‹ L'extériorisation de la motricité (volume 2)Chapitre 20 sur 61 · LES EXPERIENCES DE CAMBRIDGE EN · texte numérisé non relu

LES EXPERIENCES DE CAMBRIDGE EN

I. — Analyse d'une communication faite à la 75* Assemblée Générale de la Société des Recherches psychiques de Londres.

Au mois d'août 1795, Eusapia se rendit à Cambridge et resta plusieurs semaines dans la maison de M. Myers pour être soumise à Texpérimentation d'un certain nombre de membres de la Société des Recherches psychiques de Londres.

Ces expériences réussirent fort mal. Eusapia fut malade. MM. Sidgwig et M. Hodgson insistèrent de nouveau sur les trucs à Faide desquels on pouvait reproduire une partie des phénomènes que l'on avait observés avec Eusapia ; le principal de ces trucs est la substitution de mains permettant au médium de rendre libre l'une de ses mains que les contrôleurs croient, encore tenir.

M. Sidgwig fit, à ce sujet, une communication, le 11 octobre 1895, à l'Asfiemblée Générale de la Société

<iu Professeur Lodge qui était empêché d'assister à la réunion :

Je n'ai assisté qu'à deux séances à Cambridge, toutes deux après la découverte de la fraude. La première m'a paru présenter quelques faits de bon aloi, la seconde a été entièrement frauduleuse. J'ai examiné et vérifié cette fraude avec le plus grand soin et j'ai la conviction de son existence bien que je ne me prononce pas sur le point de savoir si elle doit être attribuée à Eusapia agissant consciemment, ou si il faut la considérer plus charitablement comme un acte demi inconscient. Quelles que soient les conditions physiologiques, le fait matériel est celui-ci : Dans cette séance ^Ue donna une seule de ses mains à tenir à deux personnes (on n'assura le contrôle que par le contact d'une seule main) tandis que l'autre main était libre.

Il me reste à examiner dans quelle mesure ce fait, qui n'est pas douteux, doit influencer mon premier compte rendu (Journal Soc, Ps, Res. novembre 1894). Aux yeux du public, — si jamais le public l'a lu — tout commeûcement de crédit qui y était attaché doit disparaître ; mais, à tout homme prudent, à tout scrupuleux chercheur de la vérité, je dirai que les principaux faits constatés dans ce document ne sont pas ébranlés dans mon esprit. J'irai même jusqu'à dire que certains des phénomènes qui ont été constatés k Cambridge ne me paraissent pas pouvoir s'expliquer scientifiquement par une hypothèse aussi simple que celle d'une main dégagée et sans l'aide d'un mécanisme. J'admets cependant, étant donnée l'extrême difficulté de toute hypothèse occulte, qu'il convient d'étendre à l'extrême toute explication normale : pour cette raison, je considère qu'il est plus prudent d'abandonner sans plus ample analyse, beaucoup de faits dont je n'aperçois pas l'explication rationnelle. Il vaut probablement mieux placer dans cette catégorie tout ce qui se produit lorsqu'un second expérimen-

tateur tient l'autre main d'Eusapia, c'est-à-dire tout ce qui dépend de la conviction qu'ont deux personnes qu'elles tiennent chacune une différente main de la médium. Cependant, si l'on n'oublie pas qu'à l'île Roubaud Eusapia s'asseyait fréquemment au côté le plus large de la table, de manière qu'il lui était bien difficile de rapprocher ses deux mains pour en effectuer l'échange sans qu'on s'en aperçut, je sens qu'en abandonnant cette classe de phénomènes on sacrifie bien des faits authentiques.

Mais lorsque je pense au fait de la clé de la porte, à la quantité de lumière qui pénétrait par la fenêtre, à la durée du bruit, durée telle que le D*^ Ochorowicz, assis dehors sous la vérandah demanda qui le faisait et, apprenant que c'était « John », posa plusieurs fois la question « Avec quoi », tandis que nous avions pendant tout ce temps les yeux attentivement fixés sur l'espace libre qui séparait Eusapia de la porte : lorsque je me rappelle en outre l'arrivée de la clé sur la table, son retour à la porte, sa seconde arrivée sur la table, je considère comme absurdement impossible de supposer qu'Eusapia eût un bras ou une jambe étendue vers la poignée de la porte pendant tout ce temps sans que nous nous en aperçussions. Lorsque je pense encore au remontage du chalet à musique, qui pendait du plafond, tandis qu'Eusapia s'appuyait sur moi à une distance de ce meuble qui dépassait de beaucoup son atteinte normale ; lorsque je me rappelle la chaise qui se mouvait dans la lumière de la lune, le gonflement du rideau, gonflement qui n'était pas celui qu'eût produit une corde tirée, mais qui paraissait dû à la présence d'un corps matériel solide derrière le rideau, lorsque je pense encore à l'encrier qui était repoussé à une distance graduellement croissante, je ne puis voir aucune ressemblance entre les misérables séances frauduleuses de Cambridge et les manifestations de l'île Roubaud.

