‹ L'extaseChapitre 27 sur 64 · RODOLPHE , LE COMTE · texte numérisé non relu

RODOLPHE , LE COMTE

LE COMTE, vinant à Rodolphe et lui prenant la tnain. Mon ami!... que la contrainte que je suis forcé de] m'imposer me blesse et m'alflige ! Afin de motiver votre présence dans la maison, il a fallu vous donner un emploi; vous êtes ici mon secrétaire, et rien de plus.

RODOLPHE. J'avais à vous annoncer, monsieur le conUe, que vous recevriez probai)lcmcnt aujourd'hui une lettre d'Allemagne , relative ;ui jirocès que vous soutenez contre

' Hoilolptïp, Frant/, le Conile, Sopiiie.

la maison de Schwasbi'ig. Quant aux cent mille florins qui sont la propiiété de uiadenioisclle votre fille , et qui doivent m'ètre coniptôs bieniôt...

I.E COMTE. Vous en disposerez ainsi que vous le jup;crez à p;-0|)os ; vous savez que je ne veux jamais que nous causions d'aiïaires. Je Ui'en rapporte à vous.

RODOLPHE. Je suis heureux et fier de cette confiance, que je m'ellorcerai de mériter.

LE COMTE. Êtes-vous cu ciïet heureux , Rodolphe? je voudrais le croire. La ))osiiion nue vous avez acceptée est pénible, je le sens. Eiranger à tous les plaisirs , isolé dans votre chambre, que vous osez 5 peine quitter, vous attendez à chaque instant du jour qu'un signal connu de nous deux seulement vous avertisse qu'il y a ici une souffrance à combattre, ou une douleur à consoler. Alors vous descendez par l'escalier secret qui , de votre appartement, conduit à mon cabinet. .. vous accourez auprès de moi... et pour prix d'un dévouement si noble , une seule voix vous remercie... un seul cœur est reconnaissant... cette voix c'est la mienne, ce cœur c'est le mien. Vous n'êtes connu que de moi iejl : seul je sais ce que nous nous devons. Jusqu'ici vous n'avez point paru souffrir de celte existence, toute de sacrifices et d'abnégation., mais depuis quelques jours...

RODOLPHE, vivement. Vous m'avez trouvé moins empressé, moins dévoué?

LE COMTE. i\on seulement vous êtes

devenu rêveur préoccupé et cependant ma fille semble renaître sous mes yeux. Qui se douterait, en la voyant, des inquiétudes que sa santé me cause encore... ellemême s'en étonne, car ses accès ne lai laissent aucun souvenir... elle ignore jusqu'à la reconnaissance que je vous dois et peutêtre me reprochez-vuus...

RODOLPHE, oh ! qu'elle n'en connaisse jamais la cause ! Ce secret est à nous deux, monsieur; il doit mourir entre nous.

A^W\'VW\\\VW\\VX^VVW\\^V\VVVW\\VV'\\\\\\\W\VX\\\V\\V\WW

Page 1