RUE DE SAVOIE
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PREFACE
En 1837, Guizoty recevant J, B. Biot à l'Académie Française f le félicitait d avoir su, quelques années auparavant^ faire admettre^ par VAcadé-^ mie des Sciences, la réalité de Vexistence des aéro.^ litheSy rejetée jusqu'alors au rang des préjugés populaires, en vertu de ce raisonnement attribué à Lavoisier ; Il n y a pas de pierres dans le Ciel, donc il ne peut en tomber.
€ V Académie, disait M. Guizot, vous désigna pour aller vérifier si, eti effet, comme le bruit en courait^ une pluie de pierres était tombée dans le département de l'Orne, aux environs de Laigle^ et pour étudier à la fois V authenticité et la nature du phénomène. Il paraissait encore alors si étrange, même au sein de la Compagnie la plus familière avec les nouveautés de la Science, que plusieurs de ses membres ne voulaient pas quelle s'occupât publiquement de cette affaire, craignant quelle n'y compromit sa dignité, La curiosité savante, et
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indépendante de M. de Laplace décida l Académie à passer par^dessus ces hésitations^ et le Iiappo7\t que vous lui fîtes ^ deux mois après, sur votre missiony^ en démontra pleinement U à-propos et V efficacité. Ce rapport est un modèle de sagacité ingé^ nieuse et prudente dans rinvestigation d'un fait et dans Vart de le mettre en lumière, en recueillant toutes les circonstances et toits les témoignages qui s'y rattachent. Aucun de nos plus habiles juges d'instruction n'a jamais mis en œuvrcy pour découvrit un crime de Vhomme^ plus de pénétration, de finesse et de patience que vous n'en avez montré, dmts cette circonstance, pour constater un trouble apparent de la nature. »
Je me propose^ dans ce livre, d'établir la réalité (Vun fait, au moins aussi en dehors des données de la Science officielle, mais qui a, sur les pluies de pierres, l'avantage de pouvoir être, non seulement observé, mais encore expérimc^ité. Ce fait^ c'est la mise en mouvement sans contact d'objets inertes à Taide d'une force émanant de l'organisme de cerlaines personnes.
Dans un livre précédent, j'ai étudié /'Extério- KisATiON DE i^ SENSIBILITÉ. Ce phénomène pouvait aussi être expérimenté ; malheureusement, C expérimentateur, généralement incapable d'éprouver les s.ensations décrites, devait s'en reporter au témoignage d'un Sujet.
Ici, il n'en va plus de même : toute personne qui
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' voudra se donner la peine de rechercher, et qui ^uvét^^a.chance de trouver les occasions favorables, se convaincra, par le témoignage concordant de toiis ses sens, que le phénomène de /'Extériorisation de LA. MOTRICITÉ présente le même degré de certitude que l'un des quelconques de ceux sur lesquels s'appuient nos sciences physiques.
SHl nest point encore admis par tout le mond€, eest qu'il est relativement rare et d'une observation difficile. Le domaine de la science, restreint dans r origine aux faits grossiers et constants^ s'agrandit peu à peu par V étude de ceux qui, par leur dé^ licatesse et leur instabilité, ont échappé à nos prédécesseurs et ont rebuté leur esprit. Mais, com^ me l'a dit Karl du Prel : « Les forces de la Nature n' attendent point, pour entrer en activité, qu'on les ait découvertes et baptisées ; elles agissent bien longtemps auparavant et donnent lieu à des phénomènes d'une physique inconnue qu'on nie souvent pendant des siècles, jusqu'au moment ou ils s imposent par la fréquence de leurs manifestations. »
L Antiquité connaissait déjà les tables tournantes, les baguettes divinatoires et les pendules explorateurs.
Tant que ces phénomènes n'ont pu être observés qu'au contact, surtout quand on était forcé d* avoir recours aux forces réunies de plusieurs expérimentateurs, r hypothèse de la supercherie se présentait naturellement à l'esprit ; de plus, la peti-
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lesse de la plupart des mouoemetils permetlaii de les attribuer à des causes acci dentelles j comme la trépidation du soly le souffle des narines^ etc.
Quand la force développée a été assez grande pour agir à distance et produire des mouvements considérables :
Ou bien on a nié de parti pris 4a Cela est im" possible, donc cela nest pas » ;
Ou bien on s^est effrayé et on a fait intervenir le Diable;
Ou bien enfin, on a essuyé d' étudier les phénomènes ; mais comme on ignorait les circonstances propres à en favoriser la pro ducticn, on fût arrêté, le plus souventy par leur cessation brusque et imprévue, lorsqu^on ne voulait pas se soumettre à des conditions semblant favoriser la fraude.
