CHAPITRE VITl
LES FEMMES ÉLECTRIQES
L'étude approfondie de l'électricité animale et la comparaison de ses effets avec un certain nombre de phénomènes encore inexpliqués de l'électricité atmosphérique permettra certainement, un jour ou l'autre, de se rendre compte d'une partie des faits extraordinaires exposés dans les chapitres précédents.
J'ai fait, à ce sujet, beaucoup de reclierches et quelques expériences qui ne m'ont encore rien donné de bien précis ; mais souliaitant que d'autres s'engagent dans la même voie, je vais rapporter ici le résultat de mes lectures.
Faute de place je dois me borner à rappeler que la Voyante de Prévort dont la vie a été écrite par le D' kerner présentait réunies en elle à un degré très élevé la plupart des facultés anormales dont nous allons parler (1).
(1) L'ouvrage du D"" Kerner a été traduit en français par le Dr Dusart. — On trouvera la description de curieux phénomènes électriques dans la première livraison de mes études sur
Le Journal écono^nique de juillet i7o3 parle d'une servante qui pendant tout le temps des derniers froids voyait sortir de ses jupons des quantités d étincelles comme celles qui sortent des charbons allumés et qui, outre cela, y faisait voir une traînée de lumière semblable à une grande flamme qui s'étendait.
L'abbé Bertholon, dans son Electricité animale, rapporte l'observa tien d'un prêtre de Florence qui sentit une commotion électrique spontanée, étant aussitôt environné d'une flamme qui brûla ses habits et laissa des traces sur la peau. Ses parents et ses domestiques témoins de ces phénomènes accoururent pour l'éteindre, mais, ses forces diminuant progressivement, il mourut au bout de trois jours.
« Une dame de Milan dormant tranquillement pendant la nuit, sentit tout d'un coup une douleur au poignet qui la réveilla : ouvrant les yeux, elle aperçut une flamme sur son lit et sur son corps ; les cris qu'elle fit éveillèrent son mari, qui vit aussi cette flamme, laquelle, par sa lueur, faisait distinguer tout ce qui était dans la chambre. Dans le trouble oii il était, il porta la main vers cette flamme qui recula et qui s'approcha suivant les mouvements de sa main. Il répéta ces mouvements pendant six ou sept minutes au bout desquelles le feu disparut. » {Act. Phys. mecl. (/erm.vol.IILobs.S.) On trouve dans les Expériences sur le Galvanisme de Humboldt (1) le nom de plusieurs individus dont le corps dégageait du feu en marchant.
les Frontières de la Science et dans le livre de Flammarion snr les Caprices de la Foudre.
(1) Paris, 1799, p. 428.
LKS FK.MMES ÉLECTRIQUES 551
Musscy (1) rapporte le fait d'une femme de 30 ans, d'un tenipi'-ramont nerveux, qui, pendant une aurore boréale, fut chargée subitement d'électricité dont la présence se manifesta par des étincelles lorsque cette femme passa, par hasard, le doigt sur la figure de son frère. Ce phénomène persista pendant environ deux mois et demi avec une intensité variable. Dans les conditions les plus favorables, elle envoyait du bout de son doigt à une boule de cuivre, par minute, quatre étincelles longues de 3 centimètres.
On trouve dans les Mémoires de V Académie des Sciences d.e Paris (Année 1777, p. o38) une note de Cassini au sujet d'un seigneur russe qu'il avait rencontré à Florence et qui. pendant plusieurs années, « a eu une vertu éle?tricjue semblable à celle de la torpille. »
Un fait divers paru dans le Libéral du Nord à la date du 4 avril 1837, est ainsi conçu :
Une jeune femme vient d'accoucher hier d'un enfant qui, semblable à la torpille, a donné une commotion au médecin qui la mis au monde. Cet enfant électrique appartient au sexe mascuUn et est d'une constitution robuste. Il a été placé aussitôt après sa naissance dans un berceau d'osier, supporté par un isoloir à pied de verre et a donné des signes non équivoques d'électricité. Il a conservé, l'espace de 24 heures, cette propriété remarquable, à tel point que le médecin put charger une bouteille de Leyde, tirer des étincelles et faire une foule d'expériences diverses.
(1) ExlrCiOrdinary case of animal electricety (American journ. of med. Se , 1837, t. XXI, p. 377.