Et la personnalité appelée John qui se révèle dans la

transe du médium ? Il n'y en avait à peine trace h Cambridge, pas plus que de son anxiété pour donner des contrôles bons et complets sans distractions préliminaires, ni de sa promptitude à répéter les phénomènes lorsqu'un doute était exprimé. J'ai été saisi bien des fois dans l'île Roubaud par une main alors que je tenais moi-même avec certitude les deux mains du médium. Le contrôle des pieds lui-même (lorsque j'indique qu'il est certain) ne résultait pas simplement de l'apposition du pied de la médium sur le pied des expérimentateurs — ce qui est tout à fait incertain, je le reconnais. — Mais c'était souvent un mode de contrôle qui permettait d'être sûr qu'aucun des pieds du médium n'était libre, même si le résultat était de nature à être produit par un pied dégagé du contrôle.

Ma foi, par conséquent, dans le caractère intrinsèque des phénomènes constatés dans l'île n'est pas ébranlée par l'exposition actuelle de la fraude d'Eusapia. J'ai examiné attentivement toutes les faciles critiques dont peut être Tobjet la position que je prends actuellement et je n'hésite pas moins à considérer comme authentiques les bonnes séances que j'ai eues d'abord, comme je crois frauduleuses les mauvaises séances que j'ai eues en dernier lieu (lorsque probablement, et certainement même, j'étais un observateur mieux préparé). L'ordre dans lequel les événements se sont succédés pour moi est bizarre ; mais il est juste de faire remarquer que l'observation présente de tentatives de fraude de la part d'Eusapia n'est pas une découverte neuve. La possibilité de ce genre de tricherie a été soigneusement indiquée par le professeur Richet : la constatation de la fraude, au cours des mauvaises séances, a été également signalée par le D'' Ochorowicz — pour ne pas parler d'un témoin plus hostile, Monsieur Torelli. J'espère donc que l'état de décadence actuelle de la médiumnité de la napolitaine sera passager et que plus tard des témoins compétents et bien préparés pourront certifier la continuation

Digijized byVjOOQlC

chez cette femme des pouvoirs anormaux qui existent dans son organisme.

II. — La question de la fraude dans les eiq»ériences avec Eusapia Paladino, par J. Oghorowicz.

{Document inédit).

§. P'. — Bonnes et mauvaises séances

Les expérimentateurs de Cambridge sont arrivés à cette conclusion unanime, que « tout était fraude, depuis le commencement jusqu'à la fin » dans les vingt séances avec Eusapia Paladino.

Il est certain que cette nouvelle, propagée par la presse anglaise et continentale, souvent avec force détails fictifs, aurait pour effet d'arrêter l'étude, à peine commencée, des phénomènes médianiques, et de décourager une grande partie de ceux qui ont été sur le point de l'aborder, si on la laissait passer sans commentaires ; d'autant plus, que le compte rendu complet des deux plus longues séries d'expériences, celles de Varsovie (1893) et celles de l'Ile Roubaud (1894), n'a pas encore été publié, et que le protocole de Milan (1892) ne fait pas mention de la fraude.

Ayant pris part aux expériences de Varsovie et de l'Ile Roubaud, sans compter quelques séances préparatoires à Rome (1893), et ayant spécialement étudié la question de fraude dans les phénomènes médianiques, je me propose de commenter le résultat négatif de Cambridge à l'aide des données, acquises par les expérimentations précédentes.

BXP. DE CAMBRIDGE. 1895. 197

Et d'abord entendons-nous sur le point capital : les expérimentateurs de Cambridge parlent d'une découverte, M. F. W. H. Myers a eu l'extrême obligeance de me faire parvenir les principaux protocoles, dont quelques extraits seulement ont été publiés dans le Journal de la S. P. R. du mois de novembre. Je les ai lus avec une grande attention ; j'y ai trouvé plusieurs faits intéressants, mais pas une découverte. Et je commence à croire que les expérimentateurs de Cambridge n'ont eu connaissances, ni de semblables découvertes de M. Torelli en 1892 à MUan, ni des observations et des discussions détfiillées avec M. Bronislas Reichman à Varsovie (1893-94), qui contiennent tout, absolument tout, ce qui a été « découvert » à Cambridge, depuis la substitution des mains et des pieds, jusqu'au petit appareil « avec une préparation phosphorescente » dont parle encore M. le D^ Hodgson. Avec cette différence toutetefois qu'à Cambridge, on ne conteste pas la supposition du docteur, sans chercher à la vérifier, tandis qu'à Varsovie M. Reichman s'est donné au moins la peine de fouiller le médium consciencieusement, et qu'U put constater ainsi l'absence de l'appareU.

