‹ L'extaseChapitre 16 sur 64 · MULLER, RODOLPHE · texte numérisé non relu

MULLER, RODOLPHE

MULLER. Ce vieux monsieur a un air bien respectable.

RODOLPHE. En effet.

MULLER. Et je ne le crois pas lier, quoiqu'il soit d'une illustre famille, si j'en juge par quelques mots que j'ai eniendu dire à ses domestiques.

RODOLPHE. Il m'a parlé avec une grande bonté.

MULLER. Ce n'est pas étonnant, d'après

l'intérêt qu'il porte à monsieur Si vous

saviez comme il a semblé ému lorsque je lui ai annoncé votre arrivée...

RODOLPHE. ;\lon arrivée?

MULLER. Sans doute. Je n'ai pas perdu de temps, comme il me l'avait recoumiai)dé.

RODOLPHE. Vous vous êtes trompé, je n'étais pas connu de ce monsieur.

MULLER. C'est impossible, puisqu'il vous attendait.

RODOLPHE. Il m'attendait?... moi?

MULLER. Certainement, depuis ce malin.

RODOLPi^E. .Moi?... que dites-vous?

MULLER. Je dis qu'il m'avait fait à cet égard toutes les recommandations possibles, qu'il s'est informé de vous dix fois dans la journée, qu'il est descendu aussitôt que je lui ai eu parlé.

RODOLPHE. Mon ami, je suis l'objet d'une méprise... il \ a ici une erreur...

MULLER. Je ne pouvais pas me tromper après les détails qu'il m'avait donnés... vingttrois ans... Mais, au fait, il ne m'avait pas chargé de vous raconter tout cela, et vousmême vous avez peut-être des raisons pour ne pas dire que vous le connaissez.

RODOLPHE. Je n'en ai aucune, je vous le proleste. Je ne sais pas même son nom ; comment l'appelez vous ?

MULLER. .le n'en sais rien non plus; mais voici son domestique (|ui pourra nous l'apprendre*... C'est quelqu'un (juc vous avez peine à reconnaître, ou que vous aurez perdu de vue.

RODOLPHE, à lui-même. Je ne puis comprendre.

MULLER. Attendez : je vais lâcher de savoir son nom; ça vous remettra sur la voie.

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