LES SÉANCES DE MONTFORT. JUILLET
grande barbe lisseet séparée en deux. » Je demande à toucher cette barbe. En effet, en élevant la main, je la sens ((ui la frôle.
Tout le monde réclame (comme à plusieurs reprises déjà) l'empreinte d'un profil dans le mastic. Eusapia répond que c'est difficile et demande de n'y pas penser un moment. Quatre coups demandent que l'on parle. Le médium souffle, gémit, se tord. On entend remuer, dans le cabinet, la chaise sur laquelle se trouve le mastic ; cette chaise vient se placer à côté du médium, puis elle est soulevée et placée sur la fête de M"^ Z Rlech, tandis que le plat est posé légèrement sur les mains de M. Blech, à l'autre bout de la table. Eusapia s'écrie qu'elle voit, devant elle, une tête et un buste, et dit: « E fatto » (c'est fait). On n'y croit pas, parce que personne n'a senti de pression sur le plat. Trois coups de maillet violents sont appliqués sur la table. On fait de la lumière et on trouve un profil humain imprimé sur le mastic (PI. X, fig. 2).
En couvrant les yeux du médium avant de faire de la lumière, M™'' Z. Blech l'avait embrassée sur les deux joues, dans le but de s'assurer si son visage n'aurait pas quelque odeur de mastic (le mastic de vitrier ayant une forte odeur). Le contrôle avait été soigneusement fait, la tète d'Eusapia reposant sur l'épaule de M. de Fontenay.
Après quoi, on essaie d'obtenir une photographie spirite, en braquant l'objectif, à la lueur de la lanterne rouge, sur le médium et la fente du rideau derrière lui, tout le monde faisant la chaîne. Cette photographie n'a rien donné.
On désire, ensuite, faire la photographie d'une main matérialisée en pleine lumière, main qui s'est montrée deux fois la veille, telle qu'une main vivante, dans la fente du rideau, au-dessus de la tête d'Eusapia, le salon étant éclairé. On fait la chaîne, la main donne le signal en claquant trois fois des doigts, au-dessus de la tête d'Eusapia. On fait un
éclair au magnésium ; mais la main ne paraît ni à la vue, ni sur la plaque.
La séance est levée ; mais, comme je désirais revoir encore une lévitation de table en pleine lumière, on fait la chaîne debout, les mains légèrement posées sur la table. Celle-ci se met à osciller, puis elle s'élève à cinquante centimètres du sol, y reste cinq secondes, tous les assistants étant debout, et retombe lourdement.
M. de Fontenay, cherchant une explication de la manière dont se font les lévitations de table avec Eusapia, suppose qu'il se forme U7ie maiyi fluidique qui soulève l'un des pieds de la table les plus rapprochés du médium, celui précisément qui est toujours plus ou moins dans l'ombre et il ajoute :
« Mais, pensera-t-on, comment admettre la matérialisation d'une main si loin de celles du médium V Je répondrai en deux mots que le voisinage des mains charnelles d'Eusapia n'a rien à voir avec la formation des mains fluidiques : ces dernières donnent parfois des attouchements dans le cabinet, tandis que les mains du médium sont maintenues sur la table, — fort loin par conséquent.
« Ce n'est pas la proximité des mains charnelles du sujet qui paraît nécessaire à la formation des mains fluidiques, c'est le voisinage d'une partie quelconque de son corps. Dans la troisième séance, lorsque nous avons vu, en bonne lumière, la petite main complètement formée, cette inaifi seinblait avoir poussé comme une greffe, de la tête d'Ettsapia, dont les vraies mains, dûment vues et contrôlées, reposaient sur la table à un mètre environ du phénomène. Il n'est pas plus surprenant qu'une pareille manifestation se produise vers
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Naples, . .