EXPERIENCES AVEC HENRI SLADE
Sladc, mort tout récemment, était né en 183G dans rAméruiue du Nord. Dès l'enfance, il fut le sujet de manifestations anormales, tels que des craquements des meubles autour de lui. En iSOO, il obtint pour la première fois le phénomène de l'écriture directe entre deu.K ardoises, par lequel il est surtout connu et que je n'ai abordé qu'incidemment dans ce livre. Depuis cette époque, il parcourut l'Amérique, l'Angleterre et la Russie, faisant montre de ses facultés extraordinaires dont on trouvera i)lus loin 1 exposé.
En 1877 il était à Berlin où le prestidigitateur de la cour de Prusse lui délivra le certificat suivant :
Fait à Berlin, le G décembre 1877, inscrit dans les registres do l'Etude sous le n" 482 de ladite année, signé et officiellemeni estampillé par (luslave Ilargcn, conseiller et notaire.
Après avoir, sur les instances de plusieurs gentilsliommes hautement estimés par leur rang et leur position, étudié la médiumnilé physique de M. Slade dans une série de séances, en plein jour, aussi bien que le soir, je dois, dans l'intérêt
de la vérité, certifier hautement que les circonstances phénoménales avec M. Stade ont été soigneusement examinées par moi, avec les plus minutieuses observations et investigations de tous les objets qui l'entouraient, y compris la table ; que je n'ai rien trouvé, dans le plus petit cas, qui pût être produit par le moyen de la prestidigitation et avec des appareils mécaniques, et qu'aucune explication de ces expériences, dans les circonstances et les conditions ainsi obtenues, ne peut trouver place dans les choses de la prestidigitation; que c'est chose impossible.
Je déclare en outre que les opinions publiées par des laïques et tous les comment sur ce sujet sont prématurés, et, selon ma façon de penser et mon expérience, faux et penchant du même côté.
Voici ma déclaration écrite et signée devant un notaire et des témoins, le 6 décembre 1877.
Samuel Bellachijvi.
De Berlin, Slade alla à Leipzig où il fut étudié par M. Zœllner, professeur d'astronomie physique à l'Université de cette ville, qui publia le récit de ses expériences dans le second volume de ses Wïssenscha/tliche Abhandlungen dont voici quelques extraits, d'après la traduction de M. E. Nus (1).
Le IS novembre 1877, Slade vint pour la première fois à Leipzig ; après Crookes et Wallace, je ne pouvais refuser une occasion aussi favorable que celle-ci, et j'accompagnai deux amis chez le médium, sans avoir l'intention de préparer une séance.
L'impression personnelle que me fit Slade était favorable. Son maintien était modeste mais réservé, et sa conversation
(1) Choses de l'autre monde, pp. 335 et suiv.
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(il parlait seulement l'anglais) calme et discrète... Je lui demandai s'il avait jamais essayé d'influencer une aiguille aimantée, me rappelant que le professeur Fechuer avait observé un phénomène similaire avec Erdniunn, professeur de chimie (fait que je considère comme étant du plus haut intérêt pour tout véritable homme de science). Slade me répondit négativement.
Le jour d'une réunion ordinaire et hebdomadaire d'amis, j'invitai Slade à prendre le thé avec nous ; je lui expliquai que nous serions complètement satisfaits, s'il pouvait seulement produire la divergence d'une aiguille aimantée dans des conditions qui pussent exclure toute idée de suspicion.
J'apportai un globe céleste qui était muni d'une boussole et le plaçai sur la table. A notre demande, Slade promena sa main, horizontalement, sur le verre convenablement serré de la boîte aimantée. L'aiguille demeura immobile, et j'en conclus que Slade n'avait pas d'aimant caché sous sa peau. A un second essai, l'aiguille fut violemment agitée comme étant sous l'action d'un grand pouvoir magnétique. J'avais ainsi un fait qui confirmait l'investigation de Fechuer, bien digne d'investigation ultérieure.
La soirée suivante (vendredi 16 novembre iSll), je plaçai une table à jeu, avec quatre chaises, dans une chambre oîi Slade n'était pas encore entré. Après que Fechner, le professeur Braune, Slade et moi, nous eûmes placé nos mains entrelacées sur la table, il y eut des coups frappés dans ce meuble.
