‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 44 sur 108 · I. — Séance de Tremezzo · texte numérisé non relu

I. — Séance de Tremezzo

Lettre de M"^" Z. Blech au colo7iel de Rochas.

Eusapia est arrivée chez nous le samedi soir 12 septembre.

Notre séance a eu lieu le dimanclie 13. Dans la journée nous avions, autant que possible, distrait et amusé Eusapia.

L'orage menaçait ; nous avions peur qu'il n'empêcliàt cette unique séance dont nous pouvions disposer. Il n'a rien empêché et cependant il a été épouvantable : il y avait des roulements de tonnerre continuels etdes éclairs sans interruption.

Nous avions disposé, pour la séance, un grand kiosque très commode, isolé dans le jardin et dont toutes les façades ont des fenêtres.

Dès le début nous obtînmes des manifestations ; mais John, par cinq coups frappés, montrait son mécontentement de la lumière, car les éclairs étaient aveuglants malgré les pcrsiennes et faisaient souffrir Eusapia. Il nous dit de rentrer à la maison et nous promit une belle séance malgré l'interruption que cela allait causer. Nous nous sauvons jusqu'à la villa, sous une pluie torrentielle, et nous nous établissons dans un grand salon.

Comme assistants il y avait : mes parents, ma sœur A..., moi-même, et le pasteur P..., ami d'enfance de mon père, très savant, très spiritualiste, mais ne s'étant jamais adonné d'une façon particulière à l'étude des sciences psychiques.

SÉANCE DE TREMEZZO. 189G. 329

Nous avions eu tous la procautiou de ne prendre, au repas précédent, que de l'eau, du thé et de la viande blanche.

Au moment de nous installer, à la pleine lumière des lampes allumées, le guéridon placé à environ 1 mètre en arrière de ma sieur, arriva rapidement sur elle, sans renverser une bouyie allumée qui était posée dessus, ainsi que différents objets.

Eusapia prit la main de ma sœur, la posa à plat sur le guéridon et mit la sienne par-dessus, mais sans appuyer. Puis elle lui dit : « Levale la mnno (ôtez votre main) ». A sa grande surprise, ma sœur en élevant la main sentit (lue le guéridon y adhérait et le souleva à une hauteur d'environ 30 ou 40 centimètres. Il retomba aussitôt qu'Eusapia enleva sa main.

Pendant toute la séance du reste, et malgré la production d'autres phénomènes, ce guéridon ne cessa de remuer, de glisser et de se balancer visiblement sur le parquet, même loin de nous.

Eusapia n'était alors qu'en demi-transe, c'est-à-dire qu'elle parlait en son nom personnel au lieu de parler au nom de John.

Elle n'est tombée en transe complète qu'au moment de la production de mains visibles, ce qui la faisait souffrir et gémir. Ces mains visibles me paraissent constituer le phénomène le plus remarquable de la séance.

Nous avions disposé un cabinet au moyen de rideaux et d'un grand drap blanc.

Une lampe L était placée dans la pièce voisine et donnait une lumière de crépuscule.

Eusapia était assise entre ma sceur et M. P..., qui con-

trùlaient chacun de leur côté, la position de lamainetdu pied correspondant d'Eusapia dont nous voijons tous les mai7is.

Ma sœur, la première, a vu une main sortir du drap blanc D, que nous avions établi entre la colonne de marbre blanc et le mur pour former le cabinet, et que j'appellerai désormais le rideau. Cette main s'est montrée, continuée par un bras d'abord enveloppé dans le

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