0b2 DEUXIÈME PARTIE
Le Petit Mo?iiteur luiiversel du soir, du 8 mars 18G9, relate un fait analogue d'après le Mémorial de la Loire :
Il s'agit d un enfant né dans le Alliage de Saint-Urbain, sur les limites de la Loire et de l'Ardèche. qui paraissait environné d'une lueur blanchâtre ; des objets de mince aolume, tels qu'une cuiller, un couteau, se mettaient à A'ibrer quand ils étaient près des pieds ou des mains de l'enfant, qui mourut à t) mois, en dégageant des effluves lumineux (1),
Eu 1839, deux jeunes filles âgées de 18 à 20 ans, jouissant d'ailleurs d'une bonne santé, produisaient à Smyrne des phénomènes extraordinaires dont VEcho de r Orient du 9 mars rend compte eu ^termes qui dénotent un écrivain peu familier avec le langage scientifique :
Placées en môme temps autour de la table recouverte d'une toile cirée, on entend immédiatement celle-ci éprouver des craquements successifs qu'on pourrait comparer à un mouvement de dislocation ; bientôt après, de vives commotions, accompagnées de détonations assez sensibles, se font entendre dans l'appartement quand les portes sont fermées. On a A"U la table en question, dégagée du point d'appui contre le mur, se mouvoir seule et comme poussée par une force répulsive, reculer et parcourir progressivement par petites secousses, l'espace d'environ un pas. L'une des jeunes
(,1) Cornélius Agrippa [Epist XLIX, livre II) rapporte une observation faite par un de ses amis, Jehan Rougier, curé de Sainte-Croix à Me^z, sur un enfant, son neveu, qui parut tout à coup dans son berceau euA'ironné de flammes pendant que le sein de sa mère qui l'allaitait semblait aussi s'auréoler de feu, sans qu'aucune des deux personnes en souffrit.
personnes changeant de place, le mouvement de la tai)le prend une direction analogue. La toile cirée qui recouvre la table étant enlevée, le mouvement se ralentit sensiblement.
Tout cela s'est passé sous les yeux de plusieurs médecins respectables et de personnes i-ecommandables par leur instruction et par leurs connaissances. Cherchant à l'expliquer, elles ont cru reconnaître, jusqu'à un degré voisin de la certitude, que les deux jeunes personnes dont il s'agit sont douées de la propriété d'un fluide électrique spontané à un degré inconnu jusqu'à nos jours et qui ne pourrait se comparer qu'à la dose de la bouteille de Leyde. Chez l'une, le fluide électrique serait positif, et chez l'autre négatif au même degré, ce qui constituerait un véritable phénomène.
Le célèbre magnétiseur Ch. Lafontaine raconte (1) qu'en 1833 ou 1834 un de ses amis se rendit dans un village situé à deux lieues de Carcassonne,avecM. Berthe, professeur de physique au petit séminaire de cette ville, pour voir une jeune fille de huit ou neuf ans, qui, à certains moments, par sa seule présence dans une cuisine, faisait danser toutes les casseroles, les pelles et les pincettes. 11 y avait déjà six ou huit heures qu'ils étaient là, sans qu'il se passât rien. Ils partirent croyant à une mystification, mais ils n'avaient pas fait cent j)as qu'on les rappela. Ils revinrent en toute hâte et virent la jeune fille au milieu de la cuisine et toutes les casseroles sauter, danser ; les chenets, les pelles, les pincettes tout ce (|ui était en métal était en mouvement ; môme le feu. les tisons, les bûches furent lancés au milieu de la cuisine.
(1) L'Art de magnétiser. Paris, 188G, p. 270.
004t DEUXIEME PARTIE
Le lo janvier 1846, dans le village de Bonvigny, près de la Perrière (Orne), une jeune fille de 13 ans, nommée Angélique Cottin, petite, robuste, mais extrêmement apathique au physique et au moral, présenta tout à coup des phénomènes étranges : les objets touchés par elle ou ses vêtements étaient violemment repoussés : parfois même, à sa seule approche, des commotions étaient ressenties par les personnes et on voyait s'agiter les meubles et ustensiles. Cette propriété subsista avec des variations dans son intensité et des intermittences parfois de 2 ou 3 jours, [pendant un mois à peu près, puis elle s'en alla inopinément comme elle était venue. Elle fut constatée par un très grand nombre de personnes dont quelques-unes soumirent la jeune fille à de véritables expériences et consignèrent leurs obser- A^ations dans des procès-verbaux qui ont étî recueillis et publiés par D' Tanchou (1).
Le D' Tanchou vit Angélique Cottin pour la première fois le 12 février à Paris, où on l'avait amenée pour lexhiber ; les manifestations dont l'énergie avait décru du jour où l'on avait dérangé le sujet de ses habitudes, étaient sur le point de disparaître ; toutefois elles étaient encore assez nettes pour permettre h l'expérimentateur de rédiger la note suivante. Cette note fut lue le 17 février, à l'Académie des sciences, par Arago qui avait été lui-même témoin oculaire des faits.
J'ai vu deux fois, dit le docteur Tanchou, la jeune fille électrique.
(1) Enquête sur l'authenticité des phénomènes électriques iV Angélique Cottin. Paris, Germer Baillière, 1845. — Brochure de 54 pages.
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Une cliaiso, que je tenais le plus fortement possible avec le pied et les deux mains, a été ehassée au moment où elle s'y est assise.
Une petite bande de papier, que j'avais placée en équilibre sur mon doigt, a été emportée plusieurs fois comme un coup de vent.
