DEUXIEME DISPOSITION
M. Grookes voulut toutefois écarter jusqu'à l'idée de cette objection par le dispositif suivant.
n prit une planche d'acajou A B semblable à celle de l'appareil précédent mais sans les deux bandes formant pieds ; près de l'extrémité A il en fixa une autre F taillée de manière à faire l'office du couteau d'une balance reposant sur un solide bâti H G. (fig. 3.)
L'extrémité B fut encore suspendue à un pe?on, mais rindex mobile de cet instrument se terminait par une
SUCOiNDK PARTIE
fine pointe faisant saillie et pouvant marquer sa trace sur une plaque de verre enfumée disposée de manière à se déplacer horizontalement devant lui sous l'action d'un mouvement d'horlogerie.
Fig. 3.
Si le poson est au repos et que le mouvement d'horlog(M*ie vienne à marcher, il en résultera sur la plaque une trace blanche horizontale i>arfaitement droite. Si le mouvement est arrêté et qu'on place des poids sur l'extrémité de la planche, il en résultera une ligne verticale dont la longueur déi)endra du poids appliqué. Si. pendant que le mouvement d'horlogerie entraine la plaque, le poids de la planche et \^r suite la tension de la balance vient à varier, il en ix^sultera une ligne courbe d'après laquelle on pourra calculer la tension en grammes à n'importe quel moment de la durée des expériences.
A l'extrémité A on plaça (fig. 4) un large vase de verre plein d'eau E de telle manière que son centre de gravité fut précisément dans le plan vertical passant par l'arête du couteau F. Dans ce vîise on introduisit on
l'appareil ; ses mains et ses pieds étaient solidement tenus.
Fi g. 6.
Quand il donna le signal, la machine fut mise en mouvement ; bientôt l'extrémité de la planche descendit, puis remonta d'une façon irrégulière, comme le montre la figure 7.
Fig 7.
Les courbes des figures 5, 6 et 7 sont très légèrement réduites : l'échelle verticale qui les accompagne représente la tension en grains (1) et l'échelle horizontale le temps en secondes.
On voit que les tensions maxima ont été respectivement dans chaque expérience de 5,500 grains (33 grammes) 9,000 grains (58 grammes) et 10,000 grains (64 grammes).
(1) Chaqne division correspond h mille grains, c'est-à-dire à ê grammes 4 décigrammes.
former une sorte de tambour de basque. B G est un léger levier parfaitement équilibré pivotant en D autour d'un axe horizontal. A l'extrémité B se trouve une pointe d'aiguille verticale touchant la membrane A ; au point G une autre pointe d'aiguille, faisant saillie horizontalement et touchant une lame de verre noircie à la fumée ; cette lame verticale peut être entraînée parallèlement au plan vertical dans lequel se meut le levier, par un mouvement d'horlogerie K ; des trous sont percés dans la paroi du cercle pour permettre à l'air do circuler hbrement au dessous de la membrane. Des expériences préalables exécutées par plusieurs personnes permirent de constater que des chocs sur le support fixe ne communiquaient aucun mouvement au levier et que la ligne tracée par l'index restait parfaitement droite, quand bien même on cherchait à secouer le support et qu'on frappait du pied sur le plancher.
Madame X... fut introduite dans le laboratoire. Sans (ju'on lui eût expliqué le but de l'instrument, on la pria de placer ses mains sur le support fixe successivement aux points M, L (Plan) et aux points N, 0 (Élévation) qui sont plus éloignés de la règle mobile ; à chaque fois, bien que M. Grookes tint ses mains sur les siennes pour s'assurer qu'il n'y avait aucun mouvement conscient ou inconscient de sa part, on vit le levier osciller et la pointe tracer les diverses courbes analogues aux précédentes ; en même temps, on entendait venir du parchemin des bruits semblables à ceux qu'auraient produits des grains de sable projetés à sa surface. Quelquefois les sons se succédaient aussi rapidement que ceux d'une machine d'induction,. tandis que, d'autre fois, il y avait plus d'une seconde d'intervalle.
ne soit accompagnée d'un épuisement correspondant de la force vitale (1).
Il semble qu'une enquête aussi précise ne doive rien laisser à désirer ; cependant, un certain nombre de lecteurs demanderont peut-être pourquoi d'autres savants n'ont j)oint fait d'expérienices analogues et avec d'autres sujets.
Je répcmdrai d'abord que, outre celles que j'ai si-, gnalées précédemment, il y a eu encore celles de M. Boutlerow, professeur de chimie à l'Université de Saint-Pétersbourg, pendant l'hiver de 1871 (2). La tension normale du dynamomètre étant de 100 livres, elle fut portée jusqu'à 150 livres, les mains de M. Home étant mises en contact avec l'appareil d'une manière telle que tout effort de sa part aurait diminué la tension au lieu de l'accroître.
Je ferai observer ensuite que la faculté dont nous nous occupons est tout à fait anormale, du moins à un degré qui permette de l'observer facilement; que rien n'est plus variable, plus mobile que leurs effets ; et qu'il est difficile, non seulement de trouver des sujets, mais encore de saisir l'occasion d'expérimenter sur eux avec des appareils préparés à l'avance et dans certaines conditions qui, ici comme pour l'électricité, sont nécessaires pour la production bien nette des phénomènes ; qu'enfin ceux qui possèdent, grâce à la munificence de l'Etat, des laboratoires suffisamment outillés pour des recherches aussi délicates n'osent les entreprendre ou sont forcés de les interrompre quand ils l'ont osé.
ii) L. c. p. 67.
(2) Cboous. Recherches sur ie spiritualisme, p. 39.
îepètidànt, comme Ta dit encore Crookes, « cette îst probablement possédée par tous les êtres hu-
quoique les individus qui en sont doués avec nergie extraordinaire soient sans doute rares ; it Tannée qui vient de s'écouler, j'ai rencontré 'intimté de quelques familles cinq ou six per-
qui possèdent cette force, d'une manière assez ite pour m'inspirer pleinement la confiance que, iir moyen, on aurait pu obtenir des résultats blés à ceux qui viennent d'être décrits, pourvu ; expérimentateurs opérassent avec des appareils jlicats et succeptibles de marquer une fraction de au lieu d'indiquer seulement des livres et des