‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 79 sur 108 · RAPPORT DU DEUXIEME SOUS-COMITÉ · texte numérisé non relu

RAPPORT DU DEUXIEME SOUS-COMITÉ

Ce rapport comprenait 41 paragraphes dont nous ne reproduirons que les principaux.

Les séances ont lieu chez MM. A... et B... memhres de la société dialectique. Les seules personnes qu'ils s'adjoignirent furent leurs femmes et un frère d'un membre du Sous- Comité.

La lumière du gaz resta toujours suffisante pour permettre de lire et d'écrire facilement. Un obtint des coups, des mouvements de la table et des coups dans la taljle, dès la première séance et dans beaucoup d'autres séances suivantes. La table oscillait, se soulevait ou frappait du pied, et souvent elle se mouvait dans le sens indiqué. Pendant ces mouvements, les mains furent (juelquefois écartées toutes ensemble de la table, sans arrêter pour cela le phénomène.

Les mouvements cessèrent au bout de quelques séances, sans doute pour faire place aux phénomènes des coups frappés. Ceux-ci ne paraissaient pas venir toujours de la table, mais quelquefois du parquet, des murs et du plafond, souvent d'endroits désignés par un de nous, mais pas toujours. Ils avaient un son distinct et spécial, semblant se produire dans l'intérieur de la matière plutôt qu'à la surface ; quelquefois on eût dit des détonations dans l'air.

Une fois, dit le rapport, nous essavAmes de frapper suivant un rythme sur la table et demandâmes qu'on nous imitât, ce qui fut fait avec exactitude. Ce que nous avons constaté semble généralement corroborer ce qu'ont constaté les témoins que vous avez interrogés avec cette différence que les phénomènes nous ont paru avoir pour base une intelligence. Nous avons eu surtout des réponses plus ou moins pertinentes, quelquefois très inattendues, et

aussi des communications originales. L'alphabet était épelé lettre par lettre : trois coups signifiaient « oui », deux « douteux >', un « non ". Nous changeâmes quelquefois exprès ces conventions, mais sans nuire aux réponses. Nous avons, semble-t-il, pu établir ainsi une communication avec plusieurs esprits ou intelligences, dont plusieurs se donnaient comme en relations diverses de parenté avec certains membres de votre société. Chaque soi-disant esprit montrait une individualité distincte, avait sa manière de frapper délicatement, ou fortement, ou avec décision, comme s'il eût exprimé ainsi son caractère ou son humeur.

Quand nous essayions, pour abréger, de finir les mots ou les phrases, souvent on rejetait carrément nos explications pour les remplacer par des mots ou des expressions plus appropriés ou d'une toute autre signification. L'introduction d'une personne étrangère, pendant les phénomènes, ne nuisit en rien aux manifestations ; et celle personne non influencée voyait ce que nous voyions. Des manifestations eurent lieu, alors que nous n'étions pas réunis pour une séance, ni assis autour d'une table. C'est ainsi qu'une fois, on causait d'une séance oîi M'"'= Marshall assistait, et oii des coups s'étaient produits dans le piano ; les cordes du piano de M. A.... chez qui nous étions, se mirent à vibrer soudainement et simultanément, bien que personne ne se trouvât près de l'instrument. Les sons se répétèrent deux ou trois fois , ils étaient trop forts pour être attribués à quelque vibration de la maison ou de la chambre. L'instrument fut aussitôt examiné intérieurement et extérieurement avec le plus grand soin, sans qu'on put rien découvrir et, même après cet examen, il y eut encore, à intervalles, pendant la la soirée, d'autres coups dans l'instrument. Ajoutons que cette occasion fut unique et que rien de semblable n'arriva plus chez M. A...

Une autre fois nous avions fini la séance et prenions des

KAri'OUTS DB LA SOC. DIAL. DE LONDRES- I80O A 1869 465

rafraîchissements, quand de tons côtés, dans la chambre, do vigoureux frappements retentirent. Interrogées, les intelligences « supposées » répondirent qu'elles étaient les esprits avec qui nous venions de communiquer, qu'elles étaient de très bonne liunieur et n'avaient pas envie de nous quitter. Un de nous but en riant à leur santé et leur demanda de répondre, ce qu'ils firent par des volées de frappements indi(juant bien en effet leur gaieté et leur désir de fraterniser. Enfin chacun nous dit adieu par une successsion de coups gradués, d'abord forts et rapides, puis devenant graduellement faibles et plus espacés, jusqu'à n'être plus perceptibles. Ces coups semblaient plutôt des détonations que le résultat d'une percussion sur quelque chose de dur.

Nous n'avons pu découvrir les conditions favorables à la production des phénomènes ; tout ce que nous pourrions dire qu'il nous a semblé que les manifestations étaient favorisées : a) par la régularité dans la façon de conduire les séances ; b) par une tenue et une conservation tranquilles, mais non pas particulièrement passive ; c) par la tranquillité de la maison où a lieu la séance (ainsi nous n'obtenions rien au commencement de la soirée et il n'en était plus de même plus tard, quand les domestiques s'étaient retirés et que les bruits qu'ils i)ouvaient faire avaient cessé) ; d) par une lumière faible.

H faut ajouter qu'il y eut aussi de puissantes manifestations pendant l'absence complète de l'une quelconque de ces conditions.

Quelquefois rien ne se produisait plus, sans aucun changement sensible dans les conditions ; d'autrefois aussi, sans aucun souci de notre part de ces conditions, les manifestations continuaient fortes et vigoureuses, et il nous fallait lever la séance qui ne durait jamais plus de deux heures et demie.

Nous avons remarqué que jamais l'obscurité ne nous a

réussi seule, pas plus que la lumière du jour ; qu'il a toujours fallu la présence de deux dames, et que, quand nous nous conformions aux indications des soi-disant esprits, les manifestations devenaient plus intenses.

Nous n'avons rien vu d'analogue aux conditions qui favorisent la production des phénomènes électrobiologiques ou mesmériques. Ainsi l'attente ou le désir d'un phénomène le faisait plutôt manquer que se produire, et les meilleures séances étaient celles qui débutaient par des phénomènes immédiats ou presque immédiats.

Notre faculté d'observer ou de juger n'était pas troublée, j)uisque nos souvenirs concordaient tous et étaient corroborés par les notes prises au moment et aussi par des témoins étrangers.

Quelle que fut la force manifestée ou quelles que fussentles conditions, nous remarquâmes souvent qu'il semblait qu'on eiît envie d'économiser cette force. Ainsi :

a) Il était rare de pouvoir obtenir une deuxième reprise, même en retournant la question :

b) Les communications étaient faites en termes concis, les mots inutiles n'étaient jamais employés ;

c) Rarement nous eûmes des coups inutiles ou dépour vus de sens : ils nous donnaient des communications originales ou des réponses à nos questions.

Nous n'avons remarqué aucune influence venant de la santé, du temps ou de la température.

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