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LES EXPÉRIENCES DE NAPLES. JANVIER

Compte rendu par M. WAGNER, Professeur de Zoologie à l'Université de St-Pétersbourg.

Je fus obligé, pour cause de santé, de passer l'hiver de 1803 à Xaples, Je n'avais aucun désir particulier de voir le fameux médium napolitain, Eusapia Paladino ; je me bornai donc à laisser ma carte à M. Ercole Chiaïa qui était à Milan en ce moment et je ne pensai plus à Eusapia.

Le sort a néanmoins voulu que j'assistasse à ces séances, et c'est sur l'invitation d'une dame russe, M"^ P. domiciliée à Naples, que je me rendis à une séance organisée dans sa maison, le 24 février.

Dix personnes se trouv^aient réunies dans son petit appartement et formèrent un cercle des plus hétérogènes ; il y avait des spirites convaincus, des incrédules et même des sceptiques.

L'appartement de 'M""^ P. est disposé en deux étages, communiquant par un escalier de pierre, escarpé et étroit.

Les séances eurent lieu dans une pièce du second, petite, obscure et sans fenêtre, communiquant par une ouverture en voûte avec une autre chambre également exiguë, dans laquelle brûlait une lanterne rouge suspendue au plafond ; la première chambre était éclairée par une suspension verte. L'escalier conduisait directement dans cette chambre, par une porte vitrée du haut en bas. Quand, au cours des expériences, on éteignit les lumières dans ces deux chambres, une faible clarté y pénétrait par la porte vitrée.

A gauche de cette porte, il y en a une autre conduisant dans un petit couloir qui donne accès, à droite, à un petit cabinet sans autre issue qui s'ouvre, dans le fond, sur la cuisine qui n'a pas d'autre sortie. Pour tout cet étage, composé de deux pièces, une cuisine et un couloir, il n'y a donc qu'une seule issue sur l'escalier étroit qui le relie à l'étage supérieur.

M'"^ P... invita deux de ses hôtes, sceptiques avérés, à examiner cet appartement désigné pour les séances.

Je proposai que le cercle fût d'abord formé par un nombre restreint de personnes, cinq ou six, choisies parmi celles qui croyaient aux phénomènes médiumniques, ou, tout au moins, à l'existence d'un autre monde ; les autres membres devaient rester provisoirement en haut. Ce qui fut fait.

E. Paladino entra, accompagnée de quatre personnes, et, toutes, elles prirent place autour d'une petite table en bois simple, de forme carrée. Voici quelques détails sur la personne d'Eusapia Paladino.

De tous les médiums que j'ai connus dans ma vie, Eusapia me paraît la personne la plus sympathique ; son visage est celui d'une bonne paysanne franche et sim-

EXP. DE iNAl'LES. d8î)3. llîi

plo ; pendant les séances elle se met entièrement à la disposition des assistants, s'efforçant de les convaincre qu'elle n'est pour rien dans les manifestations qui se produisent par sa présence et indépendamment de sa volonté.

Elle souffre visiblement pendant les phénomènes de la matérialisation et ne cherche nullement à éviter le contrôle que l'on exerce sur elle, ni à se dérober à la main ou au pied qui la maintiennent.

Lorsque je lui demandai de me dire ce qu'elle ressentait, quand elle gémissait en proie à des convulsions, elle me répondit : Oppressione.

Nous nous plaçâmes autour de la table en formant la chaîne ; je me mis à côté du médium qui était installé seul, du côté le plus court de la table.

Il y avait une lumière suffisante pour distinguer tous les objets ; outre les lanternes rouges et vertes, on avait allumé une bougie de stéarine, sur une petite armoire à côté de la table.

A peine nous étions-nous placés que la table se mit à bouger, et deux de ses pieds, du côté oii se trouvait Eusapia, s'élevèrent facilement et avec force.

