‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 52 sur 108 · EXPÉRIENCES DE 1897 A NAPLES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE 1897 A NAPLES

saienl sur hi table, à quelque distance des bords. Elle était, coiDine nous, debout.

La table retombe lourdement après 3 ou 4 secondes. Puis 0 coups, ce qui signifie, nous dit Eusapia : « moins de lumière ».

2) La lampe est baissée : le globe est couvert cV une étoffe rouge. Nèaiimoins on distingue les objets.

Eusapia aurait désiré une étoffe violette, que nous n'avions pas.

La cliaîne est reformée ; nous sommes assis autour de la table. BouUoche se sent touché à la hanche droite (côté où se trouve Eusapia), puis à la poitrine, puis à la hanche à plusieurs reprises. Le rideau s'agite du côté de BouUoche et frémit. Tout à coup la table se soulève à plus d'un mètre de haut.

De nouveau, o coups, c'est-à-dire demande de moins de lumière.

3) La lampe est portée par nous dans la pièce voisine dont nous laissons la porte ouverte.

L'obscurité est presque complète, ^jmais on aperçoit les objets.

Un violent courant d'air se produit du côté de Boulloche ; le rideau se bombe, se .soulève et est projeté sur la table. Une main touche BouUoche à travers le rideau. Je me sens également touché légèrement à plusieurs reprises du côté d'Eusapia, à la hanche gauche et au côté gauche de la poitrine. Le rideau est projeté de mon côté et m'effleure.

Je sens des coups dans ma chaise ; celle-ci est saisie et tirée. Je suis forcé de me lever, et alors ma chaise est soulevée contre moi et portée sur la table. Je la reprends et je me rassieds.

Le rideau se soulève de nouveau, est projeté entre Eusapia et BouUoche, contre moi ; une main me saisit le visage pendant une ou deux secondes à travers le rideau.

De nouveau 3 coups :

4). L'obscurité est absolue.

Ma chaise est encore saisie et portée sur la table. Une main prend, derrière moi, le bas de mon veston et me tire en arrière. J'essaie en vain de la saisir.

A ce moment un objet tombe sur la 'table. (Nous avons reconnu plus tard que c'était une soucoupe, dont la place ordinaire était, nous dit la propriétaire, sur la cheminée).

Cette soucoupe est enlevée et je sens qu'on la porte sur ma tête : on la promène sur mes cheveux, et on la reporte sur la table.

Une main saisit une mèche de cheveux de Boulloche et la tire sur son front, puis saisit sou binocle, l'enlève et le remue.

Nous ne savions ce qu'était devenue la soucoupe, lorsque Boulloche la sent, comme moi précédemment, sur la tête. Puis elle revient sur la table.

Il faut remarquer que l'objet dont le transport avait été demandé, était un clef que j'avais disposée derrière moi sur un fauteuil. Elle n'a pas été, comme nous le demandions apportée sur la table. Mais, après la séance, nous l'avons retrouvée sur un autre fauteuil.

Nous demandons à John King (ainsi désigné par Eusapia) de se manifester d'une façon visible. Il répond « oui », mais nous n avons rien vu quoique Eusapia ait prétendu avoir vu une tête.

Nous essayons de correspondre avec John King, trois

EXrÉRIE.NCES DE ^APLES. AVUIL 1897 387

coups signifiant oî/j', deux coups signifiant non, quatre coups signifiant : je veux parler. k\^\'hs^^'o\v tenté en vain d'user de diverses sortes d'alphabets, je propose de prononcer les lettres ; John King m'arrêtera à la lettre requise, par un coup dans la table ou par \n\ attouchement de main.

Nous obtenons les lettres suivantes :

John King nous confirme l'exactitude de ce résultat en répondant « oui ». Après plusieurs questions infructueuses il répond « oui » lorsque nous lui demandons si, par hasard, ces lettres ne commenceraient pas chacune les mots d'une phrase; il ajoute que c'est du français. Nous ne comprenons pas.

Il secoue la table vigoureusementmanifestant par quatre coups qu'il veut parler. Nous essayons en vain d'autres modes de communication. Il semble s'impatienter, secoue derrière nous des vases et des assiettes qui étaient sur une table, et donna enfin un coup très violent au milieu de notre table.

La séance est levée, sans que nous ayons pu autrement communiquer.

Eusapia nous confirme que John King aurait voulu le faire, sans que nous en ayons trouvé le moyen.

Au cours de la seconde séance, quelques jours après, les mêmes phénomènes se sont reproduits, sauf les différences suivantes :

La 2' séance a eu lieu chez Eusapia, dans une pièce soigneusement close et minutieusement visitée. Nous n'étions que trois : Eusapia, BouUoche et moi.

Un harmonica que nous avons placé derrière les ri-

deaux s'est soulevé, traîné à terre en jouant et est venu sur la table. Je Fai iierçu en l'air, au moment où, dans l'obscurité il passait entre mes yeux et la lampe baissée. II m'a heurté l'œil, et, comme je m'en plaignais en riant, une main m'a donné quelques légers coups dans le dos comme pour me dire amicalement: « ce n'est rien ».

Au cours de cette séance, j'ai demandé en vain deux choses; 1" que des coups fussent frappés à l'extrémité de la table opposée à la place d'Eusapia ; 2" que l'un de nous fut touché du coté opposé à Eusapia. Nous n'avons pu l'obtenir ; mais, pendant que ma main droite était levée à environ 80 centimètres d'Eusapia, une main douce et chaude s'est posée sur elle.

Il faut ajouter que pendant cette seconde séance, nos mains ont senti en l'air un objet soyeux, qu'Eusapia a prétendu être la barbe de John King.

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