français Tourtel, restaurant Kuhn, restaurant Roumain, quatre restaurants populaires, restaurants nombreux aux Invalides, restaurants à l'Alimentation, bars sur bars. Eh bien! tout cela est insuffisant certains soirs; les tables sont envahies ; le pain manque.

Et nous parlons du public qui consent à faire certaines dépenses. Quant à l'autre, à la foule proprement

bu.. llo. — Bateau de* Orands Magasins du Louvre taisant le service du quai Saint-Nieolas au l'ont d'Iéna.

dite, elle a donné chaque jour un spectacle qui ne se reverra jamais sans doute. Klle vient avec ses vivres; elle s'installe partout, sur les berces, sur les quais, sur les gazons, au milieu des taillis ; elle n'y regarde pas de si près; les bordures les plus soignées, les gazons les plus verts sont pour elle et lui servent de table à manger ; elle les piétine, les arrose, les couvre de papiers gras, d'os, de débris de toute sorte. Chaque dîner de la multitude coûte des milliers de francs à l'administration qui doit tout remettre en ordre. Les pelouses disparaissent sous le nombre des convives ; tout est noir de dîneurs; on ne trouverait pas souvent la place de mettre un pied au milieu de ces innombrables per-

i:;o CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

sonnes arrivant en tous sms, se disputant le terrain et l'espace. Les gazons, les parterres sont pleins. Ce n'est pas assez. La foule envahit les marches et les degrés

des palais; chaque marche attire son monde. Ce n'est pas assez encore, on va s'installer dans les maisons Gantier, dans les kiosques, on enjambe les grosses

CAUSKRIES SCIENTIFIQUES.

pierres de la tour Ei fiel, on escalade les piliers. Partout on ne voit que des grappes de dîneurs au milieu des charpentes inférieures de la grande tour. Non, jamais, on ne se fera l'idée du nombre incommensurable de dîners qui auront été absorbés à l'Exposition. De 5 à 7 heures c'était stupéfiant. On aurait cru que le monde entier était venu dîner au Champ-de-Mars.

Et tout ce monde dîne aux sons de la musique des kiosques ou des restaurants, reste dans le parc, môme sous la pluie, dans l'espoir d'assister de près aux illuminations des fontaines lumineuses. C'est à qui retiendra sa place, prendra patience deux heures, trois heures avant le commencement du spectacle.

Certains soirs, on se poussait dans quelques allées du parc au point d'étoufi'er; il eût été impossible de se baisser pour ramasser un objet tombé sur le sol. L'écoulement de la foule humaine persistait pendant des heures entières. Même aftluence aux Invalides, dans la galerie des machines, dans la grande rue centrale, dans la rue du Caire.

Et le retour ? Pendant des heures la gare du Champde-Mars reste prise d'assaut; des milliers de personnes s'entassent dans la grande salle d'attente; on se bat, on brise les portes; on saute dans les wagons, sans billet le plus souvent. Trois, quatre trains sont bondés et attendent leur tour de départ. On voit du monde jusque sur les escaliers de l'impériale, jusque sur les marche-pieds des wagons.

De leur côté, les bateaux multiplient leur service, mais laqueue des voyageurs n'en a pas moins des kilomètres de longueur. Les omnibus regorgent de monde; les tapissières sont bondées. Sous l'active direction

LA FOULE

de M. Chaize, les bateaux ont fait merveille pendant l'Exposition, bateaux-omnibus» bateaux-express, etc. PartoTit la fourmihere s'agite et se développe en rangs serrés sur un méjne parcours. 0 grands jours de l'Exposition ! jamais plus on ne reverra pareille affluence, pareil enthousiasme, semblable spectacle! Il était bon

Fio. 119. — La .Salle du Banquet au Palais de l'Industrie.

en quelques lignes de consigner ces petits détails qui bientôt, hélas! ne seront plus que des souvenirs.

Et dans Paris ! Le mouvement de la circulation a été intensif. Nous ne saurions à l'heure actuelle traduire en chiffres exacts ce qu'il a été pendant le mois d'août et commencement de septembre où la vie, dans la grande ville, paraît avoir atteint son maximum d'intensité. Mais les relevés de la Préfecture de police, en ce qui con-

cerne les seuls omnibus, tramways et bateaux pendant les mois de mai, juin et juillet, sont déjà très expressifs.

Pendant ces trois mois, les omnibus et les tramways ont transporté 52,858, 401 voyageurs, soit 8 millions

de plus qu'en 1888. Les chemins de fer parisiens (réseaux Nord et Sud) ont transporté 16,215,825 voyageurs, soit à peu près 2 millions de plus qu'en 1888. Enfin les bateaux ont transporté 10,393,207 voyageurs, en chiffre rond ti millions de plus qu'en 1888.

Ces résultais ne s'appliquent qu'aux 88 premières journées de l'Exposition, 88 sur 180 jours!

Un peut les traduire ainsi : Du 5 mai au 31 juillet, lesomnibusont transporté par jour 90,000,leschemins de fer parisiens 22,000, les bateaux 65,000 voyageurs de plus que pendantjla période correspondante de 1888.

Les bateaux ont, du 6 mai au 6 novembre, débarqué aux seuls pontons de l'Exposition le nombre considérable de 13,527,125 voyageurs.

Quant aux chemins de fer, nous ne possédons que des documents approximatifs, ceux qui ont été transmis à la Préfecture.

Les trains de Ceinture ont transporté (rente mille voyageurs de plus par jour qu'en 1888; en tout, pendant les trois mois, 7,823,1(5 voyageurs.

Le chiffre en avait été de 5,173,005 l'an dernier.

Les grandes Compagnies fournissent les résultats suivants :

VOYAliKl IIS TRANSPORTÉS DANS PARIS ET Hun S PARIS

Nord 2,702,349 3,150,142

Kst 2.07:1,259 2,362,333

Saiut-Lazaiv 7.592,088 8,509,768

Montparnasse 1.221,601 1,331,104

Orléans 685,368 813,676

Paris-Lyon-Méditcrrancc. . . . 1.257. 942 1,241,330

Kn plu* pour 1889 1.878,717

A ce chiffre il est bon d'en ajouter un autre : plus de six millions et demi de voyageurs ont été transportés par les trains spéciaux du Champ-de-Mars.

Le relevé des recettes pour mai, juin, juillet et août 1888 1889 donne :

RECETTES 1 888 (4 mois)

Page 1