LES SÉANCES DE MOKTKORT JUILLET 1 SOT .'Î
minute aprt-s, elle est enlevée entièrement du sol à la hauteur de quiny.e eenlimèlres environ et y reste deux secondes.
Dans une deuxième expérience, je prends les deux mains d'Kusapia dans les miennes. T'n grand soulèvement se prodnil à peu près dans les mêmes conditions.
La même expérience est encore répétée trois fois, de sorte qu'il y a eu, en un quart d'heure, cinq lévitations de la table, dont les quatre pieds étaient complètement détachés du sol, à la hauteur de quinze centimètres environ et durant plusieurs secondes. Pendant une lévitation, les assistants ont cessé de loucher la table, formant la chaîne en l'air et au-dessus, et Eusapia a agi de même.
M. de Fontenay a pris deux photographies au magnésium. Pendant ce temps, je tenais les deux mains du médium. La table est photographiée, d'abord pendant qu'elle est en l'air, ensuite à terre. Superposant par transparence les deux clichés, on constate avec évidence la différence des deux niveaux.
Toujours en pleine lumière, un guéridon, placé à ma droite, s'avance sans contact vers la table et tombe. Personne ne sétanl dérangé ni approché du rideau, aucune explication apparente ne peut être donnée de ce mouvement.
Le médium n'est pas encore entré en transe et continue à prendre part à la conversation.
Cinq coups frappés dans la table indiquent, selon l'habitude, que la cause inconnue demande 7noins de hanicrc. Les bougies sont éteintes, la lampe baissée, mais la clarté reste suffisante et l'on peut voir très distinctement tout ce qui se passe dans le salon. Le guéridon, que j'avais relevé et écarté, se rapproche de la table et cherche, à plusieurs reprises, à monter sur celle-ci. Je pèse sur lui pour l'abaisser, mais j'éprouve une résistance élastique telle que je n'y parviens pas. Le bord libre du guéridon se superpose au bord de la table, mais, retenu par son pied triangulaire, il
n'arrive pas à s'en écarter assez pour passer par-dessus. Le rideau se gonfle et s'approche de ma figure. C'est vers ce moment que le médium tombe en transe. Elle pousse des soupirs, se lamente et ne parle plus qu'à la troisième personne, se disant être John, personnalité psychique qui aurait été son père dans une autre vie et qui l'appelle 7nia figlia.
Cinq nouveaux coups demandant encore moins de lumière, la lampe est baissée presque complètement, mais non éteinte. Les yeux s'accoutumant au clair obscur distinguent encore assez bien ce qui se passe.
Le rideau se gonfle de nouveau et je me sens touché à l'épaule à travers le rideau comme par un poing fermé. La chaise, dans le cabinet, sur laquelle se trouvent placées la boîte a musique et la sonnette, s'agite violemment et ces objets tombent à terre.
Le médium demandant encore moins de lumière, on place sur le piano, une lanterne rouge photographique et ou éteint la lampe.
Le contrôle est rigoureusement fait ; et, d'ailleurs, le médium s'y prête avec la plus grande docilité.
La boîte à musique joue quelques airs derrière le rideau comme si elle était tournée par une main, par intermittences, pendant environ une minute.
Le rideau s'avance de nouveau vers moi et une main assez forte me saisit le bras. J'avance immédiatement le bras pour saisir la main, mais ne trouve que le vide. Je prends alors les deux jambes du médium entre les miennes et je serre sa main gauche dans ma main droite. Le médium a sa main droite prise dans la main gauche de M. de Fontenay. Alors, Eusapia amène la main de M. de Fontenay vers ma joue et simule sur cette joue, avec le doigt de M. de Fontenay, le jeu d'une petite manivelle que l'on tourne, La boîte à musique, qui est à manivelle, joue en même temps, derrière le rideau, et avec un synchronisme parfait. Quand