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PAR CERTAINES FEMMES AU MOMENT DE LA MENSTRUATION

Par le D'" L. Laurent (1).

Chez la femme, l'existence de la période menstruelle a donné lieu à un grand nombre de coutumes et d'idées, que nous trouvons répandues partout quelle que soit la nation chez laquelle nous ayons pu chercher à les observer. Que nous nous soyons adressé aux jaunes, aux blanches ou aux noires, partout la femme admet ces idées comme acquises pendant que l'iiomme n'y fait généralement aucune attention et les considère comme des superstitions écloses dans le cerveau plus faible de sa compagne. Quant au savant et à l'expérimentateur, ils s'en sont jusqu'à ce jour désintéressés.

IS'ous pensons que c'est à tort, et, sans avoir cherché à vérifier la vérité de tous ces dires, nous nous sommes attachés à constater l'existence de lueurs ou d'effets mécaniques, produits à distance par un certain nombre de femmes au moment de la période menstruelle, faits analogues à ceux qu'a déjà signalés le colonel de Rochas dans son livre sur l'extériorisation de la motricité.

Voici les plus curieux et les plus nets que nous ayons observés :

(i) Extrait des Annales des sciences psychiques.

Deux jeunes filles de IG à 17 ans, quelques peu névropathes, mais sans accidents hystériques, l'une ayant été autrefois atteinte d'une coxalgie et chez laquelle persiste une ankylose complète de la hanche droite, présentent au moment des règles des phénomènes d'adhérence de leurs vêtements. Il leur faut faire effort pour enlever leurs pantoufles, même larges. Les bas sont difficiles à retirer ; il faut qu'une autre personne les retourne et les tire assez A'iolemment. Quant aux chemises, ces jeunes filles ont renoncé à en changer pendant ces périodes, car elles sont collées sur leur peau, et il serait nécessaire qu'une autre personne glissant les mains en-dessous, les enlevât en les écartant.

Pas de phénomènes de fluorescence. Les règles sont un peu douloureuses, quoique en somme normales; mais pendant leur durée, ces jeunes filles se sentent dans une sorte d'état électrique avec des fourmillements, de légers picotements, des sensations agréables et désagréables d'attraction ou de répulsion au contact de divers objets. Chez l'une d'elles, cette sensation particulièrement énervante d'adhérence est remarquable pour les objets en métal, notamment les couverts de table ; les doigts collent un instant, mais l'adhélence n'est jamais assez forte pour soulever ces objets.

11 reste à noter que la jeune fille coxalgique a été réglée pour la première fois à 13 ans, au moment même oii on la chloroformait pour un redressement de la hanche ; le chirurgien dut interrompre l'opération.

Un monsieur, contrebasse dans un théâtre, me dit un jour qu'il allait acheter un sol de contrebasse parce que sa femme avait ses règles : « ce sont mes 29 sous mensuels », me dit-

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il. Je rintcrrogeai et il m'apprit que, depuis plusieurs années, chaque fois qu'il laissait dans son logement sa contrebasse accordée, au moment des règles de sa femme, le sol cassait. Il y était tellement habitué que souvent, à ce moment, il emportait son instrument chez un ami. Pendant l'hiver, saison où les cordes sont partout plus fragiles, riea de semblable ne lui arrivait, son instrument restant au théâtre.

Il ajouta que le même fait lui était arrivé lorsque, 10 ans environ plus tôt, il avait pour maîtresse une chanteuse de café-concert ; celle-ci l'en avait d'ailleurs prévenu, lui disant qu'elle portait la guigne aux instruments à cordes.

Ce récit me rappela que j'avais entendu parler autrefois d'une harpiste qui avait été obligée de renoncer à sa profession, parce que la période catéméniale était chez elle très longue, et que, pendant toute la durée, plusieurs cordes, toujours les mi'incs, cassaient, surtout quand elle jouait ; ce qui l'avait arrêtée nombre de fois au milieu d'un concert.

Je me livrai alors à un commencement d'enquête, au cours de laquelle je trouvai une dizaine de cas semblables parmi lesquels je citerai les suivants :

Un de mes amis, administrateur en Cochinchine, avec qui j'avais longtemps habité pendant mon séjour en Orient, me dit que, plusieurs fois, les cordes de son violon avaient cassé au moment des règles de sa congaï ; elle le lui avait fait remarquer, disant que les Annamites connaissaient bien ce phénomène, et qu'elles avaient soin de ne pas jouer de leurs instruments à cordes pendant cette période. Il tint boa compte de l'avis et, plusieurs jours par mois, il laissait reposer son violon, les cordes desserrées. Ce récit me rappela que, pendant que nous habitions ensemble, il m'avait donné, une ou deux fois, ce prétexte pour ne pas prendre son violon.

