‹ L'extériorisation de la motricité (volume 2)Chapitre 36 sur 61 · II. — Phénomènes divers · texte numérisé non relu

II. — Phénomènes divers

>ookes relate, dans le livre précité (2), les obons qu'il a faites de divers autres phénomènes ; porterai seulement ici celles qui ont trait à des nènes également observés avec Ëusapia par la issionde TAgnélas.

)ir, au sujet de ces petits mouvements, Touvrage de JACH intitulé : Les effluves odiques^ dont l'éditeur Garub Rue Racine 5; fait imprimer en ce moment la première on française.

'.cherches, pp. 150 à 173.

EXPÉRIENCES DE M. CROOKBS 30îi

a) MOUVEMENTS D OBJETS PESANTS PLACES A UNE CERTAINE DISTANCE DU MÉDIUM

Les exemples où des corps lourds, tels que des tables, des chaises, des canapés, etc.. ont été mis en mouvement, sans le contact du médium, sont trè^ nombreux. J'en indiquerai brièvement quelques-uns des plus frappants. Ma propre . chaise a en partie décrit un cercle, mes pieds ne reposant pas sur le parquet. Sous les yeux de tous les assistants, une chaise est venue lentement, d'un coin éloigné de la chambre, et toutes les personnes présentes l'ont constaté ; dans une autre circonstance, un fauteuil vint jusqu'à l'endroit où nous étions assis, et, sur ma demande, il s'en retourna lentement à la distance d'environ trois pieds (1).

Pendant trois soirées consécutives, une petite table se mût lentement à travers la chambre, dans des conditions que j'avais tout exprès préparées à l'avance, afin de répondre h toute objection qu'on aurait pu élever contre ce fait. J'ai obtenu plusieurs fois la répétition d'une expérience que le Comité de la Société de Dialectique considérée comme concluante, savoir : le mouvement d'une Igurde table en pleine lumière, le dos des chaises étant tourné vers la table, et chaque personne étant agenouillée sur sa chaise, les mains appuyées sur le dossier, mais ne touchant pas la table. Une

(1) Ce passage rappelle ces vers d'Homère {Iliade, chant XVIII).

« Cependant Thétis aux pieds d'argent arrive au palais de Vulcain, demeure d'airain, impérissable, étincelante, superbe parmi celles des immortels, œuvre du Dieu difforme. Thétis le trouve actif, couvert de sueur, tournant autour de ses soufflets; carUa fabriqué vingt trépieds posés autour du mur de son solide palais ; il en amis le fond sur des roues d'or afin que d'eux mêmes ^ chose merveilleuse, ils se rendent à V Assemblée des Dieux et reviennent eux-mêmes à leur place. »

fois, ce fait se produisit pendant que j'allais ot venais, cherciiant avoir comment chacun était placé.

h) TABLES ET CHAISES ENLEVÉES DE TERRE SANS l'ATTOUCHEMENT DE PERSONNE

Quand des manifestations de ce genre sont exposées, on fait généralement cette remarque : " Pourquoi n'y a-t -il que les tables et les chaises qui produisent ces effets ? Pourquoi cette propriété est-elle particulière aux meubles ? »

Je pourrais répondre que je ne fais qu'observer et rapporter les faits, et que je n'ai pas à entrer dans les pourquoi et les parce que ; mais cependant il est clair que si, dans une salle à manger ordinaire, un corps pesant^ inanimé, doit s'élever au-dessus du plancher, ce ne peut être autre chose qu'une table ou une chaise. J'ai de nombreuses preuves que cette propriété n'est pas particulière aux meubles seuls ; mais, comme pour les autres démonstrations expérimentales, l'intelligence ou la force (quelle qu'elle soit) qui produit ces phénomènes ne peut se servir que des objets qu'elle trouve appropriés à son but.

En cinq occasion» différentes, une lourde table de salle à manger s'éleva de quelques pouces à un pied et demi au-dessus du parquet et dans des conditions spéciales qui rendaient la fraude impossible.