J'avais acheté une ardoise que nous avions marquée ; un fragment de crayon fut déposé sur l'ardoise, que Slade plaça partiellement sous le bord de la table ; mon couteau fut subitement projeté h la hauteur d'un pied, et retomba sur la table... En répétant l'expérience, on trouva que le fragment de crayon, dont la position fut assurée par une marque, restait à la même place sur l'ardoise. La double ardoise, après avoir été bien nettoyée et munie intérieure-
ment d'un morceau de crayon, fut tenue alors par Slade sur la tète du professeur Braune. Le grattement fut entendu, et lorsque l'ardoise fut ouverte, on y trouva plusieurs lignes d'écriture.
Inopinément, un lit placé dans la chambre derrière un écran se transporta à deux pieds du mur, poussant l'écran au dehors. Slade était éloigné du lit, auquel il tournait le dos, ses jambes étaient croisées ; ceci était visible pour tous.
Une seconde séance s'organisa chez moi immédiatement, avec les professeurs Weber, Scheibner, et moi ; un craquement violent, tel que la décharge d'une forte batterie de bouteille de Leyde, fut entendu. En nous tournant, assez alarmés, l'écran mentionné ci-dessus se sépara en deux pièces ; les porte-vis en bois, épais d'un demi-pouce, étaient déchirés du haut eu bas, sans aucun contact visible de Slade avec l'écran. Les morceaux cassés se trouvaient à cinq pieds du médium qui tournait le dos à l'écran.
Nous fiâmes tous étonnés de cette manifestation d'une force mécanique énorme, et je demandai à Slade ce que cela voulait dire. 11 répondit que ce phénomène arrivait parfois en sa présence.
Comme il parlait en restant debout, il plaça un morceau de crayon sur la surface polie de la table, le couvrit avec une ardoise achetée et justement nettoyée par moi, puis en pressa la surface avec les cinq doigts ouverts de la main droite, pendant que sa main gauche restait au centre de la table. L'écriture commença sur la surface inférieure et, lorsque Sîade la retourna, la phrase suivante s'y trouvait écrite en Anglais : « Ce n'était point notre intention de faire le mal ; pardonnez ce qui est arrivé ». La production de l'écriture dans ces conditions se faisait pendant que les deux mains de Slade étaient immobiles.
Les phénomènes mentionnés nous parurent si extraordinaires et tellement en dehors de nos idées, que William
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"NVeber et moi, nous rôsolùmos de donnor îi quelques-iins de nos collègues l'occasioii de les attester. En conséquence, nous nous rendîmes, le jour suivant, chez le professeur Ci. Ludwig et nous l'informâmes des faits. L'inténH qu'il prit à notre récit m'engagea à inviter deux autres amis. Je proposai nos colicgues M. Fiersh, chirurgien, et M. Wundt, professeur de philosophie.
Le dimanche. 18 novembre, nous étions réunis à trois heures de l'après-midi. J'avais acheté une nouvelle table à jeu en bois de noyer. Les ardoises mises à la disposition de Slade étaient achetées par moi et mes amis et marquées par nous. Entre les deux ardoises que Slade tenait dans sa main, au-dcs!ius de la table, bien en vue. trois phrases furent écrites, en anglais, en français, en allemand, chacune avec une écriture différente.
Voici encore le récit abrégé de quelques expériences faites par M. Zœliner.
Une boule de métal fut suspendue par un cordon de sole, à l'intérieur d'un globe de verre ; celui ci étant placé sous la table, une lumière fut projetée dessus au moyen de bougies arrangées à cet effet, et, pendant que les professeurs Weber et Sclieibner aussi bien que le professeur Zœliner observaient attentivement, la boule commença à osciller et à frapper, à intervalles réguliers, contre la surface intérieure du globe de verre.
Deux aiguilles aimantées, une grande et une petite, chacune renfermée sous verre, furent placées devant M. Weber. Les mains de Slade, entrelacées avec celles des professeurs, étant posées sur la terre à environ un pied de distance des aiguilles, la petite commença subitement à se balancer et finit par prendre un mouvement constant, tandis que la grande n'eut que quelques oscillations.