Eusapia leva ses mains de sur la table et nous pria d'appuyer les nôtres, aussi légèrement que possible ; quelques minutes après, la table commença de nouveau à bouger, se pencha d'abord d'un côté, ensuite d'un autre, et s'éleva en l'air des quatre pieds, d'un mouvement calme et régulier; au même instant M""' P... et quatre personnes entrèrent dans la chambre en descendant de l'appartement supérieur; elles examinèrent toute la pièce, posèrent la bougie à terre et inspectèrent les pieds et les vêtements d'Eusapia. En leur présence

la table s'éleva de nouveau à la hauteur d'environ un pied, et après s'être maintenue une seconde dans Tair, elle retomba d'un choc formidable, sur les carreaux du plancher. A ce phénomène, qui se répéta deux fois, succéda un moment de calme, durant lequel le médium souffrait visiblement ; sa respiration était lourde et son corps avait des convulsions.

Me rappelant dans quelles conditions avaient eu lieu les séances avec Eusapia, à Milan, en présence de M. Aksakof et des savants italiens et français, je proposai de transporter la table près de la porte qui comduisait à la cuisine, ou, pour être plus exact, qui s'ouvrait sur le petit couloir, que l'on pouvait considérer comme une espèce d'antichambre ; de cette façon elle pouvait être vue de tout le monde.

Je me plaçai à la table avec deux autres personnes, les autres se tinrent à coté du médium, comme je les en priai ; cette disposition ne dura pas longtemps, car dès que les phénomènes recommencèrent, tout le monde quitta ses chaises pour s'approcher de la table. En face de moi se plaça M. Pessino, fils d'un avocat fort connu à Naples. Bientôt les portières se mirent en mouvement ; elles s'écartaient, se gonflaient fortement, ce qui était clairement visible à la clarté de la lanterne A'erte.

Les assistants demandèrent que les phénomènes fussent plus accentués, afin que tout le monde pût les voir. L'esprit guide, qui se trouva être John King, une ancienne connaissance à moi, fit savoir par cinq coups frappés qu'il fallait diminuer la lumière ; on éteignit la suspension et presque à Tinstant même nous vîmes se dégager d'Eusapia une matérialisation, une masse foncée, ressemblant vaguement à une main ; je voyais cette

forme, très distinctemont, car elle se dessinait juste en face de moi^, sur le fond éclairé de la porte vitrée.

Sur la table devant laquelle nous étions assis, se trouvait une petite trompette en carton que j'avais roulée avant la séance, et un petit cor de chasse. John King saisit le cor d'une façon inaperçue et y joua légèrement plusieurs notes ; puis il souffla doucement dans la trompette, comme s'il eût tenté de parler et remit ensuite cor et trompette sur la table, près du monsieur qui se tenait en face d'Eusapia.

Après ces manifestations, je sentis sur ma main gauche Tattouchement de doigts appartenant à une petite main.

Je tenais la main de mon voisin de gauche et je sentis à la surface extérieure de ma main, le contact chaud de cette petite main. Ce ne pouvait évidemment être celle d'Eusapia, car les siennes étaient tenues par ses voisins.

Quelque temps après je sentis de nouveau sur ma main gauche, le contact de cette même petite main, mais en sens inverse, c'est-à-dire comme venant de mon voisin de droite ; je me rendais parfaitement compte que ce no pouvait être celle de mon voisin, homme de haute taille, ayant des mains vigoureuses ; il me semblait que ce fût la main d'Eusapia dédoublée ; mais cette supposition est purement subjective, et je m'y étais arrêté à la suite de l'observation de M. Aksakof.

Outre ces contacts superficiels, John King me serra légèrement l'avant-bras ou me tapait familièrement sur l'épaule.

Mais il n'éprouvait, paraît-il, aucune sympathie pour mon vis-à-vis, car celui-ci se leva subitement, disant

qu"il ne pouvait plus rester à cette place. Questionné à ce sujet, il répondit que quelqu'un l'avait frappé. Il était visiblement décontenancé de ce qui lui était arrivé et changea de place pour se mettre à côté de moi ; bientôt il se recula davantage hors de la portée des coups médiiimniques.

En face de moi, à gauche d'Eusapia, se placèrent alors deux messieurs, des sceptiques implacables.