Donc, pas de découverte. Si découverte il y a, elle est toute inconsciente, et nous la préciserons plus loin.

Maintenant, passons aux séances. Déjà dans ma réponse au D*" Hodgson {Journal ofthe S, P. R. Mars et Avril 1895) j'avais mentionné, qu'avec E. P., à côté de bonnes séances, on en a de mauvaises, c'est-à-dire de plus ou moins frauduleuses.

Les trois exemples suivants serviront à élucider la question.

assez de force : « Pocoforza! Poco for sa/ » répète-t-il à tout instant.

Quelques minutes après, je remarque un gonflement de la robe de E. P. à gauche ; je me penche pour mieux l'observer ; je romps la chaîne 0 avec R., je transmets la main gauche du médium à ma main gauche et j'allonge mon bras droit jusqu'au bord inférieur de sa robe.

Presque immédiatement, je suis touché près du plancher et à travers la robe, comme par un doigt. En ce moment j'ai vu bien distinctement ses deux pieds sous la table, reposant séparément sur nos deux pieds éloignés. Je reste attentif dans la môme position et je dis exprès pour calmer le médium, qui pleurnichait par moments : — « Ne la fatiguons pas ; laissons à John la liberté de faire ce qu'il peut. »

A ces paroles, Je suis touché de nouveau, trois fois de suite, comme par une main, toujours à travers sa robe. Cet attouchement, dans le langage de John, signifiait Oui et répondait à mes paroles. Si c'était une main, elle était molle et sans consistance.

Après cet intéressant intermède, E. P. nous engage à vérifier les positions et nous demande si nous serions satisfaits d'un soulèvement de la table, dans ces conditions, c'est-à-dire avec les mains placées sur la table comme au commencement de la séance. Nous répondons affirmativement.

Alors la table, sous la pression automatique de ses mains, se penche un peu à droite et à gauche, puis s'élève latéralement du côté de E. P.

A ce moment, je vois et je sens près de mon mollet droit, quelque chose, à travers sa robe, se rapprocher du

pied gauche de la table : on dirait une main impuissante, qui cherche à saisir ce pied et à soulever la table. Mais elle réussit seulement à la maintenu» latéralement à quelques centimètres du plancher sans pouvoir effectuer un soulèvement complet, c'est-à-dire avec lévitation de deux autres pieds de la table.

C'est alors que le pied gauche du médium, qui jusqu'à ce moment était resté appuyé contre mon pied droit, s'échappe, va dans la direction du pied gauche de la table, un peu soulevé, comme pour se mettre dessous, et en même temps, le talon du pied droit du médium (contrôlé par R.) remplace la pression exercée tout à l'heure sur mon pied droit par le pied gauche du médium. Je fais un mouvement avec mon pied droit, pour indiquer que le pied gauche du médium n'y est plus et pour le suivre — immédiatement ce dernier retourne à sa place, et la lévitation promise n'a pas eu lieu.

John demande qu'on diminue la lumière. Nous cédons et nous changons de place.

Gomme la lumière est maintenant très faible, et comme il y a eu un relâchement momentané du contrôle, par suite du changement de place, E. demande ellemême que j'examine ses poches et ses vêtements. Dans ce but, elle se lève, et se tient debout. Je l'examine attentivement et je ne trouve rien de suspect, mais, je remarque, qu'en s'asseyant après la visite, E. P. (toujours en transe) à Vaide dun fuoiivement brusque de son coude droit, rapproche V éventail, qui se trouvait sur l'autre table d'à côté. Je la laisse faire sans rien dire. Quelques

secondes après, elle allonge dans cette direction sa main droite, avec la mienne, qui la tenait 3/4 (1), et alors je sens parfaitement qu'avec les bouts de ses doigts, restés libres, elle prend Véventail et le jette sur notre table.

C'était un « apport, » exécuté d'une façon naïvement impudente. Je ne dis rien et la fraude continue,

M. R. est touché au flanc, « comme par un piedy » et il remarque en même temps que le pied gauche du médium l'avait quitté.

Une échelle double placée en arrière et à gauche du médium s'ébranle et frappe le parquet. Je remarque qu'à ce moment, nous avons eu tous les deux un seul pied (le droit) du médium. L'autre retourne après le phénomène.

— « Je suis touché à l'épaule droite, dit R. par quelque chose de gros ». — Etant assis vis-à-vis de la fenêtre, je vois presque, ou du moins je sens, que c'est fait avec la tête du médium, qui s'est abaissée dans cette direction.

Quelques minutes après, R. dit que quelqu'un entoure sa main droite d'un cordon, U avait en ce moment les deux mains du médium, à savoir : sa main gauche toute entière et la paume de sa main droite, dont je tenais le poignet ; par conséquent les doigts de la main droite restaient libres. Or, en tenant le poignet j'ai senti les mouvements des tendons, correspondant à l'action de l'enroulement. Ce n'était pas une preuve

(1) Il fut entendu entre nous de désigner le genre de contrôle d'une main ou d'un pied, par fractions : 3/4 signifiait : je tiens le poignet et la paume de la main, mais pas les bouts des doigts.