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M Zœllner demanda alors à Slade d'essayer s'il ne pourrait pas agir sur une aiguille non aimantée. Il apporta plusieurs aiguilles à tricoter, parmi lesquelles lui et M. Weber en choisirent une qu'ils éprouvèrent à la boussole. Elle était dans les conditions voulues. Slade déposa l'aiguille sur son ardoise et la tint contre la partie inférieure de la table comme pour l'écriture ; quatre minutes après, il la plaça de nouveau sur la table ; alors un bout de l'aiguille fut trouvé suffisamment aimanté pour attirer de la limaille d'acier, des aiguilles à coudre, de la soie et même pour faire tourner l'aiguille de la boussole. Le bout aimanté était un pôle sud.
Dans un vase plein de fleur de farine, l'impression d'une main fut trouvée, avec toutes les sinuosités de l'épiderme parfaitement visibles. En même temps, une portion de la farine, donnant aussi les marques d'une grande et puissante main, fut laissée sur le pantalon de M. Zœllner, au genou où il s'était senti empoigné une minute auparavant. Les mains de Slade étaient restées constamment sur la table et, en les examinant, on n'y trouva aucune trace de farine. L'impression était celle d'une main plus grande que celle de Slade.
On obtint une impression plus durable avec du papier, noirci à la lumière d'une lampe à pétrole, fixé sur une planchette et sur lequel apparut la manjue d'un pied nu ; à la demande des assistants, Slade se leva, ôta ses souliers, montra ses pieds, mais aucune trace de noir de fumée n'y fut constatée. Son pied, qui fut mesuré, avait quatre centimètres de moins que l'empreinte de Slade.
Une autre fois M. Zœllner mit des feuilles de papier, préparées avec du noir de fumée, à l'intérieur d'une ardoise pliante et plaça l'ardoise sur ses genoux, afin delà
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tenir sous ses yeux, dans une chambre bien éclairée. Cinq minutes après M. Ztellner remarqua qu il avait senti, à deux reprises, une pre ;sion sur l'ardoise déposée sur ses genoux. Trois coups dans la table ayant annoncé que tout était fini, on ouvrit l'ardoise et deux empreintes, l'une du pied droit, l'autre du pied gauclie, furent trouvées sur le papier disposé sur chaque face intérieure de 1 ardoise.
.le passerai sous silence les phénomènes encore plus incompréhensibles de nœuds faits dans une corde scellée aux deux bouts auxquels M. Lodge a fait allusion dans son rapport sur les séances de Garqueiranne et je me borne à rappeler que des réactions acides ont été données à des substances neutres ; mais je vais reproduire les expériences qui ont trait à la lumière polarisée, telles que Zœliner, les a décrites dans le 2' des volumes Wissenchafiiche Abhaiidlwigen.
... J'étais suffisamment encouragé pour pouvoir instituer les expériences préparées en vue de mes recherches sur la théorie d'un espace à (juatre dimensions. Les expériences magnétiques avaient dénioufré que, sous l'action des influences invisibles dont Slade était entouré, les courants muléculaires existant dans l'intérieur des corps pouvaient être renversés, c'est-à-dire changés de sens (c'est là-dessus que repose la théorie de l'aimantation d'après Ampère et Weber) ; j'aS'ais donc l'espoir de voir réussir l'expérience indiquée dans le premier volume de mes mémoires scientifiques, c'est-à-dire que l'acide tartrique, ipii fait tourner à droite le plan de polarisation de la lumière, pourrait, par un renversement moléculaire opéré dans la quatrième dimension de ri'^space, devenir de l'acide paratartrique lévogyre (déviant à gauche la lumière polarisée). Dans ce but
