PALAIS DES MAC II 1 X K S
latérales, le regard a de la peine à s'habituer à ces
Fiu. 176. — Échataudago funiculaire îles Peintres vitriers.
dimensions inconnues jusqu'ici : il est dérouté devant cette immensité. L'ogive surbaissée des fermes trompe
aussi et ne donne pas à tout le monde la notion exacte de la hauteur de l'édifice; l'œil se fera peu à peu à ces perspectives gigantesques; d'abord surpris, il finira par tout admirer. C'est la vision du grand.
Il y a lieu d'insister en passant sur le parti que l'architecte a su tirer du fer. On aurait de préférence
Fia. 177. — Porto d'entrée «lu Palais «les Machines! Avenue
La Bounlonuais.
choisi l'acier, qui eut donné plus de légèreté à la construction ; mais il a fallu y renoncer, cette fois du moins, par raison d'économie et pour gagner du temps. On a plié le métal à toutes les exigences artistiques. Jusqu'ici on ne pensait pas que l'on pût tirer du fer franchement accusé sans surcharge de fonte et de staff des effets artistiques convenables. Son aspect grêle et maigre, la difficulté d'en assouplir les formes
PALAIS DKS MACHINES.
avaient fait rejeter son emploi parla plupart des architectes. La tentative a été satisfaisante. Un a employé exclusivement le fer dans tout le palais. Les colonnes des tribunes ont été construites non pas en fonte, selon l'usage classique, mais bien en fer et en tôle
PlO. 178. — Galerie centrale conduisant du Dôme à la Galerio
des Machines.
d'un dessin agréable, Les rampes et les balustres des escaliers sont eux-mêmes en fer de commerce à T ou en U. Toute l'ossature apparente est aussi composée d'éléments semblables qui ont inauguré des formes nouvelles pour l'architecture du fer. L'architecte a rompu avec l'usage de peindre les fers apparents en bleu. La décoration générale est d'un excellent effet, d'un jaune rosé qui se dore au soleil. A la fin du jour,
la nef prend des tons chauds et colorés ; il se produit des jeux de lumière singuliers. Ainsi, tout le vitrage du plafond de la nef côté droit, côté du parc, apparat! en rose, et, par effet de contraste, tout le vitrage côté gauche se dessine en vert clair, si bien que la voûte apparaît moitié rubis, moitié émeraude.
La couverture de la nef est en dalles de verre de
Fio. 171). — Proiniinrs fouille*,
Saint-Gobain. Les parties basses vers les eheneaux sont pleines; on y a point divers motifs de décoration qui sortent en relief. Ou a représenté les écussonsdes chefs-lieux des départements, des principales villes de nos colonies et des capitales des pays étrangers. Les armes de la ville de Paris occupent le centre de la travée du milieu ; puis celles de Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux, etc. Ailleurs, on remarque aussi les armes
PALAIS DES MACHINES
de Washington, de Londres, de Saint-Pétersbourg, Vienne, Pékin, Home, Copenhague, Téhéran, Mexico, la Haye, Athènes, Lisbonne, Bruxelles, Tokio, Buenos- Ayres, Siam, Stockholm, Tanger, Kio-de-Janeiro, le Caire, Belgrade, Bucharest , Luxembourg, etc. Les
Fm, l u. — Fondations sur mauvais sol. — Pilotis.
reliefs en staff ont été exécutés par M. J. Martin, et les parties peintes par MM. Rubé, Chaperon et Jambon, Le pignon de l'avenue de Suffi en a été décoré, au centre de la tribune, de vitraux représentant la bataille de Bouvines, exécutés par la maison Champigneulle, de Bar-le-Duc. Le pignon de l'avenue de La Bourdonnais, qui correspond à la principale entrée «lu palais des Machines, est flanqué de deux pylônes
en fer et à jour do 35 mètres de hauteur, renfermant l'un l'escalier de service, l'autre unascenseur électrique. L'archivolte est ornée des armes des principaux pays représentés à l'Exposition : États-Unis, Grande-Bretagne, Belgique, Suisse, Russie, Autriche, Italie, Espa-
Klu. lsl. — Fondations.
Coulage «lu i- 1- .h.
gne, Japon, etc. Les verrières reposent sur un arcplein en stalï*, avec un grand rinceau décoratif accompagné d'instruments de travail. Cette arcade est épaulée par deux groupesde 10 mètres de haut, la Vapeur ci l'AVec- Iricîté, exécutés en plâtre d'après les modèles de MM.Chapu et Barrias. Enfin, au milieu, on lit l'inscription « palais des machines » , en grosses lettres de faïence aux vives couleurs, sorties des ateliers de M. Mortreux.
