I. — Matérialisation des mai?is
Cinq personnes ont vu, très directement, à une clarté suffisante, une grande main gauche saisir la main de M. Prus-Glowaki au moment oîi ce dernier tenait luimême la main gauche du médium dont les deux mains étaient d'ailleurs visibles et contrôlées. La main qui touchait planait librement au-dessus de la tête du médium; elle était blanche avec une nuance bleuâtre et semblait
luire légèrement. On se rappelle qu'une main semblable a été vue à Milan.
M.Prus raconte que, dans la séance du 7 janvier 1894, où il n'y avait point de table devant Eusapia qui était assise dans l'ouverture du rideau et lui tournant le dos, on affaiblit la lumière de la lampe mais de telle sorte qu'on pouvait encore distinguer les visages et les mains des assistants. — M. Swiencicki était contrôleur de droite ; M. Ochorowiez de gauche. En face du médium étaient assises trois dames, dont un médium, M"^ X., M. Prus restait debout.
La lampe électrique s'alluma deux fois; bientôt dans l'ouverture du rideau, au-dessus de la tète d'Eusapia, se montra une main, d'abord indistincte et comme estropiée ; puis, graduellement, à formes nettes d'une assez grande main d'homme.
Un instant après apparut une autre main, beaucoup plus petite, de blancheur neigeuse. M. Prus, qui est myope, seul de tous les assistants, ne voyait rien: il se plaça alors près du rideau posant les mains sur les épaules de M. Ochorowiez. A ce moment, dit-il, les deux jambes d'Eusapia, sans chaussures, seulement vêtues de bas foncés, reposaient sur les genoux d'Ochorowicz : je l'ai vérifié à l'aide de ma main. Après quelques minutes, à droite d'Eusapia, à un mètre au-dessus de la tête, sortit de derrière le rideau un objet de couleur claire qui ressemblait à une petite main dont l'avant-bras était nu et la paume, comme fermée en poing, était couverte d'une toile blanche. L'objet se retira bientôt en arrière et l'apparition ne dura que quelques secondes. Alors, très étonné et ému, j'ai demandé à toucher cette main ; trois coups de la table qui était derrière le rideau
répondirent affirmativement, suivant les conA'entions adoptées, et Eusapia, d'une voix altérée, m'ordonna de tenir la main au-dessus de sa tête. Je me suis approché du rideau ; j'ai pris, de ma main gauche, l'épaule droite d'Eusapia (Ochorowicz lui tenait la main droite) ; j'ai placé ma main droite à 3 pouces au-dessus de la tète d'Eusapia. — Certes, c'était un moment extraordinaire pour moi, mais je me sentais les sens normaux. — Soudain j'entendis le bruit caraté ristique des doigts derrière la tête d'Eusapia, et, une demi- minute après, un bruit de papier froissé vis-à-vis de son oreille droite. Après un nouvel intervalle d'une demi-minute, une'main gauche dliomme sortit lentement et horizontalement du côté droit d'Eusapia, serra ma main de ses trois doigts, tira légèrement mes doigts et se retira lentement derrière le rideau. Les assistants crièrent : « Une main, une grande main ! » C'était une main complètement vivante, de forme oblongue, de couleur de peau claire, de température et de densité normales. Seulement, je ne remarquai pas le quatrième et le cinquième doigt, et je ne me souviens pas si la partie visible et nue de l'avant-bras était longue de 3 ou de 6 pouces ; je n'aperçus aucune manche. »
K. — Sigiies apparaissant d'une vtanière anormale.
« Au nombre des phénomènes produits par Eusapia à une lumière telle qu'on peut voir, mais non distinctement, les traits du visage du médium et ses mains, se trouve le suivant : le médium écrit sur le papier, une manchette ou une tablette, sans l'aide du crayon, mais il se sert de son doigt, du doigt d'un des assistants, ou bien du côté d'un porte-crayon terminé par une
gomme à effacer reconnue comme non encore employée. A kl pleine lumière de la lampe, en ma présence, une pareille expérience ne réussit jamais, malgré les tentatives faites dans ce but. Mais, lors de l'avanldernière séance, un des médiums prit un crayon à gomme et, se servant du côté de la gomme, il traça des signes sur une feuille de papier blanc à l'ombre de plusieurs personnes qui couvraient légèrement la lampe obscurcie et placée sur le bureau ; le résultat fut nul. Eusapia posa alors sa main gauche sur celle du médium qui écrivait, et sans toucher du doigt le papier (elle touchait seulement le crayon) ; on vit presqu'aussitùt apparaître sur le papier des signes visibles, tracés au crayon. » ^D' Harusiewicz, La voix.)
« Lors de plusieurs séances on plaçait non loin du médium des tablettes liées l'une à l'autre : on attendait l'apparition dinscrlptions sur les côtés 'intérieurs ; les tablettes étaient si bien liées qu'on ne pouvait rien faire entrer entr'elles. Quoiqu'elles restassent là pendant des séances qui réussissaient bien, jamais nous n'avons trouvé d'inscription. » (B. Reiciiman, Courrier de Varsovie).
« Assis dans l'obscurité à côté d'Eusapia et touchant sa main et sa jambe gauches, je sentis quelque chose gratter ma manche ; m'étant levé de table, je vis sur la manchette de ma main droite quelques zigzags informes faits probablement à l'aide du crayon que l'on avait sorti de la poche droite de mon gilet sans que je l'ai remarqué ; car, après la séance, je l'ai trouvé à peine engagé dans cette poche. » (Matuzewski, Compte re7idu).
« En ma présence, le médium, en promenant les doigts des D""^ H, et D. sur les manchettes du D'" M. y produi-
sit quelques lignes épaisses. Une autre fois Eusapia produisit sur la manchette d'un des assistants un signe rouge, en faisant, à la lumière, un mouvement de main à la distance de plus de deux mètres. Nous fûmes témoins souvent, le D' Ochorowicz et moi, soit à Rome, soit à Varsovie, du phénomène de l'écriture directe qui peut être considéré comme un développement de celui des signes laissés par les attouchements sur les habits dont je vous ai déjà entretenu à propos de mes expériences à Rome. Le médium trace en l'air un signe quelconque fEusapia ne sait pas écrire), en pleitie lumière, avec son doigt dirigé soit contre une ardoise, soit contre le dos d'une personne , soit contre une feuille de papier, et le signe apparaît sur la surface visée : en blanc ou en rouge sur l'ardoise ; au crayon noir ou rouge sur le papier. L'expérience ne réussit pas toujours. Souvent ces signes apparaissent spontanément sur les ardoises, sur le papier, ou sur la table, sans que ni Eusapia, ni aucun des assistants s'en soit approché. Une fois, à Varsovie, Eusapia fit en pleine lumière apparaître, tracé en rouge, un de ces signes, sur la manchette d'un des assistants à la distance de près d'un mètre. (H. de SiEMiRADZKi, Lettre au col. de Rochas).