Vae table à manger, d'une moyenne grandeur et assez lourde, a été plusieurs fois poussée et déplacée par le seul fait du contact de ses vêtements.
Une petite roue en papier, placée verticalement ou borizoutalement sur son axe, reçoit un mouvement rapide par les émanations qui sortent du poignet et du pli du bras de cet4.e enfant ^1).
Un canai>é fort grand et fort lourd, sur lequel j'étais assis, a été poussé violemment jusqu'au mur, au moment où cette jeune fille est venue se mettre à côté de moi.
Une chaise fixée sur le sol par des personnes fortes, sur laquelle j étais assis de manière à n'en occuper que la moitié, a été violemment arrachée de dessous moi, aussitôt que la jeune personne s'est assise sur l'autre moitié.
Chose singulière, chaque fois que la chaise est enlevée, elle semble tenir aux vêlements de la jeune personne ; elle la suit un instant et ne s'en détache qu'après. Deux petites boules de sureau ou de plume suspendues
(i) Lafcntaine, qui fut aussi l'un des observateurs, dit que « lorsqu'on approcliait son poignet gauclie d'une bougie allumée, la lumière, de verticale devenait horizontale, comme si elle eût été soufflée continuellement. » (L'art de ma(jnétiser, p. 273j.
M. Pelletier a observé le même phénomène avec quelques-uns de ses sujets quand ils approchaient la paume de la main de la flamme d'une bougie.
Ces points sont généralement chez les sujets de? points hypnogènes d'oîi se dégagent, même à l'état de veille, des jets de fluide que l'on peut constater à l'aide de la sensibilité extériorisée.
DEUXIEME l'AUTlE
par un fil de soie, sont agitées, attirées, et parfois s'éloignent l'une de l'autre.
Les émanations de cette jeune fille ne sont pas permanentes dans la journée ; elles se montrent surtout le soir de sept à neuf heures : ce qui me fait penser que son dernier repas, qu'elle fait à six heures, n'y est pas étranger.
Elles ont lieu par la face antérieure du corps seulement, particulièrement au ijoignet et au pli de la saignée.
Elles n'ont lieu que du côté gauche ; le bras de ce côté est plus chaud que l'autre ; il s'en dégage une chaleur douce, halitueuse, comme d'une partie où il se fait une vive réaction. Ce membre est tremblant et continuellement agité de contractions insolites et de frémissements qui semblent se communiquer à la main qui le touche.
Pendant le temps que j'ai observé cette jeune personne, son pouls a varié de IOj à 120 pulsations par minute ; il m'a paru souvent irrégulier.
Quand on éloigne cette jeune personne du réservoir commun, soit en l'asseyant sur une chaise eans que ses pieds touchent par terre, soit qu'elle ait ses pieds sur celle d'une personne placée devant elle, le phénomène n'a pas lieu ; il cesse également quand on la fait asseoir sur ses deux mains. Un parquet ciré, un morceau de taffetas gommé, une lame de verre placée sous ses pieds ou sur sa chaise annihilent également sa propriété électrique (1).
Pendant le paroxysme, la jeune personne ne peut presque rien toucher avec la main gauche, sans qu'elle le jette au loin comme si elle était brûlée ; quand ses vêtements touchent les meubles, elle les attire, clic 1er déplace, elle les bouleverse.
(1) Le D"" Lemonier, médecin à Saint-Maurice (Orne), insiste aussi sur cette propriété dan= son rapport.
« Placée sur une cliaise isolée du sol par quatre verres, la jeune fille, eu appuyant ses pieds sur les barreaux, ne produisait rien. Mise en contact avec le réservoir commun, le phénomène recommençait, et toujours de gauche à droite. ->
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On le concevra d'autant plus facilement, quand on saura qn"à chaque déchariic électrique, elle fuit pour éviter la douleur ; elle dit qu'alors « ça la pique » au poignet et au pli du coude ; en cherchant le pouls à l'artère temporale, ne pouvant l'apprécier au hras gauche, mes doigts touchèrent par hasard la nuque ; ^ l'instant la jeune personne jeta un cri, et s'éloigna vivement de moi. Il y a dans la région du cervelet (je m'en suis assuré plusieurs fois), à l'endroit où les muscles de la partie supérieure du cou s'insèrent au crâne, un point tellement sensible, que la Jeune personne ne permet pas qu'on y touche, et auquel vont retentir toutes les sensations qu'elle ressent du bras gauche (1).
Les émanations électriques de cet enfant semblent avoir lieu par ondces, d'une manière intermittente, et successivement par différents points de la partie antérieure de son corps, et je ferai remarquer à cette occasion que le déplacement de la table, qui est l'effet de sa plus grande puissance, est à la hauteur de son bassin.
Quoi qu'il en soit, c//e.s ont Uni par un courant gazeux qui produit la sensation du froid ; yai senti manifestement sur la main un souffle instantané semblable à celui qu'on produirait avec les Lèvres.