PALAIS DES MACHINES
Les parois verticales des bas côtés sont en briques rouges et blanches, les verrières en verre blanc avec bordures teinte émeraude; les plafonds sont garnis de toiles peintes. Le pignon du grand escalier côté École- Militaire est décoré d une verrière exécutée par Mme Lo-
Fio. 18?. — Fondations.
Première! assises de maçonnerie tous le* pieds uV» grandes fermes.
rin, de Chartres. M. Crauk, peintre, est l'auteur du carton.
On communique du palais des Industries diverses dans le palais des Machines par un beau vestibule qui termine la grande rue du Dôme central.
Du vestibule s'élèvent à droite et a gauche, derrière le groupe de Bartholdi, deux larges escaliers qui conduisent directement à la galerie du premier étage du
palais clos Machines. On peut d'un coup d'œil, à 8 mètres de hauteur, embrasser toute la grande nef de M. Dutert. Les rampes de ces escaliers, tout en fer forgé et bronze, exécutés par M. Maison, constituent une véritable œuvre d'art; elles portent a leur origine,
au point de départ, deux ligures en bronze, dues
a MM. Cordonnier et
Barthélémy, et deux lampadaires avec vingt lampes à incandescence.
Le vestibule d'entrée est couvert par une large coupole portant sur pendentifs. La verrière du plafond, œuvre de M. Champigneulle fils, de Taris, rappelle les productions de l'industrie : le lin, le chanvre, le blé, le maïs, etc.
Ce plafond est éclairé en transparence au moyen de cinq puissants régulateurs électriques et de quatre-vingt-seize lampes à incandescence. Les pendentifs peints représentent les arts, les sciences, les lettres, le commerce. Le bas de la coupole est orné de groupes d'enfants tenant des attributions des principaux corps d'état : la teinture, le tissage, le bronze, l'imprimerie, la reliure, la papeterie, etc. Les six fenêtres du vestibule
Fio. 1*3. — Fondations an [>ied dos forints do li:> môtres avec coup»
tfôoWn/i<|tio du terrain «lu Chanipdo-Mars.
PALAIS DKS MACHINES.
sont aussi décorées de figures allégoriques : l'orfèvrerie, l'ébénisterie, la verrerie, la céramique, etc. Les voussures latérales portent des cartouches en relief: la justice, la guerre, la marine, l'instruction publique. Tout ce magnifique ensemble aura coûté la somme
de 7,514,091 fr. t>9, ainsi répartis :
Fr.
Terrassements et maçonneries. .... 392,425 54
Constructions métalliques 5,398,307 25
Charpente »mi Mois 193,760 51
Couverture, plomberie, zinc 236,682
Carrelage et parquetage 78, 59 1 04
Menuiserie 34,315 X0
Vitrerie i82,242 K7
Ornementation en staff 250,1 H 50
Peinture 158,541 40
Imprévu et régie. Somme à valoir , . . . 190,22166
Frais d agence 192,922 52
Totai 1,514,094 69
Soit un peu moins de 100 francs par métré carré de surface horizontale utilisable.
Si le palais des Machines excite aujourd'hui avec raison la curiosité générale, la période de construction a attiré avec non inoins d'empressement l'attention des ingénieurs. Ce fut un événement quand on parla pour la première fois d'élever des fermes de 1 15 mètres de portée, de 196 tonnes, à une hauteur de 45 métrés. L'édification de ce vaisseau incomparable appartient à l'histoire de l'art du constructeur; il convient d'en rappeler au moins très sommairement les principales phases.
Les fondations du palais des Machines, commencées seulement le 5 juillet 1887, furent achevées le 21 dé-
Km. 1H4. — Arc auxiliaire do rotation pour le levage du pied d'une grande ferme. Système Flves-I.ille.
Roui»
System- l.nil.
Km. IS9 à 191. — Kigurc théori-]uc comparative des deux Système* de monta
. 1HT». FlG. 1H«.
les pannes. Levage don pannes.
FiYC«-Lill«\ Système Cail.
Système Fives-LiUc.
FlG. 1S7. — Face latérale do l'échafaudage Cail.
Fie. ISS. — Face latérale de l'échafaudage Fives-Lille.