Dans une autre circonstance, une table pesante s'éleva audessus du plancher, en pleine lumière, pendant que je tenais les pieds et les mains du médium.

Une autre fois la table s'éleva du sol, non seulement sans que personne la touchât, mais encore dans des conditions que j'avais arrangées à l'avance, de manière à mettre hors de doute la preuve de ce fait (1).

(l) Le baron de Guldenstubbé {Pneumatologie positive ^ p. 83),

^^rmmF^

EXPÉRIENCES DE M. GROOKES 365

C) MOUVEMEiNTS DE BiVBRS PETITS OBJETS SANS LE CONTACT DE PERSONNE

Je ne puis guère indiquer ici que quelques-uns des faits les plus saillants, qui tous, qu'on veuille bien s'en souvenir, ont eu lieu dans des conditions telles que toute supercherie était rendue impossible.

Attribuer ces résultats à la fraude est absurde, car je rappelerai encore à mes lecteurs que ce que je rapporte ici ne s'est pas accompli dans la maison d'un médium, mais dans ma propre maison, oii il a été tout à fait impossible de rien préparer à l'avance. Un médium circulant dans ma salle h manger ne pouvait pas, quand j'étais assis dans une autre partie de la chambre avec plusieurs personnes qui l'observaient attentivement, faire jouer par fraude un accordéon que je tenais dans ma propre main, les touches en bas, ou faire flotter le même accordéon ça et là dans la chambre, jouant pendant tout le temps. Il ne pouvait pas apporter avec lui un appareil pour agiter les rideaux des fenêtres ou élever des jalousies vénitiennes jusqu'à huit pieds de hauteur ; faire un nœud à un mouchoir et le mettre dans un coin éloigné de la chambre ; faire résonner des notes à distance sur un piano ; faire voler un porte-cartes par l'appartement ; soulever une carafe et un verre à pied au-dessus

raconte qu'il a fait beaucoup d'expériences de tables avec son amphitryon le comte d'Ourches. « Nous sommes parvenus, dit-il, à mettre les tables en mouvement sans attouchement quelconque , M. le comte d'Ourches les. a fait soulever m,ém,e sans attouchement.Vànteur M. de Guldenstubbé) a fait courir les tables avec une grande vitesse, également sans attouchement et sans le se cours d'un cercle magnétique. Il en est de môme des vibrations des cordes d'un piano, phénomènes obtenus déjà le 20 janvier 1856. en présence des comtes de Szapary et d'Ourches. »

^^66 SEqpNDE PARTIE

de la table ; faire dresser sur un de ses bouts un collier de corail ; faire mouvoir un éventail et éventer la compagnie, ou bien mettre en mouvement un pendule enfermé dans une vitrine solidement scellée au mur.

M. Crookes a décrit ailleurs (1) en détail, une expérience du même genre faite avec M. Home, le soir, dans î>a propre salle à manger éclairée au gaz, devant lui, î;on aide de chimie, un docteur en droit bien connu à Londres et un éminent physicien membre de la Société Royale. On y trouve une tentative d'étude sur les actions réciproques qui peuvent s'exercer entre la force psychique et les courants électriques.

Deux cercles de bois, l'un de O'"o5, l'autre de 0^60 <le diamètre, furent réunis ensemble par douze lattes étroites, ayant chacune O'"o5 de longueur, de manière à former la charpente d'une espèce de tambour ouvert en haut et en bas. Tout autour cinquante mètres de fil de cuivre isolés et pouvant communiquer avec une pile placée dans une autre pièce, furent enroulés en vingtquatre tours, chacun de ces tours se trouvant à environ , deux centimètres de son voisin. Ces fils de cuivre horizontaux furent alors solidement reliés ensemble avec d(» la ficelle, de manière à former des mailles de 4*à 5 centimètres de large sur 2 centimètres de haut. La hauteur de cette cage (fig. 9) était telle qu'elle pouvait glisser sous la table de la salle à manger, mais elle en était trop près par le haut pour permettre à une main de s'y introduire dans l'intérieur, ou à un pifed de s'y gïissçr par dessous.

