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IV. — Séances de Bordeaux en août

Eusapia rej.'agna Xaples en passant par Bordeaux où elle s'arrêta pendant quelques jours chez M. Maxwell. On constata alors de nouveau la plupart des phénomènes que nous avons déjà décrits, et nous nous bornerons à signaler ici encore l'expérience du pèse-lettre qui nous avait beaucoup frappés à L'Agnélas.

M. Maxwell parvint à la reproduire et voici le procèsverbal (ju'il rédigea à cette occasion.

Séance du 4 noût 1895.

« Présents : Eusapia, médium ; M""" Agullana ; M. Maxwell, magistrat ; M. de M..., avocat ; M. D .., docteur en médecine; M. Pr...

fr.

De P.

'< Lumière vert clair donnée par une lampe électrique placée dans une lanterne photographique. On distingue les moindres détails de l'appartement, sauf le dessous de la table à cause de l'ombre portée par le taJjleau.

« Eusapia est en corsage clair, celui qu'elle avait pendant le dîner.

<■ J'ai acheté dans la journée un pèse-lettre que j'apporte. E... nous fait rester deux ou trois minutes les mains sur la table, puis approche ses mains du pèselettre, en faisant placer la main droite du D'D... sous la main gauche du médium.

« Le D'" D... accuse une sensation de souffle froid qui s'arrête au bout d'un instant, puis recommence.

(( Les mains d'Eusapia sont à environ 15 centimètres du pèse-lettre, de chaque cùté et dans le prolongement d'un diamètre du plateau.

(( Eusapia fait deux ou trois fois un mouvement de haut en bas avec ses mains, face palmaire en dessous. Or, la deuxième fois, le pèse-lettre est poussé à fond de course, ce qui exige une force de plus de 170 grammesce Eusapia prend la main gauche de M. de P..., la place sous sa main droite et tente l'expérience avec lui. Elle demande s'il sent le souffle froid; M. de P... répond que non. Après quelques instants M. de P... sent un souffle froid à l'annulaire et au petit doigt (les deux doigts de sa main les plus rapprochés du corps du médium). Le plateau s'abaisse et l'aiguille s'arrête à la division 20,

<f Eusapia reprend la main droite du D"" D... elle ne place plus ses mains dans le prolongement des diamètres du plateau, mais dans deux directions faisant un angle de 120°, dont le sommet serait au centre du plateau.

« Le D"^ D... a toujours sa main droite dans la main gauche d'Eusapia. Les extrémités des mains de celle-ci sont à environ 10 centimètres du bord du plateau et à environ 15 centimètres lune de l'autre. Le plateau s'abaisse à 90 grammes et revient lentement à 0.

SÉANCES DE nORHEAÛX. AOUT 1897 411

« Dans les ileiix oxporiencos précédentes il était revenu brusquement à 0.

« Eusapia essaye de faire lever le plateau. Les mains sont dans le prolongement d'un diamètre du plateau. La face palmaire est, cette fois en haut. Le plateau se relève. Dans cette position la course du plateau est faible : U est bloqué au bout d'un demi-centimètre.

« M. Pr... place son portefeuille en maroquin noir, pesant 70 grammes, sur le plateau. Eusapia recommence l'expérience dans les mêmes conditions de position des mains et de distance comptée à partir des bords du portefeuille. Après ileux ou trois mouvements de ses mains de bas en haut, le plateau est relevé à bloc.

« Avant qu'on enlève le pèse-lettre, Eusapia fait remarquer que ces expériences sont celles qui lui plaisent le plus. Elle n'est pas endormie et se rend compte de tout ce qui se passe. Elle dit éprouver une sensation de froid dans le dos le long de l'épine dorsale, puis dans les bras, et un fourmillement dans le bout des doigts au moment où le plateau s'abaisse (1) ».

(1) Il résulte de nombreuses expériences, faites par différentes personnes et notamment par M. Maxwell, que dans certains cas, on peut voir le lien fluidique qui unit les doigts d'Eusapia quand elle les oppose bout à bout à petite distance. C'est ce lien que des observations superficielles ont pris pour un fil servant à truquer le phénomène.

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