‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 63 sur 108 · LES SÉANCES DE .MOMFORT. JUILLET · texte numérisé non relu

LES SÉANCES DE .MOMFORT. JUILLET

diuniàsfi projection. Le docteur Visani-Scoz/.i avait, eu 1803, fait une oljservation qui seml)le confirmer cette hypothèse. Il avait ménagé autour delà face plane de la terre glaise un bourrelet destiné à faciliter le coulage du plâtre dans l'empreinte qu'on espérait obtenir ; mais cette empreinte na ptc se produire que lorsque, sur la demande de Jolm, o)i a supprimé le bourrelet du côté du sujet.

On remarquera également dans cette empreinte la finesse des cheveux, et la forme de l'œilqui semble avoir été moulé ouvert. 11 semble ainsi que l'empreinte ait été faite par deux pressions successives, de façon à mouler légèrement le côté gauche de la figure après avoir déterminé le creux correspondant à la partie droite. Enfin la torsion du nez tient sans doute à ce que le nez du masque projeté est venu buter contre le fond du plateau métallique contenant le mastic, fond qui était incompressible (1).

Ces empreintes ont une importance considérable, car des esprits très distingués s'obstinent encore à expliquer nos constatations par une hallucination collective des spectateurs. Aussi enmentionnerai-je encore trois autres sur lesquelles j'ai pu me procurer quelques détails.

L'une, celle de la planche XIII, a été obtenue à Rome devant le comité de rédaction du journal spirite Lux.

L'autre est due à M. de Siemiradski, elle est fort médiocre ; eUe ne vaut pas la peine d'être reproduite

(1) M. Urbain Basset, directeur de l'école de sculpture de Grenoble, suppose que c'est la pression exercée par le nez, quand i] a rencontré le fond du plateau, qui a déterminé la rupture de l'équilibre éphémère constitué par la figure fantomale, comme quand on rompt la queue d'ane larme batavique. La trace de la coulée fluidique dont il a été question plus haut serait due à cette sorte explosion ; elle se présente en effet sous forne d'évantail divergeant à partir du ne/.

quoiqu'elle puisse prouver que les phénomènes ne se produisent pas d'une façon aussi régulière que s'ils étaient truqués !

L'empreinte envoyée par le D"" Ochorowicz est encore plus mauvaise, mais la lettre qui l'accompagnait donne des détails intéressants sur son exécution.

(( L'empreinte de cette figure a été obtenue dans l'obscurité, mais au moment où je tenais les deux mains d'Eusapia en l'embrassant tout entière. Ou plutôt c'est elle qui se cramponnait à moi de telle façon que je me rendais parfaitement compte de la position de tous ses membres. Sa tête s'appuyait contre la mienne, et même avec violence, au moment de la production du phénomène ; un tremblement convulsif agitait tout son corps et la pression de son crâne sur ma tempe était tellement intense qu'elle me faisait mal.

« Au moment où eut lieu la plus forte convulsion elle s'écria: Ah.che dura! Nous allumâmes aussitôt une bougie et nous trouvâmes l'empreinte ci-jointe, qui est bien médiocre en comparaison de celles que d'autres expérimentateurs ont obtenues, et cela tient à la mauvaise qualité de largiledontje me suis servi. Cette argile se trouvait à environ SO centimètres à la droite du médium, tandis que sa tête était penchée à gauche ; sa figure n'a été nullement souillée par l'argile qui laissait cependant des traces sur les doigts quand on la toucliait ; du reste le contact de sa tête me faisait trop souffrir pour ne pas être absolument sûr qu'il n'a pas cessé un seul instant. Eusapia était toute joyeuse de voir une épreuve dans des conditions où il n'était pas possible de douter de sa bonne foi.

« Je pris alors le plat d'argile et nous passâmes dans

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la salle à manger pour mieux examiner remprcintc que je plaçai sur une grande table, près d'une grosse lampe à pétrole. Eusapia, retombée en transe, resta quelques instants debout, les deux mains appuyées sur la table, immobile et comme inconsciente. Je ne la perdais pas de vue, et elle me regardait sans rien voir. Ensuite, d'un pas incertain, elle se dirigea à reculons vers la porte et passa lentement dans la chambre que nous venions de quitter. Nous la suivîmes tous en l'observant et laissant l'argile sur la table. Nous étions déjà arrivés en cette chambre lorsque, s'appuyant contre le battant de la porte, elle fixa les yeux sur l'argile qui était resté sur la talde. Le médium était bien éclairé ; on était à 2 ou 3 mètres et nous apercevions nettement tous ces détails. Tout à coup Eusapia tendit brusquement la main vers l'argile, puis s'affaissa en poussant un gémissement ; nous nous précipitâmes vers la table et nous vimes, à côté de l'empreinte de la tête, une nouvelle empreinte très forte d'une main qui s'était produite ainsi sous la lumière même de la lampe, et qui ressemblait fort à la main d'Eusapia. J'ai du reste obtenu des empreintes de tête une douzaine de fois, mais toujours assez mal venues à cause de la qualité de l'argile, et souvent brisées pendant la durée de l'expérience ».

Parmi les phénomènes obtenus lo 21 juillet je citerai encore le suivant qui, comme celui de la chaise ou de la table soulevée à travers la main d'un des assistants s'est produit, à la suite de la séance, lorsque Eusapia était réveillée et encore chargée.

('. On passe, dit M. de Fontenay, dans la salle à mau' ger, on s'assoit autour de la grande table. On prend du thé et des gâteaux. Il y a devant Eusapia un plateau

chargé de tasses avec leurs soucoupes et leurs petites cuillers, un sucrier, une théière et divers menus objets, parmi lesquels une cuiller à entremets pesant 40 grammes : celle-ci est posée à même le plateau, appuyée sur le rebord qu'elle dépasse de 6 ou 7 centimètres. Eusapia,' qui attend sa tasse de bouillon, montre la cuiller à ses voisins, et, comme pour s'amuser, la fait sauter en passant les deux mains de bas en haut à quelques centimètres à gauche et à droite de l'objet. Aussitôt on nous appelle, M. Flammarion et moi, et Eusapia recommence. Nous sommes sous la pleine lumière d'une lampe et de plusieurs bougies. Tout le monde regarde. Eusapia renouvelle deux ou trois fois le geste de soulever quelque chose entre ses deux mains, qui passent chaque fois à 3 ou 4 centimètres auminvmim de l'extrémité de la cuiller. Le premier mouvement n'amène aucun résultat ; au deuxième ou au troisième, la cuiller sursaute et retombe dans la même position. Nous prions le médium de recommencer une fois encore. Elle répète le même geste deux ou trois fois, mais sans succès, et frotte ses mains contre sa jupe comme pour les essuyer et les débarrasser de quelque impureté qui s'opposerait au passage de je ne sais quelle force. Puis elle renouvelle sa tentative. Les deux premières passes ne produisent rien ; la troisième amène un léger mouvement de la cuiller ; à la quatrième elle saute en l'air complètement et se renverse bout pour bout, sur le plateau. On applaudit, et Eusapia se met à rire et à plaisanter ; elle est, je le répète, complètement éveillée (p. 116). »

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