Deux jeunes femmes, toutes les deux très bonnes violonistes, m'ont affirmé que, depuis leurs premières menslruar

tions, elles avaient remarqué que leurs cordes cassaient fréquemment pendant cette ijériode. L'une, véritable artiste, jouant souvent dans des concerts de charité, refusait systématiquement de jouer à ces moments-là, et était souvent fort embarrassée pour trouver un prétexte ; l'autre avait également renoncé à jouer, à cause, disait-elle, de l'ennui de changer si fréquemment de cordes, d'autant plus que, pendant cette période, elle se trouvait plus nerveuse et irritable.

Ce phénomène de la rupture des cordes, quel que soit l'instrument employé (violon, harpe, violoncelle, contrebasse, instruments à cordes métalliques de grosseur égale ne différant que par la longueur et la tension comme ceux qu'emploient les Annamites), m'a paru presque constant. Il serait intéressant d'étendre cette enquête et surtout de pouvoir la faire dans un milieu tel qu'un Conservatoire. J'espère que quelqu'un de mes lecteurs se trouvera en position de se livrer à ce travail et que ces observations viendront corroborer les miennes. En tout cas, il y a là une action mécanique à distance, indéniable, que nos principes scientifiques actuels sont impuissants à expliquer.

J'ai pu vérifier que, toujours au moment des règles, un certain nombre de femmes brisaient les objets qu'elles avaient dans les mains. Il ne s'agit pas simplement de la maladresse due à l'énervement, au tremblement hystériforme dont la conséquence serait la chute de l'objet sur le sol ; il y a cassure spontanée, analogue à celle des cordes dont je viens de parler. La plupart du temps, le fait a lieu lorsque la femme essuie un verre avec une serviette ; il lui éclate alors dans les mains sans effort appréciable. J'ai relevé le cas de trois domestiques qui perdirent leur place à

APPENDICE N. l ii"o

canse des déi;;\ts qu'elles faisaient alors dans la vaisselle ; l'une d'elles, employée ehez la mère d'un étudiant en médecine, pleurait en disant : « Mais Madame, vous voyez bien que ce n'est pas de ma faute, que je ne fais pas fort. »

XaturtUement, le fait ne se limite pas aux verres ; mais il faut des objets relativement fragiles et pouvant se briser sous l'influence de vibrations. Le colonel de Rochas a cité le cas de femmes brisant fréquemment et sans efforts leurs aiguilles au moment de la période menstruelle ; nous avons pu fréquemment A-érifier le fait. Inutile de dire que tous ces bris d'objets ne surviennent pas en dehors de cette période.

L'une des domestiques dont je viens de parler présentait encore un phénomène bien plus curieux : celui d'arrêter les pendules, toujours sous la même influence, lorsqu'elle essuyait la cheminée et époussetait la pendule. Si, le mouvement arrêté, elle essayait de la faire reprendre en promenant le balancier, elle ne pouvait y arriver, le mouvement s'arrêtait presqu'aussitôt. Si, un instant après, sa maîtresse faisait la même opération, la pendule marchait fort bien.

Une matinée, sept fois de suite, elle fit l'expérience de poser légèrement la main sur la pendule, puis de l'enlever au bout de quelques instants ; au bout de une à trois minutes, le mouvement s'arrêtait, comme s'il veut eu un frottement dans les engrenages. La maîtresse faisait repartir la pendule qui ne s'arrêtait ensuite que lorsque la bonne y posait la main, et ainsi de suite. Le fait fut contrôlé plusieurs mois successivement ; dans l'intervalle des règles, rien ne se produisait. En aucun moment, la maîtresse de maison ne pouvait déterminer le même phénomène (1).

(i) Trois personnes différentes m'ont cité des cas de femmes

Un lieutenant de vaisseau m'a raconté qu'une jeune mulâtresse du Sénégal, au teint très clair, maîtresse d'un médecin de marine, présentait au moment de ses règles le phénomène de la fluorescence quand elle écartait les draps de son lit ; il avait entendu parler de quelques cas semblables, mais assez rares.

