LK COMTE, LA PRINCESSE, HÉLÈNE
LE COMTE, entrant une lettre à la main, à part. Encore là ! {Haut.) Je vous croyaw sortie, ma sœur, et j’allais envoyer à votre Imtel. Des nouvelles que je reçoi.s, et qui sont relatives à mon procès, me forcent à faire partir punr la Ilolième un homme de confiance. Je voulais prendre vos ordres avant son départ.
LA PRINCESSE , trè$-aigremenl. VoiUi nne belle occasion, monsieur, de vousdébarrasser
Dk ; . ' ' , 'vjOOqlc
L’EXTASE
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de M. nodolplie... Mais ce n’est pas lai que TOUS allez charger de cette mission , sans doute ?
LECOMTE. Que dites-vous?
LA PRINCESSE. Je dis, monsieur, qu'il eût été heureu.v pour tout !c inonde ipie Totre choix fût tombé sur la personne que j'ai nommée , et dont la présence Jette le tniuble dans cette maison.
l.E COMTE. Qui vous donoe lieu de supposer, madame?...
LA PRINCESSE. Tout ce que j’ai vu depuis que je suis ici , monsieur, tout ce que j’ai entendu. Au reste, ce n’est pas moi qu’il taut interroger. Regardez votre fille , monsieur ses larmes vous répondront.... (A
Hélène, qui (lélourtK ta (d<e. ) Fais-moi le plaisir de ne jias les essuyer.
LE COMTE *. Ses larmes? parlez, Hélène :
qu’y a-t-il donc?
LA PRINCESSE. Ce qu’il y a, monsieur?...
il y a que cette enfant souffre qu’elle est
habituée à être aimée... que votre préférence pour un étranger, un aventurier, a alarmé sa . tendresse... il va...
LE COMTE. Assez, je vous prie. Ma Clic n’a jamais pu s’étonner d’un sentiment de bieiiveillanre légitime, mérité.... ma fille n’a Jamais pensé que mon amour pour elle en put être altéré.... que je l’aiiuassc moins.... Elle ! mon Hélène !... jalouse !
HÉLÈNE. C’est vrai !
LE COMTE. Vous!...
HÉLÈNE. C'est vrai! j’ai tremblé de perdre une part de cette tendresse qui était à moi seule... j'ai craint de l’avoir penlue...
LE COUTE . avec «ne douleur concentrée.
Hélèm' !... oh !... je ne crois même pas devoir essayer de vous rassurer... vous êtes un enfant dont on cherche à tromper les sentiments, à égarer l’esprit...
LA PB1NCES.SE. Voilà tout ce que vous trouvez à répondre? Et après ce qu’elle vous a dit, il est encore ici? vous ne l’avez pas renvoyé î
LE CO.MTE , à sa fille, en faisant effort pour se contenir. Je n’ai pas besoin de me justifier, je pense... Jele répète... vous êtes
un cnfaiiL.... Allons... rentrez l’heure
avance, et votre tante veut vous conduire au bal... rentrez.
HÉLÈNE, ;ifec larmes. Ah! vous ne m’ainiez plus !
LE COMTE. Ma fille !
HÉi.ÈNE. Vous m’auriez ouvert vos bras autrefois , vous m’auriez serré contre votre coeur...
LE COMTE. Hélène !
HÉLÈNE. Et vous restez muet ! et vous ne trouvez pas une parole pour me consoler...
* La Princesse, le Coroto, Hélène.
LE COMTE. Eh I ne voyez-vous pas tpie votre injustice me blesse, que votre ingratitude me révolte?
HÉLÈNE. Mon père !
LE COMPE. Malheureii.se enfant! qui ne .sait même pas tout ce qu’il y a d’amer pour moi dans ses [laroles , de déchirant dans set reproches!
HÉLÈNE. Mon père !
LE COMTE. Mais vous êtes cruelle , mais vous me mettez à la torture!...
HÉLÈNE. Mon père !... oh ! ne me parlez pas ainsi!... oui... j’ai eu tort... je me trompais vous m’aimez autant tou-
jours...
LE COMTE. Elle en dontel...
HÉLÈNE , avec une sorte d'égarement
Non !.... plus à présent je me trompais,
ma tante... je me trompais.
LE covrrE, qui est redevenu maître de lui, lui prenant ta main. Oui... vous avez eu tort... mais moi aus.si j’ai des reproches à
nie faire j’aurais dû être plus maître de
moi Hélène! ma fille!.... allez!
allez !...
HÉLÈNE. Oui... oui.
Elle s« dirige rers son apparlemenl et tombe sur un huteuil.
LA PRINCESSE , arec emportement, après un instant de silence. Vous êtes un tyran.
LE COMTE. Madame...
LA PRINCESSE, Ail ! n’ospérez pas que je me taise... j’ai gardé le silence jusqu’à présent... et Diim sait ce que cela m’a coûté... mais il faut que je vous dise ce que j’ai sur le cœur.