Celui qui se mit près d'Eusapia fut, naturellement, dans la situation la plus précaire. Plus il serrait la main du médium et plus il lui pressait le pied avec le sien, plus les coups que lui portait John King étaient forts. Ne voulant pas s'avouer vaincu, il supportait l'attaque courageusement et en plaisantant : il jouait à qui perd gagne.

Nous passons sur quelques autres manifestations intéressantes, mais ne présentant rien de nouveau.

Il était près de neuf heures quand l'attention générale des assistants fut attirée vers l'un des pans du rideau auprès duquel se tenait Eusapia. Dans l'espace obscur derrière ce rideau, se produisait la matérialisation d'une main. Cette main poussait la portière en avant et, quoique tous les assistants témoignassent un vif désir de la voir, personne n'y piit réussir. Les mains de la Paladino étaient visibles pour toute l'assistance.

Une personne suggéra cette idée que l'un des assistants passât sa main derrière la portière afin que la main matérialisée put la toucher ; il ne se trouva pas un amateur pour cette expérience, même parmi les personnes qui avaient bravement supporté les coups de John King.

Je ferai observer que celui-ci ne traite d'une façon

EXI>. DE NAPLES. 1893. 119

aussi cavalière que les incroyants seuls, et qu'il se conduit en parfait gentilhomme avec ceux quioutfoi en lui. Le public demanda que John King voulût bien frapper quelques coups sur la porte de l'armoire puisqu'il ne pouvait faire voir sa main. Il accomplit ce désir de la manière suivante : il tira la portière sur le battant droit de l'armoire, ouvrit ce dernier, et le referma violemment.

Ce fut la dernière manifestation obtenue en ma présence. Les exigences du public, réuni à ces séances, me rappelèrent les conditions sévères imposées aux médiums américrains, les frères Eddys, dont les mains furent liées aux pieds ou bien à une croix.

A notre séance on n'avait pas eu recours, il est vrai, à des ligottements quelconques, mais le médium éprouvait néanmoins une grande souffrance. Si l'on tient compte de la nature méridionale d'Eusapia, de son caractère vif et irritable, il faut s'étonner de sa patience à supporter les fantaisies torturantes des gens méfiants.

Ces exigences, venant de personnes absolument incompétentes, me révoltaient au point que je me décidai à quitter la séance.

Après mon départ, les expériences se poursuivirent encore quelque temps. John King coiffa deux personnes toujours sceptiques, de légères chaises de jonc, et je ne puis dire si ce phénomène a ébranlé l'opiniâtreté de leur incroyance.

Ce qui m'attirait particulièrement aux séances d'Eusapia Paladino, c'était la question de savoir si un médium à phénomènes mécaniques (ou physiques], pouvait devenir un médium à matérialisation.

A Saint-Pétersbourg, je connais le cas d'un puissant

médium écrivain qui se transforma en médium remarquable à matérialisation. Cette faculté est évidemment la plus haute à laquelle puisse arriver tout médium à effets physiques.

Mais j'avais encore un intérêt ; c'était de convaincre mon collègue, le professeur K. de la réalité des faits médiumniques. Il demeurait à Naples et occupait deux chambres attenantes à mon appartement.

Je regrette de le dire, au cours de la deuxième séance avec Eusapia Paladino, j'eus encore une fois la preuve que la croyance de l'homme est indépendante de son raisonnement.

A ce point de vue, cette deuxième séance présente une excellente matière à étude. Elle eut lieu le 2 mars, dans une très grande chambre, dans laquelle il y avait une grande fenêtre dont les volets étaient fermés. Nous étions six : M""" P., ma femme, le professeur K... le docteur B. et moi. Je me plaçai à gauche du médium, tandis que mon collègue se mit à droite, suivant mes indications. La table à laquelle nous étions assis était ronde, sur un seul pied, et très incommode pour les expériences, mais il y en avait pas d'autre dans la pièce.

Sur une autre table à côté, il y avait une lampe allumée ; sur celle que nous occupions, brûlait une bougie masquée par un écran rouge. Mais, John King nous demanda, dès le commencement de la séance, de diminuer la lumière, de sorte que nous dûmes éteindre la lampe et placer la bougie sur l'autre table.