étonne elle-même de ce changement ; enfin, elle oulie tout, et la suggestion se réalise entièrement.

Malgré quelques bonnes expériences — au commencelent et h la fin — tout le reste était faux; et comme la §rie dure déjà depuis plus d'une semaine, je note dans ion journal :

0 Je suis tellement ébranlé par la fréquence de la ^aude dans ces derniers temps, que je commence à outer de tout ; j'ai grandement besoin d'une épreuve raiment irréprochable pour me débarrasser du sceptiisme qui m'obsède. »

Je crois que tel fut aussi en ce moment le sentiment e M. Richet.

Est-ce à cause de la courte durée de la séance, ou ien parce qu'elle fut en grande partie frauduleuse? ^ous ne sommes pas fatigués du tout.

B. Une bonne séance.

(La xxiv* dans l'ile, le 6 août 1894j.

Beau temps. E. P. très bien disposée à la suite de eux journées de repos et de distractions (1). M. Bellier evait rester avec nous, mais au dernier moment on écide qu'il ira se placer derrière la fenêtre, sous la

(1) Le 6 août, nous avions laissé E. en repos, et afin de la Lstraire, R. lui avait donné 10 francs pour ses plaisirs. Elle va Hyères, où une fête doit avoir lieu. Elle en revient tout émereillée, et ne se lasse pas de nous raconter les menus détails if an tins de la salle de danse, où eUe a eu un grand succès. Le 7 aoiit. Nous avons pris l'habitude d'aller tous les jours e bonne heure, dans une barque, pêcher à la ligne. Il était

BXP. DE CAMBRIDGE. 189ë. 205

véranda, pour prendre les notes. J'en suis content, parce que, s'il était avec nous, j'aurais pu croire que c'était le nombre d'assistants qui produisit le changement favorable. Sans cela il est clair que, cette fois-là du moins, la cause en a été toute subjective. — E. P. est habillée totalement en blanc, ce qui permet de la distinguer, même dans l'obscurité relative. — Nous avons profité de son absence, et nous avons construit un appareil spécial pour la production instantanée d'une assez vive lumière électrique, que nous plaçons derrière le rideau. L'arrangement était tel que le moindre mouvement d'une bascule romaine suffisait pour donner passage au courant électrique, entre un aimant et son armature, en allumant la lampe qui ne s'éteignait plus. De cette façon, la production de la lumière, non seulement accompagnait le phénomène, mais par sa durée, permettait de vérifier les positions. E. P. n'a pas connaissance de cet arrangement. — Je lui donne pour s'asseoir la même chaise en bois (avec le dos plein) qu'elle accepte ; mais, une fois en transe, John demande qu'on la change, « car il faut que le corps du médium soit aussi découvert que possible. » — Il ne proteste pas contre la robe blanche.

défendu à E. P. de faire partie de ces excursions à cause des vagues, qu'eUe ne pouvait pas supporter. Mais, ce matin, comme la mer était assez calme et qu'il m'importait de bien disposer E. P. envers nous, je conseiUeû de la prendre {lors, qu'elle s^ennuyait les séances étaient toujours mauvaises), La joie de pouvoir nous accompagner la rendit teUement réfractaire, qu'eUe supporta très bien les balancements de la barque — et eUe resta toute la journée reconnaissante et gaie. R. lui pardonna ses petits excès, pour ne pas la froisser, et c'est le soir qu'eut lieu la séance.

9 h. 53. — E. p. s'assied à 10 ou 15 centimètres du ri-

5 ^ deau et pose ses pieds dans un appareil de

j. contrôle. C'est une cage à double fond électrique, séparée en deux compartiments par une cloison solide, qui dépasse sensiblement les bords, pour empêcher toute

communication mécanique entre les deux moitiés de la cage et les deux pédales. Les deux pieds (déchaussés) s'enfoncent chacun séparément dans les deux compartiments de la cage. Chaque pédale est en conmiunication électrique avec le fond de la cage et, à l'aide des fils bien isolés, avec une sonnerie placée à distance.

Une assez grande pression sur les pédales est nécessaire pour fermer le courant en dérivation, et alors la sonnerie reste muette ; mais dès qu'on essaie d'enlever les deux, ou un seul des pieds enfermés dans la cage, la sonnerie donne l'alarme et ne cesse de sonner qu'au moment où le pied revient à sa place. Avec une certaine habitude des bruits des pédales et de la sonnette, nous sommes en mesure de suivre avec l'oreille les mouvements des pieds du médium. Le contrôle du toucher complète, de temps en temps, les indications de l'appareil.