(1) Recherches, pp. 15 et suiv.

M. Home prit, avec le bout des doigts^par le fond opposé aux touches, un accordéon que M. Crookes avait acheté dans la journée et que lui, Home, n'avait jamais vu, ni touché avant ce moment-là. Il l'introduisit dans la cage que Ton repoussa ensuite sous la table de telle

manière que la main qui tenait l'instrument fut pressée entre le bord inférieur de la table et le bord supérieur de la cage ; son autre main fut posée sur la table.

Au bout de très peu de temps, les spectateurs virent l'accordéon, dont la clef de basse avait été préalablement ouverte, se balancer de lui-même, faire entendre d'abord

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jour et dans les conditions les plus satisfaisantes pour moi, car j'étais à genoux et je na perdais pas de vue les pieds de la chtiise, remarquant bien que personne ne pouvait y toucher.

Les cas d'enlèvements les plus frappants dont j'ai été témoin ont eu lieu avec M. Home En trois circonstances différentes, je l'ai vu s'élever complètement au-dessus du plancher de la chambre. La première fois, il était assis sur une chaise longue ; la seconde, il était à genoux sur sa chaise, et la troisième, il était debout. A chaque occasion, j'eus toute la latitude possible d'observer le fait au moment où il se produisait.

Il y a au moins cent cas bien constatés de l'enlèvement de M. Home qui se sont produits en présence de beaucoup de personnes différentes ; et j'ai entendu de la bouche même de trois témoins, le comte de Dunraven, lord Lindsay et le capitaine C. Wynne, le récit des faits de ce genre les plus frappants, accompagné des moindres détails de ce qui se passa. Rejeter l'évidence de ces manifestations équivaut à rejeter tout témoignage humain, quel qu'il soit, car il n'est pas de fait, dans l'histoire sacrée ou dans l'histoire profane, qui s'appuie sur des preuves plus imposantes.

L'accumulation des témoignages qui établissent les enlè. vements de M. Home est énorme. Il serait bien à souhaiter que quelqu'un dont le témoignage soit reconnu comme concluant par le monde scientifique (si toutefois il existe une personne dont le témoignage en faveur de pareils phénomènes puisse être admis) voulût sérieusement et patiemment étudier ce genre de faits. Beaucoup de témoins oculaires de ces enlèvements vivent encore et ne refuseraient certainement pas d'en donner le témoignage.

Voici comment Danglas Home décrit lui-même ses impressions (1).

(i) Révélations sur ma vie surnaturelle. Paris, 1864, p. 52-53.

Durant ces élévations ou lévitations, je n'éprouve rien de particulier en moi, excepté cette sensation ordinaire dont je renvoie la cause à une grande abondance d'électricité dans mes pieds ; je ne sens aucune main me supporter, et, depuis ma première ascension citée plus haut (1), je n'ai plus éprouvé de craintes, quoique, si je fusse tombé de certains plafonds où j'avais été élevé, je n'eusse pu éviter les blessures sérieuses.

Je suis eh général soulevé perpendiculairement, mes bras raides et relevés par-dessus ma tête, comme s ils voulaient saisir l'être invisible qui me lève doucement du sol. Quand j'atteins le plafond, mes pieds sont amenés au niveau dénia' tête et je me trouve comme dans une position de repos. J'ai demeuré souvent ainsi suspendu pendant quatre ou cinq minutes ; on en trouvera un exemple dans un compte-rendu de séances qui eurent lieu en 1857 dans un château près de Bordeaux. Une seule fois mon ascension se fit en plein jour; c'était en Amérique. J'ai été soulevé dans un appartement à Londres, Stoane street, où brillaient quatre becs de gaz et en présence de cinq Messieurs qui sont prêts à témoigner de ce qu'ils ont vu, sans compter une foule de témoignages que je peux ensuite produire. En quelques occasions la rigidité de mes bras se relâche et j'ai fait avec un crayon des lettres

