OBSERVATION VIII
(Gosselin, Gazette des Hôpitaux, 1851)
Dans ce cas, il existe un vice de conformation beaucoup moins prononcé qu'il ne l’est habituellement. L’orifice vésical est situé immédiatement au-dessous de la symphyse pubienne dont l'articulation est d'ailleurs beaucoup plus lâche que dans l’état normal mais n’offre pas, cependant, l'écartement extrême qu'on observe ordinairement dans l'exstrophie. Cet orifice d’un centimètre et demi environ d’étendue ressemble beaucoup à un orifice uréthral qui serait très dilaté. La muqueuse ne fait qu'une simple saillie dans une partie seulement de la circonférence. La malade peut retenir ses
urines pendant un certain temps, mais une fois que le besoin d’uriner se fait sentir, elle est obligée d'y obéir immédiatement. Le clitoris, comme pour se conformer à l’écaryement qu'ont éprouvé les branches du pubis, se trouve divisé en deux parties situées toutes deux parallèlement au-dessous de l'orifice anormal et munies de deux prépuces assez bien conformés, de sorte qu’elles ressemblent moins à Ceux moitiés de clitoris qu’à deux clitoris distincts et même assez développés. Au-dessous de ces deux clitoris et entre eux, existe un orifice vaginal dont la dimension est à peine supérieure à celle de l'orifice vésicrl et qui est fermé par une membrane muqueuse résistante perforée à son centre. La personne est d’ailleurs assez bien réglée et parait avoir une propension assez marquée aux rapprochements sexuels.
Les pubis sont réunis, il est impossible de constater la trace d’une séparation. Le cas présent offre cette différence essentielle avec les observations connues où les pubis considérablement éloignés l’un de l’autre, sont unis par d’épais ligaments.
Le sacrum est plus long, le coceyx plus incurvé que d’ordinaire. On peut attribuer cette longueur inusitée à la situation très antérieure des organes génitaux. Le cordon ombilical émergeait plus bas que d'habitude, immédiatement au-dessus de la tumeur et par le même orifice.
À la surface de la tumeur, d'apparence tout-à-fait glandulaire, se voyait une quantité considérable de liquide lubréfiant qui la préservait de l’irritation causée par le passage de l'urine, La masse présentait des changements de volume en rapport avec les efforts de l’enfant, ses cris. Au moment où par suite de son départ, je perds l'enfant de vue, la tumeur semblait diminuer par l’envahissement de l’épiderme sur une partie de son étendue et j'avais cru pouvoir en conclure qu'avec des soins, en éloignant les causes d'irritation, une portion plus considérable pourrait être couverte et préservée de la même manière. Elle était peu sensible, pouvait être touchée doucement sans exciter de la douleur.
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