Les mains du médium sont tenues par les poignets ; c'est un moyen bien simple, qui n'a pas été découvert à Cambridge, mais qui est, dans beaucoup de cas, très commode, parce qu'il empêche toute substitution des mains et en même temps donne une liberté relative au médium. En tenant fermement les poignets, et en touchant légèrement les coudes avec les coudes, on se rend compte de tous les mouvements du médium, sans l'irriter aux moments d'hypéresthésie (qui se manifeste

surtout sur la partie dorsale des mains et des doigts.) Une lampe à pétrole, recouverte d'une grande feuille de papier blanc, éclaire la chambre.

L'unique porte est fermée à clef et, à travers la feiite de la fenêtre, on entend M. BeUier préparer ses ustensiles de secrétaire. On vérifie l'appareil des pieds, qui marche bien.

A 9 h. 57, c'est-à-dire après 4 minutes d'attente, la table se penche à droite et à gauche, sous une pression mécanique (mais pour sûr, inconsciente) des mains du médium qui sont bien visibles. Ce sont les « salutations de John. » La table salue d'abord M. Richet en se î)enchant à droite, ensuite moi en se penchant à gauche, et enfin le médium en se penchant vers E. P.

9 h. 59. — Nous disons que, pour ce soir, nous ne voulons pas diriger les expériences, laissant John libre de faire ce qu'il veut — tout en lui faisant remarquer que nous avons préparé quelque chose derrière le rideau, pouvant servir aux manifestations.

10 h. — Vérification de l'appareil de contrôle pour les pieds.

10 h. 2. La table remue légèrement. Nous soulevons nos mains avec celles du médium — et la table remue toujours sans contact. Les pieds sont dans la cage et ne touchent pas non plus la table. Mais, pour en être sûr, R. contrôle les genoux avec son genou et sa main restée libre, car nous ne faisons pas la chaîne,

10 h. 3. Deux nouveaux mouvements de la table sans contact. — Tout est visible. La table se soulève latéralement du côté de E. et reste suspendue en Vair, On vérifie qu'il n'y a pas de contact ni avec les mains, ni avec les pieds y ni avec la robe du médium.

Balancements de la table soulevée latèi^alement. Les pieijs du médium enfermés dans la cage, la sonnerie reste muette ; les deux genoux rapprochés, tenus d'une main par R. ; les mains visibles.

E. P. prend la main droite d'O. et simule un mouvement d'attraction en Tair : la table se rapproche. Mêmes conditions vérifiées ; d'ailleurs on voit bien tout.

L'expérience des mouvements et des soulèvements de la table est répétée encore au moins une dizaine de fois, toujours en lumière et toujours avec constatation, par tous les moyens possibles, que personne ne touche la table,

10 h. 10. — La lumière est presque éteinte. L'appareil des pieds est vérifié et fonctionne bien.

10 h. 12. — Comme les bras du médium (toujours tenus en l'air séparément) se redressent en avant, on s'attend à un transport d'objets et on redouble d'attention, Chaque main est visitée par les deux contrôleurs et tenue bien, toute entière, depuis le coude jusqu'au bout des doigts.

Dans ces conditions, un gros maillet en bois, pesant plusieurs livres, tombe sur la table.

Le maillet se trouvait sur Ja grande table d'à côté, à droite du médium et à une distance de O^jOO de sa chaise. On vérifie après coup, que, malgré les balancements de notre table, la distance qui les séparait n'a pas été sensiblement modifiée. M. Richet dicte à son secrétaire : « Avant que le maillet arrive, nous avons rigoureusement contrôlé les maius, les avant-bras, etc. Dans toute cette expérience les mains ont été admirablement tenues ; et cela sans effort. »

Jusqu'à ce moment E. P. se trouvait dans un état de

transe superficielle, qui s'était déclarée graduellement et insensiblement. La vraie transe profonde n'a commencé qu'au moment où E. P. appliqua sa tête sur mon front et posa sa main sur la tête de R. Nous la reconnaissons au changement de sa voix et à une certaine faiblesse de tout son corps.

A aucun moment jus^/u'ici nous n'avons fait la <ihaine ; par conséquent, nous avons toujours eu une main libre, pour le contrôle complémentaire. (La chaîne n'est nécessaire qu'avec les personnes nouvelles ou au moment des phénomènes exceptionnellement difficiles ; <;e qui est encore relatif, car à Varsovie nous avons eu par exemple uns lévitation du médium au milieu de la chambre, sans chaîne, et nous étions seulement deux : M. Matuszewski et moi).

10 h. 20. — E. essaye de diriger ses efforts du côté <lu rideau, c'est-à-dire par derrière. Elle nous demande la parmlssioa de toucher le rideau y ce qu'elle fait sans que sa main ait été quittée par nous. (C'est encore une habitude du médium qui prête aux soupçons : avant de produire un mouvement à distance, elle touche l'endroit en question, tantôt pour mesurer les distances, tantôt pour « magnétiser » l'objet, que sa main dynamique — la main de « John » — doit prendre.)