M grandes Fermer employé! par la Compagnie de Fives-Lille et la Société Cail.
cembre de la même année ; ces fondations comportaient deux rangs de 20 grandes piles de maçonnerie destinées à supporter les pieds-droits des 20 fermes de 115 métrés, et une série de points d'appui pour les piliers des tribunes. Le palais n'a aucune cave. Les quarante piles sont des blocs de maçonnerie de meulière complètement isolés et distants les uns des autres, comme les fermes, de 2im,50 d'axe en axe, sauf pour les travées centrale et extrême, un peu plus écartées. Chacune des piles recevant le sabot de fonte d'un pied de ferme devait pouvoir résister à une charge verticale de 112,000 kilogrammes et à une poussée horizontale de 115,000 kilogrammes. L'architecte était obbgé, pour satisfaire à de pareilles conditions, de n'employer que des matériaux de premier choix. On s'est uniquement servi de ciment de Portland et du même ciment mêlé à deux tiers de sable pour hourdir la meulière et couler le béton.
Il a fallu surtout se préoccuper de la résistance du sol, car le Champ-de-Mars est un des terrains les plus bouleversés que l'on puisse rencontrer.
Depuis un siècle, il a vu toutes les grandes fêtes et les expositions ; on y trouve encore des fragments du mur de soutènement du fossé qui l'entourait en 1789, et les fondations, les restes des galeries d égoût de l'Exposition de 1878; en outre, dans la zone qui borde l'Éeole-Militaire, on avait établi, en 1878, toute une exploitation de couche de sable, une véritable carrière.
Aussi a-t-on dû opérer suivant des types différents les fondations des 20 piles, en raison même de la nature du sol.
PALAIS DES MACHINES
Lorsque la couche d'alluvion avait une épaisseur supérieure à 3 mètres, on fonda la pile à l'aide d'un massif rectangulaire de maçonnerie de 7 mètres de long sur 3m,50 de large et 3°, 50 de haut, reposant fcur un plateau de béton de 50 centimètres d'épaisseur débordant le massif de 25 centimètres au pour-
Flu. tUS. — Levape «1rs panne*. Vue | »ri >\o la plate -lormo •le roulement des grues. — Système Cail.
tour. 25 piles sur 10 ont été ainsi assez facilement construites.
Lorsque la couche de graviers n'avait plus que lm,50, on augmentait l'empâtement et l'épaisseur du béton, Dans ce cas, on a donné au plateau de béton de ciment de Portland M m, 20 sur tim,50 et lm,80 d'épaisseur ; audessus on éleva une assise de maçonnerie d'épaisseur variable selon le terrain ; au-dessus encore, la pilepro-
prement dite de 7 mètres de long sur 3m,50 de large et 3m,32 de hauteur. •
C'est à l'intérieur de ces massifs supérieurs, dans une gaine en fer, que furent fixés les six gros boulons de la plaque de fonte du pied des fermes. Il n'existe que cinq piles de ce type ; elles se trouvent du côté de la façade qui regarde la Seine.
Enfin, lorsque la couche de graviers, par suite des remaniements du sol, était réduite à 0m, 50, on fut forcé de fonder sur pilotis.
Après le sable superficiel on rencontre, au Champ-de- Mars, un banc de glaise de 7 mètres d épaisseur, une couche de sable de lm,50, un autre banc de glaise de 8 mètres, un banc de marne de 19 mètres reposant sur la craie. On dut enfoncer en quinconce 28 pieux de 33 centimètres de diamètre et de 9 à \\ mètres de longueur (1). Selon les cas, ces pieux battus à satiété à l'aide d'une sonnette a vapeur du système Lacour s'arrêtèrent dans la couche de sable quartzeux servant de support à la couche de glaise de 7 mètres. Sur les pieux recépés au même niveau on établit le plateau de ciment, l'assise intermédiaire et la pile proprement dite avec les dimensions adoptées pour les piles du type n° 2. La résistance demandée au sol ne dépassait pas dans ce cas 2 kilogrammes par centimètre carré; elle atteignait 3 kilogrammes pour les autres piles sur le bon sol.
On a établi dix piles de ce genre ; leur construction a exigé beaucoup d'efforts et de prudence au milieu de
(1) Los pilotis sont en sapin du Jura, frettés et sabotés en 1er avec pointe on fonte dure.
Fi«. 193. — Montage des grandes terme». Vue do la plate-iormo do l'échafaudage. — Système CaiL
ces terres sujettes ù. éboulements : elles se trouvent toutes réparties du côté de l'École-Militaire.