Cette irrégularité dans l'émission du fluide parait résulter de plusieurs causes : d'abord des préoccupations continuelles de cette jeune fille, qui regarde toujours derrière elle si quelqu'un ou quelque chose la touche ; ensuite de l'appréhension qu'elle a elle-même du phénomène, car dès qu'il se produit, elle fuit rapidement, comme si elle était repoussée par une force contraire ; enfin, de la fatigue et de l'attention. C'est quand elle ne pense à rien ou quand on la distrait, que le phénomène est le plu« subit et le plus intense.
'l) Ce point est, chez presque tous les sensilifs, un point livstérogène.
Chaque phénomène chez cette jeune fille est marqué par la frayeur, la fuite et un air d'épouvante. Quand elle approche le bout du doigt un pôle nord d'un fer aimanté, elle reçoit une forte secousse : le pôle sud ne produit aucun effet. On a beau changer le fer de manière à ne pas reconnaître soi-même le pôle, la jeune fille sait fort bien l'indiquer.
Cette enfant a treize ans : elle n'est pas encore nubile et j'ai appris de sa mère que rien d'analogue à la menstruatiou n'a encore i>aru.
Elle est très forte et bien portante.
Son intelligence est peu développée. C'est une villageoise dans toute l'acception du mot ; elle sait pourtant lire et écrire ; elle était occupée, à faire des gants en filet pour les dames Les premiers phénomènes datent d'un mois.
Il est utile d'ajouter à cette note quelques extraits des autres rapports.
Le 17 Janvier, c'est-à-dire le deuxième jour de l'apparition des phénomènes, des ciseaux suspendus à sa ceinture. au moyen d'un ruJjan de fil, ont été lancés sans que le cordon fût brisé ni qu'on put, savoir comment il avait été dénoué. Ce fait, le plus incroyable, par son analogie avec les effets de la foudre, a fait penser tout de suite que lélectricité devait jouer un grand çôle dans la production de ces étonnants effets. Mais cette voie d'observation fut de courte durée : ce fait ne se produisit que deux fois, dont l'une, en présence de M. le curé qui, sur son honneur, m'en a garanti la réalité. Les effets presque nuls dans le milieu du jour redoublèrent le soir à l'heure ordinaire. Il y eut alors action sans contact, et sur les corps organisés vivants, actions débutant par de violentes secousses ressenties dans les jarrets par l'une des ouvrières placées en face d'Angélique la pointe de leurs sabots était distante d'un décimèlre
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envirou) , les mêmes objets, repoussés le matin par le coiitaet, le soat alors par la seule approche des vrleraenls.
(Rapport (le M. Hébert).
Voici ce qu'a vu le docteur Beaumont Chardon, médecin à Mortagne :
l*' Répulsion et aussi attraction, sautillement, déiilacemeut d'une table assez massive, — d'une autre table de trois mètres sur deux, montée sur roulettes, — d'une autre table carrée de un mètre et demi, en chêne, d'un fauteuil en acajou très massif. — Tous ces (IcplacemciUs ont en lieu par le contact volontaire ou involontaire des vêtements de la fille Cottin.
2" En la faisant asseoir : bouleversement, répulsion de la chaise et de la jeune fille fortement maintenue ainsi que la personne qui était assise sur la même siège; une sorte d\uUicrcncc momentanée de la cltaise aux jupes a été vue plusieurs foi>: : cessation de ces effets en mettant la chaise et la jeune fille sur du verre ou de la toile cirée, ou bien en posant la jeune fille sur la chaise sans que ses pieds fussent en contact avec le sol : — effets généralement moindres sur les planches cirées ou des tapis.
V Commotion vive de la jeune fille, rappelant exactement celle qu'on éprouve par une décharge célectrique, lorsqu'on approchait de la colonne vertébrale, à son insu ou non, soit un fragment de bois, soit un bâton, une pelle, une pincette à feu. — Le doigt porté vers le front, le sommet et surtout le derrière de la tête, ainsi qu'au pli du bras gauche produisit le même effet, soit par contact, soit à la distance d'un ou de deux centimètres ; cessation de cet effet lorsqu'on interposait une toile cirée entre le bras et l'objet.
4> Sensation de violentes piqûres lorsqu'on mettait en contact avec un pli du bras gauche ou de la tête, ou sim-
plement qu'on approchait à petite distance, un bâton de cire à cacheter ou un tube de A^erre frottés convenablement. Lorsqu'on ne les avait pas frottés, ou lorsqu'on les essuyait ou les mouillait, cessation d'effet. Les poils du bras, couchés avec un peu de salive, se redressaient par l'approche du bras gauche de la jeune fille.
S° Sensation pénible et insupportable de picotement lorsqu'on approchait, à plusieurs centimètres des doigts étendus de la main gauche, ainsi que de sa tète, l'un ou l'autre des liôles d'un for fortement aimanté ; le fer non aimanté ne produisait pas ces effets. Une aiguille aimantée, suspendue au plafond horizontalement par un long fil, a été déviée de la direction magnétique terrestre et oscillée par l'approche du bras gauche de la jeune fille.