11 est évident que c'est sa main droite qui doit être en jeu, car elle essaie de la libérer autant que possible. Tout à l'heure, avec sa main droite, elle tenait complètement la main gauche de M. Richet, maintenant elle ne lui donne que V index qu'il tient bien, mais le reste des doigts est libre. Cela ne nous inquiète pas outre mesure, -car je tiens, moi, sa main çaiiche toute entière, jusqu'au bout des doigts.

Cependant, craignant que le phénomène ne se manifeste dans des conditions suspectes, après l'attouchement du rideau qui pouvait mettre en jeu une ficelle ou quelque chose de semblable, je me lève et passe entre le rideau et le médium. Pendant ce temps, R. tient le& deux mains.

10 h. 24. — Je reprends ma place. R. n'a pas quitté les deux mains « sauf peut être Tune d'elles pour une seconde. »

Ce doute provoque un nouvel examen et nous constatons qu'il n'y a rien de suspect sur E. P., rien sur la table, et que l'appareil des pieds fonctionne bien.

10 h. 26. — E. P. porte sa main droite (qui tient la main gauche de R). très haut et latéralement. — R. constate qu'il n'y a rien dans cette main — et, quelques secondesaprès, il reçoit le manche d'un rnartenu, le côté de fer du côté du buffet, comme si quelqu'un le tenait par le fer, et plaçait le manche en bois dans la main de R. - Cette main de R. tournait la face palmaire du côté du buffet, tandis que les doigts de la main droite du médium reposaient sur la face dorsale. — Pendant ce temps^ la main gauche de E. P. restait éloignée ; elle reposait tantôt sur le cou de 0., tantôt sur la table, tenue par 0. (Avant la séance le marteau se trouvait sur la grande table, à droite, à côté du maillet). Ensuite, R. sent fort nettement et longtemps (6'') le contact de gros doigts ; on dirait de la même main qui lui avait passé le marteau. Mais ce phénomène ne nous paraît pas bien probant, car en ce moment 0. tenait la main gauche de E. P. non loin de là, sans avoir l'extrémité des doigts. Il se peut donc que ce fussent ces doigts (quoique R. ait cru le contraire) qui ont touché la main de R.

10 h. 34. — E. p. applique la main gauche de 0. sur le côté gauche de sa tête, qu'elle dit être un peu malade. (C'était une preuve que le phénomène n'aura pas lieu bientôt ; car alors John ne permet pas d'appliquer la main sur cet endroit. Au moment des phénomènes intenses c^tte partie de la tête souffre beaucoup chez E. P. et, en approchant la main, on y sent un souffle froid « soffio freddô » très net. C'est seulement dans les intervalles des manifestations que John permet d'appliquer la main d'un magnétiseur « pour calmer la douleur ».)

10 h. 37. — E. P. parle à R. et à 0. et raconte une suggestion mentale que 0. lui a faite et qu'elle a comprise. (C'était exact ; il s'agissait d'ordonner à E. P., malgré ses serments de ne le point faire, d'aller déjeuner à la cuisine). » John explique qu'il est en bonne disposition aujourd'hui parce que E. P. elle-même est bien disposée, etc. Il annonce que lorsque M. et M™*' Sidgwick arriveront, les expériences réussiront bien et qu'il « changéra b type de sa fille. » (Il voulait dire qu'elle ne se comporterait plus comme une enfant gâtée, mais qu'elle serait sérieuse, avec les apparences d'une grande dame. . .) ce qu'on n'a pas remarqué d'ailleurs. Cependant, il faut ajouter, que, durant les séances, E. P. fut remarquablement sérieuse et calme.

10 h. 44. Vérification de l'appareil.

10 h. 47. — E. P. relève un peu sa robe. (Encore une mesure suspecte, qui annonce toujours l'action médianique des pieds. Seulement, il ne s'ensuit pas nécessairement que c'est son vrai pied qui sera employé). R. a parcouru tout le bras droit de E. pour voir s'il ne cache pas quelque chose. Les deux mains sont bien tenues séparément.

E. P. gémit, fait quelques efforts de contraction musculaires... (Vérification de l'appareil des pieds)... La chaîne est faite. 0. est touché au flanc, et immédiatement après il vérifie que le pied gauche du médium, qui seul pouvait être incriminé, est resté à sa place et que l'appareil du contrôle marche bien.

40 h. 54. — R. tenant bien la main droite et la tête, 0. séparément la main gauche et les deux pieds — la lampe électrique derrière le rideau s allume et nous entendons le choc de la balance qui avait occasionné ce phénomène.

