SCENE IV
RODOLPHE , LE COM'l’E.
LF. COMTE, Vfnant à Rodolphe et lui prenant la main. Mon ainil... que la contrainte que je suis forcé dc| m’imposer me blesse et m’adligc! Afin de motiver votre présence dans la maison, il a fallu vous donner un emploi; vous Otes ici mon secrétaire, et rien de plus.
RODOLPHE. J’avais à vous annoncer, monsieur le comte, que vous recevriez probablement aujourd’hui une lettre d’Allemagne , rclalive au procès que vous soutenez contre
• Rodo1|>li9, Frânlï, le Comte, Sophie.
L’EXTASE
la maison de Schwasberg. Quant aux cent mille florins qni sont la propriété de madeluoisrile tolre fille, et qui doivent m’ètro comptés bienifiL..
l.E COMTE. Vous en disposerez ainsi que vous le jugerez il projxis ; vous savez que je ne veux jamais que nous causions d’aflaircs.
Je m’en rapporte i vous.
itotioi.PiiE. Je suis liciireui et fier de cette conliancc , que je m'elforcerai de mériter.
LE COMTE. Êtes-vous Cil elTct licurenx , Rodolphe ? je v oudrnis le croire. I.a position que vous avez acceptée est pénible, je le .sens. Étranger il tous les plaisirs , isolé dans votre chambre, que vous osez à peine quitter, vous attendez il chaque instant du jour qu'un signal connu de nous deux seulement vous avertisse qu'il y a ici une souffrance il combattre, ou une douleur ii consoler. Alors vous descendez par l’escalier secret qui , de votre appartement, conduit à mon cabinet. .
vous accourez auprès de moi... et pour prix d'un dévouement si noble , une seule voix vous remercie... un seul cœur est reconnaissant.. cette voix c'est la mienne, ce cœur c’est le micii. Vous n’ètes connu que de moi :e il : seul je sais ce que nous nous devons. Jusqu’ici vous n'avez point parti soullrir de cette existence, toute de sacrifices et d'abnégation.. mais depuis quelques jours...
ROtXiLPliE, vivement. Vous m'avez trouvé moins empressé , moins dévoué ?
LE COMTE. Non... . .seiilenient vous êtes
devenu rêveur préocciqié et ce|XMi-
dant ma fille semble renaître sous mes yeux.
Qui SC douterait, en la voyant,' des inquiétudes que sa santé me cause encore... ellemême s'en étonne, 'car ses accès ne lui laissent aucun souvenir... elle ignore jusqu’à la rpconnaissancc que je vous dois..... et peutêtre me reprochez-vous...
RODOLPHE. Oli ! qu'elle n'en connaisse jamais la cause ! Ce secret est à nous deux, monsieur; il doit mourir entre nous.