EXPÉRIENCES AVEC SLADE
assis en face ilo la fenêtre, ses pieds tournés de notre côté (quand il faisait face à la tahle, nous étions à sa droite). Tout à coup, une chaise placée à 1'" 20 (nous avons mesuré exactement à l'aide d'un mètre double en ruban), fit un demi-tour sur elle-même et vint se jeter contre la table, comme attiré par un aimant.
Le 11 mai 1880, Slade, étant dans la position ordinaire, (comme ci-dessus), en plein jour, à 3 heures et demie de laprès-midi, un bahut, placé à 7o centimètres de sa chaise, se mit en mouvement assez lentement d'abord (en quittant le mur oii il était appuyé), pour qu'on put s'assurer qu'aucun contact n'existait entre ce meuble et les objets qui l'entouraient. Puis il vint frapper violemment contre la table que nous entourions. Slade tournait le dos au bahut, M. A. et nous-mème lui faisions face. Nous ne pouvons dire l'effet produit par ce meuble massif, semblant s'animer pour un instant d'une vie propre.
Le même jour, une chaise placée à côté du meuble en question l'ut renversée, quelques instants plus tard, à près de deux mètres du médium.
Le 12 mai, sur notre demande, une chaise fut comme mue par un ressort et s'élança à 1"" 50 de hauteur.
Aussitôt, après chaque mouvement semblable aux précédents, nous nous sommes assuré, par l'examen du plancher, des murs et des meubles qu'aucune hypothèse physique ou mécanique ne pouvait expli([uer. d'une manière satisfaisante, les projections auxquelles nous venions d'assister.
Dans plusieurs séances, une ardoise sur laquelle reposait un crayon étant tenue par Slade sous la table, nous avons vu le crayon décrire une ligne courbe demi-circulaire pour venir de dc>isous le milieu de la table et toud^er sur le milieu de cette table.
Plusieurs fois également, nous avons vu une ardoise encadrée (modèle Faber, n" ~) quitter la main de Slade, passer sous la table, la traverser dans toute sa largeur (l^^jOS),
pour se placer doucement dans notre main, et, lorsque nous la prenions, nous avions la sensation d'une résistance produite par une autre main qui aurait tenu l'ardoise. Pendant ce temps, nous n'aAÙons pas perdu de vue les mains du médium et nous apercevions ses deux genoux qu'il tenait en dehors de la table...
Dans plusieurs circonstances nous avons vu l'ardoise, avant d'aller se placer directement dans la main de la personne qui faisait face à Slade, se montrer d'abord à l'extrémité de la table à laquelle Slade tournait le dos, frapper le bord de la table de plusieurs coups comme pour appeler l'attention, et avec son bout inférieur, de telle sorte qu'on eût dit qu'une main invisible la tenait par en haut. Elle repassait ensuite se placer dans la main d'un des assistants ou de Slade lui-même.
Dans ces différentes expériences, nous navons saisi aucun mouvement suspect de Slade, qui cherchait, au contraire, en notre présence, à réprimer les mouvements réflexes auxquels il esl sujet au moindre bruit. Nous avons toujours regardé sous la table aussitôt après le passage de l'ardoise, mais nous n'avons rien vu d'insolite.
Dans le genre de phénomènes auxquels nous consacrons cet article, on peut classer le fait suivant que nous avons observé avec toutes sortes de précautions. Après a^-oir passé une fois la main au-dessus d'une aiguille aimantée enfermée dans un boîtier vitré de la grandeur d'une montre, sans la faire sortir de l'immobilité, Slade fit mouvoir une deuxième fois sa main droite de la même manière ; l'aiguille fut violemment agitée et fit plusieurs tours sur son pivot quand le médium prononça ces paroles en Anglais : « Voulez-vous, je vous prie, faire tourner cette aiguille ».
Nous avions nos jambes sous la table au niveau du point où se trouvait la boussole et les yeux fixés sur celles de Slade. La pièce de l'entresol où se faisait l'expérience, est située à l'entresol et juste au-dessus du vestibule ; nous