(l)EUe eut lieu en Amérique, pays de D. Home, dans Tobscurité, à la fin delà soirée du 8 août 1852 (Home avait alors dixneuf ans), où s'étaient produits des mouvements de tables et autres manifestations spirites ; voici comment la raconte un des témoins : « Tout à coup, à la grande surprise de l'i^ssemblée, M. Home fat élevé en Tair I J'avais alors sa main dans la mienne, et je sentis, ainsi que d'autres, ses pieds suspendus à douze pouces du sol. Il tressaillait de la tète aux pieds, en proie évidemment aux émotions contraires de joie et de crainte qui étouffaient sa voix. Deux fois encore son pied quitta le parquet ; à la dernière, il atteignit le haut plafond de Fappartement, où sa main et sa tête allèrent frapper doucement. » {RévéL^ p. 52.)

«et des signes sur le plafond, qui existent encore, pour la plupart h Londres.

M. Stainton Moses (1) rapporte également les impressions qu'il a éprouvées dans le premier des cas de lévitation dont il a été le sujet au cours des séances tenues avec quelques amis.

Un jour (le 30 août 1870)... Je sentis ma chaise éloi- ,gnée de la table et tournée dans le coin où j'étais assis, de sorte que je tournais le dos au cercle et faisais face h l'angle du mur. Ensuite, la chaise fut élevée de terre h une hauteur qui, d'après ce que j'ai pu juger, devait être de 30 à 40 centimètres. Mes pieds touchaient la plinthe qui pouvait avoir 30 centimètres de haut. La chaise xesta suspendue quelques instants et alors je me sentis la quitter et monter toujours plus haut, toujours plus haut, •dans un mouvement très doux et très lent. Je n'avais aucune appréhension et je ne me sentais pas mal à Taise. J'avais parfaitement conscience de ce qui se passait et décrivais la marche du phénomène à ceux qui se trouvaient assis à la table. Le mouvement était très régulier et il nous parût ^SS3Z long avant d'être complet. J'étais tout près du mm%

(1) M. William Stainton Moses, né dans le Lincolnshire, le 5 novembre 1839 et mort le 5 septembre i892,est unclergyman qui professa à VUaiversity Collège School. Il était allé étudier pen- <lant six mois la théologie dans un monastère du Mont-Athos. A partir de 1870, il fut l'objet de phénomènes extraordinaires dont -un résumé, fait par M. Fr. Myers (de Cambridge; membre de la "Société des Recherches psychiques de. Londres, vient d'être publié 4ans les Annales des sciences psychiques, M. Myers fut pendant 17 ans son ami intime et il rend le témoignage le plus éclatant à son honorabilité. M. Moses a publié la plupart de ses livres «ous le pseudonyme d'Oxon qui signifie agrégé de l'Université d*Oxford.

si près môme que j'ai pu, avec un crayon solidement posé contre ma poitrine, marquer le coin opposé sur le papier du mur. Cette marque, mesurée après, se trouvait à un peu plus de 1™80 du parquet et, d'après ma position, ma tète devait être dans l'angle de la chambre, à peu de distance du plafond. Je ne pense pas avoir été le moins du monde endormi. Mon esprit était parfaitement net et je me rendais parfaitement compte de ce curieux phénomène. Je n'ai senti sur le corps aucune pression, j'avais la sensation d'être dans un ascenseur et de voir les objets passer loin de moi. Je me rappelle seulement une légère difficulté à respirer, avec une sensation d'avoir la poitrine remplie et d'être plus léger que lalmosphère. Je fus descendu très doucement et placé sur la chaise qui avait repris son ancienne position. Les mesures furent immédiatement prises, et les marques que j'avais faites au crayon, enregistrées. Ma voix, m'a-t-on dit, résonnait comme si elle venait de l'angle du plafond.