Nous terminerons ici cet aperçu sur l'extériorisation des phénomènes mécaniques ou fluorescents chez la femme au moment de la période catéméniale. Nous n'avons voulu citer que quelques exemples, désireux seulement d'appeler l'attention sur ces phénomènes connus de la plupart des femmes ; ils n'étonnent aucune d'elles lorsqu'on leur en parle ou qu'on les interroge à ce sujet ; mais, jusqu'à présent, ils ont passé trop inaperçus et surtout trop inétudiés. Ils ressemblent pourtant bien à certaines manifestations dites occultes et leur fréquence demande pour eux une explication générale et toute naturelle qui sera peut-être aussi celle de bien d'autres phénomènes d'extériorisation de la motricité. Le sens dans lequel devraient être dirigées les recherches serait, à notre avis dans la concordance des vibrations ; c'est là, du reste, nous disait le colonel de Rochas, la théorie indoue.

Nous n'avons voulu nous appesantir que sur les phénomènes mécaniques ; ce sont les plus appréciables à nos sens et ceux qu'on peut le mieux étudier scientifiquement. Nous

dont les montres, marchant régulièrement quand elles étaient portées par d'autres, s'arrêtaient très fréquemment quand elles les portaient. — A.R.

APPEiNDICE N. 1 577

«vons volontairement laissé de côté les actions chimiques qui sont tout aussi curieuses el dont la croyance est encore plus répandue. Dans tous les pays, il est admis qu'à ces époques les femmes peuvent faire cailler le lait (1), tourner la mayonnaise, les sauces au beurre liées, etc. Ces croyances sont si bien établies qu'elles ont donné lieu à des pratiques industrielles.

i° Dans les grandes raffineries du Nord de la France, il est formellement interdit h aucune femme de pénétrer dans les ateliers au moment où l'on fait bouillir le sucre dans les bassines et pendant qu'il se refroidit ; en dehors de ce moment l'entrée leur est permise. Le prétexte donné est que si une femme réglée pénétrait dans latelier, le sucre noircirait par la suite.

2° Dans beaucoup d'établissements de pisciculture, on prétend que la présence des femmes au moment de leurs époques est défavorable à l'incubation artificielle des œufs de poissons. Dans certaines champignonnières, notamment à Orry-la-ville TOise) ; on n'admet pas les femmes dans des conditions et pour des motifs analogues.

3° Pour le même motif, aucune femme n'est employée à la bouillerie de la manufacture d'opium à Saïgon ; les Chinois chargés de cette opération prétendent que si une femme ayant ses règles s'en mêlait, l'opium tournerait et deviendrait aigre. — Bien mieux, les congaïs annamites prétendent qu'il leur est plus difficile de préparer les pipes d'opium

1 î Un agriculteur de la Charente-Inférieure m'a affirmé avoir connu une jeune fille, très brune de peau, d'un tempérament ardent et présentant une forte odeur au moment de ses règles, à qui il suffisait d'entrer dans la laiterie de sa ferme pour faire tourner le lait.

Dans les petites exploitations du même pays, les laiteries sont contiguës aux écuries des vaches ; mais on a toujours soin d'en enlever le lait, quand il y a une vache en chaleur, pour lempècher de tourner. — A. R.

pendant la période catéméniale, que l'opium ne prend pas et que la pipe est mal faite. J'ai pu vérifier le fait de façon assez nette et je sais que plusieurs confiais refusent à ce moment de préparer les pipes. Sur la plupart des points d'ailleurs, elles ont les mêmes convictions que les Européennes.

4° Les Annamites ne laissent jamais entrer dans une plantation de bétel, au moment de la cueillette des feuilles, une femme qui ne soit pas bien connue d'eux comme non réglée et hors d'âge ; les feuilles aigriraient et ne se conserveraient pas. Cette cueillette est une industrie pour les vieilles comme en France pour les jeunes.

5° Les Annamites prétendent qu'une femme ayant ses règles fait tourner la viande rouge (sanglier, etc.). On m'a donné ce prétexte pour m'expliquer qu'un cuissot était mauvais au bout de 24 heures.

Comparaison des effets que l'on peut produire avec l'él'îc-

TRICITÉ ORDINAIRE AVEC CEUX QUE l'ON EST TEiNT^ D'ATTRIBUER

A l'électricité animale.

Par M. BiiEYDEL.

