EXPÉRIENCES DE M. PELLETIER
{Extrait du rapport de M. Lemerle ingénieur, ancien élève de V Ecole polytechnique, — L'initiation, Juillet 4894).
... C'est dans le calme de la pleine campagne, dans un joli hameau des bords de la Loire, que M. Pelletier se livre à ses patientes études avec, pour sujets, de braves ,gens de son entourage, desimpies cultivateurs...
Trois seulement de ses sensitifs avaient répondu à son appel, les autres étaient retenus par leurs occupations ; mais, malgré ce faible nombre et la forte chaleur (la séance avait lieu à midi), malgré aussi l'intimidation résultant de la présence d'une personne étrangère, nous avons pu enregistrer des résultats indéniables.
C'est d'abord l'action sur l'eau contenue dans un bol placé sur une table devant laquelle se tient un sensitif, puis plusieurs, agissant par leur simple proximité, ou en étendant les mains à 5 ou 10 centimètres au-dessus de la surface ; celle-ci éprouve de temps en temps des secousses d'oii naissent, comme d'ordinaire, des ondes circulaires, à peu près comme quand un petit poisson saute hors de l'eau. Tout le monde est parfaitement immobile. Nous nous sommes
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assurés qu'il faudrait frapper assez fort sur le sol avec le talon pour que Fébranlement se communiquant par la table produisit quelque chose d'analogue. L'ébranlement par le souffle produit, d'autre part, des rides continues qui n'ont pas ce caractère d'impulsion brusque. Ces faits se produisent quelquefois au commandement de M. Pelletier, mais nous aurons à faire plus loin une remarque générale à ce sujet. Quelquefois aussi ils ont lieu dans le silence le plus complet. A plusieurs reprises nous avons constaté, en approchant la tète pour voir de plus près, une sensation très nette de vent frais qui paraissait passer entre la surface de l'eau et le réseau des mains étendues au-dessus. A ce moment les sensitifs accusaient spontanément la sensation de froid, bien connue et souvent signalée, que rendait plus remarquable la température élevée qui régnait dans la pièce dont les fenêtres et les portes étaient fermées pour éviter qu'un souffle d'air vint influer sur le phénomène. Dans ces conditions, il n'y a pas de doute pour nous et nous sommes persuadé qu'avec un plus grand nombre de sensitifs, l'effet pourrait être considérable. Nous avons essayé en plaçant les sujets les uns derrière les autres en isonôme les trois mains droites étendues ensemble et les trois gauches de l'autre côté au lieu de les croiser au hasard. Nous espérions augmenter l'intensité du phénomène et c'est le contraire qui eût lieu.
L'opérateur prit ensuite une aiguille aimantée dure douzaine de centimètres de long placée sur un pivot vertical. Les sensitifs étendant leurs mains ensemble ou isolément au-dessus ou à côté, après qu'elle eut pris sa position dans le méridien magnétique, il y eût quelques mouvements qui ne nous paraissaient pas bien nets et qui pouvaient provenir de Tagitation de l'air causée par les mouvements des mains qui venaient prendre position.
Nous avons pris alors un petit fil à plomb monté sur poteau métallique et, ayant mis ce fil dans le méri-