Cette expérience fut répétée avec plus ou moins de succès neuf autre fois.

c) Apparitions lumineuses

Ces manifestations étant un peu faibles exigent, en général, que la chambre ne soit pas éclairée. J'ai à peine besoin de rappeler à mes lecteurs que, dans de pareilles conditions, j'ai pris toutes les précautions convenables pour éviter qu'on ne m'en imposât par de l'huile phosphorée ou par d'autres moyens. Bien plus, beaucoup de ces lumières étaient d'une nature telle que je n'ai pu arriver à les imiter par des moyens artificiels.

Sous les conditions du contrôle le plus rigoureux, j'ai vu un corps solide^ lumineux par lui-même, à peu près de la grosseur et de la forme d'un œuf de d nde, flotter sans bruit à travers la chsunbre, s'élever par moments plus haut que

n'aurait pu le faire aucun des assistants en se tenant sur la pointe des pieds, et ensuite descendre doucement sur le parquet. Cet objet fut visible pendant plus de dix minutes, et avant de s'évanouir, il frappa trois fois sur la table avec un bruit semblable à celui d'un corps dur et solide. Pendant ce temps le médium était étendu sur une chaise longue et paraissait tout à fait insensible.

J*ai vu des points lumineux jaillir de côté et d'autre et se reposer sur la tète de différentes personnes ; j.ai eu des réponses à des questions que j'avais faites par des éclats de lumière brillante qui se sont produits devant mon visage et le nombre de fois que j'avais fixé. J'ai vu des étincelles de lumière s'élancer de la table au plafond, et ensuite retomber sur la table avec un bruit très distinct. J^ai obtenu une communication alphabétique au moyen d'éclairs lumineux, se produisant dans l'air, devant moi, et au milieu desquels je promenais ma main. J'ai vu un nuage lumineux flotter au-dessus d'un tableau. Toujours sous les conditions du contrôle le plus rigoureux, il m'e^t arrivé plus d'une fois qu'un corps solide, phosphorescent, cristallin, a été mis dans ma main par une main qui n'appartenait à aucune des personnes présentes. En pleine lumière, j'ai vu un nuage lumineux passer sur un héliotrope placé sur une table à côté de nous, en casser une branche, et l'apporter à une dame ; et, dans quelques circonstances, j'ai vu un nuage se condenser sous nos yeux, en prenant la forme d'une main et transporter de petits objets. Mais cela appartient plutôt à la classe des phénomènes qui suivent.

f) APPARITIONS DE MAINS LUMINEUSES PAR ELLES-MÊMES OU VISIBLES A LA LUMIÈRE ORDINAIRE.

On sent souvent des attouchements de mains pendant les séances noires ou dans des conditions où l'on ne peut les

voir. Plus rarement j'ai vu ces mains. Je ne donnerai pas^ ici des exemples où les phénomènes se sont produits dans l'obscurité, mais je choisirai simplement quelques-uns des cas nombreux où j'ai vu ces me^ins en pleine lumière.

Une petite main, d'une forme très belle, s'éleva d'unc^ table de salle à manger et me donna une fleur ; elle apparut, puis disparut à trois reprises différentes, en me donnant toute facilité pour me convaincre que cette apparition était aussi réelle que ma propre main ; cela se passa à la lumière,, dans ma propre chambre, les mains et les pieds du médium étant tenus par moi pendant ce temps.

Dans une autre circonstance, une petite main et un petit bras, semblables à ceux d'un enfant, apparurent en jouant sur une dame qui était assise près de moi. Puis l'apparition vint à moi, me frappa sur le bras et tira plusieurs fois moit habit.

Une autre fois, un doigt et un pouce furent vus arrachant les pétales d'une fleur qui était à la boutonnière de M. Home, et les déposant devant plusieurs personnes assises auprès de lui.

