‹ L'Exstrophie Vésicale et l'Épispadias: Étude PathogéniqueChapitre 13 sur 45 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'exstrophie est une malformation de la vessie qui n'a été décrite qu'à une époque relativement récente. Nul doute qu'elle ait été observée de toute antiquité, mais elle était confondue avec les autres malformations et personne n'eut l’idée de la distinguer et de la décrire à part. Les livres hippocratiques et galéniques sont muets à cet égard ; les Arabes et le Moyen-Age ne rapportent aucun fait qui semble avoir quelque analogie avec ceux qui nous occupent.

C'est au X VI siècle seulement, dans ses dernières années même, qu’elle semble avoir été décrite pour la première fois. On trouve dans Portal que Jean

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Schenk publia en 1595 un volume où il est question d'une malformation qui paraît être une exstrophie. C'est lui qui jusqu'ici semble avoir la priorité et c’est à tort que Percy (1) rapporte à Ruffin (2) l'honneur de cette description princeps. :

Bartholin (3) nous apprend que Van Horne publia en 1670 le premier cas observé chez la femme.

Stalpart Van der Viel (4)en vit trois cas et reconnut qu’il s'agissait de la vessie, mais 1l croyait que c'était là une ectopie du réservoir urinaire dont les deux parois étaient accollées, annulant ainsi sa cavité.

Cette opinion fut encore émise par Tenon (5).

Huxham (6) considérait la tumeur comme formée par l’ombilic déplacé, non fermé et resté en communication avec les uretères par un ouraque largement béant. Il avait donc vu que la lésion consistait en une ouverture à l’extérieur du réservoir urinaire et que les malformations vésicales et ombilicales étaient étroitement unies.

Il signala dans son mémoire le premier accouchement chez une exstrophique.

La véritable Imterprétation des lésions de l’exstrophie fut donnée par Devilleneuve (7). En observant avec plus d'attention que ses prédécesseurs, il vit

(1) Percy. Bullet. de la Faculté de Méd. de Paris, 1811.

(2) Ruffin, De Conceptione et Generalione, 1637.

(3) Bartholin, 4° édition, 1674,

(4) Stalpart Van der Viel Observ. rar, cont, post. ete. Lyon. 1667. (5) Tenon. Mém. de l'Acad. des sciences, 1761,

(6) Huxham. Philosoph. Transacl., 1768.

(7) Devilleneuve. Journ. de Méd, Chirurgie et Pharm., 1767.

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qu'on était en présence d’une muqueuse analogue à celle de la vessie et la découverte des méats uretéraux acheva de lui donner la véritable notion de l'exstrophie.

L'histoire anatomo-pathologique fut ensuite reprise par Gastarra (1) et par Bonn (2). Ces auteurs montrèrent que la tumeur était constituée par le bas-fond de la vessie dans lequel venaient s’ouvrir les uretères et par une portion plus ou moins considérable de la face vésicale postérieure, que la paroi antérieure faisait défaut en même temps que le plafond de l’urèthre. Bonn, par le toucher rectal s’était assuré de l'absence de la cavité vésicale et montrait que sur un cadavre on pouvait reproduire la lésion en fendant la paroi supérieure de l’urèthre, la symphyse pubienne et les parois antérieures de la vessie et de l'abdomen.

Le nom d’Exstrophie date de Chaussier qui le trouva en 1780.

A partir de ce moment, les cas publiés se multiplièrent.

En 1805, Duncan (3) en connaissait environ 50, en 1833, Velpeau (4) en avait réuni une centaine.

Jusqu'à cette époque, on avait surtout étudié l'anatomie pathologique de l’exstrophie. On s’occupa ensuite de la pathogénie. Ce fut là l’œuvre du commencement de ce siècle. Plus près de nous, on s’est

(4) Castarra. Hist. de la Soc. roy. de Méd., 1780. (2) Bonn. Amsterdam, 1780,

(3) Duncan. Journ. d'Edimbourg, 1805.

(4) Yelpeau. Bul. et Mém. de l'Acad. de Méd.

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surtout occupé de la thérapeutique et les publications médicales fourmillent depuis une trentaine d'années de procédés destinés à pallier, dans la plus large mesure possible, les inconvénients multiples d’une pareille malformation.

On peut diviser en trois groupes les opinions qui ont été émises sur les causes de l’exstrophie :

Les uns, théorie mécanique, ont pensé que la vessie et la paroi abdominale étaient rompues par un traumatisme. La plupart faisaient de la rupture par exagération de pression interne la cause ordinaire de la lésion.

Dans un second ordre d'idées, on a pensé que des causes pathologiques, maladie du fœtus et de ses enveloppes, adhérences morbides, créaient l’hiatus abdomino-vésical.

Plus près de nous, enfin, on a rattaché à une déviation du développement embryologique normal la production de l’exstrophie.

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