Dans son m du 20 mai 1905 le Cosmos a publié, sous le aire La Lévitation, un article de M' A Brcydcl dans lequel cet auteur, tente de donner une base phijsique à quelquesuns des pkénoincnes que l'on- a étudiés dans cet ouvrage.

J'ai clierclié, dit-il, à imiter, grâce à l'électricité, ces phénomènes étranges ; car, comme nous le verrons, j'incline à penser que. dans certaines conditions, le corps humain peut dégager de l'électricité h haut potentiel, quoique de trop faible intensité pour nous être autrement manifesté que par ua souffle frais, ou des effluves pouvant être parfois visii)les dans l'obscurité et capables de produire assez rarement attraction, répulsion et autres manifestations de mouvement.

L'appareil que j'emploie est une simple machine statique à plateaux, genre Wimshurst, de diamètre assez grand.

Si nous supprimons l'une des deux boules polaires, dès que la machine fonctionne, il se dégage par l'extrémité de la tige des effluves presque invisibles, surtout lorsqu'elle est terminée par une pointe effilée. Le dégagement d'élec-

DEUXIlîME PARTIE

tricité qui s'y produit d'une façon continue y est à potentiel très élevé mais de faible intensité.

Ces effluves peuvent charger une bouteille de Leyde à la distance de plus d'un mètre, si l'air est assez sec et froid ; et cela peut se faire même au travers d'une lame de verre bien sèche ou toute autre substance isolante sous faible épaisseur. Ces mêmes effluves sont capables de faire entrer en rotation une boule en celluloïd ou en verre mobile autour d'un axe.

Fis. 1.

Si l'on insuffle ces effluves sur une plaque de verre et qu'on en approche la main, on sent un vent frais et un léger crépitement dans le voisinage de cette plaque de verre ; et de plus, tout objet qu'on en approche est attiré et y adhère assez vivement.

Pratiquement, cette lame de verre doit être lavée à l'alcool et bien sèche; elle peut avoir environ 0'»,60 de côté, elle doit être supportée sur pieds isolants ou pendue par les coins au moyen de câbles en caoutchouc ou de liens de soie, ou de toute autre substance isolante L, (fig. 1).

Pour mieux y concentrer les effluves on la recouvre d'une rondelle en papier d'étain R, reliée directement à

APPEKDICE y. 2 581

l'un des pôles P de la machine statique, ou bien on la place dans le voisinage de la tige polaire P ffig. 1).

Tout objet 0 placé en-dessous de cette plaque électrisée est soulevé. J'ai pu attirer à quelques centimètres des cubes pesant près d'un kilogramme, et à quelques décimètres des feuilles d'étain ou de papier.

L'attraction, il va sans dire, est d'autant plus vive que la surface de l'objet à soulever est plus unie. Il importe de le lâcher dès qu'il est soulevé, sinon, dès son contact avec la lame électrisée, il retombe.

On peut renverser les rôles, c'est-à-dire se servir d'une plaque (le verre non électrisée en raccorder l'objet au pôle de la machine ; le soulèvement se fait de même.

Mieux encore. On relie la plaque de verre à l'un des pôles de la machine et l'objet à soulever à l'autre pôle ; la force attractive est doublée. Il importe, pour bien faire- que l'objet repose sur des pieds isolants afin que l'écoulement de la charge ne se fasse pas par le sol.

L'effet produit est d'autant plus énergique que la force électromotrice de la machine est plus grande, c'est-à-dire qu'il dépend de la différence de potentiel.

Pour imiter en grand la lévitation, on garnit le plafond de la chambre d'expérience d'une plaque analogue à celle que nous avons décrite plus haut, et tenue isolée électriquement des murs puis raccordée à une source d'électricité à très haut potentiel et presque continue, comme dans le cas d'une puissante machine statique. Les objets sur lesquels on insuffle les effluves provenant de la source de nom contraire sont soulevés et attirés vers le plafond.

Au lieu de procéder par l'attraction vers le haut, on peut placer la lame à électriser à la partie inférieure de la chambre et suspendre au-dessus, au moyen d'un fil souple ou élastique, un objet quelconque. Dès que la machine fonctionne, l'objet semble devenir plus lourd, car il est attiré vers le bas, comme il est indiqué dans la figure 2.

Les objets adhèrent dans ce cas au plateau de verre, comme dans l'expérience précédente. On peut de la sorte imiter et la lévitation ou la diminution apparente de poids et l'augmentation apparente de la pesanteur.

