‹ L'Exposition universelleChapitre 30 sur 44 · PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS CANAUX - PHARES - BALISES · texte numérisé non relu

PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS CANAUX - PHARES - BALISES

Pavillon ries Travaux publics. — Les canaux en France. — Nombre d'écluses, — Longueur moyenne îles biefs. — Progrès récents dans l'outillage de la navigation intérieure. — Le canal du Centre. — Les écluses à grande chute. — Chute de om,20.

— Les vannes cylindriques. — Les ascenseurs pour canaux.

— La balance aérohydrostatique Seiler. — Rachat de grandes dilVérences de niveau. — Les ascenseurs Clarck. — L'ascenseur des Foutinettes. — Canal de Neutïossé. — Chute de 13*,50. —

— Importance de la solution.— Le halage funiculaire. — Siphon du canal Saint-Martin. — Grands travaux maritimes. — Les ports de Calais, Boulogne, Dieppe, la Palliée. — Fondations à l'air comprimé. — Les caissons à la Palliée et à Bordeaux. — Service des phares. — Le plus grand appareil optique du inonde.

— Les phares électriques et les phares à l'huile. — Une solution neuve. — Appareil hyper-radiant. — Les signaux sonores.

— Les tours- balises à la gazoline. — Conclusion.

près les rivières, les canaux. Le programme de 1878 comportait l'amélioration do 3,000 kilomètres de canaux et la construction de 1, 400 kilomètres de nouveaux canaux. Dès aujourd'hui plus de 1,300 kilomètres satisfont aux prescriptions de la loi du 5 août 1 S7î>. Le travail accompli a été considérable; Toutil-

lage de la navigation très perfectionné. L'écluse joue naturellement le rôle dominant dans l'exploitation et gouverne en grande partie la vitesse des transports. On comprend que la répétition des écluses entraîne une perte de temps, un accroissement dans le volume d'eau consommée, une importante aggravation des dépenses de construction et d'entretien, une gène pour la circulation, etc. On tend de plus en plus aujourd'hui à diminuer leur nombre, à augmenter par suite la hauteur de chute et la longueur des biefs. En France, on compte pour les rivières canalisées 581 écluses sur un développement de 3,579 kilomètres, ce qui donne pour le bief moyen une longueur de 6 kilomètres. Les canaux sans bief de partage n'ont déjà plus qu'un bief moyen de ikm,600 avec 471 écluses réparties sur 2,179 kilomètres. Pour les canaux avec bief de partage, la longueur moyenne du bief descend à moins de 2 kilomètres avec 1,395 écluses pour 2,160 kilomètres. Les écluses s'étagent sur le liane des vallées comme les marches d'un gigantesque escalier. Certains biefs ont moins de 200 mètres. Sur le canal du Centre, par exemple, à Longpendu, 7 écluses étaient séparées par des biefs d'une longueur moyenne de 103 mètres. A Saint-Julien-sur-Dheune, on comptait 9 écluses avec bief moyen de 298 mètres. On a dû se

décider, sur ces points, à supprimer un certain nombre d'écluses et à les remplacer par des écluses à plus grande chute; on a doublé les hauteurs de chute et, par suite, réduit de moitié le nombre des écluses. Les nouvelles écluses du canal du Centre, qui ont été visitées, au mois d'août, par le Ministre des Travaux publics, ont 5m,20 de chute et 38m,50 de longueur.

13 écluses à grande chute remplacent, à Longpendu, à Saint-Julien, à Rully, etc., avec de grands avantages, 26 anciennes écluses.

Chaque sassée, en pareil cas, exige le déplacement de 1,200 mètres cubes d'eau. Pour hâter le remplissage et la vidange, on a eu recours a un dispositif ingénieux. L'eau ne s'écoule plus du bief supérieur dans le sas par l'ouverture de vannes ménagées dans les portes. Le débit par les vannes ordinaires eût exigé beaucoup trop de temps. Au fond des enclaves des portes, sous une voûte en plein cintre, s'ouvre, dans le radier de chaque côté, un large puits de tm,40de diamètre. Chacun de ces puits descend dans le bajoyer au niveau du buse d'aval et aboutit à un aqueduc voûté en plein cintre de lm,70 de hauteur sous clef et 1 mètre de largeur. Cet aqueduc longe le sas; il communique avec lui par quatre ouvertures rectangulaires espacées de 0m,80 de largeur sur 1 mètre do hauteur. Voilà, comme on voit, une large route d'écoulement pour les eaux. A la partie supérieure de chaque puits, on a installé des vannes cylindriques qu'il suffit d'ouvrir pour donner issue aux eaux du bief supérieur et pour emplir rapidement le sas. Ces vannes cylindriques sont très commodes; il est facile d'en saisir h* fonctionnement. Le puits est prolongé par un cylindre en fonte. Ce gros tuyau est coiffé d'un chapeau cylindrique; entre le cylindre et le chapeau existe un vide annulaire par lequel peut s'engoufTrer l'eau. Mais à l'intérieur du chapeau peut monter et descendre une couronne de fonte de 0m,46 de hauteur. Si la couronne est descendue convenablement, elle bouche l'orifice annulaire, fait vanne, et l'eau ne peut s'écouler. Si,

au contraire, on veut emplir le sas, à l'aide d'un cric qui agit sur la tige à laquelle est fixée la couronne mobile, on soulève cette vanne cylindrique qui rentre dans le chapeau et Peau tombe dans Le puits. Le chapeau reçoit la pression verticale de l'eau; les pressions latérales sur la vanne s'équilibrent de sorte que la manœuvre se réduit au soulèvement du poids de la couronne, soit de 370 kilogrammes.

Les vannes d'aval pour la vidange fonctionnent comme les vannes d'amont. Ce système organisé par M. Moraillon est très pratique et fournit sans effort une grande ouverture de débit avec une charge plus forte que sur un orifice ouvert à travers une porte d'écluse. Le remplissage du sas s'effectue en 3 minutes 10 secondes par les deux vannes; la vidange demande 5 secondes de plus. Malgré un déplacement de 1,200 mètres cubes, l'éclusage, dans ces conditions, ne dépasse que de 2 minutes la même opération faite dans les anciennes écluses à 2m,t>0de chute; il absorbe environ 11 minutes pour un bateau de 30 mètres de longueur chargé de 150 tonnes et halé par deux hommes; grâce aux aqueducs latéraux, l'arrivée de l'eau se produit sans mouvements tumultueux.

Le nouveau système à vannes cylindriques pour écluses de grande chute est plein d'avenir; il a déjà été adopté pour d'autres can*iux, pour ceux de Paris, pour les écluses de Panama, etc. On en trouve un bon modèle au pavillon. Les projets des écluses à grande chute du canal du Centre ont été dressés par M. Eugène Resal, ingénieur, MM. Moraillon etVariot, sous-ingénieurs, et M. Fontaine, ingénieur en chef.

C'est déjà bien de racheter d'un seul coup une

Fio. 340. — Kcluses à graude chute.

Coup** longitudinal»» de IVclusr.

Fio. 347. — Écluses à grande chute du canal du Centre. (Coupe d'une vanne cylindrique, la vanne fermée.)

Fiu. 318. — Écluses à grande chute. (Demicoupe on travers sur l'axe des puits d'amont.)

■-■•-iw

Fio. 319 à 352. — Écluses à graudc chute. T*te amont. Conpet transvertnles. T. te aval.

différence de 5m,20. Mais ne pourrait-on aller plus loin? Avec les écluses, ce problème semble limité autour de 5 a 6 mètres au moins pour le moment. La solution est ailleurs dans certaines circonstances ; elle parait se trouver dans une combinaison hardie, qui constituera une étape importante dans l'histoire de la navigation; nous voulons parler des ascenseurs pour bateaux.

Il existe au pavillon des Travaux publics un modèle bien remarquable du premier ascenseur construit en France, de l'ascenseur des Fontinettes, qui a excité vivement la curiosité publique depuis quelques mois, qui a fait l'objet d'une visite spéciale du Président de la République et qui est resté le but des excursions ordinaires de tous les ingénieurs étrangers venus en France pour l'Exposition.

Le canal de Neuflbssé réunit la Lys et le canal d'Aire àl'Aa; il met les ports de Dunkerque, Gravelines et Calais en communication avec le réseau de navigation intérieur; il donne lieu à un mouvement annuel de près de 13,000 bateaux tant chargés que vides. C'est sur ce canal, à Arques, près de Saint-Omer, qu'a été construite autrefois l'écluse des Fontinettes: elle se compose de cinq sas superposés rachetant ensemble une chute de 13m,t3. Les bateaux franchissent ce passage avec une lenteur que l'on devine; la durée de l'éclusage dépasse quelquefois deux heures. On a dû, pour gagner du temps, renoncer à procéder par croisement et affecter alternativement un jour àla navigation montante et un jour à la navigation descendante. Les encombrements étaient permanents, et il fallait prévoir le jour où l'exploitation deviendrait impossi-

ble. D'ailleurs les sas des Fontinettes n'avaient pas la longueur réglementaire de 38m,50, qui est celle de nouveaux bateaux des canaux du Nord. L'administration, pour remédier à cette situation déplorable, prescrivit en 1881 la construction, à coté des écluses, d'un

Fio. 353. — Plan do l'Ascenseur des Foutinettes.

ascenseur hydraulique analogue a celui qui fonctionne en Angleterre, à Anderton, sur le canal de Trent et Mersey, mais beaucoup plus puissant, puisque le nouvel ascenseur devait livrer passage à des bateaux de 300 tonnes, tandis que l'ascenseur d'Anderton ne fait circuler que des bateaux de 80 à 100 tonnes. On achève en ce moment un ascenseur analogue a celui des Fontinettes en Belgique, à la Louvière, sur le canal du

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Centre; il réunira le canal de Charleroi a Bruxelles à celui de Mons à Coudé. Le modèle de l'ascenseur de la Louvière figure dans la section belge au Palais des Machines.

La conception des ascenseurs pour bateaux n'est

Fio. 334. — Ascenseur hydraulique «le< Fontinette«t. Coupe tranfversalr.

pas aussi nouvelle que Ton nous parait le croire; sans remonter au delà de 1802, nous nous souvenons fort bien avoir vu à l'Exposition de Londres un modèle d'ascenseur combiné par M. Seiler, sous le nom de « balance aérohydrostatique ». Le système de M. Seiler, très analogue aux élévateurs actuels, avait fait

l'objet de rapports favorables, notamment de M. Huet, aujourd'hui sous-directeur des travaux de la Ville, alors ingénieur des canaux de Paris, et de M. Houel, ingénieur en chef des établissements Cail. La combinaison est d'ailleurs simple, du moins en principe. Au lieu de ramener le plan d'eau dans le sas de l'écluse à la hauteur du bief supérieur, M. Seiler songea à

FiG. 355. — AseciiMMir hydraulique d««s Kontinetlos. C.tipe longitudinale par l'axe d'un sas.

rendre le sas lui-même mobile, à le faire s'élever avec eau et le bateau, ou s'abaisser de même. 11 accoupla deux sas comme les plateaux d'une balance, de façon qu'avec une légère surchage d'eau l'un des sas entraînât l'autre dans son mouvement. Le sas descendant faisait monter le sas accouplé. Les sas consistaient en grands bacs de 33 mètres de longueur. Pour l'époque, le procédé choisi pour les faire mouvoir était assez ingénieux. Chaque bac reposait sur A gazomètres, 2 à l'avant, 2 à l'arrière. Les 4 gazomètres de chaque

bac communiquant par un tuyau, il est clair que toute surcharge de l'un comprimait l'air qui, refoulé, passait dans les 4 autres gazomètres, et les soulevait avec le second bac. La descente de l'un entraînait la montée de l'autre (i). D'où le nom de balance aérohydrostatique. La perte due au passage de chaque bateau était réduite à une faible tranche liquide. M. Seiler avait proposé ce système pour racheter des différences de niveau de 20 mètres soit sur canaux, soit môme sur chemins de fer. Passons.

Dans les ascenseurs actuels, c'est l'eau sous pression qui remplace avec grand avantage l'air comprimé. On peut dire que ces appareils sont la résultante des progrès scientifiques et industriels réalisés depuis vingt ans. Il fallait, pour les construire avec sûreté, avoir l'expérience des grandes pressions, arriver à faire manœuvrer des poids gigantesques de 1.300,000 kilogrammes soutenus sur des pistons de grand diamètre. On dut procéder méthodiquement en passant progressivement du petit au grand. 11 a été indispensable d'attendre que la métallurgie et l'art des constructions mécaniques eussent permis de fabriquer des pistons et des corps de pompe résistant à des pressions énormes, car, dans les nouveaux élévateurs, les bacs sont soutenus et mus par les pistons de presses hydrauliques.

M. Edwin Clarck, l'éminent ingénieur anglais, n'a construit en 1880 le premier ascenseur, celui d'Anderton, que lorsque, par de longues études préliminaires, il se fut rendu maître du maniement de l'eau sous haute pression. A vrai dire, ce sont les applica-

(1) Causeries scientifiques. Découvertes et Inventions, tome II, 18G2.

tions ingénieuses qu'il fit de l'eau sous pression au soulèvement des navires à radouber qui le conduisirent peu à peu à la réalisation des ascenseurs. C'est à ses conseils que l'on a eu recours pour le grand ascenseur des Fontinettes. M. Edwin Clarck en a fourni l'avant-projet; les études définitives ont été commencées sous la direction de M. Bertin, ingénieur en chef. Le projet des terrassements et maçonneries a été dressé par M. Gruson, ingénieur en chef, et M. Cètre, ingénieur ordinaire, qui ont dirigé les travaux pendant toute leur durée. Les travaux commencés en 1883 ont été terminés en 1887, et l'ascenseur mis en service le 20 avril 1888.

Le nouvel ascenseur se compose de deux caissons ou sas métalliques renfermant de l'eau, et dans lesquels flottent les bateaux. Chaque sas est fixé par son milieu sur la tète d'un énorme piston qui plonge dans un cylindre de presse hydraulique installé au centre d'un puits. Les deux presses communiquent souterrainement au moyen d'une conduite munie d'une vanne qui peut les isoler à volonté. Les deux sas mobiles sont disposés parallèlement; on a ainsi une véritable balance hydraulique; il suffit que l'un des caissons reçoive une certaine surcharge d'eau pour que, la vanne étant ouverte, il s'abaisse en produisant l'ascension de l'autre. Une dérivation est ouverte sur la rive droite du canal de Neuffossé. Chaque bateau descendant arrive sur le caisson qui doit s'abaisser, chaque bateau montant est rangé de son côté sur le caisson qui va s'élever. En sorte que chaque mouvement des deux bacs assure le passage de deux bateaux.

Chaque bac ou sas mobile a une longueur totale de

40m,35 et une longueur utile de 39m,50, avec une largeur, au milieu, de 5m,60 et une profondeur d<- (m,50

Fto. 3j6. — Ilalaprc funiculaire.

Poullo double pour changeaient simultané de direction et d'altitude.*

au milieu, réduite à 3m,50 aux extrémités. 11 y a toujours au moins t2n,,10 d'eau dans les sas. Les pistons qui supportent le sas ont une longueur de i 7m, 1 3, en-

viron la hauteur d'un quatrième d'une maison de Paris; ils sont en fonte avec un diamètre extérieur de 2 mètres et d'une épaisseur de 7 centimètres. On les a constitués par des tronçons de 2m,80 empilés les uns par-dessus les autres avec feuille de cuivre intermédiaire pour assurer l'étanchéité du joint. Quant aux cylindres des presses, ils ont i.Sm,70 de hauteur et

Fio. 337. — ftalnçrc funiculaire.

Détail île» poulie* de support M «lf l'altHa^e.

2m,078 do diamètre extérieur; ils sont formés par des anneaux en acier laminé de 0m,155 de hauteur et de D",06 d'épaisseur, emboîtés les uns dans les autres avec chemise continue en cuivre à l'intérieur pour assurer l'étanchéité.

La machinerie-destinée à envoyer de l'eau dans les presses sous les pistons pour élever le bac ascendant est installée entre les deux caissons mobiles. Elle Comprend deux turbines mises en mouvement par la

chute d'eau empruntée au bief supérieur. L une de ces turbines, d'une force de 50 chevaux, actionne quatre pompes de compression qui mettent en charge un accumulateur de 1,200 litres de capacité. L'autre turbine de 15 chevaux commande un compresseur # d'air et une pompe d'épuisement des eaux des cales des sas mobiles. Le compresseur d'air a une destination spéciale. Les sas mobiles et les parties du canal qui font suite ont besoin d'être raccordés hermétiquement; il existe entre eux un espace de quelques centimètres. On a imaginé de gonfler dans cet intervalle des poches de caoutchouc qui comblent le vide; on ouvre une ventelle qui laisse écouler de l'eau dans cet espace étroit; puis on soulève les portes du sas et le bateau passe. Le compresseur à air sert à gonfler ces poches, qui servent aussi à conserver l'étanchéité des portes des sas.

En somme, la manœuvre est facile. Un des sas étant au haut de sa course, on fait passer le bateau dans le bief supérieur. On fait entrer le bateau descendant; on donne à ce sas une surcharge de 30 centimètres d'eau, soit 65 tonnes. La vanne de communication des presses hydrauliques est ouverte; l'eau est refoulée par le sas descendant sous le piston du sas ascendant qui s'élève. On arrête le mouvement en fermant la vanne. La position d'un sas peut être corrigée en manœuvrant des distributeurs qui laisse échapper de l'eau des presses ou donne accès au contraire à l'eau sous pression des accumulateurs (1).

