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centre, s'élevait une tour de 80 mètres de hauteur, analogue à celle que Ton a érigée aux Invalides et dont la hauteur atteint déjà 40 mètres. Ce monument rappelle une des phases de la vitalité d'une aggloméra-
PiO. lu*.». — Cour do lu Cochinchinc.
K»plann<le de» Invalidas.
Lion humaine considérable, comprenant vingt races au moins, qui a lutté puis disparu entre Mékong et le Grand Lac. On a relevé dans les inscriptions d'Angkor la date du n° siècle, âge des plus anciens monuments de l'Inde. Des causes peu connues, parmi lesquelles les plus vraisemblables pourraient être l'assèchement de la région et la transformation du golfe en lac, ont
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annihilé l'œuvre do tant de civilisations successives. Seul Angkor a subsisté et l'on ne saurait trop se féliciter de voir cette page de l'histoire et ses légendes reproduite avec connaissance et talent à l'Exposition.
Kig. MO. — Ouvrier annamite.
Au delà, on traverse le kampong ou village javanais ; enfin, dans le fond, on visite un village malgache, la case canaque, une serre renfermant des plantes exotiques, un restaurant annamite, un restaurant créole, un théâtre annamite, etc. Nous en passons. Toutes nos colonies sont représentées dans cette exposition, qui olTre un grand intérêt de curiosité.
Il est inutile de dire tout le succès de ce coin de l'Exposition; la foule y passe des journées entières à parcourir, non seulement les bâtiments, mais à voirdeprès les noirs, les Sénégambiens, les types de nos colonies,
De l'Académie française et de l'Acadhnie des Sciences morales et politiques, Sénateur, Président du Groujx de l'Économie sociale.
les Javanaises, les artistes du théâtre des Annamites, les danses, etc. Les fêtes du soir, le défilé de tous ces habitants des pays d'outre-mer attirent un monde énorme. On ne se lasse pas de regarder, de plonger
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un œil indiscret dans les cases de voir courir les petites Javanaises , les petits soldats annamites , les conducteurs de petites voitures, les « poussepousse », etc. Un peu foire peut être ce côté de l'Exposition, mais il en faut pour tous les goûts; aussi bien, rien d'amusant comme L'examen de tout ce monde, comme l'étude de leurs mœurs, de leurcarac-
F:o. — Panorama <K* Tout-Pari*. (Yvon, architecte |
tère, etc. Les ethnographes auront fait large moisson.
Tout à l'extrémité, le panorama « le Tout-Paris » de M. Castellani. Le visiteur est placé, un jour d'été, sur le refuge de la place de l'Opéra et, de ce point d'observation, il voit passer les célébrités parisiennes sur le boulevard, dans la rue de la Paix, dans la rue du Quatre-Septembre, avenue de Vi >péra Ou trouve de tout dans cette galerie, des ligures les plus connues, depuis Rochefortet M. Choubersky jusqu'à Louise Michel et M. Henan attablé au café de la Paix. M. Renan au
café de la Paix! cela suffit pour donner une idée du degré de ressemblance des personnages esquissés sans façon par M. Castellani. Derrière ce panorama, M. Barre, ancien collaborateur de l'ingénieur Girard, a reconstitué le chemin de fer glissant de la Jonchères. Une ligne de 150 mètres; quelques petits wagons glissant sur des rails soutenus par de l'eau sous pression et entraînés par un jet d'eau venant frapper sur les aubes rectilignes installées sur le wagon propulseur. Un souvenir de 1862(1) î
Chemin de fer, — Nous sommes au bout ou à peu près; nous avons parcouru d'un pas rapide toute l'enceinte. La distance franchie depuis le départ est considérable; on a heureusement, pour le visiteur, établi un petit chemin de fer intérieur du système Decauville. C'est une ligne à double voie de 60 centimètres de largeur, elle part de la porte d'entrée de l'esplanade des Invalides, suit tout le quai d'Orsay entre deux rangées d'arbres qui transforme la voie en un tunnel de verdure; elle passe en souterrain sous le carrefour de l'avenue Rapp et de l'avenue Bosquet, puis en tranchée au Champ-de-Mars et tourne pour longer l'avenue de Suffren jusqu'à la station terminus près de la galerie des Machines. Ce chemin de fer a 3ku\a00 de développement et trois stations intermédiaires. Les trains s'arrêtent aux galeries d'Agriculture, aux galeries des Produits alimentaires devant la czarda hongroise, et à la tour Eiffel. Le rayon minimum de ses courbes est de 23 mètres; la pente maximum, de 29 millimètres. On sait ce qui caractérise le chemin
\\) Causeries scientifiques, t. 11,1862.