Un petit ballon en baudruche est très sensible à ces expériences.

Fia. 2.

Ces mouvements d'attraction ou de répulsion peuvent être transformés en mouvement de rotation. Il suffit pour ^e réaliser de placer (fig. 3) sous le plateau une sphère de verre (ou d'autre substance mauvaise conductrice) mobile autour d'un axe X Y.

Le point A est d'abord attiré, mais en même temps, un des points voisins B ou C ; A d'abord attiré s'électrise dans le même sens que le plateau, puis est repoussé ; B est attiré puis repoussé de même, et la rotation s'entretient d'une façon continue.

Ces divers mouvements peuvent se transformer encore en décharges électriques, comme dans le cas des bouteilles de Leyde sur lesquelles on insuffle les effluves. Ils peuvent

aussi se tronsformer en choc, secousse, coup frappé, etc

On obtient ainsi des manifestations auditives mais invisibles, c'est-à-dire non lumineuses.

Par contre, si elles sont suffisamment vives, ou si elles se produisent dans un milieu où la pression est très basse, elles produisent la luminosité de ce milieu ; c'est le cas des tubes à gaz raréfiés de Crookes.

Il suffit d'ailleurs de se placer sur un plateau isolant : si l'on est raccordé à l'un des pôles de la machine, dans l'obscurilé on dégage par les cheveux, les doigts, les vêtements, des effluves visibles ; la tète apparaît entourée d'une auréole. Cet effet est d'autant plus saisissant si l'on a le corps revêtu d'une couverture de soie, le dégagement se faisant alors uniquement par les parties du corps non recouvertes de cet isolant, telles que la tète et les mains. Dans ces conditions on peut attirer des objets légers rien qu'en eu approchant la main, et produire l'oscillation d'une lablette, etc.

Tous ces effets produits peuvent l'être à une distance d'autant plus grande que la force électromotrice, c'est-à-dire la différence de potentiel est plus grande. Ils peuvent être réalisés avec des objets de masse d'autant plus grande que l'intensité de la machine, c'est-à-dire le débit, est plus grande également.

Si ces effluves sont produits par une source très continue et non oscillante, ni alternative fj'insiste sur ce point), les résultats obtenus sont d'autant meilleurs, et les manifestations de mouvement : attraction, répulsion, lévitation, diminution ou augmentation de la pesanteur, déplacement d'objet, coups frappés, etc., se produisent sans effets électriques sensibles pour nos organes ; c'est-à-dire que nous voyons des choses en mouvement sans qu'il y ait d'autre trace d'électricité qu'un souffle froid ou une sorte de phosphorescence.

Les très hauts potentiels n'affectent pas en effet nos muscles d'une façon sensible. Ne voyons-nous pas encore que nous vivons au sein de variations continues de potentiel atmosphérique ? "Se savons-nous pas que la végétation, et

en général tout foyer d'activité atomique ou moléculaire^ engendre de l'électricité à haut potentiel et dont nous ne ressentons les effets que s'il y a interruption brusque (comme dans le cas des décharges alternatives), ou bien si l'intensité devient suffisamment grande ?

Avant de terminer, je voudrais dire quelques mots au sujet des expériences que les Joghis et Fakirs des Indes peuvent produire, sans le concours d'aucune autre machine que leur propre corps.

Ils produisent la lévitation et d'autres phénomènes incroyables au premier abord, et ce, parce que, maîtres de leur organisme, ils en sont arrivés à se placer dans un état nerveux voulu pour dégager de leur corps de l'électricité et produire à volonté les phénomènes mentionnés.

Ce que les Joghis et Fakirs produisent artificiellement par un entraînement et un assouplissement organique à toute épreuve, ce qu'ils produisent volontairement et par intermittence a déjà été observé en Europe.

J'ai connu pour ma part une pauvre femme, atteinte dune maladie de la moelle épinière, et dont la chevelure et les mains dégageaient involontairement de l'électricité, des effluves visibles, et qui entraînaient le déplacement d'objets, etc.

Qu'est-ce à dire, sinon que l'électricité est intiment liée à tous ces phénomènes ? Si nous considérons enfin les " médiums » que l'on étudie dans les recherches spirites, ne doit-on pas y voir des organismes d'une constitution appropriée pour produire des phénomènes semblables, que ce soit, comme les Joghis et Fakirs, par leur propre volonté, ou que ce soit en simples instruments passifs agissant sous une cause intelligente extérieure ?

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