Depuis une quarantaine d'à nnées cependant^ des efforts considérables ont été faits aussi bien dans le nouveau que dans r ancien mo nde, pour élucider ces questions qui ont le privilège de passionner les esprits indépendants et avides de vérité. Je ne puis que résumer ici les principaux ir avaux tn m' attachant surtout à ceux dont les auteurs ont un nom dans la science orthodoxe.
J'aurais préféré, pour ne point trop effaroucher les nombreux lecteurs, complètement étrangeo's aux recherches sur lesquelles sapp uiera la scienee du XX® siècle (1), me borner dans ce livre à C exposé
(1) Ceux qui désireraient se metln* nu courant de ces rerher-
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âes p/hénomènes spécifiés par son titre ; mais an v^rra qtte^ s'ils se produisent quelquefois seuls ^ ils sont le plus souvent accompagnés de m^anifestati&ns ^ècore plus étranges et qui, d'après des théories quHI ne me parait pas encore opportwi de développer ici, ne ser&ient que la conséquence normal de r accroissement de leur intensité. Passer ces manifestations sous silence^ ceût été exposer ï expérimentateur j osant s'engager dans ces voies nouvelles, à tomber dès le premier pas dafis des fondrières insoupçonnées.
Je prie donc mes lecteurs de ne considérer que comme de simples renseignements les mentions que fen ai faites^ jusqu'au jour où je pourrai les discuter^ à leur tour, .en détail. Qu'ils veuillent bien, pour le moment, concentrer toute leur attention sur le fait relativement simple de ia mise en mouvement d'un corps inerte ^ans contact ; ce fait, je crois l'avoir établi par des preuves de toutes sortes ne pouvant laisser aucun doute dans des esprits que n'aveuglent pas les préjugés.
Je me suis attaché beaucoup moins à présenter les faits de manière à faire ressortir leur enchainement, qu'à mmitrer de quelles suspicions ils avaient été l'objet, comment on parvenait à les imiter^ quelles eircmutances pouvaient laisser croire injustefi%ent à la fraude, et de combien de manières
ches devront lire le beau livre de M. Aksakof, intitulé : Animisme et spiritisme.
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diverses ils avaient été contrôlés. Pour cela, fai reproduit, autant que possible^ malgré leurs longueurs et leurs redites^ les procès verbaux dressés par les témoins oculaires^ et on sera certainement frappé de la similitude des allures de tous les médiums qui semblait accomplir les mêmes actes sous r influence d^une même impulsion physique.
J'aurais pu multiplier les arguments à l'appui de ma thèse, surtout pour les phénomènes de lévitation et de maisons hantées, en ayant recow\^ aux histoires de tous temps et de tous peuples; mais, limité par la place, fai préféré rnen tenir aux faits les plus rapprochés de nous et les plus propres à porter la conviction dans les esprits façonnés aux méthodes de la science actuelle, Cest ainsi quon verra que non seulement la balance a permis de constater V augm,entation ou-, la diminution du poids des corps sous V influence d'une force émanée de l'organisme humain, mais encore que les variations de cette force ont été inscrites par des appareils enregistreurs dans des conditions telles que toute explication basée sur V ficillucination doit être rejetée.
Refuser de croire à des affirmations aussi îiombreuses^ aussi nettes, aussi précises, c'est rendre impossible rétablissement d'une science physique quelconque ; car r étudiant ne saurait exiger d'être le témoin de tous les faits qu'on lui enseigne et dont l'observation est souvent difficile.
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Refuser de s^ occuper de certains phénomènes^ (lU{ind on est convaincu d^ leur réalité^ par crainte du Qu'en dira-t-on, c'est à la fois s'abaisser soimême en montrant une faiblesse de caractère mèprisable et trahir les intérêts de V humanité toute entière. Nul ne saurait en effet précoir les conséquences d'une découverte, quand il s* agit de forces nouvelles : celle qui, il y a cent ans y ne se manifestait que par la contraction des cuisses de grenouille suspendues au balcon de Galvani, n estelle point la merveilleuse source de mouvement et de lumière qui, aujourd'hui, anime nos locomotives les plus puissantes et illumine les côtes de nos continents ?
Albkut dp: Rochas.