L. — Le souffle froid
Il est bon de distinguer ceci :
Le refroidissement général de l'atmosphère qui accompagne généralement les actions médianimiques et qui semble être une transformation de la chaleur ambiante en mouvement observé.
Exp. DE vAusoviE. 1893-94. 167
Elle souffle qui s'échappe pendant la transe de la cicatrice qu'Eusapia porte au côté gauche de la tête. Ils sont confondus dans les observations de Varsovie. Le D' Iligier a ressenti trois fois un souffle froid, et chaque fois à une distance qui exclut la supposition du souffle mécanique. Une fois, il l'a senti de deux côtés ; une autre fois sur la main droite ; une autre fois sur la main gauche. Une seule fois, sur les trois, son voisin, M. Matuzewski, ressentitle souffleenmême temps quelui. M, de Siemiradski l'a senti distinctement, mais pas à chaque séance : aux mains rarement et faiblement ; le plus souvent au visage. Dans ce dernier cas le souffle lui semblait venir de la blessure qui est à la tête d'Eusapia. « Eusapia leva une fois ma main au-dessus de la moitié gauche de sa tète, et je sentis alors distinctement un souffle froid, allant delà tête du médium en haut. » (D"" Watraszewski, Compte reiidu).
« Eusapia prit ma main échauffée et couverte de sueur et la promena au-dessus de sa tète. J'ai eu l'impression absolument identique à celle que donne le « souffle électrique. » ^I. Ochorowicz affirmait qu'il était d'une autre nature. Pour l'examiner j'ai passé, à la séance suivante, sur la tête du médium, une lame de laiton avec une pointe, pensant que si c'était le souffle électrique, on verrait peut-être se produire une aigrette électrique ; mais il n'en fut rien. Le même jour Eusapia tint ma main au-dessus de sa tête, mais je ne sentis plus aucun souffle, seulement un froid très peu accentué et des cheveux mal coiffés. » (Reiciima.\, Courrier de Varsovie).
M. — Une séa7ice improvisée.
Dans les intervalles des séances officielles qui fatiguaient et exaspéraient le médium, grâce à la circonstance fâcheuse cju'une grande partie des assistants était absolument étrangère à ce genre d'études, Eusapia proposait parfois de faire une séance en petit comité. L'excellent résultat de ces séances remontait son moral et, chose étrange, restaurait ses forces.
« Pendant une de ces séances improvisées, tenues dans une toute petite pièce, séparée par une porte à la portée de la main du salon éclairée par une lampe, nous arrivâmes à nous trouver devant une véritable barricade dressée sur notre table. Il y avait là : une autre table les pieds en l'air, un guéridon, une chaise, une sonnette, etc. Et tout cet encombrement de meubles fut opéré dans un endroit tellement étroit qu'il serait absolument impossible à une personne en chair et os de le faire sans heurter les assistants et déranger leur groupement. Le guéridon se trouvait à ma droite et Eusapia, dont je tenais la main avec la mienne, était à ma gauche. Je suivis très distinctement les mouvements du guéridon depuis le moment oii il heurta mon coude jusqu'à son installation complète sur la table d'expériences en passant par-dessus mes épaules. La table qui fit partie delà barricade se trouvait, au début, derrière Eusapia, dans Tembrasure de la fenêtre séparée de la pièce par un lourd rideau (II. de Siemiradski, Lettre du colo?iel de Hochas).
Exr. DE VARSOVIE. 1893-94. 1G9