FENTE
bryologie normale pour n’en pas avoir une énorme dans les malformations.
Normalement, les choses se passent de telle sorte que les dimensions de la paroi infra-ombilicale de l'abdomen l’emportent de beaucoup, à la fin du développement, sur celles que présente le bouchon cloacal. Il en résulte que, à sa chute, ce dernier ne laissera libre, dans la sphère génito-urinaire, qu’un orifice étroit autour duquel s’ordonneront des productions mésodermiques capables de donner à ce conduit épithélial les propriétés contractiles qu'il doit posséder.
Supposons, au contraire, que la paroi hypogastrique se développe moins et que, au contraire, la membrane anale prenne un développement corrélatif exagéré. Elle va s’avancer vers l’ombilic, qu'elle pourra même attendre, à la place de la paroi trop peu étendue.
L'évolution de la région sera ainsi considérablement modifiée. Les parois abdominale et allantoïdienne antérieure, dans une partie considérable de leur étendue, seront formées par la membrane anale dont la chute va laisser un large orifice au niveau duquel rien ne pourra s'organiser. On aura done, à la chute de la membrane anale, une perte de substance par laquelle la vessie communiquera avec l’extérieur ; c'est l’exstrophie.
En laissant évoluer normalement le bouchon eloacal, on assiste, à une époque plus avancée de la vie fœtale, au développement de sa dépendance, la lame uréthrale de Tourneux. Celle-ci, comme le
LD DR fée
bouchon cloacal, est capable de présenter des malformations. Comme elle évolue dans une petite région, à une époque où tout, pour ainsi dire, s’est développé autour d'elle ave une solidité relative, elle est peu susceptible de prendre une extension considérable et c’est surtout à des éctopies qu’on a affaire quand elle devient anormale. Chez le fœtus sain, elle plonge pour ainsi dire jusqu’au centre du tubercule génital pour y creuser l’urèthre antérieur ; qu’elle dépasse le centre pour arriver à la région dorsale de ce tubercule, elle y creusera une gouttière et on aura l’épispadias, qu’elle ne l’atteigne pas et reste à la face ventrale, on aura l’hypospadias.
Il semble donc que tout dans ces malformations peut être rapporté à des troubles dans l’évolution de la membrane anale : L'extension trop considérable de la membrane elle-même, coïncidant avec un arrêt de développement corrélatif de la paroi infra-ombrhcale, se produisant à une période très précoce de la vie embryonnaire amène l'exstrophie.
L'ectopie de la lame uréthrale dépendance de la membrane anale, se produisant à une période relativement avancée de la vie embryonnaire amène l'épispadias, ou l'hypospadias suivant que l'urèthre ainsi formé siégera à la face dorsale ou à la face ventrale du pénis.
L'’hypospadias, aujourd’hui bien connu, ne nous occupera pas dans ce travail. Les deux autres malformations jusqu'ici séparées, peuvent être réunies par leur origine. Elles offrent en effet, un certain nombre de rapports : Dans les deux cas, l'orifice
urinaire s'éloigne de la région périnéale pour se rapprocher de l’ombilic, se plaçant à la face dorsale des corps caverneux. Dans les deux cas, le plancher de l’urèthre est reportétrop enavant. Nous ne tenons compte ici, bien entendu que des cas classiques et non de ceux qui sont une anomalie d’une anomalie et pour lesquels il faut créer des chapitres spéciaux.
La communauté d'origine est aujourd’hui démontrée, carles recherches de Strahl, Tourneux, Bonnet, ont fait admettre sans contestation possible que la lumière uréthrale provient de la chute du bouchon cloacal.
Mais, ces deux malformations sont séparées par un grand caractère ; l’époque à laquelle elles se produisent. L'’exstrophie ordinaire se fait très tôt. La membrane anale prend un développement exagéré, évoluant au milieu de tissus peu résistants, probablement avant que le tubercule génital n’ait apparu sur ses limites antérieures. Elle entame la paroi abdominale et, quand viendra le moment de sa chute, l’orifice qui fait communiquer la vessie avec l'extérieur sera trop large.
Dans l’épispadias, la membrane anale a évolué normalement. Il s’est formé un bouchon cloacal de dimensions physiologiques, la paroi abdominale s'est constituée, le bourgeon génital a paru à sa partie inférieure, Nous sommes donc à une période beaucoup plus avancée du développement, l'embryon de mouton (Tourneux) a déjà 15 à 48 millimètres. On ne pourra done avoir, suivant la loi bien connue de Coste, qu'une malformation de détail. Ce qui se
produit alors ne peut guère être qu'un déplacement anormal. Au lieu de porter sur toute la membrane anale et de se produire tôt, la malformation ne touche que la lame uréthrale et se produit tardivement. Tels sont les rapports et les différences qui existent entre l’exstrophie et l’épispadias.
Nous connaissons maintenant, le grand facteur de ces monstruosités, nous pouvons les étudier plus en détail en suivant, pour être logique, l’ordre chronologique de leur production, c'est-à-dire en commençant par l’exstrophie.
La première chose à expliquer, dans l’exstrophie, la plus importante, c’est l’hiatus creusé dans la paroi vésico-abdominale. Cette absence de paroi s’explique très simplement, avec les données actuelles.
Supposons que la paroi primordiale quidoit former la paroi abdominale se développe incomplètement, que ses éléments n’aient pas, pour ainsi dire, une vitalité suffisante pour se différencier suivant leur mode ordinaire, on n’aura, au-dessous de l’ombilic qu'une paroi trop étroite. On peut admettre que, par une sorte de compensation, 1l va se produire une hyperplasie de la membrane anale. Gelle-ei va pouvoir prendre, dans la paroi abdominale de l'embryon, et en même temps dans la paroi antérieure de l’al-