Quelques minutes après, la table se mit en mouvement ; elle se balançait et s'élevait par bout opposé à celui où se tenait le médium. Nous reconnûmes que la table était décidément par trop incommode pour les

expériences, ce (lui, traillours. nous fut confirmé par l'espril i;uide.

Nous la remplaçâmes donc par une table à jeu qui se trouvait dans la chambre voisine.

Cotte table s'éleva complètement en l'air ; mais le professeur K.., ne pouvant pas observer les pieds d'Eusapia bien qu'il tînt ses pieds sur ceux du médium tout le temps, dit n'avoir pu les contrôler d'une manière absolue ; de plus la situation occupée par Eusapia, sur le côté court de la table, ne lui inspirait aucune confiance.

Je proposai de prendre une petite table dont les trois pieds s'écartaient largement. Ces changements continuels et le désaccord qui régnait dans la compagnie eurent pour résultat d'empêcher le développement des phénomènes. Enfin, Eusapia, im[)atientée et semblant comprendre vaguement ce que Ton disait, se leva, contrariée de notre incrédulité, saisit la main du professeur K... en lui disant : « Quand donc, les véritables expérimentateurs se contenteront-ils d'avoir un milieu homogène, sans l'intrusion d'un étranger qui modifie tout, voulant soumettre le phénomène à ses caprices '^ Vous ne voulez pas croire? Eh bien, vous allez voir une manifestation médiumnique et vous serez convaincu. ))

Elle le conduisit vers la porte du balcon, dont les volets étaient fermés, à proximité de l'endroit où nous étions assis, plia sa main de la manière dont on tient un crayon ou une plume, et l'appuya contre la porte. Après quelques secondes, le professeur R... commençai tracer quelque chose sur la porte, avec sa main qui était tenue par celle d'Eusapia; quand il eût fait un trait assez

long, Eusapia lui dit : « Prenez la bougie et regardez. »

Nous nous approchâmes avec la bougie, et nous aperçûmes un trait fait avec un crayon sur la porte, peinte ea blanc : c'était un dessin ressemblant à la lettre G.

Cette ligne se dirigeait d'abord en haut, et décrivait une courbe abrupte, pour descendre, à l'endroit de la courbe inférieure de la lettre C ; là se détachait une autre ligne dans la direction gauche, faite comme par un doigt noirci avec une mine de plomb. Il est évident que ces deux lignes avaient été tracées, ou en deux fois, ou bien, simultanément, par deux mains.

Je demandai au professeur K... ce qu'il en pensait: — « La porte, dit-il, n'a pas été examinée au préalable. Il se peut que le dessin s'y trouvât déjà. »

J'émis un doute, quant à la possibilité pour Eusapia d'avoir pu trouver cette marque dans la demi-obscurité et de s'en être servie pour simuler un phénomène médiumnique.

De l'avis du professeur K... ce phénomène s'explique très simplement : Sur la porte, il y avait une marque qu'Eusapia avait vue ; elle avait passé le doigt du professeur K... sur ce trait, et ce doigt, noirci par la mine, aurait tracé la ligne supplémentaire.

Cette supposition pourrait être appuyée jiar ce fait que la ligne tracée au doigt efface plus bas la prolongation de la ligne au crayon, qui se termine par un trait descendant. Néanmoins, il est difficile d'admettre que le doigt du professeur K... conduit par la main d'Eusapia, ait suivi une ligne tracée d'avance pour la quitter à l'endroit indiqué.

Lorsque nous eûmes communiqué cette opinion à Eu-

sapia, elle nous pria d'examiner Tautre battant de la porte. Nous n'y trouvâmes absolument rien. Alors elle me prit la main comme elle Tavait fait avec le professeur K... l'appliqua à cette autre moitié de la porte. J'attendis quelques secondes et ma main, guidée par celle du mt'dium, se mita se mouvoir; puis elle s'arrêta, descendit abruptement, d'un trait, et fit un mouvement brusque juste au bas du panneau. J'enlevai ma main et aperçus, à l'endroit même où le mouvement brusque s'était fait, une ligne nettement marquée au crayon, imitant la forme de la lettre G.

