‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 102 sur 108 · V.\\\ l)K n-LLETIEU · texte numérisé non relu

V.\\\ l)K n-LLETIEU

sujet;!. C'est certainement la première idée qui vient à toute personne témoin de ces mouvements, que de se dire que les sensitifs doivent souffler, exprès ou non, sur les objets. Nous nous sommes assurés que la plupart des phénomènes dont nous venons de parler étaient sûrement indépendants de cette cause ; mais plusieurs autres, que nous avons passés sous silence, pouvaient à la rigueur s'y rattacher. Dans l'intérêt mC-me de la vérité, il faut absolument éliminer cette source d'erreur ; qui nous semble d'ailleurs être la seule et être en somme bien petite.

En tous cas elle est tout à fait hors de cause dans ce qui a suivi, nous voulons dire le déplacement de la tal)le ellemême, sans contact.

La séance ayant été reprise après un repos bien gagné, les sujets se sont placés autour du guéridon, les mains appuyées dessus, pour le charger. Ce guéridon est à trois pieds, en chêne massif et pèse peut-être une dizaine de kilogrammes. Après quelques minutes d'imposition des mains, celles-ci quittèrent la table, restant environ à 10 centimètres au-dessus, et nous eûmes le soin de vérifier que rien absolument n'y touchait plus jusqu'au sol qui est formé d'un carrelage fruste opposant aux pieds de bois une grande résistance de frottement. Dans cet état, au bout de peu de temps, la table se souleva de quelques centimètres et retomba sur ses pieds (i).

L'expérience fut renouvelée 4 ou 5 fois, toujours de la

. (1) Dans un article de Vluiiiation (mar.", 1893), M. Lemerle revient sur cette expérience à propos de celles que MM. Aksakof et Richet venaient de faire à Milan avec Eusapia, et il fait remarquer qu'elle remplit toutes les conditions que ces expérimentateurs jugeaient nécessaires pour établir la certitude du phénomène.

En effet, le phénomène s'est produit en juin a trois heures de l'après-midi c'est ce qu'on peut appeler de la pleine lumière) ; le guéridon pesant une dizaine de liilogrammes s'est non pas

même façon, c'est-à-dire en la rechargeant à chaque fois par le contact, M. Pelletier estimant que chaque mouvement obtenu amenait une sorte de décharge. Sur notre demande pourtant, les mains restèrent en l'air après le mouvement obtenu et il se reproduisit deux fois sans nouveau contact. Il est impossible de voir rien de plus net et de plus certain.

soulevé, mais projeté en l'air à plusieurs reprises à 7 ou 8 centimètres du sol.

« Les sujets debout et moi placé à 2"i,50 du groupe de façon à tenir à la fois dans mon champ visuel les pieds de la table et les personnes entières des sensitifs. Personne autre n'était à proximité ; je me trouvais face à la fenêtre, sur laquelle le groupe entier se détachait en silhouette, de sorte que j'étais parfaitement sûr ([u'il n'y avait aucun contact d'aucune sorte, ni des mains qui étaient toutes dans le même plan horizontal à 10 centimètres de la table, ni des corps des sujets qui avaient tous trois le bras tendu de toute sa longueur — ce qui rejetait les corps à 20 centimètres au moins du bord de la table — ni des jambes ni des pieds qui, par suite de la forme du guéridon, se trouvaient eucore plus loin de ceux de la table. D'ailleurs, parmi les trois sujets, il y avait deux hommes dont les pantalons ne pouvaient se gonfler et une femme dont la jupe était soigneusement rejetée en arrière. Ces sujets n'étaient aucunement en transe ; ils ne présentaient pas le tremblement accusé par Eusapia et ils sont restés absolument immobiles pendant toute la durée de l'expérience. »

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