j'avais préparé un petit saccharimètre polarisateur de Mitscherlich dont le tube contenait une solulion concentrée d'acide tartrique dextrogyre. La rotation du plan de polarisation était d'environ 5 degrés. J'avais l'intention (procédant comme pour l'aimantation des aiguilles) de placer le tube de verre contenant la solution concentrée, — tube de 200 millimètres de long sur 15 millimètres de diamètre, — sur une ardoise et de le faire tenir par Slade sous la table ; j'espérais voir l'acide tartrique dextrogyre changé après l'expérience en acide paratartrique lévogyre. Je voulus, avant de faire l'expérience, en expliquer à M. Slade la signification ; je lui montrai d'al)ord. avec l'appareil même après avoir enlevé le tube de verre contenant la solution, l'action des deux prismes de Nicol croisés. Je l'invitai, tandis qu'il était assis sur une chaise, à placer son œil devant le nicol antérieur et à regarder à travers 1 instrument le ciel fortement éclairé. L'expérience avait lieu chez moi, le 14 décembre 1877 à 11 heures 3 4 du matin Je fis lentement tourner le nicol antérieur. Je demandai alors à Slade, les deux niçois étant certainement dans des plans perpendiculaires, s'il remarquait l'obscurcissement graduel du champ visuel. A mon grand étonnement sa réponse fut né. gative. Je crus qu'il était trompé par la lumière qui venait de côté : je mis à angle droit les deux prismes de manière que ni mes amis ni moi ne pouvions rien voir. Slade prétendit encore n'ohserver aucune diminution dans l'éclat du ciel pour nous le prouver il se ferma l'œil gauche avec la main gauche fortement appuyée en apparence et lut au travers des deux niçois croisés un ouvrage en anglais qui était de A'ant lui. Ce fait ne me parut pas suffisamment constaté de cette manière pour me satisfaire. Le lendemain, comme nous devions nous réunir de nouveau chez moi dans la matinée, je préparai deux gros prismes de Nicol, afin d'avoir un champ visuel plus grand ; ils étaient très rapproches l'un de Vautre et pouvaient tourne)' Fan .s?/r l'autre. Je les entou-
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rai dun écran circulaire, couvrant entièrement le visage de l'observateur. L'écran était étroitement relié aux prismes de manière que l'observateur ne pouvait voir les objets extérieurs t[u'au travers de ces prismes. Je pris ensuite un livre anglais. « Faraday as a Discorerer » par Tyndall et je soulignai, en l'absence de Slade, les mots suivants à la page 81 :
« The burst of power utrich hab filled the four preceding years with an amount of expérimental work unparalleled in the history of science... »
Je fis d'abord regarder à Slade le ciel à travers les prismes croisés; comme la veille il ne crut remarquer pendant la rotation des prismes aucune diminution de clarté. Je l'invitai alors à s'asseoir sur une chaise et à lire les lignes soulignées par moi dans le livre que je tins à environ deux pieds de son visage. A notre grande surprise, il lut parfaitement les mots ci-dessus indiqués. Je fis alors remarquer à mes amis avec joie que l'on avait trouvé un réactif optique bien simple pour les médiums ; ce qui, dans le cas où les médiums seraient accusés de fraude, fournirait un moyen de justification appréciable.
Environ dix minutes après, Slade essaya encore de regar der à travers les deux prismes croisés, mais il ne put rien voir ; de même, dans la soirée, l'expérience ne fut pas possible avec la lumière d'une bougie. Il m'expliqua, que dans la matinée, lorsque l'expérience projetée se préparait, il s'était senti sous l'empire d'une « influence » a laquelle il attribuait le changement qui s'était produit dans son état. Jointe aux observations du professeur Fechner sur la variabilité de l'état magnétique d'un sensitif, cette modification des facultés optiques de Slade, est une preuve du caractèiîe transitoire de ces fonctions organi([ues anormales.
Les observations extraordinaires que j'ai résumées nous firent abandonner l'expérience projetée avec l'acide tartrique : je me propose de la faire lorsque j'aurai l'occasion de reprendre mes recherches sur les propriétés de Slade.
En quittant l'Allemagne, Slade se rendit en Australie, puis il vint en France oii il fut examiné par la docteur Gibier, qui avait eu à le soigner, et avec lequel il eut 33 séances.
Plus de la moitié de ces séances ont donné des résultats nuls ; dans d'autres, les phénomènes étaient très faibles : un petit nombre ont été brillantes et j'ai eu la chance d'assister à l'une de ces dernières (1).
Elles ont eu lieu presque toutes dans un appartement meublé occupé par Slade, en plein jour, devant une large fenêtre donnant sur une avenue près de l'Arc de triomphe ; trois seulement eurent lieu chez le D"" Gibier.
