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DOU L'ON PEUT VOIR

5 En virons do Paj*ia.

ï^es monument* dessinés dans l'encadrement servent de point de repère. La I nées dan» le fond blnnc lontcellec où on peut voir la Tour du haut d'un édifi ••• «le* pay» qu'on ne peut voir, mais qui sont importants ouj peuvent servir à se

pur. Les microbes, qui se comptent par milliers au mètre cube dans les rues, ne sont déjà plus qu'au nombre de 60 à la hauteur des tours Notre-Dame, à 66 mètres. Il sera intéressant de suivre leur dénombrement à 300 mètres, quand la foule ne montera plus si pressée à la tour et quand on pourra entreprendre des expériences sérieuses.

Il est inutile aussi de parler de la prétendue influence de la tour sur les orages et sur la pluie. Quand on est là-haut, perché sur cette minuscule terrasse, avec l'étendue immense devant soi, on comprend vite, sans autre raisonnement, que le rôle de la tour est absolument nul. Ce n'est pas ce gros fil de fer dressé en l'air qui peut changer le cours des vents ni la tension électrique. La tour est elle-même son paratonnerre. On a muni la terrasse supérieure d'une tige avec pointe et sur la troisième plate-forme on a dressé obliquement aussi quelques tiges à pointes. La foudre est tombée sur la tour pendant l'orage du 9 août avec! un bruit formidable. Elle n'a occasionné aucun dégât. Les hommes de service sur la troisième plate-forme et dans le phare n'ont absolument rien ressenti. M. Mascart a donné à cet égard quelques détails qu'il a puisés lui-même dans le rapport de M. Foussat, chef du servico électrique qui se trouvait sur la plate-forme supérieure au moment de l'orage.

La pointe de bronze avec bout de platine qui terminait la tige centrale, avait été enlevée quelques semaines auparavant parce qu'elle éprouvait des oscillations qui en faisaient craindro la chute. A 9 heures 40 minutes, une décharge eut lieu sur le paratonnerre du sommet; elle fut accompagnée d'un

bruit épouvantable analogue à la détonation do deux pièces d'artillerie de petit calibre, quelques gouttelettes rouges se sont détachées de la pointe; elles étaient dues probablement à la combustion dans l'air de parcelles de fer volatilisées. On a remarqué, en effet, que l'écrou qui terminait la tige, portait de petites bavures qu'il a été nécessaire de limer pour remonter une aigrette de pointes. Sur les paratonnerres de la plate-forme, on aperçut à diverses reprises des fusées lumineuses accompagnées d'un crépitement très manifeste. Le gardien du phare était près de son appareil; deux hommes manœuvraient les projecteurs sur la plate-forme et M. Foussat était lui-même adossé à la rampe, regardant le paratonnerre central. Aucune de ces quatre personnes n'a éprouvé ta moindre secousse au moment du coup de foudre. Cependant, à cause de l'abondance de la pluie et de la possibilité d'un danger dans le cas d'une nouvelle décharge, les projecteurs furent éteints et les trois personnes restées sur la terrasse, rentrèrent dans les laboratoires. Un nuage descendu alors jusqu'à la hauteur du phare fut trouvé vivement éclairé. C'est sans doute à cette dernière circonstanee qu'est due l'impression éprouvée par certaines personnes situées à quelque distance dans Paris, que le sommet de la tour après l'éclair paraissait enveloppé d'une lueur électrique tellement éclatante qu'elle a éclipsé la lumière des projeeteurs.

Les instruments météorologiques placés au bas de la Tour . n'ont subi aucun dommage. Ce coup de foudre est en somme conforme à tous les faits connus; il montre (pie la communication de la tour avec le

sol est parfaite et que la sécurité dans l'édifice paraît absolue.

Il nous faut bien limiter cette description rapide, et cependant déjà trop longue.

L'impression que laisse ce monument hardi est de celles que l'on n'oublie pas. La tour de 300 mètres marque une étape dans l'histoire des constructions métalliques. C'est bien l'expression très significative de l'état actuel des tendances nouvelles de l'art du constructeur. La grande tour nous restera aussi comme un témoignage imposant des progrès de l'industrie contemporaine.

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