(1) Le poids à élever comprenant le piston, un sas, l'eau et le bateau atteint 800 tonneaux. La pression dans les presses est de 35 atmosphères. On a dû charger les accumulateurs à 30 atmo-

Sans entrer dans plus de détails techniques, on peut dire que la durée totale dune manœuvre est en moyenne de 26 minutes, savoir : entrée des bateaux et fermeture des portes, 8 minutes; ascension et descente des sas, 5 minutes ; correction de la position des sas, 3 minutes; ouverturejdes portes et sortie des bateaux, 10 minutes.

On installe des cabestans hydrauliques pour accélérer la sortie et l'entrée des bateaux, ce qui fera gagner 6 minutes environ. On pourra livrer passage à six bateaux par heure dans les deux sens.

En définitive, la construction de l'ascenseur a permis de racheter d'un seul coup une différence de niveau de 14 mètres, de supprimer 5 écluses, do gagner près de deux heures sur le passage des bateaux, d'économiser du personnel et surtout de l'eau. Chaque élévation et abaissement d'un bateau ne dépense qu'une éclusée ordinaire; le gain est dans le rapport de 1 à 5, <e qui devient d'une réelle importance pour les canaux à point de partage où l'alimentation a toujours été la plus grave des préoccupations des ingénieurs.

A côté des progrès réalisés dans l'outillage des canaux, il nous faudrait parler des moyens de transport, des différents bateaux, du halage, de la traction mécanique, etc., et notamment de la traction mécanique telle que vient de l'installer M. Maurice Lévy, de l'Institut, entre Paris et Saint-Maur. Le système de halage funiculaire de M. MauriceJLévylsemble promettre des résultats économiques importants.

Nous ne pouvons qu'esquisser en quelques lignes le

sphères, pour assurer le borffonctionnement des presses'de soulèvement des portes.

nouveau dispositif. Un moteur lixe entraîne les deux brins d'un câble, courant l'un à droite, l'autre à gaucbe du canal sur des poulies portées par des cbevalels établis en dehors des chemins de halage. Les bateaux s'amarrent individuellement à l'un ou à l'autre do çes brins suivant le sens de leur marche. Le câble opère simultanément la traction des bateaux à la re-

Fui. 35H. — Ifalagn funiculaire. Nouvel np[»nr«il »le iléelan<?heaii*ii1 lout en rnrJ*.

monte et à la descente. Les j)oulies verticales de support ont 0m,f>0 de diamètre au fond de la gorge el 0m,80 de diamètre au pourtour. Pour éviter que le câble puisse s'en échapper, elles sont surmontées d'une petite roulette qui lui ferme toute issue. Le câble est très tendu et pèse environ 3 kilomètres par mètre courant.

L'amarre des bateaux s'engage aussi entre la roulette et la gorge de la poulie; mais il faut qu'elle puisse s'en dégager aisément quand le bateau ne doit plus suivre le mouvement. Pour cela on a pratiqué

dans la joue de la gorge, du côté de l'eau, deux crans limités par des développantes de cercle. Quand on veut faire sortir la corde de la gorge, il suffit d'éloigner le bateau de la rive pour donner à l'amarre une certaine

Fio. 359. — Ilalagc funiculaire.

IVemicr appareil de ileclaiiohement.

inclinaison. Lorsque l'amarre arrive au cran, elle s'échappe par l'ouverture, suit la développante de cercle et se dégage.

Quant au mode d'attache au câble, il a été très bien

Fio. 300. — HalajL'i' funiculaire.

Plan «l'un bateau «-n marche.

combiné. Le câble porte de place en place une bague avec petit appareil d'attelage. L'amarre y est introduite et peut la quitter de même facilement par un système rapide de déclanchement.

Avec ce dispositif, on pourra, avec des machines espacées tous les 30 a 36 kilomètres, commander en

amont et en aval des longueurs de voie navigable de 15 à 18 kilomètres de longueur. A la vitesse de 1 mètre par seconde et pour un trafic de 1 million de tonnes , il suffira tous les 30 kilomètres de deux machines de 45 à 50 chevaux. On peut évaluer que pour 1 million de tonnes avec des péniches de 38»\50 le prix de premier établissement reviendra à 17 fr.par mètre

courant de voie. Les frais d'exploitation par mètre de canal y compris l'amortissement du capital et du câble n'excèdent pas 3 fr. 50 et la dépense de traction 0 fr. 003 par tonne et par kilomètre pour un trafic de 1 million de tonnes, ou 0 fr. 0012 pour un trafic de 3 millions de tonnes. Ces résultats sont très beaux. Il est clair que l'on tire môme parti au maximum de la voie navigable.

La première installation faite entre Paris et Joinville a été établie par M. Maurice Lévy, ingénieur en chef. Les détails ont été étudiés et les travaux dirigés parM. Pavie, ingénieur ordinaire. MM. les conducteurs Elquinet et Vandercal ont surveillé les travaux et étudié l'appareil de déclanchement.

A citer aussi, de M. Maurice Lévy, l'ingénieux siphon qu'il a installé sur le canal Saint-Martin. La, il s'agit

Fig. 361. — llalago funiculaire.

Poulie «impie des angles concaves.

de faire passer par-dessus le canal des eaux d'égout, mais on conçoit que le môme systéme|puisse rendre d'autres services chaque fois qu'il y aura à traverser un canal, pour une dérivation ou une canalisation d'eau, par exemple. Ce siphon, composé de deux tubes de 0*,60, a été appliqué contre les deux têtes du pont de Morland. Il a 7m,o0 de flèche et près de 20 mètres de corde.

La difficulté était de l'amorcer et de maintenir l'amorçage. M. Lévy a eu l'idée de déterminer le vide dans le siphon par le jeu d'une trompe placée à

Fia. 362. — Siphon de l'Égout de Bercy. Coupe d'une trompe.

Fia. 363 et 304. — Siphon do l'Égout do Bercy. Coupe et él<«Tatlon <!e la partie »up#rieure des siphon» arec le» trompe».

son sommet. Dans une boite en tôle en communication avec le siphon sont disposés en regard deux ajutages coniques. Par l'un d'eux arrive sous pression l'eau de la ville ; de là, elle pénétre par la tubulure en regard;

m CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

et comme celle-ci est de diamètre un peu plus large, sa vitesse et sa pression diminuent. Cet abaissement de pression détermine une aspiration dans la boite et dans le sipbon et l'eau de l'égout entre à son tour et amorce le sipbon. Une disposition ingénieuse empêche l'eau d'égout chargée de matières d'entrer dans la boite et d'ensabler les ajutages.

Il y a deux siphons et deux trompes. Sauf par les grands orages, un seul siphon fonctionne. Il n'estmême pas nécessaire de faire fonctionner la trompe d'une manière continue. M. Lévy a combiné une disposition automatique qui permet de ne faire marcher la trompe que lorsque c'est absolument nécessaire pour produire l'amorçage selon les variations du niveau des eaux dans l'égout. Les siphons du canal Saint-Martin constituent une véritable curiosité. C'est une innovation qui méritait d'être signalée.

Après les canaux, nous devrions insister sur les constructions gigantesques qui ont été poursuivies depuis dix ans dans nos ports maritimes On a entièrement refait à neuf le port de Calais, on a considérablement agrandi et modifie* les ports de Boulogne, de Dieppe; on a achevé en 1888, au Havre, le bassin Bellot, destiné à la grande navigation; à Honfleur, on a construit un bassin de retenue de chasses avec déversoir à hausses mobiles pour arrêter les envasements du port. A mentionner encore les importants travaux des ports de Rouen, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Rochefort, Bordeaux, Marseille et surtout ceux de la Pallice, à la Rochelle. On trouve, au pavillon, deux solutions intéressantes pour la création de ports artificiels, l'une en circonscrivant à l'aide de jetées le port

(in mer profonde de Boulogne, l'autre à la Palliée, où le port et l'avant-port ont été creusés dans les terres comme on l'avait fait autrefois pour le port militaire de Cherbourg. A la Rochelle, en effet, on a créé de toutes pièces un port, un nouveau bassin, le bassin de la Palliée accessible aux plus grands navires; on a

Fie. 365. — Plan du Port do Calais.

mordu sur la terre ferme, jusqu'au rocher; on a pratiqué des fouilles, enlevé les déblais. Le travail, commencé en 1881, sera terminé en 1890. L'avant-port a une étendue de 11 hectares l/w2et une profondeur aux hautes mers de 1 tm,56 ; le bassin à Ilot a une étendue de 11 hectares \/*2. La jetée Sud aune longueur de 300 mètres; les fondations ont été faites au-dessous du niveau des eaux au moyenne blocs gigantesques en maçonnerie, construits dans des caissons mobiles a air comprimé amenés sur place et immergés en mer.

Les fondations du mur du quai, écluses, formes de radoub, ont été généralement établies aussi au moyen de caissons à air comprimé. Ce genre de fondation prend chaque jour un développement plus considérable. Au port si remarquable de la Pallice, les caissons mesuraient 22 mètres de long sur 10 mètres

Fiu. 366. — Plan do Boulogno-sur-Mer.

de large, les dimensions d'un hôtel parisien. A Bordeaux, les deux quais de la rive gauche, sur un développement de t,t>00 mètres ainsi que les cales de radoub, ont été établis sur fondations, faites aussi avec des caissons à air comprimé, à des profondeurs comprises entre 20 et 25 mètres au-dessous des eaux.

Nous voilà bien loin des petits caissons à air comprimé de 40 mètres carrés qu'en 1860 l'entrepreneur français Castor employait pour établir les fondations

du pont de Kehl. Aujourd'hui on se sert couramment de caissons de plusieurs mille mètres carrés de superficie qui permettent de construire d'un seul coup une écluse entière, un bassin de radoub, des murs de quai. C'est tout à fait prodrgieux. Castor reprenant l'idée de Triger, autre ingénieur français qui s'était servi lepre-

Fio. 367. — Plan dos bassins do Marwille.

mier sur la Loire de l'air comprimé pour travailler à sec, a approprié le système à l'exécution des fondations ; il a été le véritable créateur de ces procédés hardis dont notre pays a eu l'initiative. Il est juste de rappeler le nom de Castor en face des travaux colossaux exécutés aujourd'hui un peu partout. Les ingénieurs anglais, qui ont conçu et exécuté le célèbre pont sur le Forth, une des œuvres les plus grandioses de notre temps, n'ont pas hésité à confier les fondations des piles a l'entreprise française Couvreux et Hersent, qui

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avait déjà exécuté avec tant de succès les travaux à air comprimé d'Anvers.

Il est bon d'ajouter encore que partout maintenant sur les ports, les portos d'écluses, les ponts tournants ou roulants sont manœuvrés mécaniquement. Les grues, les treuils, les cabestans, etc., fonctionnent avec

Fia. 3<>k. — Port 1)0 la Rorhollo et bassin de la Pallicc.

de l'eau sous pression. On pourra se rendre compte, au pavillon, de tout»4 l'importance des travaux exécutés dans nos ports. On trouvera aussi de beaux plans en relief de nos ports transformés dans l'exposition des Chambres de commerce maritimes a gauche du pont d léna, sur la berge.

Nous ne pouvons à regret énumérer tous les ingénieurs distingués qui ont concouru à ces travaux. Rappelons seulement les noms de MM. Guillain, Vétillard, Potel, etc.

PAVILLON DES TRAVAUX PUBLICS. m

Allons plus vite ; abandonnons les travaux maritimes et arrêtons-nous, comme le publie, dans cette visite ra-

Fi«. 309 et :i70. — Coupes ver- Fui. 371 et 37?. —Coupes verticale

ticalc <«t horizontale «l'uu appa- < t horizontale d'un appareil hi-

rcil do phare électrique. local éclairé à l'huile minérale.

pide, devant le magnifique appareil optique pourpbare installé au milieu du pavillon : un appareil en vraie

grandeur, celui-là même qui est destiné à l'éclairage du cap d'Antifer. C'est le plus grand appareil qui ail été jamais construit encore. C'est un phare à essence minérale. Il a été décidé que l'éclairage électrique ne serait appliqué qu'aux phares principaux qui servent au grand atterrage. Malgré cela, nous possédons en France treize de ces phares électriques dont huit sont actuellement en service à Dunkerque, Calais, Gris-Nez, la Gauche, la Hève, Creac'h, les Haleines et Planier, et dont cinq sont en voie d'établissement à Barflcur, à Penmarcli Belle-Isle, île d'Yen et la Coubre. A l'étranger, on ne trouve, au contraire, que dix stations éclairées à l'électricité parmi lesquelles quatre seulement en Angleterre. En France, on a cherché à créer un système intermé-

Fiu.373. — Demi-coupe, demi-élévation do l'appareil hyper-radiant.

Vu.. 371. — Plan de l'appareil hyper-radiant.

diaire entre les phares de premier ordre et les phares électriques toujours coûteux, en améliorant les phares éclairés à l'huile. F*our assurer à un feu un grand éclat

Kio. 375 et 376.— Elévation et coupe du Phare du Grand-Charpeutier.

lumineux, il est indispensable dé concentrer les rayons, de les empêcher de diverger.Or, ladivcrgence augmente quand les dimensions du loyer lumineux augmentent elles-mêmes. Pour la diminuer, il faut, à mesure que la grandeur du foyer s'accroît, accroître de môme le diamètre du système optique. Avec l'électricité, l'optique

est réduite parce que le foyer <*st très réduit lui-même ; mais si l'on veut employer rhuile et, par suite, des flammes un pou grandes, il devient indispensable, pour

Fio. 377. — Phare métallique de Port- Vendre*.

Élévation du cM* A<- la jetfi*.

ne pas augmenter la divergence des rayons d'avoir recours à des appareils optiques de très fort diamètre. On jusqu'ici, on n'avait guère pu dépasser les dimensions adoptées par Fresnel pour les appareils optiques de premier ordre, soit |m,34 de diamètre intérieur. En An-

gleterre, à défaut de mieux, on a superposé dans une même lanterne î, 3 et même i appareils de premier ordre; ces combinaisons appelées biforme, Informe, qnutri forme compliquent le service, élèvent le prix de revient de l'unité de lumière et augmentent la divergence déjà excessive des appareils.

En France, on a attendu (pie les progrès de l'industrie aient permis d'augmenter les dimensions des appareils d'optique. C'est à M. Barbier, constructeur de phares, que revient l'honneur de la solution. Il est parvenu, en 1885, à fabriquer de grandes lentilles de l*,330 de longueur focale. Le bel appareil du pavillon a t!to,6t> de diamètre extérieur. 11 est susceptible, d'après les expériences faites à South-Foreland, en Angleterre, de tripler l'éclat d'un appareil de premier ordre. C'est un véritable progrès. Déjà la Russie et les Ktats-Unis ont adopté pour des feux lixes illuminés avec une seul»' lampe les appareils dits hyper-radiants de M. Barbier. Le système est très économique et assure une juste proportion entre les dépenses et les besoins à desservir; on y aura recours pour les points d'intérêt secondaire qui réclament cependant l'amélioration de l'éclairage.

Les visiteurs s'arrêtent aussi devant les modèles des nouveaux phares construits de 1878 à 1888 : les phares à huile de la Vieille (Finistère), des Grands- Cardinaux Morbihan , du Grand-Charpentier, à l'embouchure de la Loire ; Le phare métallique de Port- Vendres, le phare électrique de Planier, près de Marseille. On a beaucoup amélioré, dans ces derniers temps, les installations de nos phares électriques, (/administration a groupé dans un bâtiment spécial attenant au pavillon toute une installation de phare

électrique, avec appareil optique bifocal, dynamos Meritens, instruments de contrôle très ingénieux, moteurs à air chaud. La force motrice est fournie par les nouvelles machines à air Bénier, qui évitent l'emploi des chaudières et l'usage de l'eau. On associe aussi

Fin. 378. — Eclairage à la {cazoliac Coupe d<- l'appareil d'éclairage h la gaioltnc d'une tour-bali»*.

maintenant aux phares électriques des signaux sonores pour remédier à l'ipsuflisance de l'éclairage par les temps de brouillard. M. Bourdelles, ingénieur en chef du service des phares, fait exécuter en ce moment le nouveau programme à Belle-lsle et à Barfleur. Au début, on se servait en France des sirènes si em-

ployées aux États-Unis et actionnées par la vapeur d'eau. Maintenant, afln de pouvoir produire des sons au moment du besoin, sans attendre que la vapeur

soit sous pression, on a recours à l'air comprimé. Les moteurs qui servent à L'éclairage servent aussi à comprimer de l'air, et, au moment utile, il suffit de mettre des accumulateurs d'air en relation avec la sirène.

Les premières expériences faites au phare de Gris-Nez ont donné d'excellents résultats. On pourra examiner ce nouveau genre de sirène dans le bâtiment des phares. Enfin, le public regarde aussi curieusement une tour-balise en béton et une tour-balise en grandeur naturelle installées devant le bâtiment des phares. La tour en béton est intéressante par son mode de construction ; c'est le type de la tour du Soulard, située aux abordsde la rade de Lo rien t. La construction se fait vite, et elle résiste bien à la mer. La seconde tour-balise est destinée, comme les bouées lumineuses, à l'éclairage desécueils. Elle e>t munie de quai r e brûleurs à la gazoline groupésautour d'un tambour dioptrique à feu fixe. Le feu n'a besoin d'être ravitaillé (pie tous les trois mois. Les brûleurs sont en relation avec deux réservoirs ayant chacun w2k2,*> litres de capacité et renfermant lagazoli ne. Avec l'optique, l'éclairage correspond sensiblement à celui des feux de cinquième ordre. Les frais d'entretien ne dépassent guère I 000 francs par an. M.Bourdelles a fait installer ce type aux abordsde l'île de Ré, du nouveau port de la Pallice, et on l'établira aussi sur l'écueil des Chiens-Perrins, à l'ouest de l'île d'Yen, sur la roche de Menhir, située au large de Ponmarc'h, dans les parages les plus exposées de la côte française.