Vu l'importance de cette manifestation, qui nous a paru excellente, je dois exactement indiquer les conditions; R. tenait la main droite de E. P. éloignée du centre, à bout de bras et abaissée, le front de E. P. appuyait sur son front avec force, et, au moment du phénomène, même avec violence. Quant à moi, je transmis la main gauche de E. P. à ma main gauche, en l'embrassant, sur la table, par une pleine poignée de main ; tandis qu'avec ma main droite, restée libre, j'ai ramassé la robe de E. P. derrière ses mollets de façon que les deuv talons et les deux genoux réunis restaient enveloppés dans les plis de la robe, et serrés entre les doigts de ma main. Tout ceci sans compter la cage de contrôle pour les pieds, qui restait toujours. La chaise de E. P. n'a pas bougé ; son front n'a pas quitté le front de R. et les deux mains, sûrement éloignées l'une de l'autre, l'une sur la table l'autre abaissée, ont été tenues entièrement.

Je serais curieux de savoir dans quel sens M. le D. Hodgson aurait suggestionné ses collègues de Cambridge, devant une semblable expérience?... Malheu-

reusement, il est certain, qu'avec son système il n'aura jamais d'expérience décisive. La force développée ainsi à distance et derrière le rideau correspondait à 800 gr. La lampe ne cessant pas de brûler, nous étions en mesure de bien vérifier les positions.

Dans une expérience semblable à Varsovie, où l'appareil employé a été plus simple et plus petit, il fut possible de mesurer exactement les distances. Il s'agissait d'appuyer sur un bouton, soulevé par un ressort dur, pour allumer la lampe. L'appareil était placé également derrière le rideau, mais par terre. Tout se passait non dans l'obscurité, mais en demi-lumière très suffisante (une lampe à pétrole couverte d'un grand abatjour placée par terre à côté du rideau). Le ressort du bouton fut abaissé, et la lampe électrique allumée. (Distance du bouton à la ceinture de E. P. : l'",16 ; au bout de son pied droit qu'on aurait pu songer à incriminer : 1"",32). En lâchant le médium, en le penchant convenablement et en tirant son pied aussi loin que possible, on arrivait aux environs du bouton — mais il manquait encore 38 centimètres pour pouvoir l'atteindre. — S'est-on donné la peine à Cambridge, en incriminant continuellement les mains et les pieds, de mesurer les distances et la longueur des membres dii médium ? — On n'a même pas vérifié si c'était vraiment elle qui touchait. Les expérimentateurs se contentaient de constater qu'elle avait libéré sa main, ou son pied. Or, il ne faut pas oublier que E. P. est petite, quoique assez grasse : sa taille ne dépasse pas 1°*, 55 ; la longueur de ses jambes est de 85 centimètres ; celle de son bras, 62 ; et celle de son pied, 22. — (L'arrangement de l'île Roubaud présentait sur celui de Varsovie l'avantage de

lée, tandis qu*à Varsovie elle s'étei- 1 de la pression).

pour nous de savoir comment John leindre la lumière. Il aurait fallu le petite plaque en fer doux, collée Lvons entendu la plaque claquer à lais comme l'attraction était forte, ?, et que la plaque était mobile et lieu, elle s'attachait à Taimant d'un liait de l'autre, et John finit par reicité; il tenait cependant à nous e sa force :

uché légèrement â travers le rideau l'attention ; le rideau seîitr'ovvre , E. P. est tenue entièrement, et visible, puisque la lampe électrique

s conditions. De nouveau, sans que nue, le rideau est écarté.

; E. P. toute entière : les deux pieds, tête ; de plus 0. tient le côté gaui lumière en fertnant le rideau.

dit qu'elle voit les pièces de 5 fr.

ie se trompait un peu, caries pièces ance, par terre. C'est là, toutefois, e vision « sans le secours des yeux » S les pièces à son insu dans un coin

plusieurs expériences à Varsovie de vi- 5mbres, les yeux bandés et dans l'obscupnotisée par moi. Ces expériences ont . La suggestion mentale fut dans beau-

Dans les intervalles de cette séance, John nous expliqua encore pourquoi elle a particulièrement bien réussi : c'est que « à déjeuner, il a fait copieusement manger sa fille (son médium) pour qu'elle ne mange plus rien avant la séance. »> Et, en effet, j'ai remarqué que toutes les séances faites après le dîner, et même après avoir seulement donné à boire au médium, ont été toujours mé- <liocres et fatigantes. E. P. est si peu raisonnable que, tout en le sachant, elle n'y fait pas attention.