Nombre de fois, moi-même et d'autres personnes avons vu une main pressant les touches d'un accordéon, pendant qu'au même moment nous voyions les deux mains du médium, qui quelquefois étaient tenues par ceux qui étaient près de lui.

, Les mains et les doigts ne m'ont pas toujours paru être solides et comme vivants. Quelquefois, il faut le dire, ils offraient plutôt l'apparence d'un nuage vaporeux condensé en partie sous forme de main. Tous ceux qui étaient présents ne voyaient pas également bien. Par exemple, on voit se mouvoir une fleur ou quelqu'autre petit objet ; un des assistants verra une vapeur lumineuse planer au-dessus : un autre découvrira une main d apparence nébuleuse, tandis que d'autres ne voient rien autre chose que la fleur en mouvement. J'ai vu plus dune fois, d'abord un objet se

mouvoir, puis un nuage lumineux qui semblait se former autour de lui, et enfin le nuage se condenser, prendre une forme, et se changer en une main parfaitement faite. A ce moment, toutes les personnes présentes pouvaient voir cette main. Cette main n'est pas toujours une simple forme, quelquefois elle semble parfaitement animée et très gracieuse ; les doigts se meuvent et la chair semble être aussi humaine que celle de toutes les personnes présentes. Au poignet ou au bras, elle devient vaporeuse et se perd dans un nuage lumineux.

Au toucher, ces mains paraissent quelquefois froides comme de la glace et mortes ; d'autres fois elles m'ont semblé chaudes et vivantes, et ont serré la mienne avec la ferme étreinte d'un vieil ami.

J'ai retenu une de ces mains dans la mienne, bien résolu à ne pas la laisser échapper. Aucune tentative ni aucun efforts ne furent faits pour me faire lâcher prise, mais, peu à peu, cette main semblait se résoudre en vapeur, et ce fut ainsi qu'elle se dégagea de mon étreinte.

g) FORMES ET FIGURES DE .FANTOMES

Ces phénomènes sont les plus rares de tous ceux dont j'ai été témoin. Les conditions néc«ssaires pour leur apparition semolent être si délicates, et il faut si peu de chose pour contrarier leur manifestation, que je n'ai eu que de très rares occasions de les voir dans des conditions de contrôle satisfaisantes. Je mentionnerai deux de ces cas.

Au déclin du jour, pendant une séance de M. Home chez moi, je vis s'agiter les rideaux d'une fenêtre, qui était environ à huit pieds de distance de M. Home. Une forme sombre, obscure, demi-transparente, semblable à une forme humaine, fut aperçue par tous les assistants, debout, près de la croisée, et cette forme agitait le rideau avec sa main.

Pendant que nous la regardions elle s*évanouit et les rideaux cessèrent de se mouvoir.

Le cas qui suit est encore plus frappant ; comme dans le cas précédent. M. Home était le médium. Une forme de fantôme, s'avança d'un coin de la chambre, alla prendre un accordéon et ensuite glissa dans l'appartement en jouant de cet instrument. Cette forme fut visible pendant plusieurs minutes pour toutes les personnes présentes, et en même temps on voyait aussi M. Home. Le fantôme s'approcha d'une dame qui était assise à une certaine distance du reste des assistants ; cette dame poussa un petit cri, à la suite duquel l'ombre disparut.

m. — Quelques différences entre les phénomènes produits par la médiumnité de Daniel D. Home, et par celle d'Eusapia Paladino (1).

En premier lieu, presque tous, sinon tous les phénomènes obtenus avec Eusapia, semblent s'être produits pendant qu'elle était en somnambulisme et avoir été d'autant plus surprenants que l'état somnambulique était plus profond. — Ce n'était pas toujours le cas avec Home, et bien que les deux faits les plus étranges qu'on ait obtenus avec lui, l'éprem'e du feu et les formes d'esprits, n'aient été observés que lorsqu'il était en France, il n'était pas toujours facile de dire quand il se trouvait dans c^tétat ; les seules différences avec l'état de veille étaient une plus grande décision, et des expressions plus solennelles ; de plus, il parlait toujours de lui à la troisième personne.