La jeune fille donnait généralement beaucoup, quand j'étais près d'elle, parce que je n'excitais pas sa défiance et que je lui. épargnais les souffrances ; j'ai cru voir que j^ow bien donner, quoique sa volonté m'ait paru sans influence, il faut qu'elle ait Uesprit libre, qu'elle soit yaic.
M. de Farémont, homme intelligent et respecté, dont le château était voisin de la chaumière d'Angélique et qui, dès le début, prit la malheureuse enfant sous sa protection, constata au moment oîi ses facultés étaient à leur maximum, des faits encore plus extraordinaires.
En renouvelant mes expériences, écrit-il à un ami, les pelles, et les chenets furent à leur tour projetés, et, chose plus étonnante, qui ne peut laisser aucun soupçon de supercherie si jamais pareil « bouchon » en eût été capable, l'on fit travailler l'enfant à une huche ou « met » pesant au moins cent ciniiuante livres. On avait enfoncé à l'extrémité une petite pointe à laquelle elle fixait sa soie ; sitôt qu'elle
travaillait et que sa/^pe touchait la huche, celle-ci était instantanément enlcA'ée à 3 ou 4 pouces de terre, et cela se renouvelait de quatre à cinq fois par minute. Elle se reposait ensuite.
Je me plaçai sur la huche et je fus enlevé avecla môme violence et la même ré£ïularité : trois personnes se placèrent de rarme et furent enlevées, mais moins enlevées de terre. Moi, Monsieur, et un fort de la halle n'aurions pu enlever cette huche avec les trois personnes.
Va ton dire que les genoux de l'enfant pouvaient la soulever ? à peine si elle pouvait glisser son pied entre la huche et la terre, et en outre je voyais ses pieds écartés de la huche et je tenais moi-même sa jupe sur les parois de ce meuble. Chose plus étonnante et que j'ai vue encore, les lits de campagne pèsent bien trois cents livres au moyen de couchette grossière, paillasse, etc. Là, l'enfant ne pouvant rester assise, puisque la chaise fuyait sous elle et qu'elle perdait à chaque instant son centre de gravité, s'approcha par hasard du lit pour se reposer debout. Elle était fortement chargée dans ce moment. Le lit s'ébranle et vacille d'une manière incroyable : aucune autre force n'était capable de produire ce mouvement.
Elle s'approche d'un autre, monté sur des rouleaux en bois de six pouces pour l'élever de terre ; ce lit est renversé de dessus des rouleaux.
F.n palpant cette enfant dans tous les sens, on sentait une puUation interne dans toutes les parties de son corps, depuis les pieds jusqu'à la tête, le pouls n'était pas réglé ; il suivait les pulsations nerveuses.
Lorsque j'emmenais l'enfant à Mamers et qu'elle rentrait le soir, tous ses meubles, qui étaient imprégnés de son même fluide, semblaient ne former qu'un avec elle ; sitôt qu'elle en approchait et qu'elle les touchait, ils remuaient, frissonnaient presque du plaisir de la voir ; pelles, pincettes, partout le mouvement était plus vif et plus violent...
M. OUivier, ancien élève de l'Ecole polytechnique et ingénieur des ponts et chaussées à Mortagne, a été témoin de la plupart des phénomènes relatés plus haut : il a expérimenté plus spécialement ceux qui avaient des rapports avec l'électricité et le magnétisme.
En approchant notre main du bras de la jeune fille, il y avait horripilation des poils qui s'y trouvaient...
Les quatre pieds d'une chaise ont été placés dans des verres bien séchés, et le jeune fille Cottin a pu s'y asseoir sans éprouver la plus légère secousse et y rester très tranquille en posant ses pieds sur une boijteille couchée ; après l'avoir laissée dans cette position quelque temps, nous avons approché la main de son coude et déterminé une secousse.
La fille Cottin, étant toujours sur la chaise isolée, on a mis devant elle un guéridon et tout ce qu'il fallait pour faire des gants de filet ; on avait isolé la guéridon sur des verres ; la malade a pu travailler, seulement le moule lui faisait éprouver une sensation pénible... M. Beaumont avait apporté une petite boussole de poche sur laquelle nous avons voulu faire agir le bras d'Angélique, mais nous n'avons rien remarqué : au contraire, lorsqu'elle présentait son coude contre une grande aiguille suspendue à un fil, celle-ci était déviée par répulsion de 90° environ...
Arago avait constaté lui-même, à l'Observatotre, en présence de MM Mathieu, Laugier et Guyon, les phénomènes suivants.