Mentionnons encore, parmi les curiosités du pavillon, l'exposition des travaux du tunnel sous la Manche, le beau modèle de l'Apadana d'Artaxercès de M. Dieulafoy, les documents sur le service des mines, sur la statistique graphique de M. Cheysson, les cartes des chemins de fer, de la navigation, des routes, les appareils et les documents sur le nivellement de la France, travail immense en cours d'exécution. La

Commission constituée en 1878 pour arrêter le programme des opérations a désigné parmi ses membres Un Comité d'exécution composée de M. Marx, président, de MM.Cheysson,Goulier, Durand-Claye, Prompt et Ch. Lallemand, secrétaire.

La construction descheminsdefer,des routes, le tracé des canaux de navigation et d'irrigation, l'exécution des ouvrages de défense aux abords des places fortes exigent une connaissance exacte du relief du sol. Cette connaissance est obtenue, comme on sait, au moyen d'opérations topographiques dont l'ensemble porte le nom de nivellement. Le nivellement général d'un grand pays s'appuie sur un réseau fondamental delignesdonl le profil est déterminé avec la plus grande exactitude possible, qui relient entre elles les différentes mers et qui se raccordent avec les lignes analogues des pays voisins.

Le premier réseau fondamental a été exécuté en France, de 1857 à 1864, par Bourdalouè. Depuis, les travaux de cette nature ont pris en Europe une telle extension que les lignes actuelles de nivellement de précision, mises bout à bout, feraient trois fois le tour de la Terre.

Le réseau de Bourdalouè' ayant été reconnu insuffisant, le Ministère des Travaux Publics a entrepris, depuis 188 i, l'exécution d'un nouveau réseau fondamental de 12,000 kilomètres, qui sera environ trois fois plus précis. Cette opération s'exécute avec des instruments très perfectionnés et des méthodes nouvelles (1) que déjà plusieurs pays étrangers ont adoptés [pour leurs propres nivellements.

(I) Voir pour l;i description de ces instruments et de ces méthodes le Trait** de nivellement de haute précision de M. Ch. Lallemand, ingénieur des Mines, qui dirige les opérations.

Le nouveau réseau fondamental français doit être terminé en 1892. — On abordera à cette époque les nivellements intercalaires et le tracé des courbes de niveau qui achèveront de définir le relief du terrain.

Président de lu Section de» Travaux faiblir», de /' Agriculture, du Commerce et d* ^industrie au Coa»eil d'Etat, lu* jeteur général dt$ Ponts et fhauttcet, Pr/itiUnt du Jury du Groupe Vf, Président 4u Congrt* de» Chemin* de fer.

A côté des modèles et des plans, l'administration a réuni dans une bibliothèque les principaux ouvrages publiés depuis 1878 par les ingénieurs des Ponts et Chaussées. Parmi ces ouvrages, il en est troisgque nous devons mentionner spécialement, en raison de leur importance et de la grande autorité de leur auteur,

M. Alfred Picard, ancien directeur général des Ponts et Chaussées, des Chemins de fer et des Mines, aujourd'hui président de la section des Travaux publies, de l'Agriculture, du Commerce et de l'Industrie au Conseil d'État. Le premier est relatif aux travaux exécutés pour

Fio 3*1. — Machine* hydraulique* »'lrvatoircs «If Vatcourt.

Vue Intlrh'Ufe «1» l'util!?.

l'alimentation du canal de la Marne au Rhin et du canal de l'Est 1 j. Ces travaux comprennent en particulier deux usine- hydrauliques, établies à Valcourt et à Pierre-la-Treicbe, prés de Toul ; une usine à vapeur

(1) L'Alimentation en Eau des Cantttu et des Villes. Travaux exécuté* depuis 1870 pour l'alimentation «lu canal de la Marne au Rhin cl du canal de l'KsI, — Avec un allas de 23 planches dont Il doubles : mi |V. .1. Rothschild, éditeur.

îiO* CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

créée à Vacon, prés de Void; un réservoir construit à Paroy, près de la nouvelle frontière; et des rigoles avec siphons en Tonte d'un développement considérable. Les usines hydrauliques utilisent des chutes de la Moselle canalisée; elles peuvent refouler jusqu'à

Fie 382. — Usine i\o Picnv-la-TrHclic.

Vu«* «lVn«i<'inbIe.

700 litres par seconde a 40 mètres de hauteur; les moteurs sont des turbines Girard dont chacune actionne directement trois pompes, accouplées à H0° : la partie mécanique a été construite par MM. (Wallon et Féray. L'usine à vapeur comporte deux machines horizontales agissant par connexion directe sur des pompes, susceptibles de refouler ,'iOO litres d'eau par seconde a M mètres de hauteur : l'installation mécanique a été

non

faite par MM. Cail et Cie. Le réservoir de Paroy contient 1,700,000 mètres cubes d'eau; il est à digue en terre et présente des dispositions forl ingénieuses pour les ouvrages régulateurs. Le livre dans lequel M. A. Picard a rendu compte de ces travaux constitue un traité tout

Fia. 383. — Machines hydrauliques «'lovatoires do Pierrc-la-Treichc.

Plan.

à la fois scientifique et pratique, qui est appelé à rendre les plus grands services à tous les ingénieurs, aussi bien pour l'alimentation des villes que pour l'alimentation des canaux.

La seconde publication de M. Picard est intitulée: « les Chemins de Fer français (!).» C'est une étude his-

(I) Les Chemins de Fer françaiê. Etude historique sur la constitution cl le régime du réscuu, débats parlementaires, actes

torique en six volumes sur la constitution et le régime du réseau. On y trouve les indications les plus complètes tant sur les actes législatifs, réglementaires ou administratifs, que sur les débats parlementaires auxquels a donné lieu depuis l'origine la question si im-

Fig. 3$l. — Machines hydrauliques «Mtfvatoircs de Pierro-la-Treiche.

Coupe longitudinal*'.

portante des chemins de fer. L'auteur a fait preuve d'un profond esprit d'analyse, d'une complète impartialité et d'une compétence exceptionnelle. Le style est tout à la fois clair, sobre et précis. Des tableaux statistiques très développés permettent de suivre

législatifs, réglementaires, administratifs, etc. 6 volumes in-8<\ avec 3 cartes. — J. Rothschild, éditeur.

pas à pas tous les faits économiques et financiers.

Le dernier ouvrage a pour titre : « Traité des cheminsdefer(l). » 11 est en quatre volumes. C'est un traité didactique et magistral, embrassant touteslesquestions administratives, économiques, financièreset juridiques relatives aux voies ferrées, Lo régime des chemins de 1er y est étudié dans ses moindres détails, non seulement en France, mais aussi à l'étranger. Nous n'avons pas à faire l'éloge de cel ouvrage remarquable qui a une réputation universelle et qui lait autorité dans tous les pays : cependant nous signalons spécialement le tome 1er, qui est presque exclusivement consacré à des études éeonomiquesdu plus haut intérêt, et le tome IV, concernant l'exploitation commercial»' et en particulier la tarification des voyageurs et des marchandises.

M. Le Itond, ingénieur des ponts et chaussées, expose une publication très étendue sur les travaux publics de l'Amérique du Nord, rédigée à la suite d'une mission donnée par le Ministère (2).

Elle est divisée en cinq parties: la première renferme la description des systèmes nouveaux qui ont permis de franchir les grands fleuves de l'Amérique : le Missouri, le Mississipi, l'Ohio, le Saint-Laurent, l'Hudson, à l'aide de ponts gigantesques, atteignant jusqu'à 168 mètres de portée.

La seconde partie traite des nombreux perfectionnements apportés à la construction, au matériel et à

(1) Traite des Chemins de fer. Économie politique, commerce, finances, administration, droit, études comparées sur les chemins étrangers. 4 volumes in-8°. — J, Rothschild, éditeur.

(2) Les Travaux publics de l'Amérique du Sord. 1 volume de texte et Atlas. — J. Rothschild, éditeur. ^Sous presse.)

l'exploitation des chemins de fer proprement dits et des chemins de fer urbains.

La troisième partie décrit les récents travaux exécutés pour rendre accessibles à la grande navigation

Fio. 380. — Pont Caotilevcr sur le Saint-Laurent a Lachine, près Moutrôal (Cana<liau-Pacili<: Kailwavi.

les voies navigables, dont l'Amérique est naturellement mieux douée qu'aucun pays du monde.

L'auteur étudie ensuite la création et l'entretien des ports et des rades, les systèmes de protection de balisage.

La cinquième partie traite des questions de génie municipal, voirie, égouts, alimentation en eau, éclairage, qui ont dû, aux États-Unis, plus qu'ailleurs, ré

clamer des solutions immédiates, en raison du développement rapide des cités américaines.

L'ouvrage est précédé d'une introduction sur les

Fh*. 387. — Pont Cantilcver (Krntw*

progrès du génie civil en Amérique, écrite par un des hommes les plus considérés de l'Amérique, M. G. Bouscaren, ingénieur-conseil h Cincinnati.

Évidemment, il faudrait des heures et môme des

journées pour visiter en détail le pavillon des Travaux publics.

En comparant les modèles du pavillon à ceux de la

liana Railway) sur l'Ohio, à Louisville. ontrepoid»,

période antérieure qui figurent dans lasection de l'histoire du travail, dans le palais des Arts libéraux, on se rendra facilement compte de l'importance des progrès réalisés depuis un demi-siècle. En se reportant aussi

à l'Exposition de i878, on constatera avec satisfaction que les dix dernières années constituent également une période d'activité considérable pour les travaux publics ; jamais, peut-être, on n'a autant construit, aussi sagement appliqué les ressources disponibles dans l'intérêt général de notre pays.

Il nous est agréable, en terminant cette esquisse trop rapide, de rendre un hommage bien mérité aux ingénieurs des ponts et chaussées et aux ingénieurs des mines, aux auteurs de toutes ces grandes œuvres qui depuis dix ans ont tant contribué pour leur part à accroître les sources vives de la richesse nationale.

LE PAVILLON DES FORÊTS

Architecture rustique. — Dorique eu arbres séculaires. — Décoration sylvestre. — Rondins etécorce. — Entablements en cordes de tilleul. — Construction sur pilotis. — Les ateliers de la Croixde-Toulouse. — Au rez-de-chaussée. — Panneaux décoratifs.

— Musée du bois. — Les diverses csseuces et leurs applications.

— Galerie du premier éta<;e. — Les collections. — Les coupes microscopiques. — Les maladies de l'arbre; les insectes. — Les produits chimiques. — La pâte à papier. — La soie de bois. — Les charbons. — Les bois colorés artificiellement. — Les frerminateurs. — A travers les montagnes. — Dans les Alpes et les Pyrénées. — Vues dioramiques. — Restauration et conservation. — Le problème des reboisements.

u sommet d'un coteau gazonné, au milieu des fleurs, des pampres et des plantes grimpantes, s'élève le joli pavillon des forêts. Sans l'afllucnce du public on se croirait là au bout du inonde, transporté bien loin de la Seine et du Champ-de-Mars. Tout autour cela sent bon; partout, à l'extérieur comme à l'intérieur, se répandent les senteurs de la forêt, l'odeur du bois fraîchement coupé, des branches vertes et du feuillage, le parfum des pins, des mélèzes, du chêne, du châtaignier. Cela donne l'illusion du grand air et des grands espaces.

Montons le coteau verdoyant. Doux escaliers, aux

fi

] u.. 3>9. — Premiers travaux. — Plantation «les pilotis.

marches taillées dans le sol et maintenues par des traverses de bois brut, conduisent à droite et à gauche

LE PAVILLON DES FORÊTS

aux portes d'entrée. L'aspect de la construction ne rappelle en rien le chalet forestier de l'Exposition de 1878. Cette fois tout a été fait avec du bois en grume, avec des troncs d'arbres tels qu'ils ont été apportés de la forêt, des arbres avec leur écorce et môme leur mousse. Tous les arbres ont été empruntés aux forêts

Fia. 390. — 1'avillou des Forêts. — Plan.

de l'Etat. La façade est de style grec accusé par une double colonne de dorique qui dessine un beau promenoir extérieur de 3m,50 de large. Deux avancements avec pignons rappelant les chalets suisses forment vestibules d'entrée. Au milieu des deux pignons, sous lès chevrons de la toiture, on lit : Forêts; chaque mot est tracé avec des lambeaux d ecorce (Og. 391). Entre les colonnes du promenoir courent d'élégantes

balustrades. Au premier étage des balcons, des pilastres avec leurs chapiteaux; point de pierres, point de briques, du bois, rien que du bois; les fondations sont sur pilotis .(fig. 392); les colonnes sont des troncs de chêne, d'orme, de hêtre, de peuplier, de sorbier, d'alisier, cormier, merisier, sapin; elles ont 6 mètres de hauteur et 40 à 50 centimètres de diamètre. Les chapiteaux sont formés de branchages entrelacés, les tores de la base dessinés avec des cordes d'écorce de tilleul; la base elle-même est constituée par des rondelles de même essence, mais de plus grand diamètre : toujours des branches, des troncs, des arbres, partout la forêt. \

Des pilastres également en troncs d'arbres soutiennent la muraille en bois et la découpent en panneaux recouverts, ainsi que le plafond, avec des demi-rondins ou baguettes de bois divers revêtus de leurécorce aux teintes variées.

La construction comprend un rez-de-chaussée et une galerie formant premier étage. Le rez-de-chaussée se compose d'une grande salle rectangulaire de 42 mètres de longueur sur 18 mètres de largeur; il est prolongé en arrière par une annexe qui a elle-même 3ti mètres sur \A (fig. 392 et 393). Le promenoir à colonnes ! du rez-de-chaussée supporte la galerie du premier étage (fig. 396). Au fond de la salle, encadré par de larges troncs, dans le demi-jour, un bassin avec rochers; audessus à 1 mètre de hauteur, une galerie de 5 mètres de largeur, où les visiteurs se pressent; on y parvient à droite et à gauche du rocher par quelques marches. Dans cette galerie, on a installé trois vues panora- J iniques d'un bel effet, représentant des montagnes,

LE PAVILLON DES FORÊTS

des torrents et divers travaux de reboisement. La galerie donne aussi accès à deux petites salles d'exposition avec photographies diverses, documents, bibliographie, etc., et à deux annexes affectées l'une au logement des surveillants, l'autre à l'administration.

Fia. 393. — Vue intérieure <lu Pavillon.

On monte enfin au premier étage par deux escaliers disposés à droite et à gauche du bassin central. La galerie supérieure tourne autour de la grande salle; elle est ornée d'une balustrade avec colonnes rustiques et entre-colonnements soutenant les plafonds et les parties hautes de la construction. Elle comprend quatre petits salons d'angle et deux salles d'exposition

au-dessus des vestibules du rez-de-chaussée. Toute la décoration est en bois d'essences forestières françaises. La couverture est v\\ bardeaux de cbene fhg. 393).

Fut. 394. — Escalier du roz-de-chauss<*o conduisant aux diorama*.

La construction a absorbé près de 1,400 mètres cubes; la plus grande partie des bois a été tirée de la forêt de Fontainebleau. 272 troncs ou colonnes (132 mètres cubes) proviennent de la forêt de Mont-

LE PAVILLON DES FORETS. 52ï

ceaux, près dtî Meaux ; on a fait venir aussi des châtaigniers (26 mètres cubes) de la forêt de Marly, des mélèzes (2 mètres cubes) de la forêt de Compiègne, des sapins, des épicéas i i mètres cubes) de la forêt de

Fig. 395. — Construction on planoho* du modHe du Pavillon en grandeur d'exécution. (Carreîour de la Croix-de-Toulouse dans la forêt de Fontainebleau.)

Gérardmer ( Vosges C'est au carrefour de la Croix-de- Toulouse, dans la forêt de Fontainebleau, que Ton avait établi les dix-huit chantiers qui, de septembre 188S à mars 1889, débitèrent les bois et fabriquèrent les panneaux, balcons, chapiteaux, rondins, etc. (fig. 395 et 396). Pendant six mois, plusde soixante ouvriersont travaillé en forêt avec une activité fiévreuse (fig. 397).

Il est bon, sans doule, de dire que pas un arbre n'a été sacrifié en vue de l'Exposition. On a simplement

choisi parmi les coupes de Tannée les matériaux les plus convenables. Cette belle exposition de l'administration des Forets n'aura pas coûté plus de 200 000 fr.

LE PAVILLON DES FORKTS

Le programme général de l'exposition des Forêts a été arrêté par une Commission nommée par M. Develle, Ministre de l'Agriculture, dès le mois de juin 1886. Ce programme a été réalisé avec le concours de tous les agents forestiers, des professeurs et directeurs des

Fio. 397, — Atelier feu<leurs <}<>l>iiuiit lr> bardeaux pour la couverture du Pavillon,

écoles de Nancy et des Barres, sous la direction de M. Dauhrée, directeur des forêts.

La construction du pavillon et l'installation de l'exposition ont été conliées à MM. de Gayffier, conservateur des forets, Leblanc, architecte, et René Daubrée, inspecteur des forêts.

MM. Sée, administrateur, et Thil, inspecteur adjoint des forets, ont été chargés de la réunion et du classe-

ment des collections relatives à l'exploitation des bois. M. Deinonlzey, administrateur des forêts, a dirigé la partie de l'exposition relative à la restauration des terrains en montagne.

