‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 57 sur 108 · LES SÉANCES HE MONTFORT JUILLET · texte numérisé non relu

LES SÉANCES HE MONTFORT JUILLET

fenêtres sont hermétiquement fermées par des persiennes à rochet et par des volets eu bois plein à l'iulérieur, La porte du vestibule est simplement fermée à clé.

A un angle du salon, à gauche de la grande porte d'entrée, on a tendu par une tringle deux rideaux de couleur claire, se rejoignant au milieu et formant ainsi un petit cabinet. Dans ce cabinet, un canapé contre lequel on a posé une guitare ; à côté, une chaise sur laquelle on a placé une boite à musique et une sonnette... Dans l'embrasure de la fenêtre, comprise dans le cabinet, il y a un casier à musique sur lequel on a placé une assiette contenant un gâteau bien lissé de mastic de vitrier, et sous lequel on a posé, à terre, un grand plateau contenant un large gâteau lissé du même mastic.

Pourquoi ce cabinet sombre ? Le médium le déclare nécessaire à la production des phénomènes.

J'aimerais mieux rien. Mais il faut accepter les conditions, sauf à s'en rendre exactement compte. Derrière ce rideau, la tranquillité des ondes aériennes est h son maximum, la lumière à son minimum. Il est bizarre, étrange et infiniment regrettable que la lumière interdise certains effets. Sans doute, il ne serait ni philosophique ni scientifique de nous opposer à cette condition. Il est possible que les radiations, les forces qui agissent, soient des rayons invisibles. Celui qui prétendrait faire de la photographie sans chambre noire voilerait sa plaque et n'obtiendrait rien. Celui qui nierait l'électricité parce qu'il n'aurait pu obtenir une étincelle dans une atmosphère humide serait dans l'erreur. Celui qui ne croirait pas aux étoiles parce qu'on ne les voit que la nuit ne serait pas très sage. Les progrès modernes de la physique nous ont appris que les radiations qui frappent notre rétine ne représentent qu'une fraction minime de l'universalité. Nous pouvons donc admettre l'existence de forces n'agissant pas en pleine lumière. Mais, en acceptant ces conditions, le point essentiel est de n'en être pas dupe.

J'ai donc examiné avec soin, avant la séance, le petit angle du salon devant lequel le rideau était tendu, et n'y ai rien trouvé que les objets cités plus haut. Nulle part, dans le salon, aucune trace d'arrangements quelconques, fils électriques, piles, quoi que ce soit, ni au plancher ni aux murs. Du reste, la parfaite sincérité de M. et M"^*^" Blech est hors de toute suspicion.

La séance a été commencée en pleine lumière et j'ai constamment insisté pour obtenir le plus de phénomènes possibles en clarté suffisante. Ce n'est que graduellement, à mesure que « l'esprit » le réclama, que l'on atténua la lumière. Mais j'ai obtenu que l'obscurité ne fût jamais complète. A 1 a dernière limite, lorsque la lampe a dû être entièrement éteinte, elle a été reihplacée par une lanterne rouge de photographie.

Le médium s'assied devant le rideau, lui tournant le dos. Une table est placée devant lui, table de cuisine, en sapin, pesant 7 kilogr. 300, que j'ai examinée et qui n'a rien de suspect.

Je me suis placé, d'abord, au côté gauche d'Eusapia, puis à son côté droit. Je m'assure, du mieux possible, par un contrôle personnel, de ses mains, de ses jambes et de ses pieds. Ainsi, par exemple, pour commencer, afin d'être sur qu'elle ne lèvera la table ni par les mains, ni par les jambes, ni par les pieds, je lui prends sa main gauche de ma main gauche, je pose ma main droite étendue sur ses deux genoux et je pose mon pied droit sur son pied gauche. En face de moi, M. G. de Fonlenay, pas plus disposé que moi à être dupe, se charge de la main droite et du pied droit.

Avant la séance, Eusapia s'était dévêtue et revêtue devant M^e Zelma Blech. Rien de caché.

Pleine lumière, grande lampe à pétrole à gros bec, abatjour jaune clair, plus deux bougies allumées.

Au bout de trois minutes, la table se meut en se balançant et se soulevant tantôt à droite, tantôt ù gauche. Une

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