Lorsqu'il n'était pas en France, on observait souvent des

(1) Article de M. Crookes, paru dans Lux en 1890 et traduit par M. Dbscombis.

mouvements d'objets dans les diverses parties de la chambre ; des mains portant des fleurs devenaient visibles.

Un jour il m'invita à regarder l'accordéon, pendant que eet instrument jouait seul, sous la table, dans une demiobscurité. Je vis une main d'aspect délicat, féminine, qui soulevait l'instrument, et je vis à la partie inférieure, les touches s'élever et s'abaisser, comme s'il y avait eu des doigts pour les mouvoir. La main était si semblable à une main vivante, qu'en premier lieu, il me sembla que c'était la main d'une de mes parentes qui assistait à la séance ; mais je, m'assurai ensuite que ses mains étaient bien sur la table

Les meilleurs cas de lévitation de Home eurent lieu chez moi. Une fois, entre autres, il se plaça daus la i)artie la plus visible de la salle, et après une minute, il dit qu'il se sentait enlever. Je le vis s'élever lentement, d'un mouvement continu et oblique, et rester pendant quelques secondes, environ à 6 pouces du sol ; ensuite, il redescendit, lentement. Aucun des assistants n'avait bougé de sa place Le pouvoir de s'enlever ne s'est presque jamais communiqué aux voisins du médium ; cependant, une fois, ma femme fut enlevée avec sa chaise, sur laquelle elle était assise.

Home avait une grande aversion pour l'obscurité; en général, nous avions un fort éclairage. J'essayai quelques expériences avec des lumières spéciales. Des tubes de Geissler réussirent mal ; la flamme de l'alcool, rendue jaune avec de la soude, permit des phénomènes très intenses ; mais la meilleure séance eut lieu avec la clarté de la lune (1).

(1) M. Grookes avait déjà parlé de celte question fort intéressante de l'éclairage dans ses Recherches rp. 149).

€ J*ai dit que l'obscurité n'est pas essentielle. Cependant c'est un fait bien reconnu que lorsque la force est faible, une lumière vive exerce une action qui contrarie quelques-uns des phénomènes.

c La puissance de M. Home est assez forte pour surmonter

Une des choses les plus surprenantes que j'ai jamais vues, en fait de mouvement d'objets légers, fut l'enlèvement d'une bouteille de verçe pleine d'eau, et d'un verre. La chambre était éclairée très fortement, par deux grandes flammes d'alcool sodé, et les mains de Home étaient très loin. Ces objets restaient suspendus au-dessus de la table. Je demandai s'il était possible d'obtenir une réponse à une question, par leur battement l'un contre l'autre : immédiatement ils frappèrent trois fois, ce qui signifiait oui. Ils demeurèrent ainsi, suspendus, à environ 6 ou 8 pouces de hauteur, allant devant chaque personne et répondant aux questions.

Ce phénomène dura cinq minutes et nous eûmes tout le temps nécessaire pour nous assurer que Home était absolument passif, et que, ni fils métalliques, ni petites cordes, n'étaient employés. Du reste. Home n'avait pas pénétré dans la chambre avant la séance.

Je n'ai jamais remarqué, comme le professeur Lodge l'a constaté pour Ëusapia, un mouvement correspondant de la main ou du corps de Home, au moment où des objets étaient enlevés à distance.

Je suis certain que dans la plupart des cas, quand Home n'était pas en trance, il ne savait pas plus que les autres ce qui allait se produire.

Très souvent, lorsque les premiers mouvements d'objets

cette influence contraire ; aussi n'admet-il pas l'obscurité pour ses séances. J'affirme qu'excepté en deux occasions où, pour quelques expériences que je faisais, la lumière a été supprimée, tout ce dont j'ai été témoin a ]été produit par lui en pleine clarté.