Assurément la gravure, la photographie présentent bien une image fidèle du pavillon des Forêts; mais rien ne saurait donner à ceux qui ne l'ont pas vu une idée juste de son originalité, de son élégance, de sa poésie. C'est un spécimen à par!, qui n'a pas d'analogue, que l'on ne recommencera sans doute jamais. C'est joli, frais, coquet, gracieux, charmant. Les motifs décoratifs sont d'un goût exquis. Les panneaux et les revêtements de plafonds en éeorees variées séduisent le regard. Les murailles, les cloisons constituent de véritables mosaïques que l'on dirait formées de marbre noir, gris, rouge, vert jaune. La richesse des couleurs est étonnante. On a fait presque de la tapisserie avec des éeorees d'arbres bien choisies. C'est de l'art véritable.

Le promenoir extérieur à lui seul mériterait une longue visite particulière. Nous ne pouvons qu'y jeter un rapide coup d'oui (flg. 392).

Un certain nombre des arbres de la colonnade sont antérieurs à la Révolution. On a placé sur chacun d'eux un écriteau : Chêne rouvre, 150 ans; hêtre raboteux, 160 ans; châtaignier, tiO ans; peuplier noir, 50 ans; aune, 70 ans; sorbier, cormier, 200 ans; sapin, 120 ans; épicéa, 190 ans. On voit aussi des rondelles détachées de vieux arbres avec leur âge. Cela va jusqu'à 270 ans. On se promène au milieu de ces vétérans qui ont vécu plusieurs existences humaines. Quelques-uns, à l'intérieur et à l'extérieur, ont con-

LE PAVILLON DKS FORÊTS

servé encore assez de sève pour donner des feuilles. On voit s'échapper d'un merisier séculaire une vigoureuse poussée de jeunes feuilles d'un vert émeraude.

La grande salle est consacrée à l'exposition du bois et du travail du bois. Au milieu une scierie mécanique

Km. 398. — Atelier de scieurs de long débitant les charpentes.

attire les regards. L'outil est entraîné par un moteur à gaz ; il saisit un énorme tronc et le partage en deux. Mais L'intérêt est ailleurs, et l'attention se fixe sur les panneaux do la muraille. Les parois de rez-de-chaussée sont subdivisées, en compartiments juxtaposés, par les piliers de soutien; chacun de ces entre-colonnements constitue l'exposition d'une essence de bois spéciale. Les essences ont été groupées par ordre

naturel, selon les familles végétales. A côté des échantillons de bois, on a placé les applications les plus caractéristiques. Voici, par exemple, le panneau du tilleul. Le [bois de tilleul est très employé par les luthiers, les sculpteurs, mais surtout par les fabricants do jouets d'enfants. On s'en sert notamment pour la saboterie, les allumettes, la pâte à papier. Le tilleul a donné lieu plus récemment à une industrie naissante. Son liber, après macération dans l'eau, se détache et forme la tille, sorte de substance très tenace que l'on tresse de façon à en faire des cordes et des cordes excellentes. On trouve dans ce panneau de nombreux spécimens de ces cordes, etc. A cûté vient l'érable; d'un coup d'ceil le visiteur voit qu'avec l'érable on fabrique des robinets, des manches d'outil, des chaises. Plus loin, à la suite on a groupé les arbres fruitiers. Le poirier prend bien la teinture; il est recherché pour la sculpture; le cerisier est employé par les fabricants d'instruments de musique, par les fabricants de pipes; le sorbier, l'alisier servent à faire des règles, des équerres; le cornouiller, des cannes; la bruyère, des pipes, des balais; le frêne, les rais de roues, les chaises, etc.

Tout le monde sait que le noyer est utilisé surtout dans l'ameublement. Le sapin est employé pour les instruments a cordes, pour les planchers, pour les caisses, les allumettes, les jouets, les seaux, les tonneaux, les baignoires en bois, les conduites d'eau. L'épicéa est appliqué surtout à la confection des tables d'harmonie. Le mélèze sert dans la charpente des maisons et des vaisseaux, dans la tonnellerie. Avec le pin maritime, on fait principalement des traverses

LE PAVILLON DES FORÊTS

de chemin de fer et des pilotis; — de la laine, extraite des feuilles du pin sylvestre, on fabrique divers tissus. Au panneau du mélèze, on s'arrête devant une rondelle dont l'un des diamètres a près de 2 mètres. L'if et le genévrier nous fournissent par leur poli et leurs nuances variées un superbe bois d'ébénisterie. Le châtaignier nous donne des échalas, des treillages, placages, parquets; le tremble, les allumettes; le peuplier, des allumettes et surtout de la pâte à papier.

Voici encore le panneau du bouleau avec des sabots nombreux et une série de flacons renfermant divers produits. Ces produits sont obtenus par la distillation du bouleau et du hêtre. Leur préparation occupe aujourd'hui une industrie florissante. Ces produits sont l'alcool méthylique, le goudron de bois, l'acide acétique,etc. C'est du goudron de bouleau que l'on extrait en Russie une huile légère renfermant en elle-même un principe particulier qui sert à donner au cuir de Russie son odeur caractéristique. L'écorce du bouleau est riche en résine, ce qui lui assure une imperméabilité qui est utilisée pour la fabrication de semelles contre l'humidité, de tabatières, etc. On trouve au milieu de la tourbe et des lignites de l'écorce de bouleau ayant résisté à l'eau et à la durée du temps. Enfin, la sève de cet arbre sert à la fabrication de certaines boissons alcooliques et renferme des principes médicamenteux.

Avec le micocoulier, arbre du Midi, on fabrique des fourches, des manches de fouet; avec l'orme, des poulies, des charrettes, des tampons de wagons. Avec le charme, dur et tenace, on fait des dents d'engrenage, des

formes do chaussures,des maillets, merlins, blocs, etc. Les deux essences les plus importantes de nos forêts

Fig. 3l»9. — Chênc-liî»ge cl ses emplois.

sont le chêne et le hêtre. Le hêtre occupe à lui seul trois panneaux du pavillon. Le hêtre ne vit guère <jue trois ou quatre siècles, et sa hauteur ne dépasse

LE PAVILLON DES FORETS

pas 40 mètres avec 6 mètres de circonférence ; mais sa tige reste droite et régulière; aussi fournit- Il

Vm. 4CO. — Chêne rouvre et Chêne pédoncule et leur* emplois.

de belles planches et de longues poutres. Ses emplois sont nombreux : tonnellerie commune, brosserie, meubles de cuisine; il ne se pourrit pas dans l'eau ;

aussi sert-il à faire uVs pilotis, des raines, des traverses de chemin de fer; imprégné de vapeur d'eau.

Vu,. 101, — ChAuo rouvre.

l»ros»iwiu<Mit : Go ili nu.-trrs. Micrographie de M. Thouroudi-,

il se laisse coucher et ployer. Le bois tourné de Vienne n'est que du hêtre. Quant au chêne, chacun en sait les usages ; charpente, ameublement, tonnellerie, parque le rie, wagons, charronnage. Ce n'est pas que

LE PAVILLON" DES FORETS

le chêne soit supérieur à certaines autres essences par sa dureté, sa souplesse, etc. Mais il résume à un

Fio. 40?. — Ormo champêtre.

Grotaiftsenif nt : .'10 diamètre». Micrographie de II. Thmiroude.

degré moyen les principales qualités des autres bois.

Mentionnons encore ce que, en termes de foresterie, on nomme les morts-bois : la bourdaine, dont le charbon

est si employé pour la fabrication de la poudre; le buis, si recherché pour la tabletterie et le tour; le coudrier.

. # 'jm x?%% tJiSîiÇî :

Fio. 103. — Pin laricio.

GrosiùMCni<mt : 00 diamètre». Microprnphie de M. Thovroude.

pour les corbeilles, bottes, étuis; le genévrier, pour les bois de crayons; le houx, pour les dents d'engrenage; le troène, qui fournit un bon charbon pour la poudre, etc. La salle du rez-de-chaussée peut être considérée comme

LE PAVILLON DES FORETS. 5.13

un véritable musée du bois et de ses applications. Le musée se continue au premier étage dans la ga-

Fio. 401. — Erablo syromorr.

Grottitsement : GO dinmMrrs. Micrographie de M. Thonroudc.

lerie supérieure. On a groupé avec le même ordre méthodique tout ce qui se rapporte à chaque essence. On trouve là comme une série de monographies et môme de leçons de choses, selon le mot moderne. De

belles photographies, œuvres d'agents forestiers, montrent le port de l'arbre à l'état isolé ou en massif.

fi*

Fie 40.">. — Peuplier tremble.

Grotkiitement : .10 diamètres. Micrographie de M. Thouroudf.

sous ses divers aspects d'été ou d'hiver. A côté des échantillons de graines (collection préparée par M. Gouêt), des bourgeons, des feuilles, des fruits (herbier sous verre de M. Fliche); à côté encore, 400 sec-

LE PAVILLON DES FORETS

tions microscopiques de bois ; sur ces coupes minces, on distingue fort bien les libres, les vaisseaux, les rayons médullaires, le parenchyme, les canaux résinifères; on peut avec ces éb'-mentsdéterminer rapide-

Fig. 40*). — Chêne de Provence Fio.407.— C*h«Mie de Hourgogne

(irèn inaigre). (tr«*'s maigre)*

ment une espèce. On a eu soin de mettre sous les yeux du visiteur des agrandissements photographiques f!)

(I Les lioi.s rm/thii/rs dons l'Industrie. Leurs caractères dis-

linctifs et leurs descriptions, accompagnés de 100 sections eu lames minces «les principales essences l'oreslières de la France et de l'Algérie, p:ir H. Nœudusger. Avec texte et un tableau. — .1. Rothschild, éditeur.

préparés par M. ThouroudeJ et qui font très bien ressortir la constitution intime du bois. On la voit à l'œil nu. Des diagrammes, établis pour la plupart par M. Rartet. mettent en relief les résultats d'études variées sur la végétation de chaque arbre, sa forme

PlO. 408. — Chêne <1'AUai:<» Fit.. 409. — Chêne d'Italie

(gras, vcuatit sur terre humide). (maigre, couche très forte).

aux différents âges, son accroissement en diamètre et en hauteur. Enfin, là aussi, on a disposé une série d'échantillons de bois, en parallélipipèdes de 0°\38 sur 0ni,08 d'épaisseur pour les essences principales et en rondins pour les essences secondaires, prélevés d'ailleurs sur des arbres de toutes les régions de

France et d'Algérie.

LE PAVILLON DES FORÊTS

On a eu aussi la bonne idée d'exposer des échantillons des lésions morbides produites sur les arbres, soit par suile de troubles phyrilésiens, soit par suite d'accidentsmétéoriques (1). C'est là également un petit

Pio. 410. — Chêne d'Italie (maigre, Km. 411. — Chêno du Nord imvenant do plaines ftèchoft pendant porté do Dantzig (maigre rel'étéj. lati veinent à sa provenance).

musée des plaies, des fentes, fissures, de modes de traitement, etc. On y trouvera notamment quelques échantillons tératologiques et surtout des loupes

(1) Les Ravageurs des Forets et des Arbres d'Alignement. Histoire naturelle, mœurs, dégâts des insectes, moyens de les combattre et de restaurer les plantations, par H. de la Blanciikuk et par Eue ROBERT. 0e édition. 1 volume avec 162 gravures. — J. Rothschild, éditeur.

(2) Les Maladies des Plantes cultivées, des Arbres fruitiers et forestiers, occasionnées par le sol, l'atmosphère, les parasites, etc. ,

CAUSERIES SCIENTIFIQÏ'ES.

ces excroissances, quelquefois énormes, que l'on rencontre sur les arbres. Il est survenu que ces loupes ont présenté plus d'une fois certaine ressemblance avec une tête, d'homme ou d'animal. Aussi les philosophes du xvi° et du xvii8 siècle n'avaient pas manqué

FiG. 412. — Section faite Mans Km. 413. — Section faite dan*

unr pièce do Teak provenant de l'Acajou «le Honduras

de Moultnein. ^lc croissance moyenne).

de ilire à ce propos que c'était là des essais de la nature qui s'efforçait de donner naissance à l'homme. On était d'une philosophie un peu naïve il y a trois cents ans. Cette collection a été réunie avec soin par

D'après Mulasne, Bary, Berkeley, Hartig, Soraucr, etc.. par A. d'Arhois de Juh ain ville, conservateur «les forêts, ei .T. Vessi e. préparateur au Muséum. 1 volume, avec 18 vignettes et 7 planches en couleur. — J Rothschild, éditeur.

Fia. 414. — Section laite daus un Platane d'Orient avant crû au champ de bataille de Toulon, dont le souh-soI r*i humide.

Fio. 415. — Orme dit do Dunkerquc, provenant des plaines riches et humide* du Nord (bois très gras, à grosses couches).

Fio. 416. — Orme du Canada. (Los couches de croissance annuelle sont tellement minces qu'on a peine a les distinguer les unes des autres.)

Fio. 117. — Orme de Provence, provenant de terrains moins humides que ceux dans lesquels ont poussé les Ormes flg. 415 et 4lG.

Fn;. 418. — Orme provenant du champ de bataille de Toulon, dont le soussol est très humide.(Grâce à la chaleur du climat, le bois est assez nerveux.)

M. Boppe. Il convient de mentionner encore des spécimens des champignons et autres parasites de l'arbre (collections de M. d'Arbois de Jubainville), des cadres renfermant les insectes qui s'attachent à une essence donnée avec indication de leurs ravages (collection de M. Henry), une carte de répartition géographique éta-

PlO. 419. — Fêlure do Chéne.à l'échelle de 1/3. (La zone du double aubier • oninienrc a se décomposer et tombe en j»oussi6re. Une fente s'est produite a travers le bon bois et a aussi divisé le double aubier; uuo font»* diamétralement opnoséo s'est produite h travers le double aubier.)

blie par M. Thil, d'après les renseignements fournis par les conservateurs, une série d'échantillons présentés par M. Mer et ayant pour objet de montrer l'inlluence des éclaircies sur le développement du hêtre, du sapin, de l'épicéa; un herbier des végétaux de la forêt d'Orléans, par M. Besanconnot, une collection des bois d'Algérie de M. Lambert, une collection de cadres des essences du bois de Boulogne de M. Le

Vu,. 42©. petite fr.nturo sur boii maigre (grandeur naturelle). (La frotturo est saine, r.'j^uan t seulement sur les parties contusionnée».)

Fui. Vil. -Ta< hes do trrisctt»' hvune correspondantes sur la fan" d'un chêne. (Dos petits rhampi^nons se montrent dans les fentes.)

Pio. 1*22. — Pièce de Chêne pourrie sur « bantier, echello de 1/12. (Le partie attaquée peut être réduite en poudre avec la main.)

Faute, inspecteur général des promenades de la ville de Paris; etc.

Ce n'est pas tout encore; toujours dans cette galerie du premier étage, on rencontre une lit lie collection de

Fio. 123. — Commencement «le pourriture noire au pied d'un Chêne de Bourgogne*

bois silicittés. Ces échantillons ne sont pas comparables ni par la beauté, ni par les dimensions, aux étonnants spécimens recueillis dans l'Arizona et exposés dans la section des États-Unisf mais tels quels, ils présentent leur intérêt. Plus loin, on s'arrête devant une collection très complète de pierres des carrières des forêts domaniales ou communales; la lithologie

l-'u.. 4 — Porniturp s»Vh-.

Fie». 425. — Branche brisée, non riM-ouvertr. ayant occasionné la pourriture d un irnind'Orme. (Le pourtour du tronc rst seul intact. La pourriture h remonté au-dessus du nœud, mais y est moins prave qu'au dessus.)

Pie. -126. — Trône de Chêne à l'échelle de 1/10. présentant près du coeur des flammes de grisetto jaune, plus dangereuse «pie les flammes Manches et que les brunes. (Bois mauvais pou lu charpente.)

de la France y est bien représentée depuis les roches du terrain éruptif jusqu'aux roches sédimentaires de la On du tertiaire sous la forme de pavés d'égales

FlO. 427. — Branche <le Pin sylvestre déprave parle Cœma pinitorçuutn

a, pousso tuée entièrement l'année précèdent»- ; /•. pousse vaginale qui »e développa» v<t« I.» t>:i»«' d'une poiif»e dont le tommot a <H«' tué l'année précédente; c, poussa provenant de répnnntmsemenf d'un bourgeon ilnruinnt du verticille.

dimensions. On y a placé jusqu'aux cryptogames des formations houillères et aux phanérogames angiospermes des formations tertiaire el quartenaire.

En avançant toujours, le visiteur trouvera des échantillons d'un succédané de la soie obtenu avec la fibie

Kio. 128. — l*"! tari par VAgarirua wltt-us. dont lo HhisOmorpka subcorticali$ produit les nVopt.'ndcs iru< t îiV-rrs </, rt d<>nt lo HUtznmorpha subti'rranca est stérile en «, tandis qu'il produit dos réceptacles tru« tifères en h et on c. Le pivot du Pin est .Mitouré do torro itmeutéc pat <le la rosi ne.

Fia. 4?0. — Souche d'un Pin sylvestre tue Fia. 430. — Pin sylvestre dont la cime par lo Trametes radiciperda. dont on voit a été tuée par Y+Ecidium Fini, var. on a les réceptacles fructifères. curticola.

:ii6

du bois; le bois transformé par certains procédés chimiques fournit une malien» filamenteuse fine et

Vu.. 131. — Bois d<« Chénc ravagr par lo Crrambyr hrros

soyeuse, un textile <jui prend bien la couleur et simule d'assez près la soie. On a installé au rez-de-chaussée

— Coupe «l'un troue de Pin exc&TO* par la Formica ligniperda.

quelques appareils qui ru* fonctionnent pas, mais qui

FlG. 134. - Tronc de Toak présentant cinq trous do vers, dont un au ccutro constitue une grande cavité.