La jeune fille ayant présenté sa main à une feuille de papier placée sur le bord d'une table, cette feuille avait été vivement attirée par sa main. — S'étant approchée du guéridon et l'ayant effleuré de son tablier, ce guéridon avait été repoussé. — S'étant assise sur une chaise et ayant posé ses pieds par terre, la chaise fut
projetée avec violence contrôle mur, tandis que la jeune fille était jetée d'un autre côté. Cette dernière expérience, recommencée plusieurs fois, réussit toujours : ni Arago, MM Ciuyon et Laugier ne purent maintenir la chaise immobile. M. Guyon s'étant assis d'avance sur la moitié de la chaise qui allait être occupée par Angélique, fut renversé au moment où celle-ci vint partager la chaise avec lui.
Sur un rapport favorable de son illustre secrétaire, l'Académie des Sciences nomma une commission pour examiner Angélique. Cette commission s'occupa presque exclusivement de chercher à constater chez le sujet une électricité analogue à celle des machines ou de la torpille. Elle ne put arriver à aucun résultat, probablement par suite de l'émotion causée par la vue des appareils de physique à la jeune fille dont les facultés étaient déjà à leur déclin ; aussi s'empressa-t-elle de faire déclarer comme nulles et non avenues toutes les communications faites précédemment à la Compagnie sur ce sujet.
De là, naturellement, grande émotion et vive polémique entre les gens qui disaient avoir vu et ceux qui les traitaient de naïfs. L'article suivant, paru dans le Siècle le 4 mars de cette même année, en est l'écho.
Devons-nous citer un fait récent encore inédit, qui a une notable analogie avec l'histoire de la jeune Angélique et dont les particularités réelles se résolvent très probablement dans une affcctionnerveuse, telle que la danse de Saint- Guy ? Ce fait est attesté comme parfaitement sincère et exact par un témoin oculaire, éclairé, professeur de classe supérieure dans un des collèges royaux de Paris. En voic^ un extrait que nous sommes autorisés à reproduire ; « Le
2 décembre dernier, une jeune fille (Viin peu moin^ de 1i ans, apprentie coloriste, rue Descartes, étant à travailler à sou ouvrage, la table fit entendre, au grand étonnement de tout le monde, des bruits insolites et variables. Bientôt le pinceau de la jeune fille s'écbappa de ses doigts : quand elle voulait le saisir, il fuyait ; le pupitre sur lequel elle travaillait reculait ou se dressait devant elle. La table même violemmentfrépoussée, allait se heurter contre la table voisine. La chaise sur laquelle la jeune fille était assise reculait tout à coup et se dérobait sous elle. Le seul frottement de sa robe repoussait, attirait, soidevait une table. Le témoin signataire de cette relation dit que, placé près de la jeune fille, il a été soulevé avec la chaise sur laquelle il était assis. Plusieurs fois la jeune fille s'est écriée qu'on lui tirait ses bas. En effet, les jarretières s'étant spontanément dénouées, les bas étaient presque sortis des pieds, puis, par une réaction soudaine, se remettaient d'eux-mêmes... Ces phénomènes se sont reproduits constamment pendant une douzaine de jours. Maintenant, la jeune fille éprouve de violentes secousses intérieures qui ne lui permettent pas de rester assise. Elle est enlevée à tous moments de son siège et y retombe par un mouvement semblable à celui d'un cavalier qui trotterait à l'anglaise ».
En 1858, le D'' Piueau, médecin [aux Péhiies (Cher), eut l'occasion^de Aoir une jeune fille, Honorine Séguin, douée de propriétés analogues, Elle était âgée également de treize ans et demi, et demeurait à la Haye (Indre-et-Loire). Comme pour Angélique Cotlin, les phénomènes se'produisirent inopinément (au commencement de décembre 1837^, augmentèrent d'intensité pendant quelque temps, puis finirent par disparaître, mais seulement au bout de deux ou trois mois. M. Figuier
en a doilué dans Vllistoire du inevveilleux {tomclY . p. 211-214) une relation où on lit :
Quaud le docteur fut arrive, elle s'assit près de lui, sur une chaise, et plaça près d'elle une autre chaise, en contact avec le bord inférieur de sa robe qui traînait sur le parquet. Après une demi-heure d'attente, on vit tout à coup son jupon se ijonfler et s'appliquer sur Vun des barreaux de la chaise *•/(/'■ qui fit aussitôt un léger mouvement de rotation accompagné d'un craquement caractéristique. A partir de ce moment la chaise parut obéir à tous les ordres qu'il plut à Honorine de lui adresser.
Elle tournait eu glissant sur le parquet, elle frappait le nombre de coups demandés, elle se soulevait sur deux pieds et y restait en équilibre, elle battait la mesure pendant qu'Honorine chantait, enfin elle se renversait avec violence.
Si Ton approchait alors la main du jupon il perdait aussitôt son état de rigidité; mais, un instant après, on le voyait se gonfler de nouveau, s'approcher de la chaise et xj adhérer comme s'il avait été attiré par une force analogue à celle de l'électricité. Pendant toute la durée de l'expérience qui dura deux heures, les pieds et les mains de la jeune fille restèrent immobiles et en évidence, ce qui éloigne tout soupçon de supercherie de sa part. Au reste, cette supposition paraît entièrement inadmissible à l'obserA'ateur, qui mit, ainsi que les personnes présentes, la plus minutieuse attention à surveiller les mouvements du sujet.
