‹ L'extase comedie en trois actes, melee de chantChapitre 23 sur 47 · SCENE xr · texte numérisé non relu

SCENE xr

LA PRINCKSSE, HÉLÉM;.

iiÉl.feNE. Ah ! ma tante ! si vous voyiez le délicieux costume que viens de m’envoyer mon cousin? Entre nous, je crois qu'il m'ira |>ar[aitcment... ^'ous savez que mon coiisiu m'avait promis quejescraisjolie... Mais qu’avez-vous, ma tante? vousparais.sez conlr:.riée? Est-ce que mon père ne me permet pas d’aller au hal ?

L.v PRINCESSE. Votre père est un entêté avec lequel je devrais rompre pour toujours.

ilÊEt.NE. Ah! mon Dieu!

LA PRINCESSE. Si je ne le fais pas, c’est que i’espère encore <|ue la raison le ramènera. Ah ça. qu’est-ce que j’entends dire ici? qu'il y a quelqu'un qui .s’esl emparé de son esprit, de sa confiance? quelqu'un que l'on consulte sur tout? qui est le mailre céans?

HÉLÈNE. Ma tante !

LA PRINCESSE. Répondez : je veux que l’on m’expüque tout cela. D’autant pins, je comnipnœ à le croire, que riniluencc dont on parle n’est pas étrangère au changement survenu dans les dispositions de votre pèra 11 n'est plus le même.

HÉLÈNE , vivement. Ah ! je u’avais pas tort quand je vous disais que mes chagrins avaient une cause.

LA PRINCESSE. E.st-rx! (|u’elle estsérieu e?

Je n’ai pas attaché, je l’avoue, une grande importance aux paroles tu m’as dites quand je suis arrivée... Est-ce que ton pire est changé avec toi aus.si?

HÉLÈNE. Non: je n’oserais le dire,, encore.. . je ne sais, voyez-vous... il faut si peu de chose pour (]uc mon cœur s’alarme , (lue ma pauvre tête s’i'xalle ! mon esprit est f.iible. . . (arile 5 impressionner, et ceux qui m’entourent en profitent -IKiiir m’aigrir encore... Mais ce n’est pas de ce qu’on médit que je souITrc, c’est de ce que j’i'prouve.

LA princesse. Cie.iUl.Ilt?

HÉLÈNE. Oui... tua tante, je ne me confierais à personne... mais à mju.s!... Oui, il y a ici un etitanpor q ' • o.j.é entre mon ^reetmoi, un étrang. ^ joi d a donné toute sa confiance, qu’il aime ,ouime un fils... et je suis jalouse.

LA PRINCESSE. ïoi? |)auïre petite!... ah!

mou Dieu!... que m’apprends- tu là ?

UfcLRIVi:.

AiRnotitfrtu (le üf. A)cAtr.

Jr troas le di', à tou*. »*n confiilencf».

J'ai bien soullcrl ft je n’ni point psTlé ;

Mon cenir se bris« k cette iadilTérenee .

£t sans témoins mes larmes ont coulé- Ce changement qui m'aflliire et me hlet^se.

Cause l'ennui qui me tue eu secret.

Won père, bêlas ! pour perJre ta tendresst',

^)u’ai-je donc fait? rêpotids. qii'ai-jcdonc fait?

A mes cAtés ü reste sans rien dire ,

Sombre et rêveur, il me ferme ses bras.

On peut souvent refu>;er un sourire A des enfants qui se montrent ingrats ;

Mais en ce jour, c’est lui qui me délaissé.

Lui qui déchire un emur qu'il niérotmaU.

lion père, hélaa I pour perdre ta tendresse.

Ou'ai'je donc fait? réponds, qu'ai*je doue fait?

LA PRINCESSE. On 10 monte la tête... et c’est lr(‘s-inal.... n’importe, tu n'en es pas moins tourmentée, malheureuse... mais que l’on se débarrasse de cet homme , qu’on le chasse!

HÉLÈNE. O ma tante !

LA PRINCESSE. E.st-ce donc si difficile ? et ton jière hésiterait-il si tu le lui demandais? HÉLÈNE. Moi?

LA PRINCESSE. Il faut qu’îl parle, cl le plus tôt possihlo. Je ne veux pas faire comme

les gens qui t’entourent, certainement

mais l'iullueiice fune.stc qu’on lui prête est

ré-elle plus grande encore que tu ne le

penses.

HÉLÈNE. Que dites-vous?

LA PRINCESSE. J’en ai la preuve et

quand tu la ri'doules, tu as raison.

HÉLÈNE. Ah! vous voyez ! vous-même...

LA PRINCESSE. Moi ?.. .je suis indignée...

|vauv ro enfant ! qui sc plaint à peine encore !...

HÈi.ÈNE. Et le puis-je? l'aurais-je osé?

non, je me lais , je souffre et je pleure.

LA PRINCESSE. Mais cette (vosition n’est |vas tolérable... il faut qu’elle cesse.

HÉLÈNE. Je. pleure... oui... et je n’ai que vous... (jperrerant le Comte.) Mon père!., silence ! silence !

LA PRINCESSE. .Non, j'étouffe, vois-ln?

ça me suffoque !

SCÈÎNE XH.

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