Nous passons sur le travail considérable des fouilles en cuvette, des piles à pilotis, sur le battage, etc. Il a fallu extraire par fouille plus de 1,000 métrés cubes de terres; le plateau de béton cube 131 métrés; la maçonnerie proprement dite, de 120 à 130 métrés cubes, etc.
Ces travaux ont été très bien conduits pour la terrasse et pour la maçonnerie par les entrepreneurs MM. Manoury et Urousselle, et pour les pilotis par M. Poirier ; ils ont duré six mois, de juillet au 21 décembre 1887,
La première ferme du palais des Machines a été levée et mise en place le 20 avril 1888 ; le montage complet de la grande nef a été terminé dans les premiers jours de septembre de la même année ; il aura fallu moins de six mois pour accomplir cette opération. C'est un véritable tour de force, qui donne bonne opinion de la puissanee de notre industrie. La mise en place, à de pareilles bailleurs, de niasses métalliques aussi considérables soulevait un problème neuf et diflicile.il a été résolu à la fois de deux manières différentes, deux solutions pour une î et il serait malaisé de dire quelle a été la meilleure.
La Compagnie de Fives-Lille ayant M. Du val pour directeur, d'une pari, et de l'autre la Société des anciens établissements Cail ayant pourdirecteur M. le colonel de Bauge, se rendirent adjudicataires, cbacun par moitié, delà construction du palais. La demi-nef, côté avenue de La Bourdonnais, a été élevée par la Compagnie Fives-Lille; la demi-nef, coté avenue
Ftr.. loi. — Roulage des pannes sur l'cKtrado tles grandes Fermes.
Système Fivt s-Lillf.
Suffren, par la Société Cail. La Compagnie Fives-Lillc leva les fermes par grandes masses jusqu'à (8 tonnes ; la Société Cail, au contraire, construisit par petits fragments n'excédant pas 3 tonnes.
Le premier système de montage fut combiné par M. Lantrac, ingénieur en chef. Le travail fut mené de
Fn,. 105. — Vue d'ensemble «les Echafaudages de moulage du Palais des Machines. — Système Fivca-LUlc.
front par piles symétriques. D'un côté et d'autre, deux équipes assemblèrent sur le sol même du plancher les peids-dmits et les arbalétriers d'une même ferme. Sur les 32,000 rivures qui réunissent les éléments constitutifs d'une ferme, 19,Q00 furent exécutées aux ateliers, 10,300 sur le sol, 2,100 seulement dans les échafaudages.
Fives-Lille se servit de trois échafaudages : un
Kio. U>6. — Levage par Rotation <lu pied-droit d'une grande Ferme
Système Fivi«»-I.i!l<*.
pylône central et deux échafaudages latéraux qui se déplaçaient sur rails. Chaque monlant étant prêt, pour le mettre en place on le fit basculer sur un cylindre d'acier auxiliaire jusqu'à ce que le pied du montant vint s'emboîter sur le tourillon ; dès lors le inou-
Fig. ll»7. — Levage des grands Arbalétrier»; <1<: la ferme <h- trie.
Système Fivei-Lilli».
vement de bascule devenait facile : on soulevait rénonne pièce avec des palans, de façon qu'elle pril sa place normale: puis on l'assujettissait et on la calait sur l'échafaudage latéral. Les montants ainsi levés de part et d'autre, on saisit les arbalétriers au moyen de cables et de poulies mouflés, et on les éleva jusqu'à ce que la partie inférieure de l'arc fût au contact du montant et que la partie supérieure Uni-
PALAIS DES MACHINES. 2M
chât au rouleau d'articulation du faîlagc. Les deux demi-arcs se trouvèrent alors en équilibre, soutenus d'ailleurs par les gradins à échelons du pylône central.
Les câbles de levage en chanvre se composaient de six brins de 75 millimètres de diamètre. Le poids de l'arbalétrier étant de 38 tonnes, chaque câble avait été essayé à 40 tonnes; il fallait, en effet, être sûr d'engins devant portera 46 mètres une niasse aussi considérable. La première ferme fut levée le 20 avril. La moyenne d'ouvriers employés sur le chantier a été de 250. Il a fallu cinquante jours pour monter les trois premières travées; puis, le personnel étant au courant, chaque travée suivante n'a plus nécessité que dix jours.