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de for Decauville. Au lieu de deux liles de rails indépendantes el appuyées comme d'habitude sur des
traverses en bois, la voie Decauville est constituée par une série de tronçons ou travées d'une longueur
compris»; entre l'Vio et 5 mètres. Les rails et traverses en acier sont assemblés en un tout rigide. La réunion de ces sortes d'échelles se fait en un instant, au moyen d édisses dont chacune, fixée à un bout du tronçon, vient s'encastrer dans le bout correspondant de l'autre tronçon. Au début, la voie avait 50 centimètres. Après l'examen du premier petit chemin de 1er économique construit dans le pays de (îallcs, de Festiniog à Port-Madoc , dés 183*2 , M. Decauviîle adopta définitivement la voie de tiO centimètres d'écarteinent. La voie de l'Exposition est formée de rails d'acier du poids de i»k- ..*>00 par mètre courant; elle porte facilement des voitures de lm,70 de largeur, montées sur deux trucks articulés ou bogies avec roues en acier de to centimètres. Ces voitures légères, à claire-voie, renferment 8 voyageurs par compartiment: au total, .'iti voyageurs.
Les locomotives employées sont de trois types : la locomotive Decauviîle, la ' locomotive Mallet coinpound et la locomotive Piehol-Bourdon. La machine compound Mallet fonctionne depuis plusieurs années sur les chemins Decauviîle employés pour les transports militaires. C'est M. Mallet <pii a construit la première machine compound qui a été mise en service, il y a déjà près de douze ans, sur la ligne de Biarritz à Bayonne. Le type de l'Exposition pèse 9 tonnes etdemie à vide et 12 tonnes en ordre de marche. 11 peut développer 75 chevaux-vapeur. Cette machine, pour tourner dans des courbes de 20 mètres de rayon, porte un avant-train articulé. Les deux essieux couplés sont actionnés par une paire de cylindres, tandis qu'une autre paire de cylindres commande les essieux d'ar-
riére également accouplés. C'est une conipound a quatre cylindres. La vapeur travaille à 12 atmosphères de pression dans les cylindres d'arrière et se détend dans les cylindres d'avant où elle n'a plus qu'une pression de 4 à 5 atmosphères. Les deux essieux étant indépendants, la machine a beaucoup de souplesse pour passer dans les courbes. En même temps le poids total est utilisé pour l'adhérence, sans que la charge par essieu dépasse 3 tonnes, poids aisément supporté par des rails de 9 kilogr. Cette locomotive peut remorquer 280 tonnes en palier, et 7 H tonnes sur une rampe de 10 millimètres.
En général, sur le petit chemin de ter destiné aux usages militaires, on n'emploie que des locomotives de 6 tonnes remorquant en palier 15 tonnes à la vitesse de 20 kilomètres. Le poids îles wagons de marchandises est d'environ 1000 kilogr.On se sert, pour les pièces plus lourdes, de wagons plates-formes à pivot pouvant porter \ tonnes et demie. Deux wagons suffisent donc pour un canon de 9 tonnes. Ces petits chemins de fer, malgré leur légèreté, peuvent transporter des charges très lourdes.
A l'Exposition, les trains circulent de 9 heures du matin à il heures du soir, toutes les dix minutes; toutes les cinq minutes, le dimanche. La porte de l'Esplanade se trouvant à 260 mètres du pont de la Concorde, ce petit chemin de fer emporte la foule au Champ-de-Mars et au Trocadéro en moins de dix minutes pour le prix unique de 25 eentimes, quelle que soit la distance. Que de fois est-.il assailli d'assaut! Les trains passent généralement bondés de monde. Jamais le type Decauville n'aura mieux montré toute
son utilité et toute su portée ; il est vraiment bien digne d'avenir. On a marché sans accident à la vitesse de 23 kilomètres à l'heure. Les trains pesaient 51 tonnes sans machine. La locomotive pesant tw2 tonnes remorquait par conséquent quatre fois son poids, ce qui est un bon résultat. Le poids mort par voyageur atteint à peine 144 kilogrammes.
Le service de l'exploitation est remarquable. Tout marche réglementairement et malgré la foule il n'est survenu qu'un seul accident.
Chaque station est reliée par une ligne téléphonique installée par la Société générale des Téléphones. On a mis en marche sur cette ligne minuscule des trainsomnibus s'arrétant aux trois stations et des trains express ne s'arrétant qu'à la tour Eiffel.
En somme, le chemin de fer Decau ville a transporté li.3-42,670 voyageurs, soit une moyenne par jour de 35,238 personnes dans 3,708 trains, qui ont parcouru !*w2,520 kilomètres; il a fourni plus de cent fois le service d'un bon chemin de fer économique.
Les voies ferrées qui ont desservi le fîhamp-de- Mars pendant la durée des travaux et la période des installations et de la manutention ont été établies par M. Charton; elles présentent un développement de 7 kilomètres. Une convention spéciale a été passée avec la Compagnie de l'Ouest pour la location du matériel. Ces voies ont été? recouvertes par des planchers; mais elles serviront de nouveau à la fin de l'Exposition pour l'enlèvement des colis et pour les travaux de démolition.