Fig. 13j. — Piqûres du Umr.Tylon dans du cœur do Cheno; trous vides, vraie grandeur.

onl la prétention de montre!* comment le bois peut ainsi se métamorphoser en un filament analogue à la

LE PAVILLON DES FORETS. 5*9

soi<». Il y a saifs doute là de L'avenir; mais, jusqu'ici,

Vu.. 13<*. — Section fait** dans une pièce tlo Chêne maigre, échelle de 1/8. (l'ne grande fente a voilé !a face supérieure et les deux latérales. A gauche, à mi-hauteur, une frotture formant tache Hanche. En bas, au ■liliou, un trou de ver 80 détache en noir,

Fio. 437. — Bois de Chêne attaqué par le floletux lacrymans.

il ne semble pas que ce succédané de la soie ait beaucoup préoccupé nos fabricants de Lyon. On verra

aussi des appareils intéressants, les germinateurs destinés à hâter la germination des graines et à permettre ainsi de se renseigner sur leur valeur marchande en raison de la proportion relative des bonnes et mauvaises graines d'un échantillon. Pas très loin,

Fig. 438. — Trous do vers faits dans un Chêne ronccux,

donii-KTan»l«*ur.

le visiteur regarde les bois, colorés à l'intérieur, de M. Penières, d'Ussel. Tous les bois sont susceptibles d'être soumis à cet intéressant procédé; mais c'est surtout le bois de charme qui se prête le mieux à l'injection. On obtient ainsi des imitations de bois de luxe et des effets nouveaux et imprévus en infusant côte à cote, dans une môme bille, des couleurs diffé-

LE PAVILLON DES FORETS

rentes. Ailleurs, on examine curieusement les blocs <le bois avec lesquels on fabrique la pâte à papier, et cette pâte elle-même. Certes, le bois ne fournit pas un papier comparable à celui que l'on tire du chiffon ;

Fio. 130. — Srotgptui mtdtiitriattu. mu- une loupe. (Orme.)

cependant ou obtient toute une série de papiers ordinaires d'excellente qualité, et, si l'on mélange à la pâte de bois des proportions convenables de pâte de chiffon, on finit par fabriquer des papiers satisfaisants et qui peuvent rivaliser avec les produits obtenus avec le chiffon. Enfin, on s'arrête généralement devant

l'exposition très instructive des échantillons de charbon de M. Noguette. L'auteur s'est préoccupé de mon-

Vig. 410. — Larve de Hanneton dévorant la racine d'un Acacia.

trer au public des charbons préparés avec les diverses essences. De chaque espèce d'arbre, il a pris deux morceaux d'égale grandeur : l'un a été réduit en charbon, l'autre est resté tel quel. On voit d'un simple

eoupd'œil combien les différences sont grandes. Avec

Fig. H 5 et 4l»>. — Frêne et Aune ocarces par les Frelons.

une essence, on obtient peu dfl charbon; avec une autre, le volume de charbon équivaut presque au bois

qui Ta fourni. On peut dire d'une manière générale que le volume du charbon est d'autant plus petit que le bois dont il dérive est plus tendre et plus poreux.

Dans un petit salon du premier étage, à l'angle ouest du pavillon, l'administration a exposé une série de

Fio. 449. — Berge droite do la Combe de IVguèro. Partie moyenne. Travaux du printemps 1887.

notices statistiques donnant pour chacun de nos départements tous les renseignements qui concernent laquestipn forestière (1) : contenance du sol boisé, peuplement, mode d'exploitation, production, usage du

(1) Revue des Eaux et Forêts (Annales forestières), publiée depuis 1842. — trc partie : Journal des Intérêts forestiers; 2° partie : Répertoire de Législation et de Jurisprudence forestières. — J. Rothschild, éditeur. — (Sous presse, l'Année 1890, en 2 vol.)

LE PAVILLON DES F^ORÉTS

bois; puis dos documents divers, un répertoire des publications françaises anciennes et modernes sur les forets, un exemplaire des ouvrages publiés par les agents forestiers de i878 à 1889, des Mémoires ma-

Fio. 450. — Boi"K«» droit© âc la Combe do Potière. Partie moyenne. Travaux de l'nu tourne 1887.

nuscrits présentés par les professeurs de l'Ecole de Nancv, etc.

iNous n'avons plus que le temps de descendre et de visiter la galerie annexe du fond où sont installées les vues panoramiques. Jetons les yeux à droite de l'escalier. Nous voilà en pleine montagne, dans une hutte de forestier. Les outils, la table rustique, la petite

couchette, tout à côté une forge de montagne, un atelier temporaire. Tout cela est hàti en branchages, recouvert de fougères sèches dont l'odeur forte complète l'illusion. Près des buttes croissent de vraie* fougères et de jolis pins. Devant nous, dans le lointain, la montagne, les rochers, les torrents, les cas-

Fit;. 151. — BcrgC droite de la Cjmbe de Pé^ruere. Partie moyenne à l'aval des vues 1 et 2. Cornm<noement des travaux en septembre 11**.

cades. M. Demontzey a fait aménager très habilement trois dioranuis destinés a mettre le public au courant des opérations de reboisement et de défense contre les éboulis (1 ). Nul ne pouvait le mieux faire: il est sur la brèche depuis le début et n'a cessé de diriger ces

(1) Reboisement et Gazonnement des Montagnes. Traite pratique, par P. Demontzey, inspecteur général des forêts. 2e édition. 1 fort volume in-8°, avec 105 gravures. — J. Rothschild, éditeur.

LE PAVILLON DES FORÊTS

importants travaux. Les trois toiles ont une hauteur uniforme de 8 mètres; elles sont placées à 10 mètres environ du spectateur, qui en est séparé par une chambre relativement obscure de 5 mètres environ de profondeur, suivie d'un saut-de-loup de môme dimension, dont le talus sert à supporter les plantations

Fin. 41»?. — Mémo vuo. priac un mois ajuvs, »>n octobre l*is8.

d'arbres résineux et les autres motifs destinés à raccorder les premiers plans avec la toile de fond.

La première vue montre le travail de fixation d une montagne dans les Hautes-Pyrénées, au lieu dit Comôr de Péguère, qui domine et menace le village de Cauterets, les sources si renommées de la Rallière, du Mouhourat, du Petit-Saint-Sauveur, etc. L'équilibre est tellement instable qu'aucune végétation forestière

ne saurait s'y implanter. On a établi des murs de soutènement en pierre sèche à partir du sommet et, entre ces gradins, on a profité du peu de terre que l'on a rencontrée pour plaquer des gazons de façon à relier

Fie 4T>:î. — Atelier n droite de la figure 151 (2.000 mètres d'altitude).

iViulnnt les travaux, en août 1880.

les blocs et les pierres roulantes. Ces travaux sont à peine terminés. Le programme de leur exécution avait été tracé en 1885, devant l'Académie des Sciences, par M. Demontzey, correspondant de cette Académie.

Au milieu et plus loin se trouve une vue diora mique des travaux de correction du torrent de Riou-

LE PAVILLON DES FORÊTS. 561

Bourdoux, affluent de la vallée de l'Ubaye, où il débauche à 3 kilomètres en aval de Barcelonnette (Basses-Alpes). Le cône do ce torrent s'étale sur une «'•tendue de 240 hectares. La route de Montpellier à Coni le traverse sur un parcours de plus *de 3 kilomètres. On aperçoit le lit du torrent consolidé par des barrages, des radiers, des enrochemens, clayonnages, etr. Les alterrissements successifs ont modifié la forme du lit qui s'est agrandi, exhaussé. On a fixé les berges jadis mouvantes qui compromettaient la stabilité des plateaux supérieurs aujourd'hui reboisés.

Gnfin, le troisième diorama nous transporte devant le torrent du Bourgct, autre affluent de TU baye. Les travaux sont de ce coté très avancés. Les barrages ont fixé les berges, et on a pu reboiser même à l'intérieur du lit dû ravin. Ces vues panoramiques d'un bel effet ont été exécutées, sous la direction de M. Demontzey, par M. (iabin, de Paris.

Entre les vues dioramiques existent deux petites salles, de véritables bibliothèques où l'on a réuni tous les documents possibles : vues, tableaux, albums, statistiques, photographies, plans en relief sur les divers travaux exécutés depuis 1 S7S dans les Pyrénées, les Alpes et les Cévennes, pour la restauration des montagnes, la correction des torrents et le reboisement. Cette question de la restauration des montagnes et du reboisement est d'une importance considérable. Klle intéresse la fortune publique (1). Non

(1) La contenance boisée dans chaque pays d'Europe est par habitant :

37 ares en Allemagne : 3 ares en Angleterre; ii ares en Auy

Digiti /

seulement la consolidation dos pentes montagneuses nous met à l'abri de catastrophes épouvantables et

Fig. 451. — tiraml l>arragr «lu K'"u

Vue reproduit* 4«

sauve un grand nombre de vies humaines, mais le

triche; 9 ares en Belgique et en Danemark; 52 ares en Espagne; 2'\ arcs en Franc*; \2 ares en Grèce; 5 ares en Hollande; 58 ares

uigitizeu uy

Googli

L K PAVILLON DES FORETS

reboisement, qui en est la conséquence, augmente la richesse cl la production du sol et a encore une action

's-.\îprs) (1,3(10 métros d'altitude).

ili|< 0 dii l'awllo.i.

certaine sur le régime des eaux et sur le climat,

en Hongrie et en Serbie; 13 ares eu Italie; 11 ares en Portugal; M ares en Roumanie; 27 ares en Suisse; 3 hectares 81 ares en

Un compte en France environ 300,000 hectares de

Km. 457. — Le Tor* D aprèi une vue téléiconograpii^

terrains a restaurer. On a déjà restauré plus du cin-

Suède ; 4 hectares 32 ares en Norvège ; 3 hectares 37 ares en Russie ; 7 hectares 77 ares en Turquie. Les 8,108,306 hectares de forêts

LE PAVILLON DES FORÊTS. . 567

qniéme du l'œuvre considérable qui a été entreprise,

4ourfc'el (BasM's-AI|><Vi.

Sardi. in»pecteur adjoint det Kon-U.

soit plus de 60,000 hectares. Pour dompter les torde la France se subdivisent en : 1,070,477 appartenant à l'Etat, 1,915,370 aux communes ou établissements publics et 5,122,459 aux

5*.8 CAUSKRIKS SCI K NT1KIQT ES.

renU; il f.mt les enserrer dans une enceinte continue

Khi. 4.">X. — Seetioii luoyiMitio «lu Twnvnt du Hmirp-i (l.OWl mhi. d'altitude

feint de* travaux «» iki".

de végétation. Vingt ans se sont écoulés depuis que

particuliers. Les forêts Je l'État, en 1887, ont produit 21, 752,002 fr.

Fig. 4Ô9. — Mémo section. Travaux trrmiiit's. Reproduite dan» la vue diornmi<|Ue.

l'on a commencé les travaux. Dans les Alpes, dans les Pyrénées, de nombreux reboisements d'essences résineuses étalent leur vigoureuse végétation à des altitudes considérables ; les torrents jadis si redoutés sont devenus des ruisseaux inoffensifs qui procurent à

Fie. ICO. — I/KtfOuIcmODt «'t le Torrent «lo SAohcron. Kefttuurntiou complète obtenue en a min<Vs Or trnvaux. •

l'agriculture des eaux meilleures et abondantes. Le problème posé par 1rs lois de 1860 et de 1SX2 est aujourd'bui résolu; les faits ont prouvé que la défense contre les éboulis et contre les torrents n'était ni

L'importation en France a été en 1887 do 158,300,000 francs, tandis qu'en 1880 on a importé pour 278 millions de francs. L'exportation, en 1880,a été de 3i, 800,000 fr. et en 1887 de 25,300,000 fr.

Un fait caractéristique est que depuis vingt ans les recettes ont diminué, tandis que les dépenses ont augmenté.

longue ni coûteuse à obtenir; il suffit d'aider la

Km. 16?. — Torrent «le la Vallettc (Basses-Alpes) (1,500 m«st. d'altitude). Correction i»nr «les barrages et «les olayonnnges combinés.

nature par une série de petits moyens judicieux et sans cesse répétés.

Les avantages que l'on doit attendre à bref délai de cette entreprise vraiment patriotique peuvent se résumer ainsi : consolidation des versants instables et protection assurée à des centaines de hameaux et aux cultures qui font vivre leurs habitants; préservation des vallées contre les ravages des torrents; restitution a l'agriculture de très grands espaces occupés par les cônes de déjection; régularisation du régime des cours d'eau en plaine; augmentation du débit des sources et irrigations; sécurité pour les chemins de fer, routes nationales, départementales, vicinales: transformation agricole des régions montagneuses; accroissement de la population des montagnes ; conservation et amélioration des bois existants et création de 300,000 hectares de nouvelles forêts.

C'est la lutte contre la nature qui est poursuivie avec acharnement par les reboisements. Les travaux déjà effectués sont le témoignage inscrit en caractères ineffaçables sur les hauts versants des labeurs etjdes eiïorts du corps forestier.

Ce pavillon constitue une des plus intéressantes expositions de 1889. Nous devons exprimer un regret, c'est de voir ce véritable musée du Bois destiné à disparaître aussi vite. 11 n'aura pas vécu assez longtemps . au gré de tout le monde. 11 est fâcheux qu'on ne puisse nous le conserver à sa place encore des années ou nous le reconstruire au Bois de Boulogne ou au Bois de Vincennes.

Les deux pavillons de la Ville. — Construction et décoration. — Pavillon SulVren. — Écoles. — Statistique de l'Instruction publique de la Ville de Paris. — Assistance publique. Préfecture, etc. — Pavillon La Bourdonnais. — Direction générale des travaux de Paris. — L'Hygiène. — Types de maison. — La maison insalubre. — La maison salubre. — Conditions hygiéniques de l'habitation. — Promenades dans les égouts. — Les égouts. — Types anciens et types nouveaux. — Le curage. — Les paniers d'arrêt. — Les appareils automatiques de chasse. — Siphon de l'Aima. — Le grand collecteur. — Les eaux de Paris : transparence comparée des eaux de source, des eaux de rivière et des eaux de l'Ourcq. — Eaux de la Vanne et de la Dhuys. — Salubrité des eaux. — Le tout à l'égout. — Gcnncvilliers. — Achères.

droite et a gauche du Dôme central, entre les deux ailes du palais des Industries diverses, s'élèvent parallèlement les deux pavillons de la Ville de Paris. L'Exposition de la Ville ou plus exactement du département de la Seine, car les services sont réunis, occupait en 1878 un seul pavillon d'une surface totale de 3,200 met. carrés. Il a fallu cette fois augmenter sensiblement la surface. Les deux pavillons construits par M. Bouvard, sont de forme rectangulaire et décorés extérieure-

ment, dans un stylo, à dessin très simple au moyen d'applications de treillages verts au-devant desquels se

profilent de légers massifsd'arbustes. lia fallu, en effet, viser à 1 économie, chaque pavillon ayant 7<> mitres sur WJ0 mètres et le crédit mis à la disposition do l'arehi-

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. r,71

mètre, décoration comprise. Les formes métalliques ont été louées à très bonnes conditions à la Liquida-

CAUSKRIKS SCIENTIFIQUES.

tion du cinquantenaire des chemins de fer à Vincennes. C'est pour diminuer la dépense que, au pourtour de

^ J |cwari

Le» numéros indiquent le» différente» division» de I Imposition.

Kio. 467. — . Pavilni Fm4

te !

Flo. 468. — Pavillon do la Ville de Paris. Plan du Pavillon Nord.

Fio. 469. — P»vA

ces pavillons élevés au milieu de pelouses et de jardins ornés des plus belles sculptures de Aubé, Daillon, Etcheto, Gautherin, Longepied, Noël, etc., on a

restreint la décoration a de simples applications de moulures et de treillages en bois. Les travaux ont

(1<3 la Ville do Paris.

,ipale.

Les numéros indiquent les différentes divisions de l'Exposition

la Ville de Paris, ersale.

Fio. 470. — Pavillon de la Ville do Paris. Plan du Pavillon Sud.

été entièrement confiés, sauf le montage des fermes, à dix associations ouvrières qui se sont très intelligemment acquittées de leurs missions. Ce n'est que

l' io. pl. — Pécheur ramonant dans srs Mots la tête d'Orphée, par Léon- Kugfenc Longepicd. (Marbre décorant les pelouses ilu Kanelagh.)

pour l'intérieur qu'un leur a adjoint quelques ar-

I ri. ITJ. — Vin- <]<• la Hastillo ot df

tistes spéciaux chargés des peintures sur toile. Évidemment l'aspect des deux pavillons n'a rien de monumental, surtout à côte des palais des Arts libéraux,

des Beaux-Arts et des Industries diverses, et certaines

Si». — Dessin et peiutun? do M. Hnfïïjaucr.

critiques ont été formulées à cet égard; peut-être eût-il été bon, au préalable, de se préoccuper de savoir quel était le crédit mis à la disposition de l'architecte.

r,8i CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

Le pavillon Sud (côté de l'avenue de Suffren) réunit

1';,.. 47i. i.a Méditation* i»ar Kdmc-Autntn - l'aul Notl, Statue en marbra décoraat !«•» peiou»o§ du R.-meingh.

lo'expositions des services suivants : Écoles maternelles, supérieures, primaires, de dessin, de modelage.

professionnelles, de l'ameublement, c'est-à-dire tout

KlO. 17". — Vue do ta Plaee do la Bastille et de ses environ*

l'ensemble de la direction de l'enseignement, puis l'Assistance publique, la Préfecture de police, les din < tions des affaires municipales et départementales,

et enfin les sapeurs-pompiers. Il est très intéressant à

Dessin par M. Hochereau, peinture par M. E. Bourgeois.

parcourir. On s'arrête devant les travaux faits par les élèves, plus loin devant le Laboratoire municipal, devant le matériel de sauvetage, etc. Nous ne pouvons

TM CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

que mentionner cette partie de l'exposition de la Ville.