Le système Gail a été étudié par M. Barbet, ingénieur en chef. On s'est astreint, de ce côté, à faire grande économie de bois dans les échafaudages; on leur a demandé peu d'efforts, et on a pu les construire relativement légers. On a établi cinq grands pylônes solidaires pouvant se déplacer sur rails dans l'axe de la construction; un pylône central et deux sur les côtés. A la partie supérieure, ces pylônes portaient un plancher à gradins épousant à peu près la courbure de la ferme qu'il devait supporter; au-dessous on disposa un plancher horizontal. On éleva successivement les éléments de la ferme par petits tronçons de 3 tonnes, et l'on opéra le rivetage sur le plancher.
Sur les 32,000 rivures de la ferme i,000 seulement furent exécutées aux ateliers, 8,000 furent faites à pied dVeuvre et 40,000 exécutées sur les échafaudages. Ces chiffres sont la contre-partie de ceux du système Fives-Lille.
Fie. lt>9. — Détail de la jonction de l'articulation supérieure de la graude Ferme au niomont du levage. Système Fivet-LiMe.
Après avoir boulonné et réglé sur chaque pile de fondation les sabots en fonte et les rotules, on leva par petits fragments chaque pied-droit, les riveurs suivant les monteurs à mesure de l'avancement, et les pièces étant d'ailleurs supportées parles échafaudages et calées avec soin. Le levage s'est poursuivi ainsi, simplement et très régulièrement, jusqu'au sommet.
La première ferme fut terminée le 24 mai. La moyenne d'ouvriers n'a été que de 215 pendant la marche normale du travail. Lo temps employé pour les quatre premières travées a varié de treize à douze jours. Les travées suivantes ont demandé dix jours. Ces résultats sont sensiblement équivalents à ceux qu a obtenus la Compagnie de Fives-Lille.
L'ossature métallique des pignons de la grande nef a été exécutée par MM. Baudet et Donon. La coupole du vestibule central a été montée par MM. Moreaux frères.
Quant aux bas cùtés, la construction en avait été divisée en quatre lots échus à la Société d'ivry, à la Soeiété de Saint-Denis, à M. Robillard et à MM. Moissantet Cle. Les dispositifs employés, bien qu'ingénieux, n'offrent aucune particularité nouvelle à signaler.
Les travaux de charpente en bois, de couverture en zinc et en dalles de Saint-Gobain, de vitrerie, de peinture, etc., ont dû être menés de front avec le montage des parties métalliques, afin d'arriver dans les délais.
Au fur et à mesure de l'achèvement de la partie métallique d'une travée, les divers corps d'état en prenaient possession et y exécutaient leurs travaux.
Tel est très en gros le travail colossal qui a été accompli comme sans efforts apparents, avec une mé-
Fi<i. 200. — Échafaudage mohile, a double roulement, dos Charpentiers
et Peintres décorateurs.
thode et une régularité dignes d'éloges, dans cet incomparable palais.
Sept millions de kilogrammes de fer rivés, montés et levés en quelques mois! Après cette œuvre de Titan, il sera sans doute permisse dire que les grands arceaux de fer de la galerie des Machines sont de véritables arcs de triomphe élevés à la gloire de notre industrie nationale.
PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES PALAIS DES BEAUX-ARTS PALAIS DES ARTS LIBÉRAUX
Le palais des Industries diverses. — La galerie centrale. — Lr< jralerirs adjacentes. — Le dôme de OU mètres. — La statue du dôme. — Aspect et décoration de la porte d'honneur. — Les portiques intérieurs, — Aménagement : produits ouvrés, mobilier, vêtement. — Sections étrangères. — Les palais des Heaux-Arts et «les Arts libéraux. — Uniformité de plan. — L'ossature métallique.— Fondations et caves.— Les tirants de renfort. — La grande nef. — Galeries latérales avec premier étage.— Vromenoirs extérieurs.— Vestibules Ha])]» et Desaix.— L'architecture nouvelle. — Fer et terre. — L'art de la terre.— Mosaïques en terre entaillée. — Les terrasses et les palmiers.
n allant vers la Seine, on entre Je la galerie des Machines dans les galeries des Expositions diverses.
Le palais des Industries diverses renferme tous les produits industriels, tout ce qui concerne la matière ouvrée, le mobilier et le vêtement ;
c'est l'exposition industrielle proprement dite. Cette construction, due à M. Bouvard, est considérable; elle couvre 105,798 mètres carrés. Un a bien vite fait ses
9 à 10 kilomètres quand on a parcouru une à une toutes ses galeries. C'est un grand damier. Au milieu, la
Flrt, 203. — Vtic <!u DArac central.
