QUATRIEME DISPOSITION
M. Crookes, convaincu que la force psychique existe plus ou moins développée chez tous les sujets, imagina un appareil beaucoup plus sensible pour en constater
les manifestations.
Fis:. 8.
Plan.
Un morceau de parchemin mince A (fig. 8) est fortement tendu sur un cercle de bois de manière à
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former une sorte do tambour de basque. B C est un léger levier parfaitement é([uilil)ré pivotant en D autour d'un axe borizontal. A l'extrémité B se trouve une pointe d'aiguille verticale touchant la membrane A ; au point C une autre pointe d'aiguille, faisant saillie horizontalenjoiit cl touchani, une lauîc de verre iioirde à la fumée ; cette laine verticale peut cire entraînée parallèlement au plan vertical dans lequel se meut le levier, par un mouvement d'horlogerie K ; des trous sont percés dans la paroi du cercle pour permettre à lair de circuler librement au-dessous de la membrane. Des expériences préalables exécutées par plusieurs personnes permirent de constater que des chocs sur le support fixe ne communiquaient aucun mouvement au levier et que la ligne tracée par l'index restait parfaitement droite, quand bien même on cherchait à secouer le support et qu'on frappait du pied sur le plancher.
Madame X... fut introduite dans le laboratoire. Sans qu'on lui eût expliqué le but de l'instrument, on la pria de placer ses mains sur le support fixe successivement aux points M. L (Plan) et aux points N, 0 (Élévation) qui sont plus éloignés de la règle mobile; à chaque fois, bien que INI. Crookes tint ses mains sur les siennes pour s'assurer qu'il n'y avait aucun mouvement conscient ou inconscient de sa part, on vit le levier osciller et la pointe tracer les diverses courbes analogues aux précédentes ; en même temps, on entendait venir du parchemin des bruits semblables à ceux qu'auraient produits des grains de sable projetés à sa surface. Quelquefois les sons se succédaient aussi rapidement que ceux d'une machine d'induction, tandis que, d'autre fois, il y avait plus d'une seconde d'intervalle.
Un fragment de graphite placé sur le parchemin était projeté, àchaquecoup, à la hauteur d'un demi-millimètre environ.
Quelques jours après, M. Home essaya à son tour l'appareil; il étendit la main droite au-dessus et à 20 centimètres environ de la membrane; M. Crookes lui tenait fortement le bras droit et un autre témoin le bras gauche. Après être demeuré dans cette position une demi-minute, M. Home dit qu'il sentait le fluide passer ; on fit alors marcher le mouvement d'horlogerie et l'on vit l'index osciller ; les mouvements étaient beaucoup plus lents que dans le cas précédent et n'étaient point du tout accompagnés des coups vibrants dont il a été fait mention. Trois expériences différentes produisirent trois courbes toujours du même genre.
M. Crookes fait observer que les phénomènes de cette nature sont généralement précédés par un refroidissement de Fair tout particulier.
Sous son influence, dit-il, j'ai vu des feuilles de papier s'enlever et le Ihermomètre baisser de plusieurs degrés. Dans d'autres occasions, je nai remarqué aucun mouvement réel de l'air, mais le froid a été si intense que je ne puis le comparer qu'à celui qu'on ressent lorsqu'on tend la main à quelques pouces du mercure gelé (1)
Après avoir été témoin de l'état pénible de prostration nerveuse dans lequel quelques-unes de ces expériences ont laissé M. Home, après l'avoir vu dans un état de défaillance presque complète, étendu sur le plancher, pâle et sans voix, je puis à peine douter que l'émission de la force psychique
(1) Rech. sur le spirif., p. ['>\.