Signalons cependant l'exposition des services scolaires qui a pour objet de faire connaître au public l'installation matérielle et les résultats de renseignement dans les diverses catégories d'établissements que

l-'n.. 478. — L'Heure du Déjeuner à l'École maternelle.

la Ville de Paris consacre à l'instruction publique.

Ces établissements comprennent les écoles maternelles, les écoles primaires élémentaires, les écoles primaires supérieures et les écoles professionnelles.

Les écoles maternelles reçoivent les enfants des deux' sexes de deux à sept ans. Elles sont au nombre de lw27, contenant un total de 2*2,879 places d'élèves. Le oersonnel attache à ces établissements se compose

de 1V23 directrices et 307 institutrices adjointes.

Le budget des écoles maternelles, qui s'élevait, en 1878, au moment de la dernière Exposition, à *2,1 47,278 fr. 73, sVlève aujourd'hui à 3,t>0t>,032 fr. 50, soit une augmentation de 1,458,753 fr. 77.

Fit.. 479. — Uue Leçon do g^muasti.juo à l'Kcole primaire (filles).

Les écoles primaires de garçons et de filh-s recoivent 1rs enfants de six à quatorze ans. Il existe aujourd'hui à Paris 191 écoles de garçons, contenant un lotal de 70,694 places d'élevés et 174 écoles de filles contenant 60,509 places d'élèves. Le personnel enseignant se compose de 3,002 maîtres et maîtresses.

Le hudget consacré aux écoles primaires était, en 1878, de 7,813,331 fr. 12; il s'élève aujourd'hui

à 19,853,512 fr. 50, soit une augmentation de 12,040,181 fr. 38.

Les écoles primaires supérieures sont au nombre de 6 pour les garçons (collège Chaptal; écoles Turgot, Lavoisier, Colbert, Arago, J.-B. Say;, recevant

Fio. 4R0. — L'École communale de garçons, rue Caxnou, (VII« arrondissement. — Faç&dt.)

3,793 élèves; de \ pour les filles (école Sophie-Germain), recevant 384 élèves.

Les écoles professionnelles pour les garçons sont au nombre de 4 : l'école Diderot (travail du fer et du bois), l'école Boulle (école d'ameublement), l'école Estienne (industries du livre), et enfin, l'école municipale de Physique et de Chimie industrielles.

Goo

Pour les filles, la Ville de Paris possède actuellement 5 écoles professionnelles, situées rue Fondary, Bossuet, Bouret, Ganneron et de Poitou.

L'exposition de la Direction de renseignement, si bien organisée par M.Edmond Duplan et par M. Pierret, permet aux nombreux visiteurs de juger des pro-

FlO. 481. — Une Leçon <le modelage à l'Keole primaire

grès accomplis depuis dix ans dans le domaine de l'enseignement primaire à tous les degrés. Ces progrès ont été considérables. Nous sommes heureux de les attribuer à l'initiative, à la libéralité du Conseil municipal, aux soins éclairés, à l'intelligente collaboration de tout le personnel de l'enseignement (1).

(1) Consulter le volume publié par M. Duplan, Sous-Directeur

Le pavillon Nord (coté de l'avenue de La Bourdonnais) est entièrement consacré aux divers services relevant de la Direction générale des travaux de Paris. Au milieu sont réunis les documents relatifs aux services de la voie publique et des promenades, du plan

Vie. is2. — Un Cours supérieur de dessin k l'Keole de la place des Vosge*.

de Paris et des travaux historiques. Du côté de la galerie des Machines se trouvent les services des eaux et des éjrouts; du côté de la tour Eiffel, les services d'architecture et des beaux-arts. Cette division permet de procéder méthodiquement à la visite des nombreux

de l'Instruction primaire, à titre de commentaire et d'explication fie l'exposition de l'Enseignement primaire (L'Enseignement primaire public à Paris, 1877-1888. — 1 vol. in-4°).

documents, modèles en relief, dessins, etc., exposés par la Direction des travaux, documents dont, comme d'usage, les plus « discrets » ne sont pas toujours ceux «pli répondent aux moindres services rendus.

L'ensemble des services relevant de la Direction gé-

Kio. IM3. — Une Récréation a l'École maternelle.

nérale des travaux de Paris concerne, en somme, ce <|ui constitue le Paris visible, le Paris attraction, celui <pii attire et retient les étrangers.

Sans doute on ne saurait trop admirer les efforts accomplis, les résultats obtenus dans tous les services que comprend l'administration d'une ville dont le budget ordinaire dépasse 260 millions, ces écoles claires, propres, gaies, venant remplacer les locaux

insuffisants de jadis, ces hôpitaux qui se multiplient et où la mort devient pour ainsi dire l'exception, ces progrès réalisés dans l'organisation de la défense contre le feu, etc. Tontes ces améliorations dont bénéficie à si haut degré la population parisienne, le pu-

Img. 4*4. — L'École commmiale d« gar«;ons, rue Camou. (Vil* arroodisaonu'iit. — Pr^au.)

hlic de passage les ignore presque, le Parisien luimême ne les connaît pas bien et c'est à peine s'il s'aperçoit souvent de leurs bienfaits. Au contraire, ce •pie le public apprécie, quelquefois, il est vrai, d'une façon inconsciente, ce sont ces grandes et belles voies ouvertes à travers les quartiers de luxe comme dans les quartiers ouvriers, ce sont ces promenades où se presse la foule, ce sont les efforts constants qui sont

laits, travaux d'égouts, adduction d'eau, etc., pour assainir Paris et augmenter la durée de la vie moyenne; ce sont ces monuments où, sans méconnaître le ca ractère utilitaire, on a toujours eu à cœur de ne point perdre de vue le coté artistique... Tout cela, c'est le

Flu. 185. — Un Bataillon scolaire.

domaine de la Direction générale des travaux de Paris (1), et il n'est pas étonnant que les visiteurs qui veulent étudier d'un peu près ce qui a été fait pour le bien des Parisiens, se pressent nombreux dans le pavillon.

(1) M. A. AJphaad, Inspecteur général des Ponts et Chaussées. Directeur; M. Huct, Inspecteur général des Ponts et Chaussées. Sous-Directeur.

Quand on pénètre par la porte qui regarde le palais des Industries diverses, on trouve à droite et a gauche deux hautes constructions, deux maisons à deux étages, en grandeur naturelle, s'il vous plaît, représentant, d'une part, un type de maison saluhre, et

Fiu. 486. — Une f.e«;on de gymnastique ù l'École primaire yjarçon-

de l'autre, un type de maison insalubre. On sait combien les questions de salubrité sont à Tordre du jour en France depuis quelques années, et quels efforts ont été faits pour assainir et la maison et lu voie publique. On peut affirmer qu'il n'y a pas encore bien longtemps on constatait chaque année beaucoup plus de décès par suite des conditions insalubres de l'habitation et de la vie quotidienne que par

suite de maladies organiques ou autres. Ces dernières sont exclusivement du domaine médical. Quant à Tin-

FlO. 487. — Service île l'Assainissement. (Coupe en travers «l'une Maison desservie par uno tosse fixe, et alimentée par un puits.)

salubrité, c'est la mission de l'ingénieur hygiéniste d'y remédier, et tout ingénieur, à notre époque, tout architecte doit être un peu hygiéniste. Les deux types de maisons exposés sont caractéristiques au point de

<;<io

vue de l'hygiène et parlent nettement aux yeux et à l'intelligence du public.

Dans l'une on a réuni toutes les causes d'insalubrité «pie présentent si souvent les maisons dans les qiuir-

Fiii. 489. — Service de l'Assainissement. (Coupe en travers, montrant l'installation complète «l'une Maison desservie par le Tout à lYgouu)

liers ouvriers et populeux : fosses fixes, jamais êtanches où les matières fermentent à proximité immédiate du puits qui donne l'eau d'alimentation, cabinets communs infects, plombs à émanations insupportables, chambres a peine aérées où le cube d'air par personne n'est pas le quart de ce qu'il devrait ôtre,

papiers de tenture malsains, etc., etc.; de ce côté le tableau n'a rien de chargé, et il existe dans Paris des milliers de maisons réunissant à un plus haut degré

Kui. 190. — Service do l'Assainissement. (Coupe en travers d'une Maison

desservie par lo Système diviseur.)

peut-être encore toutes les causes d'insalubrité imaginables.

On voit avec un véritable intérêt ce type de maison privée d'air, de soleil, etc. Les escaliers sont bondés de monde. De là, on passe dans le second type, situé en face, le type de la maison salubre. C'est la maison

idéale, non point luxueuse, — tout ce qu'elle comporte peut être réalisé à peu près sans dépenses sup-

FïO. 491. — Service do l'Assainissement •le la Ville do Paris. (Maison desservie par lo Tout k Tégout. — Plan des canalisations.)

Fie. 492. — Type de doux Éviers do cuisine superposas, à tuyaux de vidange siphonnés et ventilés.)

plémentaires — mais salubre, avec le tout à l'égout, les cabinets séparés, l'eau partout, les pièces suffisamment grandes et surtout aérées, les siphons in-

Fiu. 49'A. — Sorvico de l'Assainissement. (Lavabo. Installation complète de trois cuvottcB réunie* sur un mémo tuyau de vidange.)

l-'i ci. 195. — Baignoire avec tuyau de vidange siphonne1.

nient. (Évier de cuisine avec tuyau de vidange siphonné et ventilé.)

terceptant partout les odeurs, l'éclairage électrique même, etc. Certes on peut encore s'estimer heureux

Kio. 497. — Service do l'Assainisse- Vu,. 498 h 5«K). —Type do cabinets

nient de la Ville do Paris. — (Des- d'aisances d'appartements, su-

sin type d'un cabinet d'aisances perposds. Cuvettes à siphon,

publie. — L'appareil «le chasso sièges h abattant. Réservoirs «le

fonctionne k la main.) chasso touetionnant à la main-

d'habiter une maison ne réunissant pas entièrement toutes ces améliorations si désirables. Il n'en reste pas moins certain qu'il y a là un type qu'il était intéres-

Fio. 503. — Démolition «lu Quartier do* M****

)igitized by||Kôgle

sant de placer sous les yeux du public ; il faut tendre à s'en rapprocher le plus possible.

Beaucoup de visiteurs prennent des notes et s'en vont certainement éclairés sur les avantages d'une maison logiquement comprise.

A coté, le service des Egouts et de l'assainissement ^1)

Fio. r>oi. — Ègouts de Parts ru 1789.

expose un grand nombre de documents qui offrent de l'intérêt même pour le grand public. On sait que, pour tout étranger, une promenade dans les égouts d< Paris fait absolument partie du programme des visites

(i) M. Bechmann, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, chargé du service des êgouts et do l'assainissement de la Ville «le Paris.

DigitizGu by

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. tiOf)

essentielles, des curiosités de la Ville. C'est que le système des égouts parisiens est unique au monde. On peut faire sans peine cette promenade au pavillon. On y a placé eirertivement les modèles en relief de toute la série des types d'égout actuellement en usage

Fl<i. 305. — Kgouts i\e Paris pu 1889.

dans le service municipal de Paris, depuis les grands collecteurs, comme celui qui amène àClichy les trois quarts des eaux de Paris, jusqu'aux petites galeries reconnues suffisantes pour les voies de minime importance, jusqu'aux branchements d'égout destinés à desservir chaque immeuble, jusqu'aux branchements de bouche et de regard.

Ces mêmes types sont reproduits sur un dessin appendu à l'une des parois, à coté d'un autre tableau indiquant les anciens types jadis en usage dans Paris.

La comparaison est intéressante entre les types an-

ÛQûûOooO

Fio. :m h 513. — Service des Fronts. (Types d'anciennes galeries.)

ÛÛÛOÛÛoO q

Fk;. 514 à 5?-.». -- Service «les Égoute. (Types d'anciennes galeries.)

Fie 523 a 532. — Service des Égouts. (Types d'anciens égouts

et égouts modifiés.)

ciens et les types nouveaux. Autrefois les galeries étaient ou larges et plates, ce qui déterminait des stagnations et par suite des émanations infectes, ou étroites et plus ou moins profondes, et la circulation et le curage y étaient à peu près impossibles. Aujourd'bui,et sous l'inspiration des idées de Belgrand, le véritable créateur du réseau des égouts de Paris,

EXPOSITION DE LA VILLE D E PARIS. Cil

on donne aux galeries une forme ovoïde qui permet de réunir les eaux dans une cuvette de section convenable, où elles prennent une vitesse suffisante, tout en laissant néanmoins aux ouvriers du curage une

ÛÛÛOÛfe,

Fig. 533 à 538. — Service des Égouts. (Types d'anciennes galeries.

Fio. 539 h 541. — Service dos Égouts. (Anciennes chaussées aver leur modo d'écoulement à l'egout.)

Fig. 542 à 516. — Service des Égouts. (Types d'agencements de branchements de bouches.)

circulation facile. On a même depuis quelques années amélioré encore ces profils au moyen des types à cunette avec banquette latérale. Les égouts présentaient jadis des épaisseurs considérables de maçonnerie, 0°viO, 0«,60...mônio pour des sections restreintes, et l'emploi de la pierre de taille y prédominait;

les prix de revient étaient par suit** tivs ('levés. Le choix de la forme rationnelle aujourd'hui adoptée,

remploi de la meulière et du ciment ont permis de réduire ces épaisseurs à U^SO environ pour les types

les plus en usage, d'où une économie considérable. C'est ainsi que l'on a pu, sans dépenses excessives, développer dans une si grande mesure le réseau des égouts de Paris.

A l'inverse de ce qui existe à l'étranger, les dimensions des égouts permettent de recevoir, pour la plus grande commodité des services, les conduites d'eau et

Fm. .*»::> à :.82. — Service des Égoiii^. (Types d'aqueducs, i

QvV/

Vu;. f»83 h :»87. — Service des Kpouts. (Types d'aqueducs.

d'air comprimes les fils téléphoniques et parfois les câbles électriques pour lumière, les tubes postaux, etc. Une série de plans indiquant le réseau des égouts à différentes époques sont à cet égard particulièrement instructifs. On y voit que le développement des égouts était :

En 1663 de 8,572 mètres.

En 17 iO de 1l,7iG —

En 178!) de 26,051 —

En \HM do 76,500 —

En 185V 1,; 135,000 —

En 1870 de 0:13,005

En 1880 de 860,197 —

Digiti f

Cependant, il reste encore actuellement environ 255 kilomètres de galeries à établir.

Nos égouts, bien construits, assurent la libre circu-

Fio. 588 et 589. — Servico des hgouis. (Réservoir de chasse eo tète d'uno conduite et regard do visite avec vontilatour.)

Fig. 590 ot 591. — Servico des Ëgouts. (Coupas en long ot on travers d'un réservoir do chasse sur cgout.)

lalion des eaux fluviales, des eaux ménagères, des eaux vannes; ils assureront môme le départ de toutes les matières fécales, quand on aura réalisé le système du « tout à l'égout ». Mais le problème se complique. Il faut, en effet, maintenir les égouts en bon état de

Digitizod by

Fio. 503. — Réservoir de chasse. Fig. 595. — Coupe en travers d'un

Siphon de on.,3.0 k un départ. réservoir do chasse à uu départ. ;

Fie. 594. — Réservoir do chasse. Fic.596.— Coupo en travers d'un ré-

Sipl ondeO-f:,î. Sy.tème Geneste, Herscher et Cawtto servoir do chasse k deux déparls.

FlU. 597. — Service des Égouts. (Type d uu réservoir de chasso à un départ sur canalisation. — Plan.)

(>ir.

CAUSKRIKS SCIENTIFIQUES.

fonctionnement, produire le curage; il est indispensable d'obtenir l'évacuation rapide en dehors du réseau de plus de 100,000 mètres cubes d'eaux d'égout en moyenne par 24 heures. La question se présente, en pratique, grosse de difficultés. Aussi a-t-on dû étudier tout spécialement ces problèmes complexes.

Les dispositions des branchements de bouches et des croisements d'égouts, ainsi que le montrent des

PlO. 598. — Service des Knouts. (Coupe longitudinale d'un réservoir do chasse sur égoui, à deux départs.)

modèles en relief et des dessins, ont été étudiées avec grand soin de façon à atténuer les dépots de matières solides, sables, ordures, etc. Depuis quelques années même le long des voies importantes, aux abords des marchés, etc., on a muni les bouches d'égouts de paniers ou récipients qui arrêtent la presque totalité des ordures et du sable et que Ton enlève, de la voie publique, au moyen de grues montées sur des tombereaux. Malgré cela, le curage des égouts n'en exige pas moins des soins incessants. 11 s'exécute à bras dans les petites galeries, au moyen de wagonnets et de

bateaux munis de vannes que pousse la pression môme

Fig. 399. — Réservoir do ehasso latéral s\ lV/.mt. (Coupe-

Fia. 600. — Uénervoir do chaise latéral à légout. (Plau.)

de l'eau dans les collecteurs. Les modèles de ces engins attirent tout particulièrement les regards du public.

Enfin, depuis quelques années, on tend à installer aux points heurts ou points hautsdes galeries d égoûts

des réservoirs de chasse munis d'appareils automati-

ques qui, à des intervalles réguliers, lancent violemment dans les cunettes quelques'mètres cubes d'eau de façon à y produire des chasses énergiques et à faire disparaître tous les dépôts. Ces réservoirs peuvent

également se manœuvrer à la main, et leurs chasses sont particulièrement utiles dans les égouts à faibles pentes. Il existe un très grand nombre de systèmes d'appareils automatiques, procédant la plupart du

Fio. 603. — Appareil automoteur (système Airaond) pour la production des chasses automatiques.