Lorsque le D' Pineau se décida ù étudier les propriétés d'Honorine Séguin, le 10 février I808, elles se trouvaient déjà dans leur période de décroissance ; depuis 13 jours déjà elles ne s'étaient point manifestées et il fallut un effort prolo7igé de la part du sujet pour les
faire reparaître. Un appareil composé de deux boules de sureau suspendues à un fil de soie ne fut nullement influencé au moment oii le jupon renversait une chaise fort pesante.
Un cas très curieux a été observé pendant les années 1852 et 1853 dans la Bavière rhénane sur une petite fille de 11 à 12 ans, Philippine Singer, qui fut d'abord étudiée chez ses parents à Bergzabern par les docteurs Beutner et Depping, puis dans une maison de santé à Frankenthal. Outre les mouvements spontanés d'objets souvent très lourds et les sons tirés d'unpetit harmonium, comme on en a vu se produire avec les autres médiums, je signalerai un phénomène d'attraction qui se présente plus rarement.
Un jour, le 26 octobre 18.J2, elle s'amusa à faire adhérer un morceau de papier à sa main ou au mur et à le faire tomber sans cause apparente malgrô Texameu minutieux quon fit du papier.
Le lendemain soir, on lui donna d'autres objets, des clefs, des pièces de monnaie, des porte-cigares, des montres, des anneaux d'or et d'argent ; et tous, sans exception, restèrent suspendus à sa main. On a remarqué que l'argent adhérait plus que les autres matières, car on eut de la peine à en enlever les pièces de monnaie, et cette opération lui causait de la douleur.
Le samedi 11 novembre, un officier qui était présent lui donna son sabre avec le ceinturon, et le tout, qui pesait 4 livres, ainsi qu'on le constata, resta suspendu au doigt du milieu en se balançant assez longtemps. Ce qui n'est pas moins singulier, c'est que tous les objets, quelle qu'en fût la matière, restaient également suspendus. Celte proprictc magnétique se communiquait par le simple contact des mains
LES KKMMKS KLECTUIQUES 5G7
aux pei'somicà susceptibles de la transmission du fluide. 'î:\oiis on avons eu plusieurs exemples.
Un capitaine, M. le chevalier de Zentner, en garnison à celle époque à Bergzaberu, témoin de ces phénomènes, eût l'idée de mettre une boussole près de l'enfant. Au premier essai, l'aiguille dévia de l.'l" ; mais, aux suivants, l'aiguille restait immobile quoique reuTant eût lu boîte dans une maiu et la caressât de l'autre.
D'habitude, lorsque la petite somnambule se disposait à commencer les séances, elle appelait dans sa chambre toutes les personnes qui venaient là. Elle disait simplement : « Venez 1 venez I » ou bien : « Donnez ! Donnez ! » Souvent elle n'était tranquille que lorsque tout le monde, sans exception, était près de son lit. Elle demandait alors avec empressement et impatience un objet quelconque ; à peine le lui avaiton donné qu'il s'attachait à ses doigts. Il arrivait fréquemment que dix, douze personnes et plus étaient présentes et que chacune d'elles lui remettait plusieurs objets. Pendant la séance elle ne souffrait pas qu'on lui en reprît aucun... A la fin elle rendait à chacun ce qu'on lui avait confié ; elle examinait les objets, les yeux fermés, et jamais ne se trompait de propriétaire (1). La séance terminée et les étrangers partis, les coups et grattements, momentanément interrompus, recommencent.
Il faut ajouter que l'enfant ne voulait pas que personne se tint au pied de son lit près de l'armoire, ce qui laissait
(1) La plupart des sujets magnétiques présentent des phénomènes analogues. Quand on leur fait prendre, à l'état de veillei un objet que l'on a fortement pressé dans sa main, comme pour l'imprégner de fluide, elles ne peuvent plus, pendant quelques instants, lâcher cet objet : on dirait qu'elles absorbent le fluide emmagasiné et que cette absorption produit une adhérence. Ces mêmes sujets amenés au 5" état de l'hypnose {état de lucidité), reconnaissent, en palpant les personnes présentes, à qui appartiennent des objets portés par ces personnes et que l'on a mis entre leurs mains.
entre les deux meubles un espace d'environ un pied. Si quelqu'un s'y mettait, elle le renvoyait du geste. S'y refusaiton, elle montrait une grande inquiétude et ordonnait, par gestes impérieux, de quitter la place Une fois, elle engagea les assistants à ne jamais se tenir à l'endroit défendu parce qu'elle ne voulait pas, disait-elle, qu'il arrivât malheur à quelqu'un (I).