Slade, qui présente à l'état de veille une hypéresthésie cutanée très marquée, devient insensible quand il entre en transe. Le D'" Gibier a constaté que dans ses mains le dynanomètre marquait alors :
à droite, 63 kilos ; à gauche, 30 kilos, au lieu de .
à droite, 27 kilos :
à gauche, 3o kilos, que donne le même instrument à l'état normal.
(1) Dans cette séance, tenue chez Slade en pleine lumière, à 11 heures du matin, j'ai été témoin de l'écriture entre deux ardoises; j'ai \\i très vaguement, mais j'ai senti d'une façon distincte, une main douce qui est venue caresser le dos de le mienne : j'ai vu un fauteuil qui était à 1™,50 du médium se déplacer seul et venir se heurter contre ma chaise, quelques instants après que j'eus manifesté le désir de voir le mouvevement spontané d'un meuble ; enfin j'ai reçu une ardoise pardessous la table dans les conditions qui sont indiquées plus loin dans le § G.
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Slade n'entre du reste eu transe que pour les phénomènes très intenses.
Je laisserai encore ici de coté les phénomènes d'écriture directe qui ont rempli la plus grande partie des séances, pour ne m'attacher qu'aux phénomènes purement pliysitines. Voici les descriptions qu'en donne le D' Gibier lui-même (1).
A) PnÉXOMÈAES DE PERCUSSION — COUPS FRAPPÉS — SONS DIVERS
Dans la plupart des expériences que nous avons faites avec différents médiums, nous avons entendu, dans le meuble même sur lequel on apposait les mains, de légers craquements ou de petits coups secs obtenus parfois sur notre demande ; mais, avec Stade, ces phénomènes de percussion s'entendaient très distinctement et étaient, dans quelques cas, très forts. Aujourd'hui, il serait enfantin de dire que les muscles péroniers de Slade ne sont pour rien dans ces bruits ; passons.
Lorsque nos mains étaient placées sur la table, on entendait, en même temps qu'on sentait, des coups sourds dans cette table. Ces coups s'entendaient dans la chaise de Slade, et nous les avons sentis maintes fois dans notre propre siège, comme si quelqu'un avait donné des coups de poing sur le dossier ; nous nous sommes assuré, à chaque fois, qu'aucun contact n'existait entre nous et le médium ni aucune autre personne. Ces coups ont été obtenus souvent sur notre demande. Ainsi, dans la séance du 11 mai 1880, à 10 heures et demie du matin, chez Slade, un coup violent fut ainsi frappé sur le milieu de la table, cooime si on eût frappé à l'aide d'un marteau avec l'intention de briser le meuble. Pendant ce temps, les mains et les pieds du médium
(1; Le spiritisme. Paris, 1882, p. 313 et suiv.
étaient en vue et nous n'avons perçu aucun mouvement de sa part.
Le même jour, sur notre demande encore, on entendit imiter le bruit d'un crayon écrivant sous la table.
Le 27 mai, dans notre salle à manger, où Slade entrait pour la première fois, les phénomènes de percussion furent des plus curieux. On eût dit qu'autour du médium, assis et isolé en pleine clarté de deux porte-lampe à lumière intensive, se trouvait un groupe de poules « picotant » sur le plancher. Des coups furent sentis par les personnes de notre famille et par nous-mème sous la semelle de nos souliers ; l'effet ressenti n'était pas des plus agréables.
B) Mouvement de corps avec contact du médium
Le plus curieux effet, dans ce sens, obtenu devant nous par Slade et à plusieurs reprises, a été la lévitation complète de la table qui sert à ces expériences (1) (sans mécanisme bien entendu). Par la simple apposition des mains, la table se soulevait, se retournait et allait toucher le plafond de ses quatre jneds au-dessus de nos têtes ; cela en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Sans faire parade de force ni adresse, nous pouvons dire que, supérieur au médium sous ces deux rapports, il nous a été impossible d'imiter le même phénomène.
C) mouvements de corps plus ou MOINS LOURDS SANS CONTACT AVEC LE MÉDIUM
Nous avons assisté souvent à ce phénomène bien remarquable ; citons quelques exemples.
Le 29 avril 188G, dans une séance de jour, Slade était
(1) Cette table en sapin noirci avait 0"\74 de liauteur et l'»,08 sur 1^,02 de superficie.