Fio.604 à 60<t. — Appareils automoteurs (système Aimond). A un départ. A î départs .»ppo*é«. A 2 départi a angl« droit.

principe du siphon : appareils Geneste et Jlerscher, Hocaché, Guinier, Colin, Aimond, Parenty, etc.; un certain nombre de modèles en sont exposés.

A coté se trouve un appareil devant lequel s'arrête la foule, quand les gardiens le font fonctionner : il s'agit d'un modèle très complet du siphon qui, par-

Digiti y

dessous la Seine, fait passer dans un des collecteurs de la rive droite les eaux d'égout de la rive gauchi'

FlO. «'>-»:. — Siphon tle l'Aima. (Coupe transversale.)

( siphon de l'Aima). Ce siphon ne peut évidemment se curer à bras, et l'on a recours pour cela à une grosse

Fia. f.OiS et 609. — Assainissement «le la Seine. (A<piedue souterrain.

Conduite lil»re.)

houle en bois qui, introduite dans le siphon du côté amont et poussée par la pression de l'eau, chasse de-

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. C2ï

vant elle les sables, ordures, etc. En général, il suffit d'une opération par semaine. Actuellement les eaux

d'égout de la totalité de Paris sont réunies soit à Clichy, soit à Saint-Denis et, pour la plupart, sim-

Digitize<

plement déversées en Seine. Une telle situation est évidemment intolérable et la Ville de Paris n'a eesst*

Fig. 616. — Typa d'un champ irripuc" à l'eau d't'gout. Jardin modèle de Gr nnevilher».

de s'en préoccuper depuis plus de vingt ans.

Nous n'avons pas à rappeler ici les débats qui ont duré si longtemps sur la question du « Tout àl'égout ». Les arguments de l'Administration en faveur de L'épll-

ration des eaux d'égout par le sol sont connus. Nous les rappellerons en quelques lignes. Plus de 600 hectares reçoivent à Gennevilliers depuis des années d'énormes quantités d'eau d égoût sans qu'on y ait ja-

Fig. Glfl. — Irrigations par les eaux d'égout. Conduite de distribution. Coupe longitudinale.

1 •» j«. . JL —

Via. 619. — Irrigations par les eaux d'égout. Conduite d»> distribution. Contre-cintre.

Fia. 020. — Irrigatious par les eaux d'égout Clef.

mais constaté d'autres résultats que le triplement de la population, le décuplement du loyer de la terre et la diminution de La mortalité. Une bonne partie de la population de Paris se nourrit avec les légumes de Gennevilliers. Les terrains où la Ville projette dVtendre le réseau de ses irrigations n'ont ni habitants ni valeur. Bien que ces arguments aient pu paraître

décisifs, on se rappelle aussi que l'opinion des ingénieurs de la Ville a été très combattue dans plusieurs sociétés savantes et à la Chambre. La lutte a été très vive; les avis sont encore partagés; ce n'est que tout

Fig. 022. — Travaux publics. (Irrigations par les eaux ilYgout.,

< < >n«luite de distribution.

Fig. C>23 à 625. — Irrigations par les eaux dVgout.

Bouchr de 0«.30.

dernièrement que les Chambres ont fini par concéder à la Ville de Paris 1rs terrains d'Achères.

Après les égouts,les eaux (1). Dans une grande ville,

(1) M. Hunihlot, ingénieur m chef dos Pont» et Chaussées, r^f chargé du service technique) îles Eaux.

les eaux doivent préoccuper au plus haut degré les administrateurs. L'eau à profusion, c'est la santé publique. Le service des Eaux expose une série de documents des plus intéressants. En face même de l'entrée du pavillon, au delà des deux maisons salubre et insalubre, on a installé à hauteur d'homme une grande bâche divisée en trois compartiments. Dans le com-

FlQ. 626. - Irrigations par 62»-- Irrigations

le* eaux dYgout, Cou- parlât eaux d égoût,

duito de distribution. Conduite de distri-

bution. Coupe do la clef.

partiment du milieu, on fait arriver de l'eau de source, l'eau de la Vanne; dans celui de gauche, de l'eau de Seine; dans celui de droite, de l'eau de l'Ourcq. C'est saisissant de différence au premier coup d'œil. L'eau de source, très pure, est de couleur azurée; l'eau de . rivière, relativement peu chargée de matières organiques, mais assez chargée de matières minérales en suspension, est un peu trouble; l'eau de l'Ourcq, qui renferme plus de matières organiques que de vase, est assez translucide, mais d'un jaune verdâtre. On

juge aisément du degré de transparence en regardant à travers l'eau des haches un écriteau sur lequel on a

Fio. 630. — Irrigations par 1rs eaux d'»V«uit. Couduitc do distribution. Élévation do la léto.

Fig. 031. — Irrigations par les oauxd'ogout. Conduite do distribution. Élévation do la t«*'to.

Hcrit : « Service des Eaux. » Peut-être, à ce seul aspect, les préférences pourraient-elles s'égarer. Il n'y a pas d'hésitation pour l'eau de la Vanne : elle est très

FlO.632. — Irrigations par les eaux <l'ôgout. Type do bourbe do distribution.

belle d'aspect. Mais il n'en est pas de môme pour l'eau de Seine et pour l'eau de l'Ourcq : elles semblent aussi impures l'une que l'autre. 11 importe que l'on ne s'y trompe pas. L'une est moins transparente, c'est vrai,

mais parce qu elle renferme plus de matière minérale inerte: l'autre contient moins de matières en suspension, mais plus de matières organiques. Or il faut se délier de la matière organique, elle n'est pas toujours inactive; elle donne lieu d'ailleurs à dés fermentations putrides; c'est de ce chef qu'elle peut offrir quelque danger pour la santé publique. L'eau de Seine, malgré son peu de transparence, est supérieure. Elle n'en

Fio. (£13.— Service des irrigations Conduite en h6.

ton do (îenuevillicrs.

renferme pas moins en temps normal un grand nombre de microbes d'espèce commune.

Les ingénieurs du service des Eaux répondent, à ce propos, à une préoccupation du public : La population a-t-elle raison de se tant émouvoir chaque année quand l'augmentation de la consommation, si variable suivant la température, oblige à substituer dans certains arrondissements l'eau de Seine ou de Marne (puisée en amont de Paris pour la plus grande partie) à l'eau de source? L'eau de source est certes d'une qualité très supérieure, ne fut-ce qu'au point de vue de l'éga-

Fio. 634. — Service des eaux.

Cintre métallique pour conduites on hétou.

lité de température. Mais l'eau de rivière est-elle si malsaine qu'on a voulu le dire? Les ingénieurs de la Ville ne semblent pas le penser. Ici nous avouons ne pas être d'accord avec eux, du moins d'une manière générale. La plupart des hygiénistes affirment, et les preuves sont là, que les eaux de rivière renferment des microbes pathogènes.

Les statistiques municipales montrent que chaque

Fio. 635. — Service des Irrigation*. Prise» d'eau de Gcnncvillicr*.

luis que l'on introduit dans les conduites des eaux de rivière, il survient dans les quartiers desservis une aggravation du nombre de cas de fièvre typhoïde. Nous aurions pu d'abord croire à une simple coïncidence, mais le fait s'est répété chaque fois et encore cette année où les grandes chaleurs et un accident arrivé à un aqueduc ont obligé de distribuer les eaux de Seine pendant un certain temps. Les ingénieurs de la Ville contestent ces résultats de la statistique qui ne s'accorderaient pas avec leurs propres observations. Pierre dit oui, Jean dit non. Les ingénieurs font aussi remarquer que les eaux de source et de rivière sont exclu-

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. 6:)t

sivement distribuais au public: l'eau d'Ourcq ne sert que pour les lavages de cbaussées, les arrosages, etc.; la double canalisation, déjà réalisée dans la plupart des voies, ne permet d'ailleurs matériellement pas de substituer, quoiqu'on ait prétendu le contraire, l'eau

Kio. 636. — Distribution des eaux. Appareil pour la comparaison <!<• la limpidité des trois natures «l'eau distribuée (Vanne, Seine, Ouretj).

d'Ourcq à l'eau de source ou de Seine, puisqu'il n'y a pas de communication entre les deux canalisations destinées l'une au service privé, l'autre au service public. Ceci est déjà très bien, mais la même canalisation sert pour les eaux de source et les eaux de rivière. Et les eaux de rivière peuvent souiller l'intérieur des conduites. Là est encore le mal. Mais passons; nous

n'avons pas à discuter ici accessoirement cette grave question des eaux.

Nous nous proposons, dans le chapitre suivant, de donner quelques renseignements sur l'alimentation en eau de la Ville de Paris.

Pavillon de La Bourdonnais. — Volume d'eau débité par jour. — Les conduites d'eau. — Reseau des eaux do source. — Réseau de l'Ourcq. — Les nouvelles usines hydrauliques. — Ivry et Bercy. — Dérivation des sources. — Captation et adduction fies eaux. — ■ Eminagasinement. — Le grand réservoir de la Butte- Montmartre. - - Service des canaux de l'Ourcq. — Travaux d<* réfection. — Les haches mobiles. — Laboratoire de Montsouris. — Service de la voie publique et des promenades. — Différents modes de pavage. — Carrière de grès de l'Yvette. Appareils de contrôle de la dureté des matériaux. — Machine* à sabler et à saler. — Nouveaux travaux municipaux. — Square de la Butte-Montmartre. — Plan de Paris. — Paris en 1887 et en 1889. — Travaux historiques. — Service d'architecture.

e volume d'eau distribué quotidiennement à Paris est naturellement quelque peu variable avec les besoins mômes de la consommation. Il peut aller pendant Tété à 500,000 mètres cubes, les machines élévatoires compensant, s'il y a lieu, rabaissement du débit des sources. En moyenne, on peut compter sur un service normal de 440 à 450,000 - mètres cubes, savoir :

140,000 mètres cubes, d'eau de source (120,000 pour

Fio. »>3rt. — Service dos eaux.

M ou \l ment moyen journalier de In cun»uuimatioa de» diverses enu\ de l'aria en

la Vanne, 20,000 pour la Dirais); 180,000 mètres cubes d'eau de rivière ; 120,000 mètres cubes d'eau d'Ourcq.

et —

si

Les dérivations de la Vanne et de la Dhuis ont été* terminées avant la dernière Exposition universelle, et

l'on s'est borné à exposer à leur sujet, avec la carte géologique générale du bassin de la Seine, de magniliques allas en platinotypie reproduisant des vues des principaux sites et des principaux ouvrages. Toutefois, à raison des diverses améliorations et additions récemment apportées à ces travaux, on y a joint une

Vie,. «KO. — Usine hydraulique* do Saint-Maur. Vup intérieure.

série de plans en relief afférents aux travaux de captation des sources de la Vanne. On a, en effet, exécuté notamment la dérivation secondaire de Cochepies, ce qui a permis d'augmenter de 20,000 mètres cubes par jour la distribution d'eau de la Vanne.

Les travaux de captation sont des opérations peu connues. On trouve au pavillon les reliefs des bassins de captation d'Armentiéres, de Cochepies et de la

la petite usine des drains de Flaev: on voit laligne de drains pratiqués aux abords des points d'émergence naturels des sources, puis les eaux se réunissant dans des bassins ou réservoirs couverts d'où partent les aqueducs proprement dits; de petites lampes électriqueséclairent l'intérieur des modèles et permettent d'y voir aisément le mode de construction.

Les eaux de source arrivent au moyen d'aqueducs souvent fortétendus. La Ville de Paris, soucieuse de donner à la population des eaux à l'abri de toutes critiques, poursuit depuis quelques années l'adduction de nouvelles sources, celles de la Vigne et

ils

de Verneuil (département de

dienne un nouveau contingent de 100,000 mètres

cubes. Mais l'obtention des autorisations nécessaires est longue, ne fût-ce qu'à raison de l'opposition des populations ; les travaux seront longs eux-mêmes à exécuter, et, la consommation de Paris s'accroissant

Fig. 650. — Rassin de la Villetto. — Pont-levant <lo la nie do Crimée à l'entrée du bassin do la Villetto (canal de k'Ourcq). [Ias Uhlier éinnt boW.)

rapidement chaque année, aussi bienàcausedc l'augmentation de la population que plus encore à cause des besoins hygiéniques qui se répandent de plus en plus, il était indispensable de donner immédiatement à la Ville l'eau qui lui était nécessaire. Tel a été l'objVt des constructions d'usines auxquelles on a procédé depuis quelques années.

L'usine d'Ivry notamment, installée en amont de Paris, donne une eau de Seine relativement bonne, ainsi que Tont démontré les analyses; elle peut refouler par jour jusqu'à 85,000 mètres cubes. Les dessins

Fig. 651. — Bassin de la Villette. — Pool-levant de la ruo de Crimée a l'cotréo du bassin de la Viltatto.

(Le tablier Étant leré.)

et le modèle qui en sont exposés font nettement comprendre le jeu de ces pompes puissantes qui, en une seconde, envoient 1 mètre cube, une vraie rivière, à près de 100 mètres au-dessus du point où les eaux sont puisées. De même l'usine de Saint-Maur (eau de Marne) a été agrandie, et l'on vient d'achever à Bercy, en face du pont d'Austerlitz, une nouvelle

usine spécialement destinée au service des quar

tiers hauts du xvmc arrondissement (Montmartre). Les eaux une fois amenées ou puisées par les aque-

ducs ou les usines élévatoires, il faut les emmaga-

siner. On les reçoit dans de vastes réservoirs qui règlent en quelque sorte l'approvisionnement. L'ali-

mentation en eau est, en elïet, sensiblement constante à toute heure, tandis que la consommation est très variable du malin au soir et d'un jour à l'autre. A Paris, les réservoirs sont construits soit dans la ville môme, soit dans un rayon immédiat; de plus, tous les nouveaux réservoirs sont couverts de façon à maintenir l'eau plus fraîche en été, moins froide en hiver.

Hig. 654. — Passage en pierre sur Fia. 655. — Pavage en pierre sur sable. bétou.

r.oup.- d'un* demi-chauti'e. Coupe d'une deini-chautaee.

Fi«.656. — Pavage en bois sur béton. Fig. 657. — Asphalte sur béton. Coup.- d'une demi-ch&ustCe. Coupe d'une deml-c hausale.

On eût été conduit à des dépenses exorbitantes si Ton avait voulu les faire servir de bassins de décantation comme i\ Londres ; il eût été nécessaire de leur donner d'immenses surfaces. A Paris, c'était d'ailleurs superflu, puisque le but vers lequel on tend et qui sera sans doute prochainement atteint, c'est de ne consacrer exclusivement à l'alimentation que de l'eau de source qui n'a pas besoin de filtration.

Les réservoirs de Paris, tout en permettant aux eaux de se décanter légèrement, sont donc de simples réservoirs d'emmagasinement. Malgré cela,

on peut voir, par le beau modèle et les dessins du nouveau réservoir de Montmartre, quels ou-

Kig. G."»8. — Service du Nettoiement. — Collection des divcis outils et ustensiles employés dans ce service.

vrages imposants l'ingénieur est obligé de construire. Et ce réservoir ne contient que quelques milliers de

618 CAt'SERIES SCIENTIFIQUES.

mètres cubes d'eau. On aurait jugé sans doute bien

Fia. 6f>9. — Arrosage des Kues de Paris.

mieux de l'importance de ces nouvelles constrac-

Fio. 660. — EulAvemoDt di*s Ordures dans les Rues de Faris.

Les chillonnifres.

comment élevé pour recevoir les eaux de l'usine (Tlvry

qui, comme celui de Montsouris (réservoir de la

Vanne), peut emmagasiner 100,000 mètres t ubes î Le réservoir de Montmartre présente d'ailleurs cer-

taines dispositions qui justifient particulièrement les documents produits à son égard. Sa situation exceptionnelle, au sommet de la Butte, à côté de l'église du Sacré-Cœur, exigeait qu'on lui donnât un certain caractère architectural, et le problème à ce point de vue a été fort bien résolu. D'autre part, on sait com-

Km. 662. — Carri.'ro Mar.-< haux.— Vue générale- do la Carrière

«lu l'out Vert.

bien difficiles sont les constructions sur cette butte excavée par les carrières, présentant des plans de glissement des plus dangereux, et l'on pouvait n'être pas sans inquiétude quant à la stabilité d'un pareil ouvrage. Cependant on a réussi: les réservoirs sont construits solidement, et les habitants de Montmartre vont dorénavant avoir l'eau à discrétion comme ceux des autres quartiers.

Après l'adduction et l'emmagasinement des eaux, vient le problème de leur distribution. La distribution se fait au moyen de tuyaux en fonte dont toute la série des modèles, depuis le diamètre de 0™, OH jusqu'à celui de 1 m,1 0, est exposée au milieu de la galerie. Ces tuyaux, comme on sait, sont posés dans leségouts,

Vu,. 663. — Carriôro dos Maréchaux. — Vuo intérieure de la Carrière du Pont Vert. (Débarda des formes.)

ou en terre, quand il n'y a pas d'égout, et l'on tend, comme nous l'avons dit, à avoir partout deux canalisations absolument indépendantes, l'une pour le servie»1 privé i eau de source et de rivière ) , l'autre pour le service public (eau d'Ourcq). Toute une série de modèles et dessins se rapportent à cette partie du service des Eaux : compteurs, manomètres, fontaines et bouches d'eau, etc. Les gra-

phiques doivent spécialement appeler l'attention.

