‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 45 sur 108 · LÉGENDE · texte numérisé non relu

LÉGENDE

Mlle A. Blech.

M. Blech père.

G. Colonnes formant

division dans

la pièce à l'aide

des rideaux R.

Drap blanc servant à former

le cabinet.

Eusapia.

Fenêtre.

Guéridon.

Lampe dans la

pièce voisine.

Cabinet noir.

Porte ouverte.

Piano.

Le pasteur P...

Mme Blech mère.

Table d'expérien-

ce.

Mme Z. Blçch.

rideau. A plusieurs reprises et très rapidement elle venait toucher tour à tour l'épaule de ma sœur et la colonne de marbre blanc. Jai pu voir que le bras sans épaule se trouvait au-dessus de la tète d'Eusapia.

Nous avons tous vu ce phénomène, sauf mon père qui a réclamé et demandé qu'il se produisit plus distinctement. Alors a eu lieu un grand remous du rideau qui

SllA^•CE DE TREME//0. 1806. 331

s'est porté vers le piano P, et Ta complctemenl recouvert, puis la main est arrivée par en bas, jetant sur ]a taille un paquet de morceaux de musique, pris sur le piano, et s'est posée sur ces morceaux, en les tapotant plusieurs fois. Tous nous avons vu très distinctement, non une main lumineuse de fantôme, mais une main de chair semblable aux nôtres. Nous aurions eu tout le temps nécessaire pour la photographier si nous avions eu un appareil prêt. L'avant-bras qui continuait cette main, était couvert d'une manche collante d'étoffe grise allant jusqu'au poignet, tandis qu'Eusapia avait endossé une matinée nous appartenant, dont les manches étaient peu ajustées; la main apparue nous a du reste semblé plus longue que la sienne. Etait-ce bien la main astrale dEusapia ? Je ferai seulement remarquer que cette main, venant toujours d'eu bas et sortant de la jupe d'Eusapia, ne pouvait être le prolongement de son épaule.

Durant l'apparition de cette main, les deux mains d'Eusapia, tenues par ses voisins, étaient parfailement visibles.

Nous avons eu d'autres phénomènes encore. Dans une lumière très suffisante i)Our ne nous laisser aucun doute et les pieds d'Eusapia étant en évidence, nous avons vu sa jupe se gonfler. Quand on touchait à ce gonflement on était saisi par trois doigts vous pinçant fortement. Je me suis tenue un moment debout près d'Eusapia. en mettant un bout du rideau sur mon épaule. Je roi/tus 'parfaileiuent les deux mains d'Eusapia sur la tahle et cependant j'ai senti trois fois une mai^i entière me prendre le pied et le genou ; elle venait donc toujours d'en bas.

Nous avons fait l'obscurité pour augmenter l'intensité

des manifestations, et, les mains d'Eusapia étant bien tenues nous avons entendu des applaudissements partant du plafond. Nous avons aussi entendu, au-dessus de nos têtes la sonnerie d'une clochette que nous avions déposée derrière le rideau.

Sur notre demande nous eûmes un concert ou plutôt une cacophonie : tout à la fois la sonnette s'agitait audessus de nous, des coups de poing étaient frappés sur les touches du piano et la guitare était pincée dans le cabinet ; ce triple phénomène semblait produit par plusieurs mains distantes les unes des autres.

La guitare continuait à se faire entendre ; elle était dans le cabinet à i'", 80 d'Eusapia. Comme on l'entendait se mouvoir bruyamment ma sœur pria John de ne pas l'abimer. Aussitôt, la guitare fut doucement apportée sur la table, toute envelopée dans un châle que nous avions mis au fond du cabinet. Puis, se dégageant du châle, elle s'éleva au-dessus de nos tètes et la triple musique recommença. J'ai cherché à la toucher pour m'assurer de son isolement. Elle flottait horizontalement au-dessus de nos tètes et j'ai senti une résistance en voulant l'abaisser. M. P... et A... se déclaraient sûrs de leur contrôle du médium. Je passe à dessein un grand nombre de manifestations d'ordre plus intime dont notre ami M. P... se montra particulièrement surpris et ému.

A la suite de la séance, qui dura trois heures environ, Eusapia sentait ses bras courbaturés, sans doute à cause des matérialisations de mains et de bras.

Vous vous rappellerez nous avoir entendu dire, l'année dernière, que dans une séance avec Eusapia (celle-ci, comme vous le savez, ne sait ni lire ni écrire), nous avions obtenu la signature d'un prénom. Nous désirions

S1ÎA>CE DE TRËMEZZO. 189G. 333

donc vivement pousser [tins loin ceUc expérience : nous n'avons niallieureusenicnt obtenu (|ue des caractères nettement tracés mais sans signification. A un moment donné, la main astrale, vexée de son impuissance, est venue prendre l'une des miennes par la peau dorsale (comme on prendrait un chat ou un chien par la peau du cou) et Ta tenue appuyée contre le crayon, sans doute pour l'aider à écrire. J'ai voulu la saisir, mais elle a fui rapidement. Autant que j'ai pu m'en rendre compte, c'était une main petite et chaude, comme celle d'Eusapia dont les deux mains étaient contrôlées avec soin.

Voici du reste ce que M. le Pasteur P. vient d'écrire à ma sœur :

« Après notre séance du lac de Côrae, où j'ai vu et saisi des mains qui n'appartenaient à aucune des personnes présentes ; où j'ai vu des mains sans pro]iriétairc corporel, soulever et transporter des objets divers, jouer à la fois de trois instruments différents, promener et agiter une sonnette au-dessus de la tcte des expi'rimentateurs placés autour d'une table, la main dans la main du voisin, je ne puis plus trouver aucune difficulté à admettre une sorte de dédoublement partiel du médium, en même temps que la condensation passagère d'un fluide magnétique ou vital, dégagé parce dernier et par son entourage, et se manifestant sous des formes vivantes, ayant déjà ou n'ayant pas encore existé dans le monde réel ou normal, o

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