Fnç.iilr sur |i9 Jardin.
grande rue du dôme central coupe la construction en <1<mix parties symétriques; de part et d'autre, s'alignent
Fio. ?0I. — Le Dôme ceiural. — Coupe.
les galerieslat(3rales,parall»>lesàlagaleriedes Machines.
Dès le i septembre 1886 on adjugeait les travaux et, en février 1887, les fondations terminées, on commençait la construction. Les galeries parallèles sont cons-
tituées par des fermes de v2o mètres de portée qui rentrent dans le type courant ; les fermes sont espacées de 8™, 33 et pèsent chacune 4,500 kilogrammes ; leur succession forme partout une galerie dont les côtés ont été utilisés pour les installations des exposants, «les vitrines, etc., et dont le milieu, sur un espace de 5 mètres de large, fait rue de communication.
PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 2.il
On trouve, do chaque côté de la grande rue centrale, sept galeries parallèles. En tout, on compte 350 fermes reliées les unes aux autres par des pannes a treillis. Cette construction rectangulaire est reliée par des galeries de raccordement au palais des Arts libéraux et des Beaux- Arts ; ces galeries annexes ont encore nécessité la pose de 90 fermes. Enfin, quatre pavillons ont été élevés aux angles du palais et forment entrées principales. Les travaux métalliques ont été exécutés par M. Roussel et par la Société des forges de Branche- Comté pour une part et, pour l'autre, par les ateliers de Saint-Denis et la Société des ponts et travaux de fer.
La grande rue centrale qui va du dôme à la galerie des Machines a 30 mètres de largeur et 200 métrés de longueur. Elle est constituée par une série de fermes rigides reposant sur des piliers métalliques de 12in,75 de hauteur. Les galeries qui aboutissent à cette rue ayant 23 mètres d'ouverture, il a fallu donnera chaque ferme un écartement de 25 mètres, ce qui a nécessité pour chacune d'elles une section assez considérable. Chaque ferme de 30 mètres de portée pèse 30,000 kilogrammes. Ces fermes sont reliées entre elles, c'est-àdire contreventées par un système de 7 poutres longitudinales ou pannes à treillis. Sur ces pannes, qui supportent 14 chevrons en fer, on a établi la couverturc qui est pleine; la grande rue reçoit le jour par ses faces longitudinales, assez hautes pour dépasser de 12 mètres le cheneau des fermes. Ici encore, comme presque partout à l'Exposition, on a donné aux fermes la forme d'ogive surbaissée qui est aussi celle du grand arc de façade du dome central. Sur les côtés, la galerie est close par des pans de fer qui supportent
les pannes. Au-dessus, pour laisser pénétrer la lumière,
Fia, 206. — l'éViodo <1o construction. Los Promenoirs. Palais
des ludustrics diverses.
on a placé de grands panneaux vitrés d'un effet décoratif satisfaisant. La ventilation est obtenue par ud
lanterneau de faîtage. Otte rue centrale est d'un bel aspect. Le montage des pièces n'a présenté rien de bien saillant. La plus grande partie du palais des Industries diverses était terminée dès le i i juillet 1888»
l'ïo. 20s. — Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Russie.
Détail »lr In frite inu'rii'iipr du Diiino montrai. (Uouvanl, archiuvtr;
Lavastrf. d<Vorat<aur.
puisque c'est dans ses galeries qu'eut lieu le banquet des maires.
De tout cet ensemble de constructions, qui n'a d'ailleurs qu'un caractère provisoire, le dôme central mérite surtout de lixer L'attention. L'ordre d'exécution
PALAIS DES INDUSTRIES DIVERSES. 25'i
du dôme n'a été donné, de même que pour les deux galeries de raccordement qui longent le parc, qu'au mois d'octobre 1887.
Cette entrée monumentale du palais des Industries
Vm. 2<M>. — Cachemire. lut] un, Hon^nl^.
Détail i|e la fris»'* int^ri^ure «lu IVun* rentrai. Bouvnnl. «rchiterte;
Lnvostrt*, décorateur.)
diverses, véritable entrée d'honneur de l'exposition, comprend une nef principale flanquée à droite et à gauche de deux pavillons. Toute L'ossature est métallique. Le dôme est formé par huit demi-fermes supportées par huit piliers gigantesques de 40 mètres de
hauteur. Ces piliers en fer sont maintenus en place par trois ceintures circulaires. Les deux pavillons latéraux servent à relier le dôme aux galeries adjaccn-
FîO. 210. — Canada. Mexique, États-Uni», Hivsil, IVrou, Chili.
Détail de la frite intérieur»* du Homo rentrai. iHouvard, architecte;