On y voit combien la consommation a augmenté depuis 1860 et combien elle est variable chaque année suivant les mois.

Le service des Canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis se rattache au service des Eaux et expose un certain

ttm. 604. — Carrière des Maréchaux. — Opération de la Taille au baquet

au moyen du Ciseau.

nombre de vues des principaux bassins et ouvrages et de modèles des derniers travaux exécutés'. Le pontlevant de la rue de Crimée est particulièrement à signaler à cause du principe de sa construction. 11 se soulève tout d une pièce, pour le passade des bateaux, au moyen d'appareils hydrauliques, et même au besoin avec des treuils à bras, ce qui présente de sérieux avantages économiques, et réduit notablement l'espace

Digitize

occupé. 11 convient de remarquer aussi la bâche très ingénieuse qui permet de réparer les parties dangereuses du canal de l'Ourcqsans interruption de la navigation. C'est une sorte de vaste bateau, ouvert aux deux bouts, que Ton peut déplacer à volonté en le faisant

Fia. 6CS. — Carrièro dos Maréchaux.

— Perforation mocaniquo dos bancs.

(Perforateurs mus par l'air comprimé rouant des ateliers. 1 met. lin. do fortge eu 10 mètre».)

Fia. 666. — Carrière des Maréchaux.

— Maître Carrier au travail. (Feate d'un bloc au moyen du couperet do 23 kilos.)

flotter, puis immerger aux points convenables; on n'a plus qu'à barrer en amont eten aval les zones latérales comprises entre le bord du canal et la bûche pour avoir d'excellents batardeaux u l'abri desquels on peut travailler à sec, tandis que la navigation s'effectue dans la bâche.

Citons oncoro la machine à faucarder et le type des nouvelles écluses du canal Saint-Denis avec sas de diverses longueurs et portes à un seul vantail.

Nous passons rapidement devant les panneaux où

Fie. 6rt7. — Carrière des Maréchaux. Fie. rt68. — Carrière des Maréehaux. — — Maître Carrier au travail. (Op»1- Carrière du Pont Vert. — Plan incliné ration du dédoublage d un bloe.) a 45" pour travaux de Terrassement,

montage du pavé «'t débard des formes.

sont réunis les documents exposés par l'Observatoire de Montsouris qui, pour l'air comme pour l'eau, se livre assidûment à des observations météorologiques, chimiques et micrographiques, et nous pénétrons dans la travée suivante, qui comprend : au milieu, les services de la Voie publique et des Promenades, des Carrières et le service Vicinal ; à droite, le service du

Plan de Paris; à gauche, le service des Travaux historiques.

L'exposition du service de la Voie publique et des Promenades comprend, en somme, Paris tout entier (I). Il s'agit de toutes nos voies publiques, de nos squares, de nos promenades, de tout ce qui frappe

l.iftne tlo Hrota^nc. — Quai <ie Déchargement de la voie do 0.6". Mise en wagon des pavt'-s do la carrière.

si vivement les étrangers. Il y a là des documents intéressants et sur lesquels il convient de dire quelques mots.

Le choix des meilleures dispositions à adopter pour

l) Noua devons à l'obligeance do M. do Tavernier. ingénieur on chot' drs Promenades do la Ville do Paris et de la Voie publique, d'avoir pu visiter en détail tout ee service, remarquable à plu»

d'un titre. Nous le remercions également d'avoir bien voulu nous fournir des documents et une série de dessins et de croquis pool ce chapitre.

les chaussées dans une ville où la circulation dépasse sur certains points 25 ou 30,000 voitures par jour, est chose beaucoup plus délicate qu'on ne le pourrait penser, et bien des tâtonnements ont eu lieu en ce qui concerne les dimensions des pavés, la constitution des fondations, etc. Actuellement, et laissant de côté les

FtO. 670. — Carrière des Maréchaux. — Voie ferrie de 0,00 de largeur.

Convoi do pavés et de meulière.

Tonnage moyen annurl : 30.000 tonne*.

Tonnage journalier moyen : 100 h 150 tonnes.

empierrements que l'on tend à supprimer dans le centre de Paris, on ramène les chaussées à t types principaux dont on a fourni des modèles au dixième. Ces quatre types sont :

1° Le pavage en pierre sur fondation en sable. C'est le type le plus habituel, celui à préférer, sauf pour les voies où les circonstances commandent d'adopter un revêtement insonore. Les pavés, quelle qu'en soit la nature, sontd'un échantillon ayant en longueur à peu

près une fois et demie la largeur avec une hauteur de 0,16 et se ramenant à 3 types ainsi définis :

La fondation en sable, suivant l'importance de la circulation, la nature du sous-sol, doit avoir de 0,12 à 0,20; les joints sont garnis en sable. Un tel pavage coûte moyennement 15 à 20 francs par mètre carré, <>t la dépense d'entretien annuel des plus variables peut être évaluée en moyenne entre 0 fr. 10 et

ailL^ •: ;-;L » — t.tt — » j

Moratoire d'essai dos matériaux.

Appareil a déterminer le coefficient d'usure des matériaux d'empierrement.

0 fr. 20 par mètre carré, sauf pour les voies très importantes.

2° Le pavage en pierre sur fondation en béton. Ce type est appliqué dans le cas de sous-sol mauvais, et très généralement quand il y a des voies de tramways ; on y recourt aussi pour les chaussées de très grande circulation. La fondation en béton de ciment de Portland a 0,15 d'épaisseur; les pavés sont les mêmes que dans le cas précédent, et le prix est de 20 à 25 francs par mètre carré.

3° L'asphalte. Cette chaussée, excellente pour son insonorité, son imperméabilité, convient surtout pour

EXPOSITION DK LA VILLK DK PARIS. 659

les voies étroites où le bois serait mal placé. La couche d'asphalte a 0,05 et le béton 0,15.

Le prix est d'environ 20 francs par mètre carré.

Kio. 673. — Laboratoire d'osaai dos matériaux. — Appareil à déterminer le coefficient d'usure des matériaux de pavage. (Élévation.)

4 m. àj !

Tici. 674 à 676. — Appareil à déterminer le coefficient d'usure des matériaux do pavage. (Plan.)

4° Le pavage en bois, introduit depuis quelques années et si développé et apprécié à Paris. Le pavé de boisa 0,1 5 d'épaisseur comme la fondation, et le prix, pour les travaux actuellement exécutés en régie par la

6<iû

Ville, n'est que de 18 francs en moyenne par mètre carré.

A ces quatre types, dont trois peuvent recevoir des voies de tramways qui s'associent mal avec l'asphalte, il faut ajouter l'empierrement si répandu encore dans les quartiers non centraux. On sait que l'entretien de ces chaussées se fait, depuis un certain

nombre d'années et. sauf cas spéciaux, sous forme de rechargements cylindres le plus souvent à la vapeur.

Depuis la fin de 1888,1a Ville exécute elle-même en régie le eylindrageàvapeurde tous les empierrements de Paris, du Bois de Boulogne et de Vincennes. Elle a acquis à cet effet trois rouleaux du système Gellerat et un du système Aveling etPorter; elle expose plusieurs modèles de ces deux engins. La différence essentielle

Kig. 677. — Sableuse Lesur.

Vuo perspective.

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. Gf,l

entre les deux systèmes consiste en ce que la machine française (la plus ancienne ; elle a été inventée en 1860 par M. Ballaison) comporte 2 rouleaux parallèles de même longueur et de même diamètre, tandis que la machine anglaise comporte 3 rouleaux, 2 à l'arrière, 1 à l'avant; la première est un bicycle ;la seconde est un tricycle. Celle-ci évolue mieux, mais celle-là réussit

Fig. 67S. — Sableuse Lesur.

Vue de fac. Vu* de côt«<.

mieux pour les rechargements épais ou sur sous-sol médiocre. Les prix de revient paraissent analogues, autantqu'on le peut conclure d'une expérience encore trop peu prolongée, et varient autour de 0 fr. 30 par tonne kilométrique.

Le nettoiement, y compris l'arrosement, présente beaucoup d'importance à Paris. C'est un service que Ton prend généralement pour modèle partout. La toilette de Paris! On en parle un peu dans toutes les grandes capitales. Le budget du nettoiement, tout com-

pris, atteint du reste environ 7 millions par an. Plus de 3,000 ouvriers sont employés au nettoiement. On s'arrête volontiers devant les modèles généralement au 1/5 ou à 1/2 du matériel de nettoiement.

Tout le monde foule aux pieds le bitume de nos trottoirs et l'asphalte de nos chaussées, matières que l'on confond souvent. Mais combien de personnes savent comment se prépare la poudre que Ton voit comprimer sur les chaussées, le mastic fluide que l'on voit couler sur les trottoirs? Le petit modèle type d'une usine d'asphalte et de bitume, construit de toutes pièces par un simple surveillant de la Ville, est intéressant à ce point de vue. On y voit le broyeur qui écrase la roche naturelle et le rotateur où elle est chauffée à 130° ou U0°; puis la chaudière où l'on fond le. vieux bitume additionné de bitume minéral et de gravier lin, puis les locomobiles, etc.

11 convient de citer une série de documents, modèle en relief, plan, photographies, etc., qui se rapportent à la carrière de grès d'Yvette dite des Maréchaux, exploitée en régie par la Ville de Paris.

Cette exploitation en régie sert de régulateur aux prix des entrepreneurs qui fournissent le surplus des pavés d'Yvette, procure à la Ville environ un million d'excellents pavés chaque année, et lui assure des recettes qui en 1888 ont atteint près de 100,000 francs pour la vente des sous-produits, meulière, pavés tendres, grès pour verrerie, etc. Ce qui doit surtout appeler l'attention dans cette exploitation, ce qui en fait un type, ce sont les perfectionnements dont tout y a été l'objet : un chemin de fer a voie de 0ra,60 relie la carrière à la station des Kssarts (ligne de Chartres); des transmis-

missions à l'air comprimé et môme, depuis peu, des transmissions électriques actionnent mécaniquement les perforatrices, les wagons qui remontent les plans inclinés, etc. La main-d'œuvre en somme a été réduite au minimum, ce qui était utile dans une industrie insalubre; l'absorption des poussières de grès étant dangereuse. Et les résultats de cette exploitation sont à ce point fructueux (pie la Ville a été conduite récemment à étendre la concession qu'elle tient de l'Etat.

C'est en régie également que la Ville fait maintenant tous ses travaux de pavage en bois : elle achète elle-même ses bois, les tronçonne, les injecte, les met en œuvre. L'usine, dont les dessins sont exposés, n'offre rien de particulièrement remarquable, mais il est bon de jeter les yeux sur les échantillons des bois employés: pin des Landes pin maritime), sapin du Nord (pin sylvestre et pitch-pin. ils offrent des différences considérables de structure. Os trois essences ne sont d'ailleurs pas appliquées indistinctement; chacune possède ses qualités propres et convient à tels ou tcN cas.

Les acquisitions de pavés de pierre se chiffrent chaque année, tout compris, parplusde3,500,000 francs pour la Ville. Les fournitures des matériaux d'empierrement, de ciment, de chaux, etc., montent également à des chiffres énormes. Dans l'intérêt des finances municipales comme dans l'intérêt de la circulation et de la conservation des ouvrages, il convient de ne pas laisser le temps seul révêler si tels matériaux sont bons et tels autres mauvais. Tous doivent être examinés au préalable, et c'est la mission d'un laboratoire spécial dont l'exposition tivs com-

plète comprend toute une série d'échantillons de

ciments de Portland ou de Vassy, de roches asphalliques, de matériaux de pavage et d'empierrement. A

ceux-ci sont attribués des coefficients d'usure qui

c et àe Monceau. (Voir plus loin la m^nic Vue oa 1889.) t Ville* de Clichy et LcvalloU.

permettent de les classer, de les répartir selon les prix offerts et la circulation des voirs, etc.

machines comprises dans l'exposition. Pour les pavés,

EXPOSITION DE LA VILLE DE PARIS. ti(»9

on use l'échantillon sur une meule, et on compare sa

perte de poids avec celle fournie par le type. Pour f

c:n CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

les empierrements, l'usure <i-t produite par la rota-

FlO. 6*:>. — Plan de Paris. Vue des S* *

Territoire dn anci«av* *

tion dans un cylindre. A côté de ces machines on voit unr machine à saler et à sabler, inventée par un agent

du service municipal. Le sable a un rôle bien connu.

•rondiss(Mii(Mit<s «-t «1rs YiIIos de Clichy et «le Lcvallois. I Je Clicliy et dr Munceau.

(Juantausel, qui détermine la fusion de la neige pour toute température inférieure à — 18°, il rend depuis

tm

1880 les plus grands services et met la ville désormais à l'abri des terribles conséquences des

Fia. 688. — Plan de Paris. — Vue sur M

chutes de nrige, comme celles de décembre 1879. Pendant cet hiver néfaste, on dépensa près de

2, 500, 000 francs, <>t la circulation souffrit pendant un mnis. Maintenant, en huit jours et avec une dépense

jardins du Champ-do-Man et du Trocadéro.

de 500,000 francs peut-être, on déblaierait Paris dans les mômes circonstances. Moyennement, on peut éva-

causeries; scientifiques.

luer à 11 grammes la consommation de sel par mèlre carré et par centimètre d'épaisseur de neige.

Fig. Gs9. — Le Paradisjperdu, par Joan Gauthcrin. Groupe on marbr*» décorant le parc Monceau.

Les grands ouvrages exécutés depuis dix ans par le service de la Voie publique sont peu nombreux; il convient cependant d'accorder une [mention exceptionnelle au pont de la rue Gaulaincourt jeté au-des-

sus du cimetière Montmartre; ce pont met en- communication facile le haut du LVarrondissement et les

J-'io. 090. — Cimetière do la Ville do Paris h Bagocux. Vue prise île la Roule ttratlglquo.

quartiers jusqu'ici déshérites de la Butte. Les fondalions ont diV ôtre descendues au milieu de gypse

ti"8 CAUSERIES SCIENTIFIQUES.

mouillé jusqu'à w20 et 22 mètres, et le tablier est entièrement en acier, ce qui est encore rare en France.

Kig. 6*1.

Il nous faut aller plus vite, sous peine de n'en jamais Onir,avec toutes les curiosités du pavillon. Voici les modules de toute une série d'ouvrages métalliques con-

struitspour le service vicinal : le pont de Suresnes est à signaler à cause de la forme de ses arcs. Ce service expose

x Sorbonne.

i Sorbouue.

a Sorbonne.

encore une série de graphiques qui font nettement ressortirl'énormc accroissementdelapopulation et de la circulation dans les communes qui entourent Paris.

Voici une magnifique carte des carrières, avec coupes géologiques, expose par le service des jMines ; on y peut voir combien est excavé le sous-sol du département de la Seine, particulièrement sur la rive gauche; Mais peu à peu on consolide ces anciennes carrières dans tous les points intéressant la sécurité publique.

Voici, encore exposés par le service des Promenades, une aquarelle et un grand modèle en relief du square projeté sur le liane de la Butte Montmartre au-dessous de l'église du Sacré-Cumr et du réservoir des eaux; ce square, auquel prête si bien le relief du terrain, ne sera pas l'un des moindres attraits de Paris et pourra rivaliser avec le pan; des Buttes Ghaumont; l'absence de ressources n'a encore permis que de l'amorcer en exécutant les travaux de soutènement indispensables; la dépense totale atteindra environ 1 million.

Le public examine aussi curieusement les grandes aquarelles dressées sous la direction du Conservateur du Plan de Paris et représentant tidélement, à cent ans d'intervalle, en 1789 et en 1889, les quartiers avoisinant la Bastille et ceux de la plaine Monceau (l). Les premiers ont bien changé, mais en somme n'ont lait que s'accroître. Les seconds, au contraire, abritent aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'habitants là où il y a tout au plus vingt-cinq ans il n'existait que des champs et quelques rares maisons. Le service du Plan de Paris expose encore toute une série de plans comparatifs d'un grand intérêt.

Nous traversons en hâte les salles consacrées aux

(1) Le dessin de ces belles toiles est du à l'habile conservateur du Plan de la Ville de Paris, M. Hoehereau. La peinture est de MM. Didier, Vautier, Bourgeois, etc.

Beaux-Arts, qui ont élé organisées avec un goût parfait par MM. A. Renaud, inspecteur en chef el H. Brown, chef de bureau. Nous y trouvons réunies une série de

Fig. m -

peintures décoratives de MM. Baudoin, Comerre, Delahaye, Giaizo, Schommer, Séon, destinées à différentes mairies : on sait en effet combien aujourd'hu^on cherche à donner à la fois plus de vie et un caractère plus artistique aux salles des édifices communaux.

Dans les travées suivantes sont réunis les reliefs, dessins, etc., du service d'Architectun .

Il convient d'y remarquer tout spécialement ce qui

or bon no.

I>l0ft.

se rapporte à la nouvelle Sorbonne et à la Faculté de Médecine. Aucun de ces monuments n'est encore terminé.

A signaler encore les panneaux relatifs à la Bourse du Travail et à la caserne Schomberg, à différents

groupes scolaires, au lycée Billion, au lycée Voltaire qui seront prochainement inaugurés.

Mais il nous faut bien limiter à regret ici cette esquisse trop courte et cependant déjà bien longue.

Klle suffira sans doute pour montrer toute l'importance de cette exposition spéciale. On a beaucoup fait à la Ville, beaucoup travaillé depuis dix ans.

Cette Exposition, qu'il serait bien désirable que l'on nous conservât, donne une juste idée des efforts considérables accomplis dansées derniers temps par le Conseil municipal, par la Préfecture de la Seine, et par les éminents ingénieurs de la Ville de Paris.

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