M. le D"" Féré (médecin en chef de Bicêtre)aeu l'occasion de soigner une jeune dame de 29 ans, présentant des propriétés analogues mais à un bien moindre degré.
Les doigts de M"^*^ N., dit-il (2), attirent les corps légers tels que fragments de papier, rubans, etc. Ses cheveux, non seulement donnent des étincelles au contact du peigne, mais sont des plus rebelles à cause de la tendance qu'ils ont à se redresser et à s'écarter les uns des autres ; quand son linge est approché de sa peau, sur quelque partie du corps que ce soit, il se produit une crépitation lumineuse et les vêtements adhèrent fortement au corps. Cette adhérence est si intense qu'elle entrave les mouvements. Lorsqu'on prie Mme jj de frotter une douzaine de fois avec ses deux mains une étoffe de laine ou simplement une serviette étendue sur un meuble de bois (corps isolant très imparfait), r étoffe chargée d'électricité adhère fortement au meuble, et on peut en tirer des étincelles d'un centimètre de longueur.
(1) L'armoire semblait ici jouer le rôle du cabinet obscur dans les séances avec Eusapia et les autres médiums à matérialisation. Tous prétendent que c'est là que se condensent, à l'abri de la lumière, les effluves qui, sortant d'eux, doivent produire les phénomènes, et ils ne veulent pas laisser couper la communication. C'est donc bien à tort qu'on veut voir dans cette prescription un moyen de favoriser le jeu de trucs du reste impossibles à expliquer.
(2) Le Procjrès médical, 1884.
LES FEMMES ÉLECTUIQUES 569
Celte apparonlc produetiou anormale d'électricité varie : M""^ N. produit des décharges plus intenses ù la suite d'émotions morales vives ; elle a remarqué que la crépitation s'exagérait par exemple lorsqu'elle venait d'entendre un morceau de musique qui l'avait vivement émue : le crépitement se manifestait alors sur tout le corps, mais particulièrement aux jambes et provoquait une sensation de picotement des plus désagréables. Les temps secs favorisent ces phénomènes électriques (1) qui sont surtout intenses au moment des gelées ; les temps humides ou brumeux produisent un effet contraire. M'"^ N. est prévenue, quelquefois plusieurs jours d'avance, d'un changement de temps par les modifications de sa tension électrique qui est nulle par les temps de pluie et de vent du Sud.
La tension extrême coïncide avec un état d'excitabilité très nettement appréciée par la malade qui est fort intelligente et se rend compte de tous les détails de sa situation. Lorsqu'au contraire, sous l'influence de l'humidité de l'atmosphère, la tension diminue, il y a sensation de lassitude générale ; d'ailleurs, lorsque M'"® N. s'est déchargée par le frottement une partie du corps, elle éprouve comme un épuisement de celte partie, une fatigue pénible. Il convient de remarquer que M"^ r^. a la peau extrêmement sèche, tellement que ses jambes gercent au moindre froid.
Nous avons pu à diverses reprises nous assurer à l'aide de l'électromètre à boule de sureau que M™« N. est chargée d'électricité positive.
Il est à remarquer que les propriétés anormales que nous venons de constater se manifestant presque tou-
(1) En Amérique, l'état électrique de l'air est tel qu'il suffit souvent de frotter ses pieds un peu longtemps sur le tapis de l'appartement pour pouvoir tirer d'un bec de gaz, en approchant un doigt, une rlincelle suffisante pour enflammer le gaz (Glillemi.'^, Le magnétisme et Véleciricité, p. 155.)
jours chez des jeunes filles au moment où leur organisme se prépare à la crise de la menstruation. On a, du reste, bien souvent observé que beaucoup de femmes, lorsque leurs règles se produisent, brisent, en traira vaillant, leurs aiguilles, tout à coup, involontairement, sans aucun choc, sans aucune force apparente, malgré leur volonté bien arrêtée de ne pas casser ces aiguilles (Voir l'appendice n° i).
L'âge de la ménopause paraît amener quelquefois des manifestations électriques analogues.
Une dame de mes amies, M""" B. âgée de 53 ans, éprouva, pour la première fois, il y a deux ans, le phénomène suivant. En se réveillant et en voulant se découvrir pour se lever, elle s'aperçut avec étonnementque ses draps de lit présentaient une adhérence extraordinaire ; elle fit effort pour les séparer et aussitôt elle se vit baignée comme dans une nappe de feu qui l'effraya beaucoup; la chemise adhérait aussi à la peau. Quelques mois après, le môme phénomène se représenta dans le paquebot sur lequel elle voyageait pour se rendre en Algérie. Sa femme de chambre lui a raconté que, plusieurs fois, elle avait vu des effluves longs de 0'»20 sortant de ses doigts de main et de pied quand elle était dans cet état, et remarqué ladhérence que présentaient les draps quand elle voulait faire le lit, M""" B. a recours, quand le phénomène se produit, à une immersion dans sa baignoire pleine d'eau froide, mais il lui en reste toujours une très grande fatigue.
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