Cette séance ne dura que i h, 30, John était prêt à continuer, mais nous avons interrompu exprès, sachant que les séances plus lo7igues sont toujours préjudicia^ blés à la valeur des phénomènes. L'épuisement se reflète, sinon immédiatement, du moins dans la suite. Je ne sais pas combien de temps ont duré en moyenne les séances de Cambridge ; mais dans l'unique qui est racontée en détail, je trouve les dates de 6 h. 30 jusqu'à

-coup de cas éUminée. H est évident, pour quiconque se rend compte de l'ensemble des séances ordinaires de E. P. que, même en les considérant comme entièrement frauduleuses, U faut lui reconnaître une assez étrange et certes « anormale » faculté de voir dans l'obscurité. Si la moitié de tours d'adresse que lui reproche le Dr Hodgson est vrai, il reste acquis que E. P. voit, et voit très bien dans l'obscurité. On n'a pas réfléchi là-dessus à Cambridge, comme du reste sur beaucoup d'autres points. Je me hâte d'ajouter que E. P. est loin de posséder cette faculté à son état normal ; elle n'apparait chez elle que dans la transe et prend deux formes différentes : 1° d'une simple hypéresthésie visuelle et 2" d'une hypéresthésie tactile, qui rend par moment «a peau sensible à l'action de la lumière. Les traces de cette faculté étrange peuvent être retrouvées chez E. P. après la plupart des séances. Il suffit de lui cou\Tir les yeux et de jeter un rayon de lumière sur sa peau pour l'exciter, quelquefois même avec signes de douleur. J. 0.

et nous restons en bas, en discutant la question de la fraude. M. Bellier, qui nous écoute, est étonné de nous entendre parler froidement de la fraude (il l'aurait été encore davantage s'il avait su qu'elle n'a été « découverte » qu'un an après par M. Hodgson), tout en admettant la réalité des phénomènes, et il émet des doutes quant à la possibilité de produire frauduleusement des manifestations aussi éclatantes que celles dont il était question tout à l'heure. Je lui réponds que tout dépend des conditions, et que je considère moi-même notre dernière séance comme correcte, ce qui n'empêche pas que la précédente eût été en grande partie frauduleuse. Et comme M. B. devait prendre part à nos séances suivantes, pour augmenter le nombre, insuffisant d'après John, de deux assistants, je lui propose de l'initier afin de le rendre plus apte à nous aider et nous arrangeons une séance d'imitation, dans laquelle je joue le rôle du médium ; M. B. est contrôleur à gauche et R. à droite.

Je commence par une lévitation de la table eu demi lumière. Après avoir exécuté une substitution des pieds, que M. B. ne remarque pas et que R. tolère en souriant, je bascule la table par une pression latérale à droite, je glisse mon pied libéré sous son pied gauche et avec l'aide d'une contre-pression de la liiain gauche par dessus la table, la lévitation est faite.

En frappant quatre « coups intimes » d'abord avec les bouts des doigts, en les ghssant insensiblement sur le bois (non verni) de la table, et ensuite plus fort en frappant avec mon pied libre — je demande « Meïw lues. » Dans l'obscurité, je m'empare d'abord du marteau, que je tiens entre mes dents ; avec mon pied libre je touche M. B. au flanc trois fois de suite, et après avoir bien fait

sentir aux contrôleurs qu'ils ont chacun une main différente, je laisse tomber le marteau sur la table. Enfin, connaissant bien l'arrangement derrière le rideau, (après avoir manipulé la table pour me rapprocher un peu de ce côté), à l'aide de mon pied libre, je secoue la balance et j'allume la lumière électrique...

En ce moment un bruit formidable, provenant du premier étage, nous effraye tous les trois. C'était, dans le silence de la nuit, comme si quelqu'un frappait avec colère des coups de poings sur l'une des portes du premier.

Nous montons précipitamment, nous entrons dans la chambre de E. P. et nous la voyons dormir paisiblement dans son lit. Elle remue cependant un peu, se tourne vers nous et prononce de sa voix de trance :

— Sono 10.., (c'est moi, John).

Puis, elle semble se réveiller ; mais elle passe seulement à l'état de somnambulisme ordinaire, et nous prie de lui laisser une bougie allumée, « parce qu'elle a peur. »

Dans ce nouvel état il n'y a plus de John, et elle ne se rappelle rien.

Le lendemain, elle ne garde aucun souvenir, ni du tapage nocturne, ni de ses propres paroles.

Etait-ce un phénomène médianique pur, ou bien est-ce elle-même, qui, dans l'état de noctambuHsme, avait frappé à la porte de sa chambre, et s'était cachée ensuite dans son lit, avant que nous eûmes le temps d'arriver?... A-t-elle réellement ressenti par télépathie le choc moral de raillerie dans notre séance d'imitation — ou était-ce un simple jeu du hasard?...

Penchant plutôt vers cette dernière alternative, nous

n'avons pas trop insisté pour élucider la question. A Varsovie nous avons eu plusieurs faits spontanés de ce genre, dont quelques-uns bien observés, et j'en donnerai un exemple, en parlant de la fraude inconsciente.

Puisque le lecteur sait maintenant ce que nous appelons une mauvaise séance, une bonne séance et une simple imitation, nous pouvons entrer dans le fond de la question.

Page 1