« J'ai eu maintes occasions d'essayer l'action delà lumière provenant de diverses sources et de couleurs variées : lumière du soleil, lumière diffuse, clïurdelune, gaz, lampe, bougie, lumière électrique, lumière jaune homogène, etc.. Les rayons qui contrarient les manifestations semblent être ceux de l'extrémité du spectre. »

commençaient, il était livré à une conversation animée, avec un voisin, et ne regardait pas dans la direction des objets. Il déclarait ne posséder aucun pouvoir sur les phénomènes.

Je suis complètement de l'avis du professeur Lodge, en ce qui concerne les étrangers. Plusieurs bonnes séances ont été perdues par les évidentes et futiles tentatives de tromperie des personnes étrangères qui avaient sollicité une invitation. Un homme vraiment remarquable assistait à une des séances qui promettait d'être bonne ; au bout d'une heure, rien ne s'était encore produit, excepté divers mouvements et bruits causés évidemment par mon hôte. Enfin il s'en alla et nous eûmes immédiatement une communication, disant qu'ils attendaient (les agents) que M. X... eiit fini de faire le sot. La suite de la séance fut excellente.

Le peu de lumière qu'on a été obligé d'avoir avec Eusapia, semble avoir été la cause qui a rendu l'observation des phénomènes très difficile. En effet, des précautions spéciales ont dû être prises contre toute tromperie éventuelle. Si la lumière avait été meilleure, le contrôle minutieux des mains et des pieds du médium n'aurait pas été nécessaire, et l'inévitable soupçon qu'un des surveillants ait laissé les mains libres aurait été impossible. — Home, au contraire, refusait toujours de faire des séances obscures. Il disait qu'avec de la fermeté et de la persévérance, les phénomènes peuvent être obtenus aussi bien à la lumière, et que si quelques-uns ne réussissent pas avec autant d'intensité qu'avec peu de lumière, la possibilité de les observer dans de meilleures conditions, compensait bien cet inconvénient.

Dans presque toutes les séances que j'eus avec Home, il y avait ime forte lumière, de telle sorte que je pouvais voir tout ce qui se produisait, et non seulement écrire des notes, mais encore lire ce que j'écrivais, sans aucune difficulté. Home tenait tellement à ce que chacun des assistants pût se convaincre qu'il ne produisait pas artificiellement les phénomènes, qu'il insistait souvent, pour que l'un ou l'autre des

incrédules lui tint les pieds ou les mains, ce qui souvent, nuisait au développement des phénomènes.

Durant mes relations avec Home, qui durèrent plusieurs années, je ne vis jamais le moindre fait qui put me faire soupçonner une tromperie ; il était consciencieux jusqu'au scrupule et ne s'offensait jamais des précautions prises. Dans les derniers jours, j'avais l'habitude de lui dire, par plaisanterie : « Asseyons-nous près du feu, pour causer tranquille" ment et voir si nos amis sont là et veulent faire quelque chose pour nous. N'exigeons aucune preuve, ne prenons aucune précaution. »

Dans ces occasions, si j'étais seul, avec lui et ma famille, les phénomènes les plus convaincants se produisaient.

Il est réellement pénible qu'un homme tel que D. D. Home, doué de facultés extraordinaires et toujours désireux de se mettre à la disposition des hommes de science, ait vécu tant d'années à Londres, sans que, sauf une ou deux exceptions, une notabilité du monde scientifique ait pensé que vraiment cela valait bien la peine de démontrer la fausseté ou la vérité de ces faits dont on parlait partout. Pour ceux qui le connaissaient, Home était un homme d'une exquise politesse, et d'une loyauté au-dessus de tout soupçon. Mais pour ceux qui ne le connaissaient pas, c'était un charlatan. Quant à ceux qui croyaient en lui, ils étaient traités de fous ou peu s'en faut.

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