Je questionnai de nouveau le professeur K... pour savoir son avis. Il me répondit, en faisant observer que la ligne n'était pas tracée à l'endroit oii nos mains avaient été appliquées, mais beaucoup plus bas. Je me demande alors : par qui et à quel moment cette ligne a-t-elle été tracée ? Les négateurs, si absurde que ce soit, trouvent une réponse à tout.

Je m'abstiens, pour le moment, d'entrer dans les détails de l'explication de ce pbénomène, pour reprendre le compte rendu de la séance.

Le professeur K. . . manifestait clairement son incrédulité à l'endroit des manifestations médiumniques, et sa méfiance à l'égard du médium. Afin de mieux triompber de ses doutes, je lui proposai, aussi bien qu'au D' B..., de s'éloigner pour quelque temps, jusqu'à ce que les manifestations prissent un certain développement. Ils consentirent volontiers.

La séance continua comme ci-devant. La petite table s'élevait en l'air, à la hauteur d'environ un pied. Ma femme pria Eusapia de se placer de coté, et de mettre ses deux pieds sur une autre chaise. Le soulèvement de

la table se produisit très bien dans ces conditions. Alors j'invitai le professeur K... à entrer pour observer le phénomène. Les manifestations continuèrent à se produirent en sa présence. 11 se tenait à une certaine distance de la table, auprès d'Eusapia, et quand la table se fut élevée dans Fespace, ma femme pria le professeur de s'assurer qu'elle se tenait réellement suspendue dans l'air. Malgré cela, il ne se tint pas toujours pour convaincu, parce que, disait-il, les pieds de la table étaient enveloppés dans la robe d'Eusapia. Il avait remarqué que les pieds du médium, posés sur la chaise, remuaient et que pendant que le phénomène se produisait, l'un ou l'autre de ses pieds disparaissait.

Cette circonstance lui a naturellement paru suspecte ; il faut bien cependant avouer qu'alors même que les deux pieds d'Eusapia auraient disparu de la chaise en même temps, il lui eût été impossible de soulever la table et la tenir en l'air.

(A Milan, en 1872, les savants investigateurs avaient remarqué ce fait du gonflement de la robe d'Eusapia, malgré elle, mode dont se servent les esprits et qui n'infirme pas la réalité, sans trucs, du phénomène.)

Je dois faire remarquer que, pendant les déplacements de la table, la robe d'Eusapia se gonfle et adhère aux pieds de la table, et même les entoure ; pendant ce temps ses mains et ses pieds sont rigoureusement surveillés par des voisins. Au point de vue médiumnique, le phénomène s'explique facilement par les fluides émanant du corps du médium et qui se matérialisent.

Mais au point de vue du « bon sens », c'est-à-dire, d'après les idées matérialistes, il faut, pour l'exphquer, avoir recours à des combinaisons compliquées : par

exemple, des ressorts dissimulés sous les jupes du médium, qui jouent pendant que le pliénomcne s'opère. C'est probablement à cette conclusion que le professeur K... est arrivé, bien qu'il eût déclaré que son seul désir était de constater les faits sans se livrer à aucune conjecture improvisée.

La manifestation dont je viens de faire le récit fut la dernière que le professeur K... a obs,ervée. Les phénomènes continuèrent à se produire, mais il se leva brusquement et partit sans prendre congé.

Ce procédé étrange doit être mis sur le compte de l'extrême irritation du savant sceptique qui se sentait enfermé dans ce dilemme : admettre que les phénomènes dont il avait été témoin ont une puissance telle qu'ils devaient convertir tous ceux qui se décidaient à les voir en face, ou bien supposer que ce n'étaient que des tours de passe-passe auxquels il est inutile et stupide de s'arrêter.

Cette deuxième alternative se présentait à son esprit comme la plus probable, semble-t-il ; c'est pourquoi il a préféré fuir la tentation.

Pour la défense de mon collègue, je dois dire que cptte collision d'opinions diamétralement apposées, a revêtu un caractère aussi cassant par ma propre faute.

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